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ACC. NO 225 i À QRec’D 1927 |
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Booksellers & Publishers,
à Essex Street, Strand,
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DES INSECTE
DE SURINAM
ET DE TOUTE L'EUROPE,
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Leurs DESCRIPTIONS, LEURS FIGURES, LEURS DIFFERENTES
METAMORPHOSES,
De même que les Defériptions des Plantes 5 Fleurs € Fruits ; dont ils fe nourriffènt ;
G Jar lefquels on Les trouve Le plus communément ; avec quelques détails Jur des
Crapauds , Lézards , Serpens, Araronées , @ autres petits Animaux de Surinam , peints
Sur les lieux d'après nature gravés avec foin,
Par Mademoifelle MARIE SYBILLÉ DE MERIAN $
EN DEUX PARTIES IN-FOLIO,
Troifieme Edition, revue, corrigée, & confidérablement augmentée, par M. Bucx'oz,
Médecin Botanifte de feue Sa Majefté le Roi de Pologne, Membre
de plufieurs Académies,
À laquelle on à joint une troifieme Partie qui traite des plus belles Fleurs, telles que des
Plantes bulbeufes, liliacées ; caryophillées , &c. avec leur Defcriprion exade , leur culture,
& leurs propriérés. |
OUVRAGE INTÉRESSANT POUR LES AMATEURS DE L'HISTOIRE NATURELLE ,
ET UNIQUE EN SON GENRE.
TOME PREMIER.
DES PLANTES DE SURINA M.
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Chez L. C. Dssnos, Libraire ; Ingénieur-Géographe de Sa Majefté le Roi de Danemarck F
tue Saint Jacques , au Globe.
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AVEC FPRISILEGE DU RO!
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LONDON
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AVERTISSEMENT.
DE L'ÉDITEUR. :
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L'Hisromr NATURELLE eft de toutes les fciences celle qu’on cultive avec le plus
de foin & d'application, dans un fiecle éclairé comme le nôtre, aufli éft-elle la plus
utile. Les avantages fans nombre quslle nous procure journellement , n’ont pas peu
contribué à l'accréditer. Parmi les différens Traités qui ont paru fur cet objet, un
des plus intéreflants eft fans contredit l’Hiftoire des Infe@tes de Surinam & de toute
l'Europe , deflinés par Mile Marie Sibylle de Merian, & gravés fous fes yeux.
Le nom de cette Naturalifte fera toujours cher aux amateurs de la belle nature; mais
ils ne voyoient qu'avec le plus grand regret la perte des planches qu’elle avoit
exécutée avec tant de foin, & dont on n'avoit encore tiré qu’un très-petit nombre
d'épreuves. Un Curieux de Paris en avoit fait l'acquifition en Hollande , & les confervoit
depuis un grand nombre d'années dans fon cabinet. Le Sieur Defnos, Ingénieur-
Géographe de Sa Majefté Danoife , en a fait l'acquifition à la vente de ce Curieux :
il les a tirées en quelque façon de l'oubli où elles étoient, pour les mettre au grand
jour: ce font ces Planches qu'il offre aujourdhui au Public dans cette nouvelle
édition de l’Hiftoire des Infeétes de Surinam & de toute l'Europe ; c’eft un vrai préfent
qu'il fait aux amateurs de l’Hiftoire Naturelle , qui défirent inftamment de voir revivre
les Ouvrages de cette Naturalifte, & dont la plûpart même le follicitent depuis plufieurs
années de les leur procurer.
Mademoifelle de Merian a publié 7-4. pour premier de fes Ouvrages une colledtion
des Infeétes de l'Europe, qu'elle a peints & gravés elle-même: cet Ouvrage eft divifé
en deux parties ; la premiere a parue en 1679, & la feconde en 1683. M. Marret ,
Docteur en Médecine, a donné une feconde édition in-folio de ces mêmes planches,
& y a ajouté des notes. Après la publication de ce premier Ouvrage, cette Demoifelle
eft parti pour Surinam , elle a peint d’après nature la plûpart des Infectes qu'elle ya
trouvés ; & à fon retour en Europe , elle les a fait graver en foixante & douze planches.
On y voit les Infeëtes repréfentés avec leurs différentes métamorphofes & leurs attitudes
naturelles fur les plantes, les fleurs & les fruits dont ils fe nourriflent. Elle y a aufñ
ajouté les figures des différentes Araignées des Indes Occidentales, des Fourmis, des
Lézards, des Serpens , des Crapauds & des Grenouilles qu’elle a obfervés dans
l'Amérique. Elle y a en outre rapporté les noms que les habitans du pays donnent aux
différentes plantes qui s'y trouvent. Feu M. Commelin, Profeffeur en Botanique, lui
a fourni des notes pour les défigner fous les vrais noms Botaniques qui leur
conviennent. La defcription des Plantes & des Infectes de Surinam a été publiée pour
la premiere fois par cette Demoifelle en Idiôme Latin & Hollandois. Telle eft la forme
& la nature de l'Ouvrage dont on donne ici une nouvelle édition. On l'a divifé en
trois parties ; la premiere eft l'Hiftoire Latine & Françoife des Infectes de Surinam :
elle traite de leur génération & de leurs métamorphofes. Il y eft fait mention des
plantes, fleurs & fruits, fur lefquels on les trouve & dont ils fe nourriffent : elle
contient aufli une defcription des Crapauds, Lézards, Serpens, Araignées & autres petits
animaux du même pays; elle eft ornée de foixante & douze planches, qui ont été
exécutées fous les yeux de Mile de Merian, & qui fe trouvent encore dans toute leur
beauté. La feconde partie comprend l'Hiftoire des Infe@tes de l'Europe; elle traite, ainfi
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que la premiere, de l'origine & des différens changemens qui arrivent aux Chenilles, aux
Vers, aux Papillons & autres Infeétes ; mais on n’y confidere que ceux qu'on trouve
“dans cette partie du monde. On y rapporte pareillement la deftription des plantes :
fléurs & fruits, qui leur fervent de nourriture, Cette feconde partie eft une traduétion
‘qui a été faite du Hollandois en François > par M. Marret , Docteur en Médecine ,
ainfi qu’on l’a déja obfervé: on y a inféré dix-huit nouvelles planches qui ne font pas
dans les Exemplaires de la premiere édition, & des defcriptions Botaniques que
M. Marret y a jointes. On compte dans cette feconde partie environ cent quatre-vingt
planches /7-4.: on en a tiré deux ou trois fur une même feuille, pour faire paroître
cette féconde partie fous le même format ir-fo4o, que la premiere. La troifieme partie
eft une très-jolie colleétion de foixante & neuf planches de Plantes bulbeufes, liliacées,
caryophillées, qui ont été deflinées & gravées d'après nature. Ces Plantes paroiffent
être précifément les mêmes que celles qui fe trouvent gravées dans Suvert : on les a
accompagné de leur defcription exaéte, de leur culture & de leurs propriétés. On a
encore ajouté aux deux autres parties toutes les obfervations qui ont parues les plus
néceflaires pour rendre cette édition encore plus intéreffante que les précédentes,
PRÉFAGE
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MARIE SIBYLLE DE MERIAN
LD): S ma jeuneffè je me fuis appliquée à l'examen des Infeites , j'ai commencé à Francfort
Jur le Mein, ma patrie, par Les vers-d-foye ÿ ayant enfuire remarqué que les plus beaux
Papillons , tant ceux qui volent Le Jour, que ceux qui ne volent que la nuit, fortoienc des
Chenilles ; je ramaffai toutes celles que je trouvai , pour en étudier Les transformations. Pour
faire mes obférvations avec plus d'exactirude , J'abandonnai toute Jorte de compagnies € Je
m'appliquai au deffèin afin de pouvoir peindre ces Infècles au naturel. C'eft ainfi que J'ai
recueilli € peint fur parchemin tous Les Infèctes que j'ai découverts à Francfort € à Nurembers.
Certe collection étant tombée entre Les mains de quelques Curieux , ils m'exhorterent à donner
au Public les obférvations que J'avois faites fur Les Infèctes pour la fatisfaition des Phyficiens.
Je me laiffai aller à leurs confeils, € j'en publiai La premiere partie in-4. en 1679, @ La
Jéconde en 1683, après Les avoir gravés moi-même. Je paffai enfuire en Frife & en Hollande
ol Je continuai l'examen des Infècles , für=tout en Frife, car en Hollande je n'eus pas
occafion d'en faire de recherches , fur-tout dans Les Buffons € dans Les Vennes; cependant
il faur que j'avoue que Les Curieux réparotent ce défaut en m'apportant des Chenilles donr je
pulfè examiner les métamorphofes ; € J'en ai confèrvé les obférvations , qui pourront fervir
un jour à augmenter Les deux Volumes precédens. Mais je n'ai rien vu en Hollande de plus
curieux que les différens Infèctes que l'on apporte des deux Indes, Jur-tout lorfque j'eus La
permiffion de voir le cabine de l'illuffre M. Nicoras WITsEN > Bourouemattre d Amfterdam
@ Directeur de Le Compagnie des Indes Orientales, & celui de M. Jonas WiTsen à
Secrétaire de La même Ville. J'ai vu auffe le curieux cabines de M. FRÉDERIC RuIscH s
célèbre Docleur en Médecine, € Profeffeur en Anatomie € en Botanique ; enfin celui dé
M. LEVIN VINCENT € de plufieurs autres , où j'ai trouvé une quantité innombrable d'Infectes,
dont néanmoins on ne connoëffoit nt l'origine ni la génération, c’efl-à-dire , comment Les
Chenilles fe transformoient en fèves, ni Les autres changemens. C'eff ce qui m'a déterminé
à entreprendre Le long voyage dé Surinam en Amérique , pays chaud € humide, d'où Les
perfonnes , dont je viens de parler, avoient recu la plus grande partie de leurs Infecles, Je
paffai la mer dans le mois de Juin 1699, € Je reflai dans ce pays-là jufqu'au mois de Juin
1701 , afin d'avoir le temps de faire mes remarques avec foin : Je répaffar alors en Hollande
où j'arrivai le 23 Septembre. J'ai peint foigneufèment en parchemin les figures de ces
foixante-douze planches fur Les lieux & de grandeur naturelle ; ainft qu'on Les peut voir chez
mor avec ces Infècles fècs. Il faut pourtant avouer que je Re trouvé dans ce pays-lè Les
commodités que je my étois promifès pour l'examen des Infeëtes ; car ce climar étant d'une
chaleur qui ne convenoit pas à mon tempérament , j ai été obligée de revenir dans Le pays
lutôt que je ne l’avois réfolu. À mon retour , quelques Curieux à qui je s voir mes deflèins :
que] ? JPCIES À »
me preffèrent de les faire imprimer €: de Les publier, jugeant que c'évoit le plus bel Ouvrage
qui eut jamais été peint en Amérique. Les dépenfès, qu'il me falloir faire pour cela > 8
férent d'abord Jufpendre l'exécution de ce deffèin ; mais enfin je furmontai cette difficulté.
Cet Ouvrage comprend donc foixante-douxe Planches , qui repréfentent plus de cent
Oëférvations fur Les Chenilles , ls Vers @ Les Mites ; de quelle maniere ; après avoir changé
de peau , elles changent de couleur & de forme , € fe transforment enfin en Papillons, er
Papillons nocturnes , en Efcarbots, en Abeilles & en Mouches. J'ai repréfenté sous ces Infectes
Jur les plantes , les fleurs € les fruirs dont ils fe nourriffenr. J'y ai ajouté des remarques [ur
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Ta génération des Araisnées des Indes Occidentaïes , des Fourmis , des trpens , des Léyards ,
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des Crapauds, € des Grenouilles , que j'ai faites en Amérique » OÙ j'ai deffrne ces animaux
d'après häture ; J'en ai auffe recuezlli quelque chofe du récit que m ont fair les Indiens.
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Ce n'eft pas l'intérér qui m'a fair entreprendre cet Ouvrage ; Je ne cherche qua en retirer
ce qu'il ma couté ; Je n'y ai rien épargné ni pour la graväre n£ pour Le Papier ; afin de
faire plaifir aux connoiffèurs € à ceux qui étudient la nature des Infèctes Ë des Plantes ,
a/
Gde répondre à leur attente ; je fèrai contente fi j y ai réuffr. De
À l'exemple de CL. BiDLoo, Profeffèur 2 Leyde, ] 4 mis une planche entre deux
defériptions , comme ël a fair dans fon Anatomie. J'aurois pu facilement étendre ces defcriptions ;
mais comme on ef? aujourd'hui très-délicat , & Les Jeavants ne fe trouvant point d'accord fur
ces fujets, je men fuis renu fimplement à ce que j'ai obfèrvé, me contentant de donner
matiere aux réflexions des autres. Outre que plufieurs Auteurs ont amplement écrit avant
moi fur le même fujet, comme MOUFFET, GODART, SWAMMERDAM ; BLANKART, Gc.
J'ai donné à le premiere transformation des Chenilles le nom de fèves , Ga La feconde celur
de Papillons, Simplement pour ceux gui volent le jour; € J'ai appellé avec MOUFFET
Papillons noéturnes ceux qui ne volent que la nuit ; j'ai de même donné le nom de Mouches
€ d'Abeilles à /a féconde transformation des Mires @ des Vers.
J'ai donné aux plantes les noms que leur donnent Les habitans du pays @ Les Indiens; €.
M. GAspar COMMELIN > Docteur en Médecine > Profèffèur en Botanique au college de
Médecine , & de L Académie Léopoldine , à ajouté dans des notes au Las des pages les noms
É furnoms qu'on leur donne en Latin. | |
J'ai réfolu, fi Le ciel m'accorde la vie & Ja Santé, d'ajouter aux Obférvations que J'aë
faite “ res > celles que j'ai recueillies en Frifè @ en Hollande » de Les publier en Latin
en Hollandoss,
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HISTOIRE
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ET INSECTES
TES
RINAM.
EXPLICATION DE LA PLANCHE. À
À NAN AS inter omnes fruêtus terrarum edules facile
princep$, merito etiam in hujus Operis Obfervationum-
que mearur ordine ducit agmen : florentem exhibet
Figura prima, qui in fequenti matutus confpiciendus
rit. Parva ejufdem variegata folia , quibus proximè
infidet fruétus , rutilantis funt inftar ferici , flavis maculis
ornati ; tenera ad latus germina, poflquam maturus
decerptus eft frudus, ulteriüs excrefcunt ; folia oblonga
exterits viridi {ed glauco , interius herbaceo funt colore
in margine quodatmmodo tubefcentia, validis aculeis
munita, Quod ad cætera pulcherrimum hunc fuaviffi-
mumque frutum varii dotiffimi Viri, veluti Pifo &
Marcgravius in Hiftor. Brafil., Reede in Part. XI. Horti
Malabarici, Commelinus in Part. I. Horti Amftelodam.
üt & alii ubetius defcripferunt , quamobrem ad meas
de Infe&tis Obfervationes progreflura, circa illum non
amplius morabor.
Infe@orum in America omniufn notiflima funt ità
ditæ Kakkerlacæ, quod maxima ubique damnum &
incommoda afferant incolis, horum lanificia & lintea
devaftando ac cibum potumque corrumpendo. Dulcia
quæque communis ipfis funt efca , quà de causa & hoc
fruétu tantopere delettantur. Acervatim fua accumulant
femina, quæ , perindè ac nonnullæ in nofttis regionibus
faciunt Araneæ , telà in gyrum duétà obtegunt. Ovulis
maturitatem nadis, ac perfetis demüum fœtibus, Fo-
dendo teftas ovulorum frangunt fummâque excurrunt
celeritate tenelle Kakkerlacæ , atque cum formicis
majores non fint, per rimas ferrarumque clauftra in
thecas & fcrinia nullo negocio penetrant , ubi corrodunt
omnia atque depafcunt. Tandem in 1llam augentur
molem, quà Tabula Prima iflarum unam depiétam fiftit,
coloris & fufco albicantis. Ubi perfeétam denique acquit
fiverunt magnitudinem , difruptà in dorfo pelle , alata
prodit Kakkerlaca , mollis & alba, remanentibus exuviis,
priftinam infeti formam inani cute mentientibus,
Th oppofito latere hujus Fruétüs alud quoddam KaK-
Kerlacarum genus confpicitur , quod ipfum in fufco
quodam facculo fub ventre recondita gent femina ;
verum hunc facculum taéta animalcula flatim dejectum
linquunt , ut citius avolare fugamque capeflere poffint.
Ex facculo fœtus proveniunt, qui eandem cum prædictis
majoribus ; fine alio difcrimine , fubeunt metamorphofin.
Diverfa, quibus planta hec à diverfis Autloribus infionitur ,
nomina , colleila reperiuntur in Flora Malabarica mea, fuper
XII. Partes Horci Malabarici confcripta,
R E M À
Les Kakerlaques font des infeétes du genre dès Mittes, leur corps ft
applati; celui des mâles eft, dit-on, caché fous des aîles, & celui des
femelles eft à découvert , parce qu'elles n'ont point d'aîles ; ce qui paroît
contredire ce qu'a dir Mlle. de Merian , puifqu'elle prétend que cès infectes
ne fe rrouvent fans aîles qu'avant qu'ils aient été méramorpholés, &
quand ils l'ont une fois été, ils deviennent aîlés fans diftinction de fexe.
re étant le plus excellent des fruits que Por
mange, 1l convient qu’il tienne le premier rang dans
cet ouvrage &. dans d'ordre de mes obfervations. La
premiere figure le repréfente tel qu'il eft lorfqu’il fleurit;
& dans la [uivante on le voit mûr. Les petites feuilles
panachées qui font fous le fruit, reffemblent à un fatir
rouge tacheté de jaune, les petits rejettons qui font à
côté continuert à croître lorfqu’on a fait la récolte du
fruit mûr. Les feuilles font longues, en dehors d’ur
verd de mer, en dedans d’un verd de pré, L bord
paroît rougeatre & eff garnt de pointes affeÿ fortes. Am
refle plufieurs Savans ont parlé fort au long de ce fruur,
qui eff auffi beau à la vue qu'agréable au ÿoût, Pifon
& Marcgrave en ont traité dans P'Hift. du Bref, Reede
dans la XL Part. de l'Hort, Malab., Commelin, dans la T
Part. de l’'Hort. Amftel. &c. ainfi je m’en rapporte à ces
Savans peur paf]er à mes obfervations fur les fnfectes,
Les Kakerlaques font de tous les Infeüles de l'Améri=
que, ceux que l’on connoit le plus , par les maux & les
pertes qu’ils caufent aux habitans ; ils rongent les
étoffes de laines & de toiles, & ils gârent la boiffon &
le manger. Ils aiment fur-tout les chofes douces , c’eff
pourquoi ils ont une 1nclination extraordinaire pour
PAnanas. Îls dépofent leurs œufs en monceau & les en=
veloppent d’une toile fine comme font en Europe cer-
taines araignées. Lorfque ces œufs font parvenus à
leur maturité, & que les jeunes infecles ont pris naïf
Jfance , ils rongent eux-mêmes la coque & en fortent
avec précipitation $ ils ne font pas pour-lors plus gros
qu’une fourmi, par conféquent ils fe fourent facilement,
par les fentes ou par la férrure dans kes coffres & dans
les armoires , ils y rongent & y détruifent tour, Enfir
ils deviennent de la grandeur que l’on en voit ur repré-
fenté dans la premiere figure, & font d’une couleur
brune grifatre. Lorfqu’ils ont pris toute leur grandeur,
leur peau fe fend fur le dos, & ilen fort un infecle aile,
snol & blanc, fes dépouilles reffemblent à un vrai Ka-
kerlaque ; mais elles font vuides intérieurement.
De l'autre côté du fruit on voit une autre efpece de
Kakerlaques, qui porte fes œufs fous le ventre dans ur
petit fac brun; mais dès que l’on touche l'animal, il
quitte ce fac, pour fe fauver avec plus de légereté ; iler
fort des jeunes auxquels il arrive les mênes métamor-
phofes qu'aux gros dont nous venons de parler, fans
aucune différence.
On troùve dans mon Flora Malabarica , Que j'ai compofé fur
les douze parties de l'Horeus de Malabar ; les différens noms que
les Ecrivains ont donné à cette Plante.
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Les Guepes Jehnéaïmonés attaquent 8 tueñt cés infectes deftruétéurs: À
Surinam on donne le nom de Kañkerlatti ou de Rauet à ces infectes, qui
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| font encore plus communément connus fous le nom de Blatres. Nous don
uerons la culture de l’Ananas & fes différentes propriétés ; dans ñotté
Hiltoire générale des Plantes , à laquelle nous travaillons aétuclienient,
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HISTOIRE
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À Ic Ananas eft maturus, qui antequarn come-
-datur , pelle fuâ nudandus eft, quippe hæc pollicem
craffitie adæquans , fi tenuior auferatur, fibrillas quaf-
-dam ‘rétinét inter edendum liniguæ cum aliquo dolotis
fenfu inhærentes. Guftu fructus hic uvas, mala punica,
ibefia, poma atque pyra inter fe mifta refert, omnium
-enim horun fructuum-laporenr quafi in uno illo fimul
reperies. Odor ejus fortis eft ac gratus , integrum
conclave fuavitate fuà replens, fi diffecetur fructus.
Corona qui tegitur , item germina ad latus excrefcentia,
terre mandaté, novas producunt plantas, quæ Z1za-
niorum in moduin latè crefcunt, tenui hujufmodi
germine fpatium fex menfium ad perfeétam maturita=
cem nancifcendam requirente. Tam crudus , quam
coétus comeditur fruétus ; & quod indè five prælo five
igne poteft elici vinum ac fpiritus ardens , utraque gra-
‘flimo fapore alia id genus omnia fuperanit.
Éruca huic infidens Ananæ anno 1707 , à me in
‘graminibus illi proximis reperta eft, fub initium menfis
Maji : colore gaudet fubviridi, atque per univerfam
corporis longitudinem ftrià rubrâ & albicante infignitur.
Die Maji ro in nympham transfigurata , ulterius die
18 Maji in elegantifimum mutabatur Papilionem
diurnum , flavefcentem , pulchriter fplenderitibus ‘viri-
dibufque maculis ornatum , qualis & in aëre velitans &
‘fruétui infidens exhibetur.
In Coronà hujus Ananæ rubicundus hæret vermicu-
us , tenuifimam neétens telam , cui parva involuta eft
nympha : ille ipfe vermiculus eft , qui Coccinellam
devorat; cujufmodi plures non folum ipfa collegi,
verum etiam inter Coccinellam ad noftras regiones
delatam invenire licet ; veluti cuilibet novitatis avido
än rei examine pätebit. Supra telam nunc diétam iftius
vermiculi in coronà fruétüs quædarm hærét aurelia, in
cujus aperta pelle reperi Coccinellaih , quæ in fumrni-
rate coronæ depita exhibétur , nihilque aliud eft,
quam corpus binorum Scarabæorum , alterius volitantis ,
alterius fedentis, qui in eâdem Tabulà repræfentantur ,
nigricante alarum aliàs rubicundarüum limbo. Atque
‘hæc ad ornamentum Figuræ folum addidi, ex ficcatà
enim Coccinellà tanrummodo colleéta funt , neque ad
metamorphofes Americanas fpectant : idemque ab aliis
Naturæ curiofs obfervatoribus notatum eft. Inter illos
vid. Leuwenhoëkii Epiftol. 60, & 28 Novemb. 1687,
pag. 141, ufque ad 144, item Blankardum de In.
feétis , pag. 21$. |
Quod fi oculo per microfcopium armato Papilionem
afpicias , farinaceus pulvifculus , quo obducuntur alæ ,
uti fquamæ pifcium apparent ; quælibet fquamula tres
quafi dentes habet longioribus pilis inftruétos , om-
nefque eo funt ordine pofitæ , ut fine magno labore
numerari poflent : at corpus ipfum plumis fcatet in-
cerfitifque pilis.
GENERALE
EXPLICATION DE LA PLANCHE IE
Or» voit dans cette planche un Ananas mûr ; il faut
Le peler pour le manger. Sa peau eft de Pépaiffeur
d’un pouce, 6 fion ne Penleve pas. toute entiere, il
refle de petits fibres qui incommodent € caufent des
douleurs piquantes à la längue. Le goût de ce fruit ef£
le méme que celui qu’occafionneroit ur mélange de
Raïfins, de Grenades., de Grofeilles, de Pommes &
de Poires. L’odeur en eff forte & agréable; & lorfqu’on
le coupe 1l parfume totalement une chambre. La cou-
ronne dont il eft couvert, & les rejettons qui crorffent
à côté étant mis en terre produifent denouvelles plan-
tes, & pouffent de tous côtés comme la mauvat{e herbe,
Ï! faut au moins fix mois aux rejettons pour parvenir
à une entiere maturité. On mange ce fruit, comme om
veut crud ou cuit ; on en peut tirer par le feu & par le
preffoir du Win & du Brandevin très-agréables “6
qui lemportent fur toutes les autres boiffons de cette
éjpece.
J'ai trouvé au commencement de Mai 1701, dans
des herbes près d’un Ananas la Chenille que lon voit
fur celui-ci; elle étoit verdätre, avec une raye rouge
& blanche tout le long de fon corps. Le 10 de Mai,
éile fe changea en * Fève, chryfalide ou Nymphe,
d’où le 18 du méme mois fortit un très-beau papillon,
jaunâtre & marqueté d’un verd brillant, G tel qu’il eft
ici repréfenté volant & en repos.
Sur la Couronne de cèt Ananas , il y à un petit
vers rouge , qui file un Cocon fort mince qui enveloppe
une. petite Nymphe ; c’eff ce vers qui dévore la Co-
chenille. J'en at pris moi-méme plufieurs , & 1l s’er
trouve tous les jours dans la Cochenille qu’on tranf-
porte en Europe ; ce dont on peut très-facilement s’af-
Jurer. Au-deffus du Cocon filé par cet Infeëe fur læ
couronne de ce fruit, eff gravée une petite nymphe,
Je lai at coupé la peau , Ë jy at trouvé la Cochenille
ainft qu’elle eff peinte au fommet de la couronne ; ce
n’eft donc autre chofe que le corps de deux Efcarbots
repréfentés. dans la méme planche , l’un volant,
l'autre en repos , dont les aîles rouges font bordées de
noir. Ce que je n’ai ajouté ici que pour l’ornement de
la planche, ne les ayant tiré que de la Cochenille
Jëche, comme ont fait d’autres curieux Obférvateurs
de la Nature, fans que cela eut rapport aux transfor-
mations des Infeües de l'Amérique. Confultez fur ce
Jüjet la 60 Lettre de Leuwenhoek du 28 Novembre
1687, depuis la page 141 jufqu’à 144, 6 Blankard,
Jur les Infeües , page 215.
St lon confidère le Papillon avec le Microfcope ;
on lut trouve les ailes couvertes d’un fine poufiere
comme de la farine , qui y forme comme des écailles,
telles que celles de poiffons , dont chacune a trois dents
avec quelques poils fort longs, & elles font difpofées
de maniere qu’on peut les compter fans peine. T'out le
corps eff couvert d’efpèces de plumes mélées de poils.
* Les Latins l’appellent Nympha & Aurelia; & les Hollandois Popperje.
R E M A
Voyez fur cet Article notre Hiftoire Générale des Plantes
R QUE.
DES PLANTES ET INSECTES DE SURINAM. 3
EXPLICATION DE LA PLANCHE III.
H Ic fruus in regione Surinamenfi Parvum Suur-
Jak * vocatur Belgico idiomate, perinde uti Magnum
Icone XIV. exhibebitur. Arborum crefcunt modo,
vilem ac fere inutilem gerentes fruétum , qui exteribs
flavefcit , interius nigris feminibus medulläque albâ
repletus eff.
Reperi in hac arbore anno 1700 menfe Augulto
pulchram iflam viridemque Erücam, quæ foliis illius
nutrita ufque ad diem‘ 18 Augufti, depofitis exuviis
in nympham punicei coloris mutabatur ; hæctvero die
Septembris 12 in nigricantem ifäufmodi albicantem-
que Papilionem nournum rursüs tranfibat. Duplici
fant inftruéti probofcide hi papiliones | quam mel ex
floribus fuéturi ita componunt , ut unica veluti formetur
fiftula, pabulo tranfmittendo apta , quo peraéto , pro-
bofcidem in arétum convolutam ita fub capite inter
pilos recondunt , ut vix inveniri rurfus queat. Aliàs
nou folum circumvolitant , vitèque gaudent fatis
tenaci. Microfcopio adhibito, alarum pulvifculus plu-
mas galänarum variegatas coloris fufci , albi & nigri
repræfentat : corpus ipfum Urfi inftar hirfutum ef,
neque oculo à pilis immuni : probofcidem Anatis five
Anferis tracheam effe diceres : pedes denique & an-
tennæ tanquam longè pulcherrimum paÿilionis orna-
mentum apparent.
* Hujus plante fpecies variæ in Prodromo Paradifi Batavi
Sub nomine Anona proponuntur , perinde ac in Horti Malabar.
Part. III. fub titulo Anona Marans & Attamarans. Ex America
in Belgium diverfarum Anonæ fpecierum quotannis tranfmittuntur
femina ; earumque tres in Horto Amflelodamenft coluntur ; præ-
dercim magnitudine inter fe djfcrepantes.
R E M À
Le Zurfak eft un arbre qui a pour caraëtère diftinét un
calice petit , compofé de trois pieces en forme de cœur , con-
caves & pointues ; fix petales en cœur , fefiles , dont les trois
intérieurs font plus petits que les autres ; des filamens à peine
fenfbles; un grand nombre d’anteres , naïffantes des côtés de
l'ovaire. L'ovaire arrondi, porté fur un réceptacle pareillement
Ce fruit Je nomîne à Surinam petit Zurfak , on
verra Le grand dans la figure XIV. La plante
croît comme un arbre, & porte un fruit dont on né
connoît pas l’'ufage, & qui paroit étre très-peu de
chofes ce fruit eff jaune au dehors, G ef garni au
dedans de pepins noirs & d’une moële blanche,
Au mois d’Août de l’an 1700 , j'ai trouvé Jar
cet arbre la belle Chenille verte que lon voit ici. Je
lai nourrie des feuilles du méme arbre jufqu’au
18 Août ; & après avoir changé de peau , elle s’eft
transformée en une nymphe brune, d’où fortit le
12 Septembre une phalene noire & blanche, tell
qu’elle eft ici repréfentée. Ces phalenes ou papillons
noëurnes ont une double trompe qwils difpofent de
telle façon pour fuccer le fuc des fleurs, qu’elle
ne paroît qu’un tuyau par lequel elles tirent leur
nourriture , après quoi elles replient cette trompe & la
cachent fous les poils de leur téte; on a de la peine pour
lors à la découvrir. Elles ne volent que la nuit , font
vigoureufes & vivent long-temps. Lorfqu’on les exa-
mine avec un Microfcope , la fine pouffiere qui couvre
leurs aîles, y forme des plumes comme celles d'une
poule tigrée ; Le corps eff velu commeunr Ours, 1 y a
du poil jufques fur les yeux. La trempe reffemble à
la gorge d'un Canard ou d’une Oye, fes pieds & [es
cornes font d’une grande beauté.
On trouve plufeurs fortes de Zurfak fous le nom d none ;
dans le Prodromus Paradifi Batavi & dans l’Hortus Malub.
Part. IH, fous le titre d'Arona Marans & Attamarans. On
tranfporte tous les ans d'Amérique en Europe des femences
de plufieurs efpèces d’Anona. On en cultive de trois fortes dans
le jatdin des plantes d’Amfterdam , qui different beaucoup {ur-
tout en grandeur
R Q UE
arrondi. Les ftigmates obtus, fans ftyle 3 pour fruit une baÿe
ovale, arrondie, très-groffe , couverte d’une écorce qui femble
formée d’écailles , & n'ayant qu’üne feule loge , qui renferme
plufieurs femences dures , ovales , oblongues, rangées en
cercle , & entre lefquelles il y à une fubftance pulpeufe.
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HISTOIRE
GENERALE
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EXPLICATION DE LA PLANCHE IF.
Pz ANTAhæc in America Manihot & Manyot.,
atque panis quem ex ipfius radice conficiunt , Ca Java
nuncupatur. Oéto vel novem pedum altitudine .
‘herba., trunco five caule rubicundo ; eademque é àt
#multümque propagetur , in frufta longitudine palmæ
“confcinditur caulis, quæ terræ mandata, perinde ac
#it de facchari arundine , poft anni fpatium aptam dant
xadicém pro pane indé conflando , veluti in fequenti
ÆFigura V. confpici.poteft.
Spadiceam haïc pilofamque Erucam Anno 1700.
menfe Junio in herbâ reperi, ejufdem folia depafeen-
‘tem , quibufcum etiam ad diem 12. Junii porro infeëtum
alui: tum in nympham mutabatur, qualis in uno folio-
‘um hæret. Exin die r. Julii hujufmodi Papilio fufcis
albicantibufque maculis adfperfus producebatur cujus
‘generis in agris Caffavæ Domini de V reedenburg in-
gentem copiam circumvolitantem confpexi., ubi hanc
‘quoque obfervavi metamorphofin,
F
A& ornatum Figuræ cauli plantæ adhuc impofui
animalculum , quod vocatur Sauvegard , atque progreflu
‘temporis Crocodili magnitudinem decem vel duodecim
pedum nancifcitur. Cadavera pro paftu ipf inferviunt ,
vivos tamen homines inftar Crocodili non aggreditur.
Cum ova ponit , fingulari Naturæ folertià in flüviorum
ripis eXCavat arenam prius fœmina > 1bique à folis æftu
POftmodum excluduntur ova, Hæc ipfa quoque Indorum
cibus font ; ‘magnitudine adæquant ova gallinarum ,
quas nobis attulit Calicutia, nifi quod paulo fint ob-
“ongiora. Amphibium eft, tam in terr4 » quam fub
aquis vivens animal , ideoque fi deficiant cadavera ‘vel
pilces , formicis vel mufcis etiam vefcitur. Quod fi hoc
de Infe&is Opus brevi diftributum, iri , atque curiofis
Leétoribus non ingratum fore animadvertero , forfan
de animalibus iftiufmodi integer Traétatus fequetur,
_ Varie fuit plantes ex quarum radice in Americ4 päneih con=
Jiciunt Incole : uti ex Jucca foliis Aloës, ceflanté in Horto Far-
nefiano Aldino : ex fpecie guadam Ari, de quo Jcripft in Pre-
udiis meis Botanicis. Communicaverat mecum illud Arum C/ar.
Naffi, adjunélo , ex illius radice Panem formare Indos: crefeir.
‘que adhuc tunc in Horto Medico Arflelodamenfi Planta. Verum
hoc Manihot videtur illud efle plante genus, quod omnium plu-
‘rimum in India Occidentali prabet panem. Diverfis gaudet cogno-
minibus : ita vocatur Manihot Theveti 5 Jucca & Caflavi JB.
Hiucca five Mandioca ex qua Caflavi , Parkinf. Manihot Indo-
rum five Jucca foliis Cannabinis > C. B. Pin. Ricinus minor .
viticis obtufo folio ; Gaule verrucofo , flore pentapetalo , albido,
ex cujus radice tuberofa fucco venenato turgida Américani pa-
mem <onficiunt, Sloan, Catal. Plant, Jamaic,
R E M À
Sion mangeoïr cri la racine de Mañihot
“ais lorfqu’elle eft préparée , on en peut faire du pain pour le moins
auf bon , quant au goût, que celui de froment. Nous allons rapporter
ici la méthode dont les Indiens & les Sauvages fe fervent pour prépaier
ces racines, qui reffemblenr affez à des navets. Dès qu'ils les ont arrachées,
ils commencent par les laver > & en arracher la Peau ; ‘ils rapent &
Écrafent cette racine & La Mettent dans un fac de jonc d'un tiflu très-
Bâche ; ils difpofent fous ce fac un vale très-pefant, il fait l'office de
poids, exprime le fuc du Manihor, & le reçoit en même temps; ce fuc
; Ce féroit un poifon mortel ;
# « (ge x EL, “ a
C ETrE plante fe nomme Manihot € Manyot dans
l'Amérique.; on appelle Caffave le pain qu’on fait avec
SE À DEN
Ja racine, Elle croît Jufqu’à la hauteur de huit à neuf
Pieds, fa tige eff rouge. Pour la muleiplier, on coupe
cette tige en morceaux de la longueur d’une palme » OR
les enterre , comme les cannes de Jucre , & lPannée
Juivante ils ont une racine dont on fait le pain, ainfi
qu’on le verra:dans la planche V7 qui Juu.
+ .
J'ai trouvé dans le mois de Juin 25700 cette Che=
nille brune & velue fur les feuilles de cette plante, dont
elle fe nourriffoit & dont je l'ai nourrie jufqu’au 12
du ‘même mois qu’elle s’efl changée en nymphe telle
qu’on la voit ici repréfentée Jur une feuille. Le L ‘
Juillet il en-provint un Papillon tacheté de noir & de
blanc ; J'en ai vi voler une grande quantité dans les
champs à Caflave de M. Vreedenburg, j’at toujours
remarqué la méme transformation.
Pour lembelliffement de la planche J'atmis fur cette
plante un petit animal que l’on nomme Sauvegarde 3 &
qui avec le tems, devient grand comme un Crocodile
de dix ou douze pieds. Il fè nourrit de Charogne ;
mais 1l n'attaque pas les hommes comme le Crocodile.
Lorfqu’il veut pondre Jes œufs, la Nature apprend à
la femelle qu’il eJE temps qu’elle creufe L fable Jur le
bord de quelque Riviere pour les y dépofer ; elle laiffe
au Soleil le foin de les faire éclore. Les Indiens man-
gent ces œufs qui font gros comme ceux d’une poule
d'Inde, mais ün peu plus longs. Cet animal ef am-
phibie, également fur terre & dans l’eau » de forte que
quand 1l ne trouve point de Charogne , il fait la
Suerre aux Poifons ; & à défaut de ceux-ci, il vit
de mouches & de fourmis. Si je m'apperçois que ce
Traité des Tnfè&es [oit du/goût du Public, Je pourra
bien lui donner un de ces Jortes d'animaux.
I y a plufieuts plantés dont les Américains font leur pain
comme du Jucca foliis Aloës | comme le rapporte 4/dinus dans
fon Hortus Farnefianus ; d’une efpece d'Arum , en pied de
Veaux, dont j'ai parlé dans mes Préludia Botanica ; Mr. Naf
m'avoit donné cet 4rum > en m'affüurant que les Indiens faifoient
du pain de fa racine, ]Jl y a une de ces plantes dans le jardin
d'Amfterdam, Quoi qu'il en foit ; le Maniot eft la plante qui
donne le plus de pain dans les Indes Occidentales | & on lui
donne plufeurs noms ; Thevet l'appelle Manihor , J. B. la nomme
Jucca & Caf[ave; Parkinfon > qui l'appelle Hiucca & Mandioca ,
dit qu'on en tire la Caffave; C. B. Pin. en parle ainfi Manihoe
Tndorum Jive Jucca foliis Cannabinis; & Sloane dans le Catal, Plant,
Jamaic. dit Ricinus minor viricis obtufo folio , caule verrucofo ,
flore pentapetalo , albido » €X CUJUS radice cuberofa fucco yenenato
‘€argida Americani panem conficiune,
R'QUULE.
n’eft bon qu'à être jetté | il cft morte] aux hommes & aux animaux à
ceux-ci €n font cependant des plus friands : on fait fécher fur des pla-
ques , à l'aide du feu, la fubftance farineufe qui refte, & on diflipe
Par ce moyen toutes Les Parties volatiles qui peuvent y être reftées, Les
S'Umeaux ainfi defféchés & enfuite divifés | font ce quon nomme Ja
farine de Manihor. Nous avons donné dans notre Manuel Alimentaire
des plantes qui peuvent fervir de nourriture & de boiflon aux différens
Peuples de Ja terre, la façon de faire la cafave avec cette farine,
DES PLANTES ET INSECTES DEr SURINAM. $
EXPLICATION. DE LA PLANCEE F.
C'; ss Av A radix hæc nuncupatur, unde panis con
ficitur, communis Indorum Europzorumque in Americà
cibus. Et primüm quidem ex corrasà radice fuccus om-
nis exprimitur , cum ifte admodum fit venenatus; dein
radix exprefla ferreæ imponitur laminæ , quali in noftris
regionibus pileorum ftruétores utuntur , & lenis huic la-
mine fupponitur ignis , ut quicquid fupereft humiditatis ,
probè exhalare poffit ; fic denique in maflam quandam
coit, quæ figurà & fapore optimum Belgarum panem
bifcotum refert. Quod fi ab homine vel bruto expreflus
fuccus bibatur , cum maximis cruciatibus ei moriendum
eft; coctus autem idem fuccus optimum præbet neque
noxium potum.
Magna nigricanfque Eruca , cujus & caput & pars
pofterior colore fanguineo , integrum verd corpus nigris
& flavis infignitur ftris , ingens meo tempore in Suri-
namenfium terrà huic plantæ noxa erat ; totos enim
câdem confitos depafcebat agros , hominum nutritioni
deftinatos. Menfe Decembri, Anni 1700, depofita pelle
in fufcam ejufmodi cranfivit nympham, quæ quatuor
feptimanis poft in Papilionem hanc noéturnam , feu
phalænam ex albo nigroque elegantiflimè variegatam ,
& maculis in corpore aurantii coloris infignitam , de-
generavit.
Appofui ad ornandam magis Tabulam Serpentem ,
quæ naturà ita contorta pulcherrimèque maculata, tumido
ventre indicat , ova in illo contineri, iftius generis,
-quam in radice Caflavæ cernuntur. Ova hæc non ut
avium, teftà, verüm eodem modo ut ova Crocodilorum
& animalium quæ vocantur Sauvegardes, five etiam
Teftudinum , cute quâdam cœruleis hinc inde notat
maculis obdu“ta funt, ex oblongo rotunda.
R E M À
La plante gravée dans cette planche ; eft la mème que la
précédente, c’eft le Manihot ou Magnoc. Mile. de Merian
nomme la racine Caflave , tandis que ce qu'on appelle commur-
nément de ce nom dans.le-pays , eft la préparation qu’on en fait
pour manger. Voici la façon dont elle fe fait: on fait deffécher :
de la farine de Magnoc, jufqu’à ce qu’elle foit compacte ; on la
cafle pour la pañler dans une efpèce de Tamis appellé Manarer ,
on fait chauffer pendant cette opération une platine, qüi eft ou
de terre cuite, ou de fer , on y étend la farine jufqu'au bord de
tous les côtés : lorfqu’elle fe couvre de petites élévations, c’eft
une preuve que la Caflive eft cuite du côté où elle touche la
platine. On la retourne pour la cuire également de l’autre côté ;
on l'expofe enfuite au foleil pour qu’elle puifle fe conferver
long-temps. On la garde dans un lieu chaud à défaut d’étuve, Ces
Ce TTE Racine fe nomme Caffave; on en fair le
pair dont fe nourriffent en Amérique les Indiens à les
Européens, Après avoir rapé cette racine, on en ex-
Prime tout l’humide , qui ef vénimeux. On met certe
racine preffée fur une platine de fer telle que font celles
des Chapeliers, on entretient deffous un feu tempéré
pour en chafer tout ce qui refle d’humide, & de cette
maniere il s’en forme une maffe qui ne le cede pas aï
meilleur bifcuit de notre pays. Si un homme ou une
bête boit de l’eau qui en fort, il meurt dans des dou
leurs effroyables ; mais cette eau bouillie fait une trèsu
bonne boiffon.
Cette grofe Chenille noire gravée ici, dont la tête & le
derrière font couleur de fang, & tout le corps rayé de neir
6 de jaune , faifoit dans mon temps beaucoup de désär &
Surinam dans les terres où étoit cette plante ; elle er
ravageoit des campagnes entières deflinées à la fubfif-
tance des habitans. Au mois de Décembre 1 700 ,
ayant changé de peau, elle fe métamorphofa en une
nymphe brune, qui quatre Jemaines après produifit
une belle phalene parfaitement bien tachetée de noir &
de blanc, @vec des taches couleur d'orange fur le corps.
Pour embellir encore davantage cette planche, JY
ai ajouté un Serpent naturellement tortillé, & bien ta-
cheté. Son ventre un peu enflé marque qu’il porte [es
ŒBufs , qui font tels qu’on les voit fur la racine de
Caflave. Ces Œufs n’ont pas une coque comme ceux
des oifeaux ; mais comme ceux des Crocodiles & des
Sauvegardes , ou méme des Tortuës , ils font couverts
d'une peau tachetée de bleu , & font oblongs.
R Q U Ë
efpèces de galetres font les pains de Caïfave ; pout en faire ufige
il fuffit de les humecter avec un peu d’eau claire ou de bouillon.
Le Couac eft une autre préparation qu'on fait avec la racine de
Magnoc ; pour le faire on jette dans une poële large & peu pro=
fonde de la farine de Magnoc ; on remue fur un feu lent &
modéré cette farine durant huit heures de fuite , on prend garde
qu’elle ne fe pelotte en malle, pendant que l'humidité de la farine
s’évapore douceinent. L'opération eft finie lorfque la fumée dimi-
nue , & que le Couac en rougiffant fe réunit en petits grains. Les
Indiens de la côte de Cayenne préférent cette derniere préparation
à la premiere : lune & l’autre de tes préparations font tapportées
tout au long dans notre Manuel Alimentaire des Plantes , tant
indigenes qu’exotiques ; qui peuvent fervir de nourriture & de
boiffon aux différens Peuples de la Terre. On le trouve chez
Coftard, Libraire , rue St, Jean de Beauvais,
erdins des curieux ; elle demande la ferre pendant l’hyver ; fes
. HISTOIRE
EXPLICATION .DE LA PLANCHE Vi
ET D'uvs hic, in Americà Maccai vocätüs., ‘ad
“quatuor ulnarum excréfcit altitudinem; florem profert
“album flavis ftaminibus in medio otnatum : baccas gerit
#avefcentes ac rubicundas, quibus tam hômines, quäm
savés vefcuntur. Truncus adeo tandem evadit magnus ac
“durus, ut fecuri-opus fit ad eundém recidéndum.
Rubicunda flavifque infignita iris, que cérnitar ih
‘fummitite Eruca, longioribus , renitentibus ac fufcis
‘pilis obfita eft; foliis hujus cardui pafcitur. Die 4 Au-
‘gufti Anni 1700 äpud'me, depofitis prits, more om:
nium Erucarum fuis exuviis, in-nympham abüt, tel
‘quâdam lignéi coloris fe ipfam involventem , unde poft-
“modum die 30 Augufhi elegans produda ft Phalæna.
Inferior Eruca Hava.eft, atris notata maculis, pili£e.
‘que oblengis onufta. Mirum hoc eft infetorum genus.,
quod ingenti acervo ita congregätur , ut capite unius
‘caudæ alterius annexo quaf éirculum efformenit, quem
ü disjectis quibufdam rümpas., ftatim rurfus inftar Mer-
‘curl vivi in unum coëunt. Carduus ife pro efcà illis
infervit ; die 20 Julii anni 1700 , tel nexâ femet ob-
“duxerunt, atque hinc-die 24 Septembris primus Papilio
#octurnus prodiit.
Üterque hic Papilio microfcopi ope confpectus ferk
pellem refert Urfi Hüngarici, adeo hirfuti ambo & fœdi
apparent, pilis inftar ariflarum hordei defoïmes > qui
ahàs oculo non armato elepañtiffimi videbantur. Obfer-
vavi, omnes noëturnos Papiliones pilis , diurnos plumis,
Papilionefque tranfparéntes & vitreos fquamis obfitos
effe.
Hac planta eff Jüripeba Pifonis & CheruChunda ir Porte IT.
Horti Malabar. defcripta ac depiéla. Diverfa ipfus cognomina
in Flor4 Malabar. meâ colle&ta inveniuntur Jub titulo ; Solanum
Indicum fpinofum., fruêtu minimo miniato glabro, Raÿji.
Où trouve adtuellerent cette efpèce de Plante dans tous les
REMAR Q U
feuilles font très-épineufes ; fa
tous les Solanums ; fon fruit eft un poifon,
GÉNÉRALE
ee
Li]
Cz chardén porte én Amérique le ‘nom de Maccaï :
il croît à la hauteur de quatre aulnes, [a fleur qui eff
blanche, aen dedans des fibres jaunes. Son fruit efE
Jaune & rouge.; les hommes & les oifeaux en mangent,
& Jon tronc devient. ft grand & ft dur, qu’il faut em-
-ployer la hache. pour le couper.
La Chenille que Por voit ai haut de la plante, eff
rouge rayée de jaune, & toute couverte de poils bruns
longs & fermes.; celle fe nourrit des feuilles de ce Char-
don, Le 4 d Août 1700, je la vis changer de peau
chez moi. comme font toutes les Chenilles , ‘elle s’y
‘transforma en Chryfalide & s’enveloppa dun Cocon
“couleur de bois:; ilen provint une belle Phalene.
La Chenille gui ef plus bas-eft jaune, tachetée de
noir , & couverte de longs poils; c’efl une efpèce d’In-
Jedes admirables : ces Chenilles s’affemblent en grand
nombre, & s’attachant téte à queue “elles forment une
efpèce de grand cercle; fi vous le rompe7 en en arra-
chant quelques-unes , auffi-tôt elles fe réuniffent. : Elles
Je nourriffent du Chardon gravé dans cette planche,
Le 20 Juillet 1700, la Chenille que j’avois de cette
“éfpèce s’eft enveloppée de fon Cocon , & le 24 Sep
tembre il en eff forti un Papillon noturne autrement
Phalene.
En confidérant les deux Papillons Bravés dans cette
Planche, autrement les deux Phalenes , avec le Jécours
du Microfcope, leur peau paroît comme celle d'un Ours
de Hongrie autant ils paroiffent beaux à l'œil, au-
tant font-ils alors hideux & laids, leurs poils paroif.
Sant comme des Epis d’orge ; J'ai remarqué que tous
les Papillons noëturnes ont du poil, 6 que les autres
ont des plumes ; € que tous les Papillons tranfparens
ont des écailles.
Cette Plante eft nommée Juripeba Pifonis & Cheru - Chunde
dans la Part. IL. Hort. Malab. où elle eft
Elle à divers noms dans mon Fora Malabar.
le vitre de Solanum Indicum Jpinofum
£glabro:; Raji,
décrite & dépeinte,
où on la trouve fous
à fruilu minimo miniato
fleur eft la même que celle de
WILLIAN
Booksellh
à Essex
LONDON.
DES PLANTES ET INSECTES DE SUÜRINAM
EXPLICATION DE LI 24 PLANCHE VII
€ ERASA AMERICANA, quæ hic exhibui, nof:
tris in Europâ fapore haud æquiparanda funt : neque
arbores ctiam , quæ flore gaudent albo rubroque, ma:
gnitudinem Ceraforum vel in Belgio vel in Germani4
excedunt. Melioris tamen forte notæ ac perfettioris coli
poflet fructus, fi terram gens magis aflucta labori, &
quæftüs minds avida inhabitarer.
Binas folum hujufmodi flavefcentes reperi Erucas ,
quarum altera mortua eft, altera die 20 Aprilis än viri-
dem aureliam transfigurata , poftmodum die 26 Maji in
tam pulchrum magnumque Papilionem mutata eff.
R E M À
Il patoît que le Cerifier d'Amérique gravé dans ‘cette planche,
ft celui qui eft connu en Botanique fous le nom de Cerafus
L ES Cériles d'Amérique , Que j'ai Fepréfenté ic
ne font pas à comparer aux nôtres pour'le goût, L'arbre
ou ‘elles crouffent, & qui porte une fleur blanche à
rouge ; ne devient pas plus grand que Les Cerifrers
ordinaires de la Flandre & de l'Allemagne ; peut-êre
POurroët-on rendre ce fruit meilleur à Surinam > cè
pays etoit cultivé par une Nation Plus laborieufe &
moins avide di gain,
Je n'ai trouvé Que deux de tes Chenilles Jaunes;
gravées dans cette planche , dont Pune mourut & l'autre
après s'être transformée le 20 Avril, en une nymphè
verte, devint le 26 Mai un beau & grand Papillok
tel qu'il eff repréfenté.
R Q Ù E,
Arnericana , Myrii conjupaits folis ; fruiiu acerbo tétrapyrehk.
Plat. Am, 94 2 7, 157 5-f 7:
Bi
Là
AWILLIA
Bookselle
) Essex
à
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LONDON.
3 HISTOIRE
GÉNÉRALE
EXPLICATION DE LA PLANCHE FIIT,
a
J ASMINUM INprcum , ita vocatum.in-Americà ,
in proceram arborem excrefcit ; flores fert ponderofos
& denfos, odoris longë fuaviflimi; Folia viridia itidem
funt crafla & fucculenta; ubi ramulum decerpferis.,
Jadteus éffluit liquor. Facillimè propagatur; modo ra-
mum decerptum terræ mandaveris , antequam lacteus
“humor fit effufus , ifte paucorum menfium fpatio magria
-atbor-evadét.
“Fronde Jafminorum vefcitur coronata hæc Eruca,,
quæ die 20 Septembris in nympham, atque exin die
ti Oëtobris in elegantém hujufmodi & undulatum quafi
Papilionem abiit, exterius {ex ordine maculis albis ‘in
utrâque alà notatum, interius ex atro rubroque infigni-
‘um. “Ubi‘oculis microfcopio munitis animalculum con-
templatus fueris , admiranda ejus tibi apparebit pulchri-
tudo., .digna quæ ‘intentits adfpiciatur , “çum verbis
-eadem defcribi aut exprimi nequeat.
Hanc arborem Hernandès in Hijtor. Jua Mexicana:cap. 33 ; no-
“mine Quauthlepatli , ffve Arbor Ignea , defcribic : ficut etiam
“n Part. II. Hort. Amftelodam. cap. X XIV. [ub titulo Apocy-
“num Americanum frutefcens , longiffimo folio., flore albo odo-
bKAtO., proponitur.
R E M A
Le ‘Jafmin d'Inde n'eft pas l’efpèce dont il:eft parlé dans la
‘note 3 Linneus le nomme plumeria foliis ovato oblongis ; petiolis
Biglandulofis. Sp. Plant. 366.3 & Sloanne, nervium arboreum ,
folio: maximo obtufiore ; flore incarnato. Tandis que l'Apocin
C: T rx plante que je nomme, ainfi que je l’a out
nommer en Amérique, Jafmin des Indes, devient ur
grand arbre, & porte beaucoup de fleurs affez pefan-
tes | dont l'odeur eff.très-agréable. Ses feuilles vertes
font épaiffes & pleines de [uc; lorfqu’on en rompt une
branche , il en fort une efpèce de lait. Cet arbre mul-
tiplie facilement , & pourvi qu’on en plante une
branche en terre avant que toute l’humeur ladée en
…foit écoulée , elle devient au bout de quelques mois
un grand arbre,
La Chenille couronnée qu’on voit ice vit des feuilles
de cet arbre. Celle-ci s’étant métamorphofée en nymphe
le 20 de Septembre, devint le 11 d’Odobre un beau
Papillon ondé, ayant en dehors fix taches blanches
bien rangées [ur fes deux aîles , qui par-deffous [ont
rouges & noires ; lorfqu’on examine cet Infede avec le
Microfcope , on eff charmé de [a beauté, on le juge
digne de la plus grande attention, & il eff Ji joli qu’il
n’eft pas poffible d’en donner une défcription complette
telle qu’il la mérite.
Hernandès nous a donné la defcription de cet arbre dans fon
“Hiftor. Mexic. cap. 33 , fous le nom de Quauthleparli ou d’Arbor
Ignea ; il en eft aufli parlé dans le Chap. XXIV de la feconde
Partie de l’Horr. Amflelodam. fous le nom d’Apocynum Americae
aum frutefcens.s longiffimo folio., flore albo odorato.
RQ. VE
d'Amérique eft défigné par Linnæus fous la phrafe de plumerie
foliis lañceolatis reyolusis ; peduneulis fuperne tuberofis, Sp.
Plant, 306.
DES PLANTES ET INSECTES DE SURINAM,
EXPLICATION D
É Ranara ARrBOR cum flore & fructu libenter
quidem in agro Surinamenfi crefcit, parum tamen ab
Incolis colitur. Quandoquidem in Europà etiam faris
nota jam eft, in illà largiüs defcribendà non perfiftam.
Flavam hanc Erucam in regione Surinamenfi folis
Granatæ nutrivi, ufque dum die 22 Aprilis fixa hærens
in cinerei coloris nympham , & ex cà poftmodum die
8 Maji in Papilionem hunc venuftiffimum mutaretur ; qui
ex argenteo cœruleoque tinétus , margine fufco circum-
datus, circulifque femilunaribus infignis eft , adfperfis in
latere oppofito, quod puniceum, maculis flavefcentibus.
Maximâ gaudet velocitate, quando circumvolat infeétum.
Microfcopio in ufum vocato , cœruüleus hic Papilio
tegulas ejufdem coloris , uti tectis inftratæ jacent , exacte
refert ; adeo eleganti & concinno ordine latiores quædam
plumæ, quales funt pavonum,
quæ tanto infuper fplendore fulgent , ut diligentem ille
contemplationem prorfus mereatur , quippe cum non
poffit vel calamo exponi vel fcripto explicari.
R E M A
On cultive à Paris le Grenadier à fleurs doubles, on le met
en caifle , & on l’enferme pendant l’hyver dans l’orangerie ; 1l
fait dans la belle faifon l’ornement des jardins; il croît naturel-
lement dans les hayes de la Provence , du Languedoc & du Rouf-
filon: trois efpèces de Grenadiers à fleurs fimples & à fruits ,
que Tournefort nomme punica fruëlu dulci ; punica fruêlu acido ,
& punica medii quaft Japoris. On fuce avec plaifir dans certains
pays les grains de Grenade , leur acide nettoye la bouche & excite
l'appétit ; rien n’eft meilleur pour précipiter la bile, & pour
appaifer l’ardeur de la foif dans les fièvres intermittentes , que le
ic de ce fruit : on en fait un fyrop qu’on dit être très-cordial &
très-aftringent. Les Pharmaciens nomment les fleurs de Grenade
Balauftes ; l'écorce de fon fruit eft connu fous le nom de Malico-
rium : l'un & l’autre , de même que les pepins & le fuc des Gre-
nades , s’employent avec fuccès dans les couts de ventre, la
£
alis impofitæ videntur ,‘
LA PLANCHE IX
À 4 E Grenadier croît dans les campagnes de Surinam,
il y porte des fleurs & du fruit, & il paroît que cè
terroir lui convient, néanmoins les Habitans n’en font
pas grard cas. Comme cet arbre eft af[ez connu en Eue
rope , nous n’en donnerons pas de defcription.
J'ai nourri à Surinam la Chenille jaune de feuilles
de Grenadier , gravée dans cette planche jufqu’au
22 Avril; elle fe fixa pour-lors & Je métamorphofa er
une nymphe cendrée, d’où fortit un beau Papillon,
le 8 de Mai. Il éroit d’un bleu argenté, bordé d’une
bande brune , chargée de demi-lunes blanches. Le def-
fous étoit brun, tacheté de jaune. Lorfqu’il vole, c’efe
avec la plus grande viteffe.
En confidérant ce Papillon à l’aide du Microftope ,
on diroit qu’il eff couvert de petites tuiles bleues , commè
celles dont on couvre les maifons ; quelques-unes de fes
plumes les plus larges , Jont rangées dans un bel ordre
fur les ailes, & telles que font celles de la queue des
Paons ; elles jettent un grand éclat, & l’on peut dire
qu’il mérite d’étre examiné , car on ne peut ni en pain=
dre, ni en décrire toute la beauté.
Rs QUE
diffenterie & les pertes de fang ; les fleurs s’ordonnent paï pincées
en infufñoñ. Le Malicorium , qu'on regarde aufli comme verfmi-
fuge , fe met en poudre & fe donne depuis un gros jufqu’à deux ,
ou bien on le prefcrit en décoétion , & pour-lors la dofe eft d’une
demi-once ; les pepins ou femences de Grenades font aftringens ,
on s’en fert comme des fleurs pour arrêter les gonorrhées ; on les
mêle quelquefois avec les femences rafraîchiffantes dans les émul-
fions. L'illuftre Chancelier Bacon affüre que le vin que l’on pré-
pare avec les Grenades douces , eft un remède hépatique , très:
propre à fortifier les nerfs. On fait ufage de l'écorce de Malico-
rium comme de celle du Chefne, pour préparer les cuirs; elle
change en noir la folution du vitriol, & eft par conféquent très-
propre pour faire de l'encre. Quant à la defcription du Grenadier,
voyez mon Dictionnaire des Plantes , Arbres & Arbuftes de la
France , à l’article Balauftrier,
4
——, dE le us
a
WILD,
Bo :
LONDON.
à Essex Street, Strand,
SR
HISTOIRE
TD
ÆXPLICATION DE LA PLANCHE X:
* V0 N arboreum Surinamenfe cito excrefcit, atque
‘tempore fex menfium ë femine in arborem , alritudine
‘mali cydoneæ noftratis æmulam, elevatur. Foliis virenti-
bus ad vulnera refrigeranda & fananda utuntur Indi. F lo-
res gerit duplices, & rubicundos & fulphureos, rubicundi
fteriles funt ac fruétum nullum dant , {ul phureï goflypium
proferunt. Scilicet poft florem fequitur capitulum , fus
loco progerminans , . quod ipfum ubi fuam nactum eft
maturitatem , fufcum evadit atque dehifcens albiffimum
goffypium exhibet , tribus conftans partibus , quarum
quælibet nigricans femen continet, cui goflypium adhæ-
et. Ex hoc goffypio fila ducunt, telafque conficiunt pro
deétis pendulis., in quos ad quietem fe componant Indi.
Duplicis generis Erucam hæc arbor mihi exhibuit :
änferiorem nigricantem ad diem ufque 20 Martii viridi
ejufdem fronde alui; tum vero depofitis exuviis, in au-
teliam mutata eft, ex qua die 28 Aprilis T7or phalæna
‘colore goffypium referens produéta eff.
Superior albicans pariter folis hujus atboris pafcitur.
æc die 9 Junii in nympham transformata , exin die
24 Julii fada eft Papilio, argenteis puniceifque maculis
uperbiens
Prior albicans phalæna fi ope Microfcopü confpiciatur,
tanquam ex albis nigrifque plumis, quæ tamen ad pilos
mMagis accedunt, videtur efle conflata , binis ejus corni-
culis binos ferpentes ex albo nigroque variegatos refe-
rentibus.
Alter autem ifte Papiliunculus in dorfo copiofam gerit
plumam , fubths exiguas quafdam protuberantias colori-
bus longè pulcherrimis tinétas , plumarum enim quaf
funt elevati fafciculi , rubente, coeruleo > Purpureo , aureo
argenteoque colore fuaves, qualis eft pavonum pluma,
Extremitates alarum ad caudam eminentes pariter ele-
gantiffimæ funt plumarum criftæ ; antennæ binos repræ-
fentant atros ferpentes.
Xyÿlon arboreum duplici flore gaudere, primus Hermannus jn
Horto Lugdunenf obfervavir > Ande tanquam binas Jpecies diverfas
arboris illud proponit ; quem fecutus eff in Inflitur. Rei Herbar.
Tournefortius. Verum Jecundèm hanc Autoris n0ffra defcriptionem
duplices iffi flores in uné câdemque arbore Téperiuntur ; hoc tantèm
cum difcrimine , ur capfüle feminales nulle PO/E rubicundum | fed
folummodo poff forem flavum ; fequantur. Prior Jub nomine Xylon
arboreum J. B, pofterior ut Xylon arboreum flore flavo à Tourne-
fortio proponitur | ubi & alig denominationes ejufdem exhibentur,
R E M A
GÉNÉRALE
A
L: Cotonier de Surinam croft très-vite, car fix mois
aprés avoir été femé, c’efl un arbre auffi grand que Jont
en Europe les Cognaffiers. Les Américains en appli-
quent les feurlles vertes fur les playes nouvelles » tant
Pour les rafraïchir que pour les guérir. Cet arbriffeau
porte de deux fortes de fleurs, les unes rouges, & les
autres d'un jaune de foufre : les premières ne portent
pas de fruit ; le coton vient des Jaunes. Quand la fleur
tombe, un bouton prend [a place, il croît, & lorjqu’il
ef mûr, il eff de couleur brune, Je fend & montre le
coton d'un beau blanc, qui comprend trois parties ,
dont chacune renferme une Jémence noire à laguelle le
coton cff attaché. Ils le filent & ils en font de la toile,
dont font faits leurs Hamaks , ou lits Jufpendus.
J’ai trouvé fur cet arbre deux Jortes de Chenilles.
Celle d'en bas qui efl noire, a vécu des feuilles vertes
de cet arbre, jufgw’au 20 de Mars. Alors après avoir
changé de peau elle fe transforma en une nymphe,
d’où fortit le 28 Avril 2701 un Papillon couleur de
coton.
La Chenille qui eff gravée dans la figure un peu plus
haut, étoit blanchätre ; elle JE nourrit auffi des feuilles
du Cotonier. Le 9 de Juin elle JE changea en nÿmpe ,
& le 24 Juillet en une phalene ou Papillon noéturne
couvert de taches argentées & brunes.
Lorfqu’on examine le premier Papillon avec un Mi.
crofcope , il paroit comme couvert de petites plumes
notres & blanches, qui reffemblent beaucoup à des poils.
Ses cornes ou antennes reffemblent à un Serpent mar=
gueté de blanc & de rioir.
L'autre petit Papillon eff tout couvert de plumes fur
le dos. Defous [ès aîles on voir de petites puflules dont
les couleurs font admirables, ce Jont comme de petits
toupets de plumes rouges , bleues, dorées, & argentees ,
Comme une plume de Paon. Les extrémités des ailes
s’élevent vers La queue comme de petites houpes de belles
plumes, Ses cornes Paroiffènt deux petits Serpens noirs.
Hermannus eft le premier qui a obfervé dans fon Hortus Lug-
dunenfés que le Cotonier Portoit deux fortes de fleurs 3 C'eft pour-
quoi il en a parlé comme de deux efpèces d'arbres: Ournefort
l'a fuivi dans fes inftituts de Botanique. Mais fuivant notre
Auteur , c'eft le mème arbre qui porte deux fortes de fleurs , avec
cette feule différence qu'après la chûte des fleurs rougeâtres , il ne
Païoït aucun bouton qui renferme la femence; ce qui arrive après
la chûte des fleurs blanches, J,B. parle du premier fous le nom
de Xylon arboreum, & Tournefort du fecond fous celui de Xy/or
arboreum flore flayo ; dont il donne les divers noms.
R-_Q:UTES
ge. LA
na les ouvrages les plus délicats & les plus beaux que on puife
aire avec le Coton filé. Outre les Mouffelines , on fait encore
avec le Coton des Futaines , des Bazins, & des Bas, qui font fou-
vent de la plus grande finelle,
DES PLANTES ET INSECTES DE SURINAM
De
+
EXPLICATION DE LA PLANCHE XI.
el I c ramus eft arboris Surinamenfis Belgico idiomate
Pallifaden-Boom vocatz , ex quà fifsà afferes conficiunt ;
quibus in Americà utuntur ad domos fuas vel cafas ex-
ftruendas , quatuor trabibus ad quatuor angulos in terram
defixis pro aflerum fulcimento. Florem gerit arbor fla-
vefcentem , denfum vero & ponderofum , adeo ut poft
eundem deciduum in altum rursbs erigatur ramus , undè
propendebat. Capfulæ feminales funt inftar fcoparum,
cui etiam inferviunt ufui apud incolas ; fcatent feminibus,
figurà & magnitudine femina mil refcrentibus.
Quod cernis Erucarum genus, flavefcens , nigris no«
tacum ftriis ; & fex fpiculis armatum , ter hanc arborem
fingulis annis infeftat. Cüm ad magnitudinis fuæ tertiam
accefferunt partem , deponunt exuvias atque aurantium
nancifcuntur colorem , fingulis fegmentis nigricante ro-
tundâque maculà confpicuis ; fex item fpiculis ut antea
muniuntur : Verum paucos dies pot, iterum mutatà
pelle, fpiculis inermes apparent, Anno 1700, die 14 Apri-
lis ex Erucis mihi fa@tæ funt nymphz , quæ die 12 Juni
in appofitas phalænas tranfierunt. Inferior ex his & minor
mas , fuperior & major fœmina ef,
R E M A
Nous parlerons amplement de cet arbre dans notre Hiftoire
O» voit dans cette planche une branche d'un arbre
de Surinam que Pon nomme Paliffade dans Le pays:
en le fendant on en fait des ais; les Américains en
conftruifent leurs maifdns, dont les quatre coins font
quatre [olives enfoncées en terre qui fervent à foutenir
ces ais. Cet arbre porte une fleur jaune, épaiffe & pes
Jante, de manière que quand cette fleur eft tombée, la
branche fe releve & croît. Les gouffes qui renferment la
Jemence forment comme un balais de bouleau , & effe&i-
vement on s’en fert quelquefois en guife de balais. Ces
gouffes portent beaucoup de femences qui reffemblent au
Millet pour la figure & la groffeur.
L’efpèce de Chenilles que lon voit it , jaunes, rayées
de noir & armées de fix pointes , fe trouve trois fois par
an [ur cet arbre. Quand elles font parvenues au tiers
de la grandeur qu’elles doivent avoir , elles changent de
peau, & s’en revétent d’une couleur d’orange avec une
tache noire & ronde [ur chaque divifion ; elles font
comme auparavant armées de fix pointes ; mais quelques
jours après elles changent encore de peau, & perdent ces
pointes. Le 14 Avril 1700, les Chenilles de cette efpèce que
j’élevois fe transformèrent en nymphes; & le 12 de Jui
il en fortit des Papillons noëturnes ou phalenes que vous
voyez. Celui d’en bas qui eff le plus petir étoit le mâle,
& celui den haut, qui eff plus grand, étoit la femelle.
ÉeO UF
famment fous prelle fous format in-4° , & oïné de pluñeurs
Générale des Végétaux, dont le premier Volume fera mis incef- | planches gravées,
ee
De
ji CpctS | >
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à Essex Street, Strand,
LONDON.
É HISTOIRE
GÉNÉRALE
EXPLICATION DELA PLANCHE XIL
ss ANANA hic frutus in Americà vocätus , loce:por-
“morum infervit, grati quippe faporis, perinde ac in Belgio
poma, & coctus pariter atque crudus fuavis eft. Cm
maturus nondum evafit, ex albo flavefcit, maturus citrino
extüs & inrüs colore tinétus eft, cortice crafhore inftar
citri munitus. More racemorum pendet fru@us , quâlibet
arbore unicum folummodo proferente racemum , qui 9
vel 10 habet circulos , horum autem finguli 12 vel 14
“gerunt fruétus ; omnes furfum fpedantes. Ejufmodi race-
mus tantæ eft magnitudinis | quantæ aliquis ferendo par
effe poteft. Florida fimul cum fruétu eft arbor : flore ele-
“gantiffimo apparente , qui conftat ex quinque foliis corii
adinflar craflis, coloris quidem fanguinei , ex oppofito .
autem latere quafi rore cœruleo onuftis. Arbor ceu braf-
fica fpongiofa eft, truncus foliofus & ex variis conflatus
tegumentis, quæque erumpunt germina , {ex menfurn
fpatio in 13 pedum altitudinem excrefcunt , & craflitiem
proportione habita malo craffiori navium parem. Folia
féptëm pedibus longiora , dimidioque latiora funt, fuaviter
viridefcentia ; pani eadem fubfternunt incolæ > quo poffint
commode illum clibano ingerere.
Erucam ex afbo viridefcentem in arbore ift4 reperi ,
cujus étiam foliis à me ad diem 21 Aprilis nutrita fuit,
cüm fepofitis exuviis in nympham abiit, poftmodum die
10 Maÿji in pulchram hanc phalænam mutata,
Planta hac eff Mufa Serapionis , ot diflinétis infgnita nomi-
nibus ; quot de ill& [cripferunt Auélores. Omnia hec nomina con-
gregata ; in Florâ Malabaricà me4 fub nomine Ficoïdes {eu Ficus
Indica , longiflimo latiflimoque folio , frutu longiffimo , Mufa
Serapionis diéta Herm. Car. propoita invenies.
RE M'A
Les Bananes font très-bonnes À manger , ainfi que l’a très-bien
obfervée Mile de Merian 5 leur chair eft moëlleufe , pleine d’un
fuc humeétant & d’un goût agréable ; elles font très-nourriffan-
tes ; mais d’une digeftion difficile. En Egypte on en fait ufage
pour les âcretés de poitrine. A Cayenne on les mange crudes ou
cuittes au fout : Les habitans de la Grenade en font une efpèce de
pain. On en Prépare encore une boiffon fort agréable , on fait
cuire dans de l’eau des Bananes avec leur peau , cela la rend
fucrée , on ôte enfuite la peau & on brafle les Bananes ; La liqueur
qu’on en obtient eft une boiffon très-nécefaire aux Negres. Dans
Sr 7 « ” à
à ne . S > Ta nn à -_— in a
Re it EE 2 SR à à s
Cr fruit fe nomme Banane en Amérique , où il tient
lieu de Pommes , car il a le méme goût que les Pommes
des Pays-Bas ; on le mange cuit & crud. Quand il
n’efl pas tout-à-fait mûr , il eff d’un blanc jaunâtre,
& celui qui eff mûr ef? couleur de citron en dedans comme
en dehors. Ce fruit a la peau épailfe comme celle du
citron & il eff par grape comme le raifin ; mais chaque
arbre ne porte qu’une grappe qui a 9. ou dix étages &
chaque étage 12. ou 14. fruits, tous élevés. Une grappe
fait la charge d'un homme. Le Bananier porte en même
tems des fleurs & des fruits. La fleur eff belle; elle con-
Jifleen cinq petales épais comme du cuir , & rouges comme
du fang, mais le deffous eff d’une couleur bleuêtre. L’ar-
bre ef? [pongieux comme un choux; le tronc confifle er
plufieurs écorces, & les rejètons qu’on en plante, mon-
tent en fix mois de temps jufqu’à la hauteur de x 3. pieds,
épais à proportion comme un mât de vaiffeau. Ses feuilles
ont fept pieds de long , É trois & demi de large ; elles Jont
d’un verd agréable; les Américains les mettent Jous le
pain avant de le mettre au four.
J'ai trouvé fur cet arbre une Chenille d'un verd clair ;
Je l'ai nourrie de fes feuilles jufqu’au 21. Avril qu’elle
changea de peau, & enfuite fe transforma en nymphe,
d’où il fortit le 10 de Mai, le beau Papillon noéturne
que l’on voit ici.
Cette plante eft le Mufx de Serapion qui à autant de noms ;
qu’il ÿ a d’Auteurs qui en ont écrit : je les ai tous rapportés dans
mon Florä Malabaricé | fous celui de Ficoïdes s Jeu Ficus Indica,
longiffimo latiffimoque folio , fruilu longiffimo ; Mufa Serapionis
dicla: on peut confulter Herm, Cat.
RQUE
les pays où croît le Bananiet on tire de fà tige du fil , après lui
avoir donné quelques préparations. M. l'Abbé Prevôt, dans fon
Hiftoire Générale des Voyages rapporte que dans l’Ifle de Madere :
les habitans ont une efpèce de vénération pour la Banane; c’eft,
fuivant eux, de tous les fruits le plus délicieux ; ils Le regardent
même comme le fruit défendu, qui a été la fource de tous les
maux du genre humain. Quelques Auteurs croyent encore que
c'eft ce fruit qu’apporterent à Moyfe les exprès qu'il envoya à la
découverte dans la Terre promife, & que deux hommes avoient
peine à porter,
LD
DES PLANTES ET INSECTES DE SURINAM
EXPLICATION DE
H Le ramus exhibetur Pruni Americanæ , qu in
ranram excrefcit altitudinem , quantam in Belgio Nux
Juglans attingit , ejufdemque habità proportione ferè eft
craffitiei ; foliis & floribus maxime ad Sambucuim vulga-
rem accedit , præterquam quod flos odore careat. Fruëtus
racemorum inftar pendet ex arbore , quæ tamen fponte
crefcit , neque inferitur ; cum in iftis regionibus Europæi
præter Arundinem Sacchariferam nihil colant. Adftringit
fructus atque movet fudorem , qui perinde ac fruëus , à
quo prolicitur , flavo cindtus eft colore. Quod in Pruno
continetur officulum dimidiam illius conftituit partem ;
caro fructüs eft admodum fibrofa. ,
Virides & fpinofe Erucæ floribus irrepentes , iifdem
fammæ deleêtantur ; eorum autem defe&tu fronde arboris
pafcuntur , naturà fegnes , totam diem non nifi pabulo fe
replent. Die $ Aprilis quietæ hærebant firmius , atque
die 7 in nymphas defiguratæ , poftmodum die 20 ejuf-
dem menfis cœrulei tales fa&ti funt Papiliones.
R E M À
Linneus nomme cet arbre Spondias foliolis nitidis, Linn. Sp.
Plant. 6133 & Rai, Prunus Brafilienfis , fruëlu racemofo ligno
ineus pro officulo. Le Prunier eft le Monbin , ou PAcaja, il eft de
la grandeur du Tilleul , fon bois eft rouge & léger comme le liége ;
fon écorce elt raboteufe & de couleur cendrée ; fes feuilles font
oppofées , longues de trois pouces ; larges de deux; brillantes ,
douces au toucher , aftringentes au goût, & traverfées d’une
groffe côte dans toute leur longueur. Les fleurs font jaunâtres &c
fuivies de fruits femblables \ nos Prunes , tant par la figure que
33
LA PLANCHE XIII.
Or voit dans cette planche une branche de Prünier
d’Amériqte qui devient auf haut que Jont les Noyers
dans les Pays-Bas , il eft épais à proportion , fes fetil=
les & [es fleurs reffemblent beaucoup à celles de Sureau}
excepté que la fleur n’a pas d’odeur. Le fruit peñd paf
grape. C’eff un arbre Jauvage, on ne le greffe point ÿ
car dans ce pais-là les Européens ne cultivent que les
feules Cannes de Sucre. Le fruit de ces Pruniers ef
aftringent & excite une fueur qui , comme le fruit qui là
caufe , tire fur le roux. Le noyau fait la moitié du
fruit, & la char en eft pleine de fibres.
Les Chenilles vèrtes toutes hériffées de pointes que l’on
voit fur les fleurs, s'en nourriffent ; & à leur défait
elles vivent des feuilles , elles font fort pareffeufes &
mangent toute la journée. Le 5 d Avril elles fe fixerent
fur une branche, & le 7 elles fe transformerent en nym=
phes ; enfin le 20 ilen fortit les Papillons bleus que vous
voyez.
RQ UE
par la groffeur , jaunés , acides , à noyaux lignéux , facile à éafs
fer ; & renferment une amande d’un blanc jaunâtre. On emploÿé
dans l'Ifle dé Ceylan le jus de fes feuilles pour arrofer le rot On
exprime de fon fruit une liqueur qui approche beaucoup du vin.
Le fruit eft de la groffeur d’une Prune Impériale, & aufli fain que
la Cerife: on le nomme Prune de Monbain. On s’en fert en Mé-
decine contre la-fièvre & la dyffenterie , fes fleurs fe conffent
en bouton.
N "
à Es$ex Street, Strañd,
LONDON.
nn —
HISTOIRE
ss
Æ XPLICATION DE
ë . ii +
He ramus eft proceræ mrboris, quæ à fruétu in
Americà Belgicè Zuurfak vecatur. Folia ejus pulchriori,
quam citri arboris folia, funt tinéta viridi ; flores & flavo
viridefcunt, petalis craflis inftruéti.. Fruétus Meloni ferè
fimilis, inflar uvarum fapit acidiufculum duriori pelle
“cinus ; caro cjus alba, mollis, gratiflimique eft faporis,
. \ È
“am cofa, quam cruda edulis. Antequam vero :matu-
refcat, coquendus.eft, quando cum aqua & faccharo coc-
“us cibum præbet non contemnendum. In Barbados In-
Aulis vinum quoque & fruétu hoc exprimitur.
Frons hujus atboris virens efca fuit magnæ iftius &
wiridefcentis Erucæ , quæ die 22 Junii immota jacuit,
exuvias depofuit & in nympham degeneravit , unde Au-
gufli die 23 Phalæna , fpadiceo tinéta colore produéta ef.
Flavefcens autem Erucula , circumvoluta ramulo in-
hærens, pariter hujus arboris fronde vefcitur. Die 3 De-
-cembris telam lignei coloris compofuit , ex quä die 24 Ja-
nuarii Phalæna albicans erupit, qualis folio arboris impo-
ita cernitur. APE
Minor hujus arboris fpecies , quam Belgicè Zuurzak vocant ; jam
sum Figura III exhibetur 3 uti etiam fub nomine Anonæ in hortis
Belgicis candem effe cognitam , folio 3 jam diitum fuir.
R E-M 4
GÉNÉRALE
LA PLANCHE XIV.
Cz rre branche eff d’un grand arbre que les Hol-
landois nomment en Amérique Zuurfak , ainfi que fon
fruit. Ses feuilles font d’un plus beau verd que celles
du Citronier; fes fleurs font d’un verd jaunâtre, 6
elles font affèz épaiffes. Le fruit reffemble au Melon,
€ a le goût un peu aïgre comme le Raifin , la peau en eft
dure. La chair eft blanche, molle, d'un goût agréable ,
& on le mange crud ou cuit. Il ne faut pas laiffér mü-
rir celui que l’on veut cuire, ce qui fe fait avec de Peau
& du fucre , ce mets eftune bonne nourriture ; dans les
Barbades on en tire du vin.
Cette groffe Chenille verte qui eff gravée dans la plan-
che , s’eft nourrie des feuilles vertes de cet arbre. Le 22
de Juin elle s’eft tenue en repos , elle a changé de peau,
& s’eft transformée en une nymphe brune ; le 2 3 d’ Août
al en eff provenu une phalene de couleur brune.
La petite Chenille jaune qui eff tapie fur une branche,
Je nourrit aufft de la feuille de cet arbre. Le 3 de Dé-
cembre elle fila un Cocon couleur de bois , d’où le
24 Janvier il fortit une autre phalene , ainfi que je Pa
repréfenté fur une feuille verte.
Nous avons déja vü dans la planche II la petite efpèce de cet
arbre que l’on nomme en Hollandoïis Zuurfak , & on a dit page 3,
qu’on le connoît auffi fous le nom d’Anone dans les Jardins deg
Plantes en Hollande.
R Q U E.
Voyez ce que nous en avons dit dans l’Explication de la Planche IV.
DES PLANTES ET INSECTES DE SURINAM. 24
EXPLICATION DE LA PLANCHE XF.
H I Melones Aquatici, perinde ut cucurneres in Bel.
gio , ad terram rependo crefcunt. Cortice duriori obduéti
fant, qui pedetentim interius fuam amittit duritiem. Cato
fplendens inftar facchari in ore liquefcit, grati faporis ,
ad fanitatem & ægrotantium refocillationem utilis. Parvi
ant & formä viles flofculi, flavefcentes ; femina rubent ,
ad extremam vero ubi pervenerunt maturitatem , nigricant,
Quadrata Eruca foliis iftius Melonis infidet , anticà &
pofticâ corporis parte cœrulea, medià viridis , pedibus
cute tectis vifcosà, qualis eft cochlearum. Die Julii $ telà
{e involvit, mirum quid ex rarà ifthac Erucâ me fperante :
verüm {pe fruftrata fum , cum Augufli die 10 Anni 1700;
exiguus ejufmodi fpernendæque formæ Papilio noëturnus
inde prodiret. Idem plus vice fimplici mihi accidit, ut
pulcherrimæ rariflimæque Erucæ in fœda nulliufque pretii
animalcula tranfirent ; deformes autem peflimæque Erucæ
in Papiliones elegantiffimos , vel noéturnos , vel diurnos,
mutarentur.
Melo aquaticus ile eff Anguria Citrullus diéta G. B. Pin. & Ci-
trullus , folio Colocynthidis feto , femine nigro, quibufdam An-
guria J. B.
CL: Melon d’eau croît far terre, comme les Concom-
bres en Hollande; fa peau , qui eff dure, perd fa dureté
à proportion que l’on avance vers le cœur. Sa chair bril-
lante fe fond dans la bouche comme du fucre, elle eft
agréable au goût & fort faine, & elle foulage beaucoup
les malades. Ses fleurs font jaunes, petites & peu confi=
dérables ; [a fémence eff rouge , mais elle noircit en mü-
riffant.
La Chenille quarrée qui eff furrce Melon ef bleue de-
vant & derrière, & verte au milieu. Ses pates font cou=
vertes d’une peau gluante comme celle d’un Limaçon. Le
4 de Juillet elle s'enferma dans ur Cocon; j’attendois
quelque chofe d’extracrdinaire de cette Chenille, qui me
paroiffoit rare , mais je fus trompée dans mon attente,
car Le 10 d’ Août 1700 il en fortit le laid Papillon noc-
turne ou la phalene que l’on voit. Il m'eft arrivé plus
d'une fois que les plus belles Chenilles fe font transfor-
mées en de très-laids Papillons , & qu’il en eff forti de
très-beaux des plus laides Chenilles.
Ce Melon d’eau eft nommé par G. B. Pin. Anguria Citrullus ; &
Citrullus folio Colocynthidis feëlo , femine nigro ; quibufdam An-
guria J. B,
R £E M A R Q U E.
Le Melon d'eau donne du fruit en Europe; mais ce fruit qui
nous en parlerons plus au long dans notre Hiftoire Générale des
eft G délicieux à Surinam, ne vaut abfolument rien en France : | Plantes.
Di
HTSTOIMRE
GÉNÉRALE
EXPLICATION DELA PLANCHE AVE
Hx. ih Americâ Arbor Cafchou , & frutus Poma
Cafchou nuncupantur. Duplex ejus reperitur fpecies,
quarum altera florem fert album pomaque flavefcentia.,
alcera rubicundum producit florem ejufdemque coloris
poma; ambæ tamen m viridi fronde conveniunt. Poma
faporis licet acidiufculi & adftringentis, bona tamen funt,
quæ coquantur. Vinum ex illis in quibufdam Americæ
locis expreffum adeo forte eft., ut qui jufto largius.de eo
bibunt, hinc inebrientur. Adhærent pomis curva quædam
reniformia Corpora, quæ roprie-Ca/chou dicuntur , velut
in duorum pomorum , his excrefcentiis Cafchou didtis
arborem tangentium , extremitatibus confpicitur. Acris
admodum eft hæc pomi appendix , ejufque fuccus cutem
€arnemque abfumit , fic prorfus , ut fonticulis excitandis
apta exiftat ; aflata vero adverfus diarrhœam proficua,
vermes quoque pellit, caftaneam fapore æmulans: Folia
coronæ inflar cingunt arborem, velut in hoc ramo cer-
nitur.
Anno 1701 duplicis generis Eruca in hac arbore à me
reperta ft, quarum altera nivem candido æquabat colore,
pilofa valde, ficuti folio infidentem vides. Ad diem 4
Martii hanc fronde arboris.nutrivi, cum fufca evafir nym-
pha, poftea die 18 Marti tranfparens faéta Papilio, qua-
lis in aëre volitans exhibetur.
Altera fuperior Eruca rubicunda erat & celeri reptatu,
Tocum quærens, ubi telæ fe includeret > id quod etiam
die $ Aprilis perficere inchoavit, die 20 ejufdem menfis
hinc in Papilionem lignei coloris mutata.
Hac arbor eff Anacardium Occidentale cajous di@um / officulo
teni leporis figura , Herm. € largius in IL Parte Hort. Malabar.
defcribitur fub nomine Kapa-mava & Katjavomaram. Puria ejuf=
dem cognomina alia in Florà Malabaricâ nofträ colleila leguntur,
R E M A
L’Acajou eft l'arbre dont il eft ici queftion : on en diftingue de
deux efpèces , l’Acajou à planches, il croît dans la Cayenne ; &
l’Acajou pomme , c’eft le dernier qui eft gravé dans cette planche,
il eft tortueux , & ne s’éleve Pas bien haut ; fes fleurs paroiffent en
Septembre, elles font en forme d’entonnoirs & ont une odeur fort
douce; à ces fleurs fuccéde un fruit en ;
leur jaune ou pourpre. Ce fruit mûrit en Décembre & Janvier ,
fa fubftance intérieure eft blanche > elle a beaucoup de fuc, mais
ce fuc eft acerbe , on l’ordonne dans les flux. Les Indiens en font
forme de poire , de cou-
C- T arbre fe romme Cafchou , en Amérique, & [on
fruit Pomme de Cafchou. 47 y en a de deux efpèces ,
dont lune porte une fleur blanche & un fruit jaune; les
fleurs de l’autre font rouges, ainfi que le fruit. Mais
les feuilles vertes de l'une & de l’autre efpèce, font fèm-
blables. Ces Pommes font aigres & affringentes, néan-
moins elles font bonnes à cuire; le vin, qu’on en tire
dans quelques Cantons de P Amérique eff fi fort, que
lon s’enivre saifément lorfqu'on en boit un peu trop.
Une excroiffance , en forme de Rognon , pend à ces Pom-
mes , & c’eft proprement ce que l’on nomme Cafchou,
comme on le peut voir à deux Pommes qui pendent avee
leur Cafchou. Cette excroiffance eff très-äcre ; fon fuc
ronge & peau & chair, enforte qu’on peut s’en fervir
pour faire un cautère. Lorfque ce fruit eff grillé , il ef
bon contre la Diffenterie , il chaffe auffi les vers, & il a
Le goût des Chataignes ; les feuilles croiffent autour de la
branche comme une couronne , ainfi qu’on le voit ici.
J'ai trouvé en 1701 deux fortes de Chenilles Jur cet
arbre. L'une qui étoit auffi blanche que la neige, étoit
fort chevelue , ainft qu’on la voit fur une feuille. Je Pi
nourrie des feuilles de cet arbre jufqu’au 3 de Mars
qu’elle Je changea en une nymphe brune ; le 18 du même
mois 1l en fortit un Papillon tranfparent , tel qu’on le
voit gravé ici dans une attitude volante.
L'autre Chenille qui eff plus haut, étoir rouge G
rampoit fort vite | pour chercher un endroit où elle pät
filer, ce qu’elle commença le 5 d'Avril, & le 20 elle Jè
métamorphofa en une phalene couleur de bois.
Cet arbre eft l'Anacardium Occidentale cajous diflum officule
reni leporis fieura ; Herm. Il eft décrit plus amplement dans la
Part. III de l’Hortus Malab. fous le nom de Kapa -mava &
Katjavomaram ; nous avons rapporté la plüpart de fes noms dans
notre Flora Malabarica,
R:Q UE
ufage comme alimens , il patoît à l’endroit où plufieuts fruits ont
une efpèce d'ombilic > Un noyau en forme d’unrein > qu’on nomme
noix d’Acajou. Ce qu'il y a de fingulier à ce fruit, c’eft que le
l'extérieur :
dont on fe
corrompre,
de l’Acajou
> & dans la premiere Partie de
noyau , au lieu d’être dans l'intérieur du fruit > Croît à
on tire de l’amande de cette noix une huile cauftique ,
fert pour peindre le bois ; cette huile l'empêche de fe
Voyez ce que nous avons dit touchant les propriétés
dans notre Manuel alimentaire
la Toilette de Flore.
D
WT TE Los ES
\ EN D Mes ” 2 28 av FE
à Essex Street, Strand, ———— = a. ELU UE
LONDON.
- un, c.” Lx
DES
E 2%
KPLICATTON:DE
(n Xreur Limones vülgatiffimi funt Surinarni Fruétus,
qui cibis ferè omnibus apponuntur , & cum illis aflu:
muntur. Exiguorum Citrorum eft fpecies quædam in
filvis nafcens , cujus arbor àd altitudinem proceræ mali
excrefcit, folia dimidiâ vulgaris citri folia magnitudine
æquant, flores quoque cadem proportione minores exif-
unt. Præciofiffimum ex flore oleum elicitur ; parvi
Limones immaturi Saccharo condiuntur , & cortices
frudtûs expreffi pariter oleum largiuntur. Arbores toto
anno flores gerunt, fruétufque tam maturos, quàm im-
maturos, copiofiffimos , inftar juniperorum in Germanià,
neque minus, ut reliquæ omnes in regione Surinamen=
fium arbores , quippe cum hieme illa omnino carent,
Fufca hæc Eruca maculäque fuperbiens albicante plu-
rima reperitur in arboribus citris , quibus in acerbos
coaa adhæret. Limacum in modum fibi invicem ag-
glutinantur ; taétæ vero flavefcentia ex capite cornicula
protrudunt , vel femet ipfas quafi defenfuræ , vel hoftes
etiam fuos offenfuræ. Folis Limonum ad diem 24 Mart.
anno 1700 eafdem nutrivi, tum in fufci coloris aurelias
mutatæ funt, qualis in caudice jacens delineatur ; hinc
die Aprilis 2 ejufdem anni Papiliones producunt nigri-
cantes ; & ex albo rubroque maculatæ, cujufmodi binos,
volantem alterum , ramoque infidentem alterum repre-
fentavimus.
Pufilla ifta animalcula, coloris albicantis , quæ folio-
rum cuidam irrepunt , copiofa in Limonum arboribus
reperiuntur : à 20 ad 24 diem Aprilis Metamorphofin
{ubierunt , quibufdam in atros aliis in albicantes fcarabæos
transfiguratis.
R E M À
Th. itie
PLANTES ET INSECTES DESURINAM : 17
LA PLANCHE XVII,
On trouve à Surinam une grande quantité de perts
Limons , on les fert [ur la table avec toute forte de
mets, Ce font des efpèces de petits citrons qui croiffent
dans les foréts fur un arbre qui devient de la hauteur
d’un grand Pommier ; fes feuilles ont tout au plus la
moitié de la grandeur de celle des Citroniers ordinaires ;
les fleurs font petites à proportion ; & on en tire une
huile très-précieufe. On confit les petits Limons avant
qu’ils foient mürs ; les écorces de ce fruit étant preffées
donnent auffi de l’huile. Ces arbres portent des fleurs
pendant toute l’année , & une grande quantité de fruits,
dont les uns müriffent, & d’autres ne parviennent ja=
mais à leur maturité , comme on le remarque fouvent
en Allemagne fur les Genevriers , ce qui arrive à tous
les arbres en général de Surinam, parce qu'il n'y æ
point d’hyver.
;
On trouve fur ces arbres une grande quantité de
Chenilles brunes qui ont une tache blanche ; elles s’y
raffemblent par monceaux ; elles s’attachent les unes
aux autres comme des Limaçons : & lorfqu’on les
touche, elles pouffent de leur téte une corne ou antenne
jaune avec laquelle elles fe défendent , & attaquent leurs
ennemis. Je les ai nourrie de feuilles de Citronier juf=
qu’au 24 de Mars 1700 ; elles fe transformerent pour-
lors en nymphes brunes , telles que j'en ai deffiné une
fur une branche. Le 2 d'Avril de la méme année , il
en fortit des Papillons noirâtres , achetés de blanc &
de rouge , tels que j’en ai repréfenté deux 1ct, un volant
& l’autre en repos.
Les petits Infedes blancs, qui rampent fur quelques
feuilles , fe trouvent en grand nombre fur les Limoniers ÿ
ils fe transformerent depuis le 20 jufqu'au 24 d'Avril,
en fcarabés, dont les uns étoient noirs & les autres
blancs.
«
ROUE
L'arbre dont il s’agit ici, paroït être de l'efpèce des Limoniers fauvages.
Le
3x8 HISTOIRE
GÉNÉRALE
EXPLICATION:DE LA PLANCHE XVIII.
h Ac Tabulà XVIII Araneas , formicas & aviculas belgis
Colobritgens dictas in ramo arboris Guajavæ reprelentavt ,
‘cum Araneæ omnium maximæ plerumque in iftà arbore AE
‘repertæ fint. In proximè fequenti fig XIX irerum fe am
“cum Infeétis fuis propofitura, de eà nunc taceo , ad Araneas
me convertens.
Iftiufmodi magnas nigrafque Aftaneas in Guajayä Arbore
Splurimas inveni, quibus globofus ille nidus telam Erucæ in
"È* 6 4 \
fequenti figurâ exhibens præbet domicilium : non vero,
prout à quibufdam Peregrinatoribus nobis obtrudi cœæpit,
longiores telas ducunt. Undique pilis te@æ funt, munitæ in-
D Fes à FR : RS
Æuper acuminatis dentibus, quibuifcum graviflimè morfitando,
ericulofa infligunt vulnera, his ipfis fimul humore quodam
anfufo. Communis ipfarum efca funt formicæ , præda , dum
in arbores excurrunt, haud facile effugiens , quod more om-
nium Aranearum octo oculis inftru&tæ fint , quorum bini fur-
‘sùm , bini deorsûm , bini ad dextram , bini denique ad finif-
tram fpectant. Formicarum defe&u, ipfas è nidis tollunt
aviculas, omnemque corpufculis cruorem exfugunt. Pellem
quidem pari modo ac Erucæ fubinde mutant ; nunquam ta-
men volantes reperi. Minus Aranearum genus, quale telæ
inhærens delineatur , ovula gerit fua fub ventre in placent
quâdam, ubi etiam excluduntur fœtus. Pariter o&o oculis
muniuntur , qui tamen hinc indè & confusè magis , quàm in
iftis majoribus , locati funt.
Prægrandes in Americä dantur formicæ , quæ integras ar-
bores una noëte ita fronde fuä nudare poflunt , ut {copas non
arbores referant. Binis funt armatæ curvis dentibus , forficis
inftar fe ipfos interfecantibus , horum ope fic arboris refecant
folia, ut in terram decidant , arbor verd apparear nuda , qua-
lis in Europä ab hyeme reddita cernitur. Decedentem in tel-
lure frondem millenæ excipiunt formicæ , harc expectantes
prædam, in nidos haud pro nutritione fuâ, fed tenellis
Faœtilus, adhuc vermiculis , flatim deferendam. Perindè
enim ac culices, femina ponunt alatæ formicæ , unde ver-
miculi five acari duplicis generis excludantur, aliis eorum
telæ femet involventibus , aliis & plerifque in nymphas tran-
feuntibus. Hæ nymphæ illud ipfum funt, quod rei ignari
formicarum ova nuncupant; cum hæc multo fint minora x
illæ ad nutriendas Surinami gallinas faciant, meliufque his
vel avenâ, vel hordeo , pabulum præbeant. Prodeunt ex
nymphis formicæ, quæ mutatä pelle fiunt alatæ, & tum po-
nunt ovula , vermiculos iflos producentia, quorum nutri-
tione tantä alacritate invigilant formicæ : in calidis etenim
illis repionibus adverfus frigora futura non opus eft quod
fibi profpiciant , quoniam nulla unquam ibi regnat hyems.
Cavernas in terris excavant ad o@o pedum altitudinem , tam
concinnè efformatas, ut humanæ artis opus diceres. Quod fi
aliorsim tranfmigrare cupiunt, non dat4 ad eoufque perve-
niendum viâ , pontem hoc fibi ftruunt modo , ut prima ali-
cubi dentibus ligno infixis quiefcat , fecunda priorem fequa-
tur eique adhæreat firmiter , tertia rurfus fecundæ, quarta
denuo tertiæ & ita fibiipfis porro invicem appendentes , libere
fefe exponant vento, quoufque hujus flatu ad iftum locum
projictantur , & fic millenis alüis tranfcurrentibus pro ponte
snferviant. Cum Araneis reliquifque omnibus hujus terræ In-
fe@is , perpetua his formicis intercedit inimicitia. Quando
cavernis fuis erumpunt , id quod fingulis annis fit femel , in-
numera €arum prodit multitudo, quà domos replent , ex uno
in aliud conclave tranfmigrant, & animalcula cunta , Ma-
jora, exfugendo mecant. Majus iftiufmodi phalangium mo-
mento fere hinc eft confumtpum, quoniam tantis cumulatur
acer vis , Ut expedire tam cito fefe & à periculo liberare ne-
queat. Quin ipfi homines fug fibi caveant oportet , adeo
unum poit aliud acervatim permeant cubiculum ; atque fic
totà domo vaflarä & quafi tersà, proximam petunt , donec
tandem ad fuas redeant caveas.
. Aviculæ Colobritgens Belois didæ ab Araneis nidis fuis
infidentes capiuntur, aliàs cibus Sacerdotum Surinamenfium
quibus , ceu relatum mihi eft , aliis vefci cibus prohibitum
eft. -Quaterna perinde ut alia aves ponunt ova, eaque incu-
bando excluduntur. Celerrimè volitant aviculæ , Expanfifque
mel & floribus fugunt alis » Ut immotæ veluti in aëre hæ-
LÉ ariis elegantiflimé Die : i
feant, Varis cleégantiflimè pi&æ coloribus, ipfoque Pavone
pulchrores.
‘innombrables,
J. x repréfenté dans cette Planche XVIII, fur une
branche de Guajave , des araignées , des fourmis & des petits
oiféaux que l’on nomme Colobritgens. J'ai découvert auffi
fur cet arbre des Araïgnées d'une groffeur énorme. Dans la
Planche XIX je repréfente encore le méme arbre avec fes In-
fetes, ainfi je n'en parlerai pas ici pour m'arréter aux fèules
Araignées. ù ;
J'ai donc remarqué fur le Guajave plufieurs groffès Arai-
gnées noires, elles avoient leur. domicile dans le gros nid
rond ici gravé, qui repréfente le Cocon de la Chenille de la
planche Juivante , car elles ne filent pas des Cocons longs,
comme quelques voyageurs ont voulu me le faire accroire ;
elles font couvertes de poils de tous côtés ; & elles font armées
de dents aiguës, dont la morfure eft très-dangereufe parce
qu’elles y répandent je ne fai quelle humidité. Les fourmis
leur fervent de nourriture ; & elles les attrapent fur les arbres
où elles les évitent difficilement ; parce que , elles ont, ainfi
que toutes les Araignées, huit yeux , dont deux regardent èn
bas, deux en haut, deux d'un côté & deux de l'autre. Quand
elles ne trouvent pas de fourmis , elles arrachent les petits
oifeaux de leurs nids ; € elles en fucent tout le fang. Elles
changent de peau comme les Chenilles , cependant je n’en ai
jamais trouvé qui volaffént. L'autre efpèce d'Araignées plus
petites, qui fe trouvent ici deflinées fur leur toile, portent
leurs œufs Jous leur ventre dans une efpèce de croute où elles
font leurs petits. Elles ont auffi huit yeux , qui font placés çà
& là avec plus de confufion que dans les groffes.
On trouve en Amérique des fourmis extrémement grandes ;
qui peuvent en une féule nuit tellement dépouiller les arbres
de leurs feuilles, qu'on les prend alors plutôt pour des balais
que pour des arbres... Elles font armées de dents courbes, qui
coupent l’une fur l’autre comme des cifeaux , elles s’en fer-
vent à couper les feuilles, qu’elles font tomber à terre, en-
Jorte que les arbres paroiffent tels que l'hyver les rend en Eu-
rope. Des milliers de fourmis fe jettent fur ces feuilles qui
tombent à terre, & où elles les attendent comme leur proye,
qu’elles emporteñt dans leur nid, non pour leur nourritüre ,
mais pour celle de leurs jeunes qui ne font alors que de petits
vers, car les fourmis aélées dépofent leurs femences comme
les moucherons , & il en fort des vers ou mites de deux fortes,
dont quelques-unes s’enveloppent d’un Cocon , & d'autres en
plus grand nombre fe changent en petites nymphes; les L9n0O-
rans nomment ces petitesnymphes des œufs de Pubs mais ils
Je trompent , car les œufs de fourmis font beaucoup plus pe-
tits. On nourrit à Surinam les poules avec ces prétendus œufs,
ils leur font beaucoup meilleurs que l'orge ou l'avoine. Ces
nymphes fe métamorphofent enfuite en fourmis , celles-ci
changent de peau, & il leur vient des aîles, ce font ces four-
us qui dépojént les œufs d'où fortent les vers dont elles ont
un fi grand foin, car elles ne font pas obligées de faire des
provifrons pour l'hyver dans ces pays chauds. Elles font dans
la terre des caves qui ont quelquefois plus de huit pieds .de
hauteur, & qu’elles façonnent auffi bien que les hommes
Pourroient faire. Quand elles veulent aller quelque part où
elles ne trouvent point de pafage, elles fe font un pont de la
manière fuivante , la premiere f? place , s'attache à un mor-
ceau de bois qu’elle tient ferré avec fes dents , Une féconde fe
place après la premiere à laquelle elle s'attache ; une troi-
Jieme s'attache de méme, à la féconde, une qguatrieme à la
tioifieme & ainfi de fuite, & de cette façon elles fe laiffent
emporter au vent jufqu'à ce que la derniere attachée fe trouve
de l'autre côté, & auflitôt un milier d'autres fourmis paflent
fur celles-ci qui leur fervent de pont. Ces fourmis font toujours
€n guerre avec les Araignées € tous les Infèctes du pays.
Elles fortent tous les ans une fois de leurs cavernes en effains
entrent dans les maifons, en parcourent les
chambres, € tuent tous les Infèctes grands & petits en les
Juçant. En un moment elles dévorent une de ces groffes Arai-
gneées, car elles fe jettent fur elle en fi grande quantité qu'elle
ne peut fe défendre, les hommes mêmes font db de prendre
la fuite, car elles vont ainft par troupes de chambre en
chambre, & quand toute une maifon ef? nettoyée, elles paf-
Jent dans celle du voifin, & ainji de l’une à l'autre jufqu’à
ce qu’elles rentrent dañs leurs cavernes.
Les Araignées attrapent les Colobritgens dans leur nid.
Autrefois cet oiféau fervoit de nourriture aux Prétres du pays
qui, à ce qu'on m'a dit, n’ofbient manger autre chofe.
Ils pondent quatre œufs comme les autres oifeaux & ils les
Couvent : ils volent avec rapidité, ils fucent le miel des
Fleurs fur lefquelles ils étendént leurs atles , üls reffent en l'air
Jans faire le moindre mouvement , & ornés de plufieurs cou-
leurs, ils font plus beaux que les Paons.
= st —"_ ee n - mé.
\ Essex Street, Strand,
LONDON.
DES PLANTES ET INSECTES DE SURINAM. de 79
BXPLICATTION: DE" LH PLANCHE XIX;
H fc Ramus Guajavæ exhibetur , arboris ex fructu
2b Indis Guajava vocatæ ; quantam in Germanià malus;
altitudinem acquirit , folia cum prunorum foliis conve-
niunt , flores lactei multis flavefcentibus donantur ftami-
nibus. Fructus, cortice teneriore fulphureo cinétus , car-
nem habet rubicundam, quæ &c cruda & coéta grati eft
faporis : intus femina continet exigua plura , rubefcenti
pulpæ inhærentia , atque hæc cruda aflumta pariter qui-
dem bona eft; atramen ubi coquitur fruétus , quicquid
feminum & humidiratis adeft , cochleari folet eximi,
atque fic ad placentas & confervas inde parandas adhibe-
eur, Facillimè crefcunt hæ arbores , quia folum naturæ
ipfarum congruit , fic ut copiofæ, fponte & in fylvis
nafcentes inveniantur.
Magnarum hujufmodi Érucarum non paucas & if
prædictà arbore reperi, & foliis ejufdem nutrivi ; Ex atro
friata candicant., ab utroque latere quinquaginta punétis
rubicundis inftar corallorum fplendentibus ornatæ. Chr.
Leuwenhockius quidem hæc punéta corallina oculos effe
purat epiftola 146. à pag. 430. ad 452. verùm mihi id
ipfum hucufque nondum patuit , quippe cum iftà ratione
& à tergo & à lateribus pabulum nullo negocio detege-
rent, quod tamen in hanc ufque diem non obfervavi,
certè palpebris illas nullis, vel membranâ oculos clau-
dente , inftruétas vidi Cum ad juftam pervenerunt
magnitudinem , prægrandem formà nidi telam ftruunt,
ex arbore pendulam , quo fadto in Aurelias transforman-
tur , An. 1699 ; die 20 Octobris apud me contigifle
notavi, unde 22 die J anuarii ejufmodi phalænæ prodie-
runt , Cum nigris ftriis albicantes. Nonnullæ tamen Eru-
carum , rarlore metamorphofi , candidiores fiebant acari,
pot elapfos decem dies iterum in mufcas eleganter viri-
défcentes permutati.
Superiorem viridi tindam Erucam eifdem foliis ad
diem 2 Augufti An. 1700 alui, tum vero in aurcliam
ranfit, qualis in uno foliorum hæret , & hinc die 15;
16, & 17 tales produëtæ funt Papiliones , & atro ma-
culatæ & tranfparentes.
Bini in hâc & pracedenti icone rami fant ex Guajava alba dul-
ci Cap. 63 > Part. Horti Amftelodamenf. defcripta. Duplex enim
ejus fpecies in Horto Amftelodamenfi colitur ; qua utraque fiores
ubi fruslufque protulit. Diverfa cognomina quibus à variis auëlo-
ribus infignutur » omnia colleëéta reperies in Flora Malabaricä
me , fub nomine, Guajava alba dulcis , fructu longiore. Herm.
Catal.
CS branche eft celle du Guajave ; ainft nommé
du fruit auquel les Indiens ont donné le nom de Guajaves.
L'arbre d’où eff tirée cette branche croît auffi haut que
les Pommiers en Allemagne, fes feuilles reffemblent à
celles des Pruniers , fes fleurs font blanches avec plu-
Jieurs filamens petits & jaunes ; les fruits ont une
peau mince & jaune, la chair en eff rougeâtre & agréa-
ble au goût, & on les mange cruds ou cuits , ils font
remplis en dedans de petits grains qui Jont enveloppé
d’une pulpe rouge qui eft excellente crue; mais lorfqu’on
fait cuire ce fruit, on en tire tous fes grains, & l’hu-
mide avec une cuillere, on en fait des tourtes G de la
conferve. Ces arbres croiflent très-aifement d'autant
plus qu’ils font dans leur terre naturelle, aufft en trouve-
t-on beaucoup dans les bois & dans les campagnes.
Jai trouvé la groffe Chenille, qu’on voit ici gravée
fur ces arbres, G je lai nourrie de leurs feuilles. Elle
eft blanche, rayée de noir & de chaque côté elle a 50
points rouges & brillans comme du corail. M. Leeu-
wenhoek prétend dans fa Lettre 146, pag. 430 jujqu'&
482, que ce font des yeux. Jufqu'à préfent je n’at pû
trouver que ce fozent effedivement des yeux , car fi celæ
étoit elles pourroient fans peine découvrir leur päture à
droite, à gauche & par derrière; ce que je nai pas
remarqué. Je n’y ai obfervé auffi aucune paupière , n£
dè membrane qui couvre ces prétendus yeux. Auffi-tôt
qu’elles ont pris leur grandeur naturelle, elles filent fort
vite un gros Cocon qu’elles pendent à Parbré , 6 elles
fe changent en nymphes , ainfi qu’il eft arrivé chez mot
Le 20 d’'Oëobre 1699 ; & le 22 Janvier fuivant, il en
fortitun Papillon noëturne , ou une phalene rayée de noir
& blanc; de quelques Chenilles fortirent, par une mé-
tamorphofe extraordinaire des mites blanches, qui au
bout de 10 jours fe changerent en de belles mouches veïtes.
Jai nourri avec les mémes feuilles, jufquw’au à d’ Août
1700, la Chenille verte qui eff en haut; elle [e changea
pour-lors en une nymphe telle que je Pai deffinée fur
une des feuilles ; les 155 16 & 17 il en fortit des Pa-
pillons tranfparens tachetes de noir.
Les deux branches deffinées dans cette Planche & dans la précé-
dente , font celles du Guajava alba-dulcis décrite dans le Chap. 63
de la ZPart. de l’Hortus Amffelod. car on en cultive de deux fortes
dans le Jardin des Plantes d’Amfterdam où l’une & l’autre ont
porté des fleurs &c des fruits; on trouve dans mon Flora Malab.
fous ile titre de Guajava dulcis fruëlu longiore Herm, Catal, tous les
noms que les Auteurs lui ont donnés.
R'E M À R QUE
J'ai parlé dans mon Manuel alimentaire des différens mets qu'on prépare avec Le fruit de Guajavei
E i
HISTOIRE
GÉNÉRALÉ
EXPLICATION DEL LA PLILANMONE ET
r
A Ne 1700 -menfe Aprilis commorata in prædio
Surinamenfi quod erat Feminæ Sommel{dyk, & Provi-
dentia nuncupari fueverat, varias de Infectis obfervatio-
nes collegi ,'ingenti quoque copià arborum Gummi Gutta
{ponte nafcentium ibidem reperta ; quarum unius hic
ramum exhibeo. Inftar betulæ in Europâ fert crefcit
arbor , exterius cortice albicante ftriato obduéta ; hoc
incifo , exfhllat Gummi, quod ipfum ut defcribamus,
non erit opus, quippe pictoribus folummodo cognitum
«ft, L
Reperi magriam ifiufmodi, & atra viridique ftria
notatam Erucam in hac arbore, cujus etiam fronde ad
finem ufque menfis Aprilis à me nutrita fuit, ubi poit-
quam globofam lignei coloris fabricaflet telam » huic
inclufa in Aureliam mutata cft, atque ex illà die 3 Juni
in Papilionem elegantiffimum , qualis hic & in aëre &
ramo infidens expreflus eff, Antequam transfigurata effet
Éruca, viridis in rubicundum tranfivit colorem, prius
fcilicet, quam Aurelia fierer » Erucâ perfe“am jam nat
imagnitudinem,
Varie funt arbores Gutta - Gamba fudentes > uri Carcapuli
Acoftæ , item Carcapuli Linfchotani, ( guarum prior non folum
“Sonvenit cum Coddam-Pulli , ir Pare. I Horti Malabar. defcripta,
fed ‘eadem €ft) tum quogne hic depila ; denique & Éfule Indice
‘afinis Planta » de qua Bontius Lib. JT > Cap. $7 loguitur. Gutta-
‘Gamba verd ex arbore Coddam-Pulli in Horto Malabarico de-
fcripta flillare, S. à Dale in Pharmacologia fua Pag. 484 ar-
bitratur.
RE M A
Le Catcapuli eft le vrai arbre qui fournit la Gomme-Gutte ; cet
arbre eft grand , touffu » & fort branchu » {on tronc eft gros de
huit à douze pieds, fon bois eft blanchâtre ; fes feuilles font poin-
tues par les deux bouts , d’une tiffure cpaifle; les bords en font
inclinés, garnis de nervures & d’ün verd foncé ; fes fleurs font
jaunes, rougeâtres , inodores & un peu acides : il leur fuccéde des
fruits de la sroffegr d’une orange à huit, neuf & dix côtes faillan-
FE, N 1700 j'étois à Surinam au mois d’ Avril dans
la Plantation de Mademoifelle de Sommelfdyk , nom-
mee la Providence, où je fis plufieurs cobférvations fur
les Infe&les. En me promenant, Je trouvai dans la cam-
pagne plufieurs arbres de Gomme-Gutte, dont j’ai
deffiné ici une branche ; ils reffembloient aux bouleaux
d'Europe, & en dehors ils font couverts d’une écorce
blanche rayée. On y fait des incifions d’où découle la
Gomme, qu’il n’eft pas néceffaire de décrire puifqu’elle
n’eft que du reffort des peintres.
Je trouvai [ur cet arbre cette grande Chenille rayée
de verd & de noir, @ je l’ai nourrie avec les feuilles
de Parbre de Gomme-Gutte Jufqu’à la fin d'Avril,
qu’elle fila un Cocon couleur de bois » dans lequel elle
Je renferma & fe changea en une nymphe, qui le 3 Juir
produifit le beau Papillon que j'ai diffiné ict fous deux
attitudes, volant & en repos. Avant que la Chenille fe
transformät en nymphe , le verd s’étoit changé en rouge
asfitôt qu'elle eut acquis [a jufle grandeur.
I y a plüfeuts arbres qui dontent la Gomme-Gurre ; Conime les
Carcapuli Acofle & les Carcapuli Linfchotani ; le premier refflemble
au Coddam-Pulli décrit dans la I Part. de l'Horrus Malab. car c’eft
le mème arbre ; on la tire auffi de l'arbre peint ici & de l'E fule
Indice affinis Planta décrit dans le $7 Chap. du Liv. VI de Bon
tius. S. van Daale dit dans La pag. 484 de fa Pharmacologie qu'il
croit que la Gomme-Gutte coule du Coddarn - Pulli décrit dans
l’'Hortus Malabar.
R OÙ £E
tes’, verts d’abord, enfuite jaunâtres & blanchâtres lorfqu’ils fone
mûrs, d’un goût aigrelet , renfermant dans la pulpe de groffes
femences oblongues, applaties & de couleur bleue. On tire de
cet arbre, par les incifions qu'on fait à fon tronc , la Gomme
Gutte ; ce fuc eft d’abord laiteux » il s’épaifit enfuite au foleil ,
& l’on en fait de gros bâtons ou de grofles mañles ,
telles qu’on
Les reçoit dans le commerce.
———— - s
à Essex Street, Strand, a |
LONDON.
DES PLANTES ET INSECTES DE SURINAM.
z£
EXPLICATION DE: LA, PLANCHE XXL
fi | 1 ARQUIAAS dicitur in Americà hic fruétus,
precedens eundem flos cft Flos Paffionis ; noftris tamen
in Europä crefcentibus multo major, qui odorem fpirat
faavifimum , & longinquo olfatum gratià fuà perfun-
dentem. Planta ipfa uti Convolvulus fcandit , ad frondeas
cafas in hortis veftiendas aptiffima, licet 1llà Surinamen-
fes Belgæ non multüm utantur , fic ut binorum anno-
rum fpatio integram crefcendo tegat viridem cafam,
uæ variis animalculis alatis fuavitate odoris eo allectis
poftmodum dulce præbet habitaculum. Fru@us nigrum
continet femen, albo glutine circumdatum, quod refri-
gerantis. & pergrati faporis eff.
Prima majufculo folio infidens Eruca, eodem etiam
vefcitur : An. 1707 die 28 Maji texturæ inclufa in au-
reliam, qualis juxta Erucam depiéta cernitur, & ex iftà
porro die 7 Junii mutata eft in Papilionem diurnam exi-
guam , uti volantem exhibui.
Secunda cauli inhærens Eruca, viridi tinéta coloré,
ultimo die Maji in floribus prædictis à me reperta fuit,
eofdem depafcens. Raro admodum gaudebat domicilio,
quod ex variis tubulis fuper cava lignorum fruftula erectis
compofitum erat, hinc inde domum fuam multis inf-
tructam capfulis percurrente Érucä , & jam ex uno tu-
bulorum , mox iterum ex altero profpiciente , veluti in
apice ejufdem cernitur. Die ro Junii in fufcum ejufmodi
transformata eft animalculum, quale infidet cauli, rubi-
cundis maculis diftinétum. ;
Erucula tertia , cujufmodi in fru@tu hæret, etiam folia
plantæ pro efcä habet. Die 4 Junii apud me telæ fe in-
volvit iflius formæ , ac in caule pofita confpicitur ; undè
porro die 14 tam pulchrè variegata prodiit mufca, quam
in caule fedet, pedibus fifflis, atque tenerrimis, adeo,
ut ad leviflimum attaétum deciderent.
Hec planta eft Murucuia Guacu Marggravii , & Murucuia
quarta Pifonis ; item Clematis Indica fructu citriformi, folüis
oblongis Plum. 64. Tab. 80. À Tournefortio etiam in Infltut, Rei
Herbar. vocatur Granadilla fructu citriformi , foliis oblongis , &
ab Hermanno in Catalogo Horti Academici Cucumis Flos Paflionis
dictus, Guajavæ folio major. Hermannus poflquam hanc plantam
in Catalogo Horti Academici [uo inter plantas retuliffet ; que à flo-
rum formä Flores Pafionis dicuntur ; eandem nihilominus in
Prodromo Paradifi Batavi inter Clematitum fpecies (quibufcum
neque floris , neque capfule feminalis refpeëlu convenit) rurfus lo-
cavit , ac fi antea in Catalogo longè aberraffet : hoc ipfum tamen
idem Hermannus denuo in ipfo Paradifo Batayo pag. 177 emen-
davit.
Or appelle en Amérique ce fruit jaure Marquiaas ;
la fleur qui le précéde , eff celle que nous nommons
Fleur de la Paffion, mais elle ef? beaucoup plus granae
ue celle que nous voyons en Europe. L’odeur en efë
très-agréable & on la fent de loin. La Plante qui donne
cette fleur monte comme le Liféron , & feroit très-propre
à couvrir les Cabinets de Verdure; néanmoins les
Hollandois établis à Surinam , ne s’en fervent point,
quoiqu’en deux ans de temps cette plante pourroit coi:-
vrir entiérement un Cabinet, elle attire par fon odeur
une multitude de petits Infecles ailés. Le fruit renferme
une femence noire, environnée d’une efpèce de mucilage
: ) OR TT 4 e 1
blanc qui efl très-agréable au goût , & en méme temps
rafraichif]c ant.
La Chenille que l’on voit fur la plus grande feuille,
s’en nourrit, Le 28 de Mai 1701 elle s’enferma dans
Jon Cocon, & s’y métamorphofa en une nymphe telle
qu’on la voit fur la méme feuille. Le 7 de Juin il
en fortit un petit Papillon tel que je l'ai repréfenté
volant.
La feconde Chenille , que l’on voit fur la queue
d'une feuille , eft verte ; je la trouvat le dernier de
Mai dans les fleurs de cette Plante dont elle fe nour-
riffoit. Elle s’y étoit fait un petit domicile très-cu=
rieux , compofe de plufieurs petits tuyaux raffemblés
fur de petits morceaux de bois creux. La Chentlle par-
courant çà & là cette petite cabanne divifée en plufieurs
compartimens , regardoit ce qui fe paffoit dehors tantot
à travers d’un tuyau , tantôt à travers d’un autre,
comme on la peut voir dans cette Planche. Le 10 de
Juin elle fe transforma en un petit animal tel qu’on Lz
voit fur la tige, tacheté de rouge & de brun.
On trouve une troifieme Chenille fur le fruit ; elle fe
nourrit auffi de la feuille de cette Plante ; le 4 de Juin
elle s’enferma dans un Cocon , tel qu’on le voit ici,
d'où fortit le 14 la Mouche tachetée qui eft près du
Cocon, & qui a les pates fendues & Ji délicates qu’el-
les tombent dès qu’on les touche.
Cette Plante eft nommée Murucuia Guacu dans Margorave ,
Marucuia quarta dans Pifon, & Clematis Indica fruëlu cirrifor-
mi , foliis oblongis dans Plum. 64. Tab. 80. Tournefort dans fes
inftiruts de Botanique l'appelle Granadilla fruêtu citriformi ,
foliis oblongis ; & Hermann dans le Catalogue du Jardin de l’A-
cadémie , lui donne le nom de Cucumis Flos Paffionis diélus ; Gua-
jave folio major. Après l'avoir mis dans fon Catalogue au rang
des Plantes, à qui la figure de leur fleur fait donner le nom de
Fleurs de la Paffion ; 1 la met, dans fon Prodromus Paradift Ba-
tavici, dans la claffe des C/ematites ; auxquels elle ne refflemble ni
pour la eur ni pour la gouffe qui renferme la femence ; ce qui
pouvoit faire croire qu'il s’imaginoit s'être trompé dans fon Ca-
talogue ; cependant il a corrigé cette faute dans fon Paradifus
Batayvus page 177.
REMARQUE
J'ai parlé d'une efpèce de Grénadille dans mon Traité Hiftorique des Plantes de la Lorraine; & j'en aï donné la
Planche gravée.
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HISTOIRE EC NÉRALE
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EXPLICATION DE
Ro grcunNDA hæc Lilia ex afbicante bulbo pañiim
{ponte progerminant , viridi folio fericum fplendore fuo
vires eorum tamen funt ignotæ. Bulborum
imitante ;
m attuli, qui in Hortis Belgicis
monnullos inde mectt
prius flores,, dein #olia protulerunt.
Quam virenti cernis irrepere folio Erucam , pilis hirta
éft nigris, ferrea fila duritie æmulantibus, capite ac pe-
‘dibus rubet., corpore ex cœruleo maculata , cingenñte
mmaculas circulo flavefcente. Folis liliorum virentibus
pafta, die 4 Junii textum oviforme contexit, Cui in-
clufa in fufcam transfigurabatur aureliam qualem plantæ
medio -appolui : ex ifta die 30 Juni elegans prodiit noc-
turnus Papiliunculus., cujus alæ anteriores ligneo feu ex
fufco pallente, pofteriores aurantio maculis nigris in-
gerftinto colore, tinétæ erant, ceu in volante hic repræ-
fentatur.
Exigua vero ifthæc Eruca, cum viridi & albicante
fhriâ rubens , in agro Surinamenfi graminibus ad hæc
Lilia proximis inhæfit. Die Augufti 10 telam fibi ftruxit
candicantem , uti folio impofita cernitur , unde ejufdem
menfis die 24 mufca ex atro fulphurea , qualem hic pa-
riter vides, produéta eft.
Eruca hæc ab if, cui Fol. 12 Banana efca effe dici-
tur, prorfus differt, quamwvis inter utriufque phalænas
nullum ferè difcrimen intercedat.
Planta hec Lilionatciflus Polyanthos flore incarnato , fundo
ex luteo albefcente vocatur apud Sloane in Cat. Jamaic. & ab
Hermanno in Paradif. Batav. appellatur Lilium Americanum pu-
æiceo flore, Bella dona diétum.
R E M A
Cette plante eft vivace ; elle à fur chacune de fes tiges un fpathe
qui renferme plufeurs fleurs , les pétales font en cloche & égaux,
LRU / .
. eft recourbée en dehors ; les étamines & le pyftile
ont inclinés vers la terre, Une pareille plante mérite d’être cul-
LA PLANCHE XX IE
C N'z Bulbe blanche porte ce Lys rouge qui croit.
dans la campagne fans étre cultivé, fes feuilles qui
font vertes ont un luffre comme le fatin ; on en ignore
J'en ai apporté quelques Bulbes en Hol-
les qualités.
lande, où elles ont porté leurs fleurs avant les feuilles.
La Chenille que l’on voit fur la feuille ef couverte
de poils noirs auffi durs que le fer, ‘elle a la téte & les
pates rouges , & Le corps efE couvert de taches bleues
environnées d’un cercle jaune. Elle fe nourrit des feuil-
les vertes de ce Lys. Le 4 de Juin elle fla un Cocon
qui avoit la forme d’un œuf, dans lequel elle s’en-
ferma 6 elle s’y changea en une nymphe brune , telle
que je l’ai peinte au milieu de cette Plante. Le 30 du
méme mois il en fortit un beau Papillon noëturne ou
phalene, dont les ailes par-devant étotent couleur de
bois ou d’un brun clair , & par derriere couleur d’o-
range, chargées de taches noires , ainfi qu’il eff repré-
Jenté volant.
J'ai trouvé lautre petite Chenille rouge ; rayée de
verd & blanc, dans des herbes auprès de ce Lys. Le
10 d_ Août elle fila un Cocon blanchätre tel qu’il eff icr
repréfenté , d’où cette Mouche jaune & noire fortit le
24 du même mots,
Cette Chenille ef? tout-a-fait différente de celle que lon
a dit fe nourrir de la Banane, fol. 12, cependant les
Papillons qui en font fortis , ne different en rien.
Sloane dans le Car. Jamaic. nomme cette Plante Lilionarciffus
Polyanthos flore incarnato ; fundo ex luteo albefcente , & Hermann
dans fon Paradif. Batav. l'appelle Lilium Americanum puniceo
fiore ; Bella dona dictum.
K°Q'UE
tivée pout la beauté , il y en a peu qui faflent un plus bel effet:
\
elle eft commune à Florence & en même temps très-recherchée
É >
on l’y vend dans Les marchés pour orner les appartemens.
DES PLANTES ET IN
E XPLICATTON DE
Frucrus hic pallidè flavefcens Baccoves dicitut ,
eftque fpecies Bananæ Icone XIT exhibitæ, cujus folia
etiam cum his planè conveniunt. Fiu&us haud aliter ,
quam in Europà poma & pyra, difcrepant, Baccoves tà-
men carne quodammodo gaudent teneriore, quam Ba-
nane. lifdem uterque ufibus infervit, preterquam quod
hic fruétus aceto, ex aquâ & faccharo parato, indi fo-
Jeat, quo citius acefcat.
Eruca fufco tinéta pigmento, in foliis hujus arboris à
me reperta, quatuor aculeis in dorfo armatur , caput ves
luti coronà fuperbit , cauda bifida, pedefque funt rubi-
cundi. Die 3 Decembris fixa hærens in aureliam coloris
lignei & ex utroque latere duplici maculà argenteà ful- °
gentem transformata fuit, unde 20 ejufdem menfis die
pulcher fa@us eft Papilio ? cujus binæ fuperiores alæ in-
terits .colore ochræ candidiore, binæ inferiores ë cœru-
leo. peramæno pictæ funt , toto Papilione exterius flavis,
puniceis , albis & nigris ftris infignito : Parvus Atlas in
Belgio nuncupatur.
Cœtuleatam cum ovulis fuis Lacerram ideo maxime
appofui, ut majus iconi accederet ornamentum. Domi
meæ in terrà nidificaverat , quatuor ovis rotundis & albi-
cantibus in-nidulo pofitis, veluti tria funt illa caudici
impofita. Iter in Belgium parans eadem mecum in navem
deportavi ova, unde tenellæ in mari excludebantur La-
certæ, exiles, neque majores, quam earum una in caule
cernitur ; fed matris & pabuli defetum morte luebant.
Hac ejt fpecies Mufz Serapionis fol. XII reprafentate. Il-
lud Mufe genus varias diverfafque continet fpecies ; quarum in
Part. I Horti Malabarici fol, 10 ; fedecim numerata leguntur ; fin-
gularum difcrimine appafito.
R E M A
Voyez notre Hiftoire Générale des Plantes : je vous obferverai
feulement ici que le fruit de la Baccove eft plus court , plus gros
8& même plus délicat que celui de la Banane, & que la tige du
CECTRC DE 6 TN A À
SECFES DE SURINAM
pr
LE
LA PLANCHE XXI1III,
C2 fruit dant couletr jaune pale fe nomme Bacco=
ves. C’eff une efpèce de Bananes telles qu’elles font
repréfentées dans la Planche XII, Les feuilles en font .
Jemblables ; leurs fruits ne différent que comme en Eu
rope nos Pommes différent des Poires. La chair de ces
Baccoves e/? plus tendre que celle des Bananes. Les unès
@ les autres fervent aux mêmes ufages ; on met auffi de
ce fruit dans le vinaigre, qu’on fait avec de l’eau
le fucre, pour qu’il devienne plutôt aigre,
La Chenille brune que j’at trouvée fur les feuilles de
cet Arbre a le dos armé de quatre pointes ; [a téte pa-
roît ornée d’une couronne, elle a la queue fendue. & les:
pates rouges. S’étant tenue en repos ; le 3 de Décembre
fur chaque côté avoit deux taches argentées, Le 20 dn
A Le e - Cxé
méme mois il en fortit un beau Papillon, dont les deux
FAN
aîles fupérieures font en deffous de couleur d’ocre clair,
& les deux autres d’un beau bleu ; le deffous de tour le
Papillon eff rayé de jaune, de brun , de blanc & de
noir, on le nomme en Hollandoïs le Petit-Atlas,
Pour garnir cette Planche, j”ÿ ai ajouté cè Leÿard
bleu qu’on y voit avec fes œufs. Il avoit fait [on nid
en terre dans ma maifon, & dy a pondu quatre œufs
blancs & ronds, tels qu’on en voitici trois. Je les em-
portai avec mot lorfque je revins en Hollande, & étant
Jur Mer, 1l'en [ortit de petits Lezards très-délicats, &
tels qu’on en voit un [ur cette queue de Baccoves, mais
n'ayant n1 leur mere, ni la nourriture qui leur conve-
noit , ils moururent.
C’eft ici une forte de Muja Serapionis repréfentéé daus la Plan
che XII. Ce genre de Plante contient plufieurs efpèces; on en
compte feize dans la I Part, de l'Hort. Malab. fol, 20 , en mar
quant leurs différences,
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Baccovier eft à l'extérieur d’un verd taché de noir , tandis que
celle du Bananier eft toute verte.
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EXPLICATION D'E ‘LA PLANCHE XXIVY.
in agris Sgrinamentibus
Î Lie Carduus fpinofus
us & Maccai
fponte proveniens ; favis ornatur florib
Ad hominis ferè pertingit alti-
ibidem nuncupari fuevit.
funt folia, cæfiis venis eadem
tudinem ; prægrandia JUS
perreptantibuis.
Yefcunror fpinofæ hujus plantæ radice vermes exigui ;
scapite -Ëc ceuda nigri, corpore autem €x aurantio tinéti ;
qui pedetentim in parvos fcarabæos flavis adfperfos ma-
cuis transfigurantur ; quemadmodum menfe Martio
An. 1701 obfervavi, & hic plantæ inferius appingi Cu-
ravi, Cüm verd iftorum vermiculorum metamorphofis
ab illà, quam communiter Erucæ fubeunt, multum dif-
ferre mihi videretur, ulterius circa fcarabæorum tram
mutationes inveftigare circumftantias decrevi.
Aliud itaque ‘die 26 Marti An. 1701 adhuc reperi
putrido incluforum , qui paulatim
genus Vermium ligno
in fcarabæos tranfibant ,
& muratione -eculis confpicuà ,
priftinà vermium formâ in ventre quodammodo fuperftite
remanente , velut in fupernà plantæ parte exhibui. Cref-
cunt vermium dentes, exporriguntur ; & in cornicula
Scarabæorum abeunt ;
tandem nigricant , prout reliquum animalculi corpus
fenfim fenfimque transformatur , crefcit & ad perfectam
Ponunt ova fua hi Scarabæi, undè rur-
qualem medio cardui
alæ corporis initio coloris ochræ
molem augetur.
fus poftea excluduntur vermes
ämpofui.
Planta hac et Papaver Spinofum Gafpar. & Joh. Bauhini ;
ex quo tamen Tournefortius ir Inflitut. Rei Herb. non fine ratione
novum conflicuit genus ; plantam proponens Jub nomine Argemone
Mexicanz.
R E M A
On donne communément à cette Plante le nom de Chardon
Bénic des Américains , on lui attribue une vertu anodine & pec-
torale , fa racine eft fibreufe ; elle pouffe une tige haute de fept
à huit pouces, rameufe , garnie de petites épines & remplie de
moële épineufe ; fes feuilles font déchiquetées comme celles du
Payot cornu & font armées en leurs bords de pointes jaunâtres
C2 Chardon épineux croît dans les campagnes de
Surinam, & porte une fleur jaune. On le nomme Mac-
cai dans le pays» & il croît à hauteur d'homme , fes
feuilles font grandes & lon voit dans le corps de la
feuille quantité de fibres ou veines bleues.
J'ai trouvé fous la racine de cette Plante de petits
vers couleur d'orange ; dont la téte & la queue font
noires, & qui Je nourriffent de cette racine. Peu à peu
ils fe transforment en Efcarbots ou Scarabés , tachetés
de jaune tel qu'on en voit un au bas de cette Plante.
J'ai fait cette obfervation à la fin de Mars de l’année
1701, & ayant trouvé que les métamorphofes de ces
vers étoient différentes de celles des Chenilles , je me fuis
appliqué à en étudier tous les détails.
Le6 de Mars de la méme année je trouvai des ef
pèces de vers renfermés dans du bois pourri , qui Je
cransformèrent peu-à-peu & vifiblement en Scarabés ,
confervant cependant fous le ventre quelque chofe qu
renoit du vers, ainfi qu’on peut très-bien le remarquer
dans PEfcarbot peint au haut de la Plante. Les dents
de ces vers croiffent ; s’étendent & forment enfin les
cornes du Scarabé. Les aîles qui couvrent le corps,
font d'abord de couleur d’ocre, & noirciffent peu-à-
peu, à mefure que le Scarabé parvient à fon vrai état,
ces Scarabés pondent, & de leurs œufs naïffent des
vers tels que je les ai repréfentés au milieu du Chardon.
Cette. Plante eft le Papaver Spinofum de Gafp. & de Jean
Bauhin; dont Tournefort fait avec raifon un nouveau genre dans
fes inftituts de Botanique , où il la propofe fous le nom
d’Argemone Mexicana.
R Q UE.
rondis , foutenus par un calice à trois pièces concaves ; le pyftile
de la fleur eft accompagné d’un grand nombre d’étamines & fe
change après la floraifon dans une Capfule ovale ; épineufe ; &
qui na qu'une loge relevée par cinq angles qui s'ouvrent par
leurs fommets : chaque angle eft garni d’un placenta étroit , au-
quel font attachés des femences rondes & noires.
fort aiguës ; fes fleurs font compofées de cinq grands pétales ar-
Sex Strectyms
LONDON.
DES PLANTES ÊT INSECTES DE SURINAM 23
EXPLICATION: DE
H Æ c Vanille fpecies eft maxima ; ex binis, quæ
in agro Surinamenfi crefcunt. Earum altera minore folio
& fructu prædita eft ; folia hujus digitum craflitie adæ-
quant, neque Sedo vulgari domeftico in Europa funt
renuiora. Hæc in arbores uti Clematis afcendit iïfque
adhœret firmiter; caulis & folia coloris funt graminei,
Fuctus viridis inftar fabæ triangularis fcatet feminibus
oleofis fuaveolentibus. Sponte paffim nafcens ad arbores
excurrit excelfiffimas , præcipuè tamen illas, quæ in
locis funt humidis ac paludofis. Cum ufus ipfius fruétus
ad conficiendam Chocolatam fatis innotuerit ; has terras
dolendum eft curiofis deftitui incolis ,- qui fftas colant
arbores atque alias id genus plures difquirant , in tam
vaflà & fertili regione procul dubio reperiendas.
Huic plantæ fæpius irrepere vidi Erucas iflas punicei
coloris & ex flavo flriatas, (veluti & in Murucujä
Flore Paflionis dità fol. 21, cerni poffunt , ) ad finem
ufque Maji menfis eidem nutritas ; cum fixæ manentes
in nymphas, atque hinc die Junii 7 in pulchras ejuf-
modi Papiliones tranfierunt , quarum interius CrOCEO , la-
eus exterius flavo , rubicundo , fufco tinétum erat colore,
adfperfo maculis argenteis , qualis hic alteram volitan-.
tem , alteram quiefcentem , delineavi.
Quæ præterea in foliorum infimo adhuc confpicitur
Erucula viridis, die r2 Februarti An. 1700 , apud me
in exilem degeneravit aureliam virore perfufam , unde
fequenti die exigua Phalæna cineritii coloris product: eff,
volando velociflima.
Hec eff Volübilis filiquofa Mexicana , foliis plantaginis Rayi ,
ab Hernande in Hiftor. Mexic. Flilxochutl, flos niger & aracus
aromaticus , & à Plumerio in traëlatu cui citulus Nova plantar.
American. genera, Vanilla flore viridi & albo, fruétu nigrefcente
yocata. Diverfis adhuc aliis planta à diverfis auüloribus infigni-
sur nominibus , que colleëla inveniuntur apud Pluckener, in Alma-
gcflo Botanico., pag: 381.
R £ M AÀ
On donne dans les Boutiques le nom de Vanille à une Gouffe
d’une odeur très-fuave & très-aromatique, dont on fait ufage ,
ainfi que l’a crès-bien obfervé Mile de Merian, pouf la pré-
paration du Chocolat. On fait la récolte de la Vanille pendant
les mois de Novembre & de Décembre ; on lie les Goulles par
le bout & on les met à l'ombre pour les faire fécher : après quoi
on les applatit doucement , & on les oint foigneufement avec un
peu d’huile de Coco ou de Calba, pour les rendre fouples & em-
pêcher qu’elles ne fe brifent & ne rident trop. On les met en-
fuite par Etes de cinquante, de cent, & même de cent cin-
quante Goufles. Si on laifle trop long-temps ces Goufes fur la
plante , lorfqu’elles font mûres , elles crévent & il en diftille une
LA PLANCHE XX.
LA Vanille que lon voit dans cette planche ej.
la grañde efpèce; car il en croit de deux fortes à Su-
rinam: l’autre a les feuilles & les fruits plus petits.
Les feuilles de celle-ci ont un doigt d’épaiffèur, & on
n’en trouve pas de plus minces que celles de la Jou-
barbe d'Europe. Ælle monte fur les arbres comme le
Lierre & s’y attaché, Sa tige & [es feuilles font d’un
verd de pré; fon fruit et verd 6 reffemble à une féve
triangulaire , il eft rempli de femences huileufes qui
ont une odeur agréable. Cétte plante croît d’elle-méme
autour des plus grands arbres ; fur-tout de ceux qui
font dans les lieux humides & marécageux. Son ufage
dans le Chocolat eff affez connu : äl feroit à fouhaiter
qu’il y eût à Surinam plus de curieux capables de
cultiver cette plante , & une infinité d’autres qu’on dé:
couvriroit fans doute dans un pareil territoire auffi fer-
tile que vajte.
J'ai fouvent vi fur cette plante ces Chenilles brunès
rayées de jaune, & telles qu’on les a vues auffi fur la
Murucuja gui porte la fleur de la Paffion , Planche XXI.
Je les ai nourries jufqu’à la fin de Mai avec les feuil.
les de Vanille; elles fe font métamorphofées en nym-
phes, & le 7 de Juin en de beaux Papillons, dont
Le deffous étoit couleur de fafran, & le deffus jaune,
rouge & brun avec des taches argentées ; tels qu’on les
voit ici reprefentés l’un volant & l’autre en repos.
La petite Chenille verte qui ef fur la feuille d'en
bas , Je changea chez moi le 12 de Février 1700 en
une petite nymphe verte, d’où fortit le lendemain un
Papillon noéturne ou Phalene, couleur de cendre, qui
voloit fort vite.
C'eft le Volubilis filiquofa Mexicana ; foliis plantaginis de Raï;
qu’'Hernandes nomme Flilxochirl, flos niger & aracus aromaticus
dans fon Hiftoire du Mexique ; Plumier nomme cette plante Wa-
nilla flore viridi & albo , fruëlu nigrefcente ; dans un Traité qui a
pour titre Mova Plantarum Armeric. genera. D’autres Auteurs lui
donnent d’autres noms que l’on trouve dans Pluckenet , ir 41-
mageflo Botanico ; pag. 381.
Lea ef RÉ À
petite quantité de liqueur balfamique , noire , odorante , & qui fe
condenfe. On la ramafle au pays dans de petits vafes de terre
qu’on place fous les Gouffes , & on l'y garde. On attribue à la
Vanille une vertu ftomachique , digeftive, catminative , emme-
nagogue & diurérique , elle facilite aufli l’accouchement ; c'eft
un fpécifique , felon les Anglois, dans les affections mélancholi-
ques; mais il en faut ufer modérément. Quelques cuillerées de
l’effence de Vanille, qu’on obtient par le moyen de la diftilla-
tion , donnent aux liqueurs fpiritueufes une odeur & une faveur
des plus agréables. Voyez ce que nous avons dit de la Vanille
dans notre Manuel Médical & ufuel des Plantes.
26 HISTOÏRE
GÉNÉRALE
ÆXPLICATION DE LA PLANCHE XXVE
Es vs er ramum arboris Cacao, cüjus folia lunt
“dura , rigida & gramminei coloris. Crefcunt hæ arbores
alciudine mali, fimul flores & fruétus, tam maturos ,
“qua immaturos ferentes : rubicundi flores utrinque Ex
ligno progerminant : fru@us teneriores cum rubore viri-
defcunt ;°maturi véro tanquam citri flavefcunt, cortice
xeci craffiore , qui ad folum pingue teddéndum loco
“mi adhibetur. Semina feu fabæ , antequam in alias pe-
regrè tranfmittantur regiones , in umbrà probè ficcantur.
Gaudent agro Surinamenfi , atque in eo lubentiflime ex-
crefcunt hæ arbores; verbm culturæ funt difcilioris ,
quoniam alià femper fub arbore Jatere debent , quæ ad-
Vershs magnum ardorem folis illas tueatur, huic ferendo
non pares: unde fit, ut tenerioribus Baranas feu Bac-
coves apponantur, quo poftea iftarum umbra à nimio
æftu tegi poffint,
Nigricantes ejufmodi Erucæ , rubentibus notatæ frs,
qualis virenti folio inhærens cernitur, in hac arbore plu-
vimæ à me repertæ funt, illius frondem depañcentes.
Striæ rubicundæ punétulis niveis diftinguuntur. Torpen-
tes & fegnes naturâ, die 26 Martii in aurelias, & hinc
die 20 Aprilis in phalænas albicantes, ftrüs punétulifque
nigtis fuaves , permutatæ funt.
Hec arbor eff Cacao Cluñi & Amygdalis fimilis Guatimalenfis
G. B. Pin. neque ad ullum à veteribus deferiptum genus referri poteft:
quamobrem CI. Tournefortius inde peculiare in Inflit. Rei Herbar.
genus conflituit ; ubi etiam fores & fruûlus illius accuratè defcripfic
& delineavir,
R E M A
Le Cacaotier eft un arbre de grandeur & de groffeur médiocre ,
qui varient un peu felon la nature des fols ; fon bois eft poreux
& fort léger ; fes feuilles font verdâtres , longues d’environ neuf
pouces fur quatre de large , & terminées en pointe : aux feuilles
qui tombent, il en fuccéde d’autres, de façon que cet arbre ne fe
trouve jamais dépouillé , il eft garni dans toutes les faifons d’une
infinité de fleurs en rofes, extrèmement petites & fans odeur ;
il en eft cependant plus chargé vers les Solftices qu’en tout autre
temps. Plufeurs de ces fleurs coulent ; celles qui fe nouent, for-
Or» voit dans cette planche une branche de arbre
qui porte le Cacao. Ses feuilles font dures , rudes & d’un
verd de pré. Cet arbre devient de la hauteur d’un Pom-
mier, & porte en méme temps des fleurs & des fruits
mûrs, & d’autres qui ne le font pas. Ses fleurs qui
font rouges , fortent du bois méme de côté & d’autre,
Lorfque le fruit eff encore tendre, il eft d’un verd rou-
geâtre, mais lorfquw’il eff mûr, ileft d'un jaune de ct-
tron. L’écorce en eff épaiffe & l’on s’en fért pour fumer
les terres. On fait fécher à Pombre les fémences ou fé-
ves , avant de les tranfporter hors du pays. Ces arbres
fe plaifènt dans les Campagnes de Surinam , cependant
on a de la peine à les y faire croître, parce qu’il faut
qu’ils foient couverts de quelques autres arbres qui les
défendent contre les rayons du foleil , qu’ils ne peuvent
fouffrir , c’eff pourquoi lorfqu’ils font jeunes on plante
auprès quelques Bananes ou Baccoves, qui font propres
à les défendre de la trop grande chaleur.
J'ai trouvé fur cet arbre plufieurs Chenilles noires
rayées de rouge ; elles fe nourriffent de [es feuilles. Les
rayes rouges font tachetées de petits points blancs. Elles
font naturellement pareffeufes. Le 26 de Mars elles fe
transformerent en nymphes , d’où fortirent le 10 d’ Avril
des Papillons noëturnes ou phalenes blanches, rayées &
tachetées de noir,
Cet arbre eft le Cacao Clufii & l'Amygdalis Jimilis Guatimalenfs
de G. B. Pin. on ne le peut mettre dans la claffe d’aucun arbre
dont ayent parlé les anciens ; c’eft pourquoi Tonrnefort en fait
un genre particulier dans fes Inftituts de Botanique , où il décrit &
dépeint exactement fes fleurs & {on fruit,
R.Q U E:
ment, lotfqu'ils font parveñus à leur perfection , un fruit de la
groffeur & de la figure d'une Concombre; ces fruits font fufpen-
dus le long de la tige & des meres blanches, & non point aux
petites branches comme les fruits d'Eufope, ils müriffent fuccefi
vement. Leur coffe a environ ttois lignes d’épaiffeur, il s’y trouve
renfermées environ vingt, trente & trente-cinq amandes , fépa-
rées l’une de l’autre par une fubftance blanche , mucilagineufe
& d'une acidité agréable. Le Chocolat, le Beurre de Cacao
font connus de tout le monde , on en fçait par-tout l’ufage,
SSex trees,
LONDON. T _cÉél
ss ES" | se us
DÉS PLANTES ÉT INSECTES DE SURINAM 35
EXPLICATION DELA PLANCHE XXVIA,
Frucrv s hic Pomuin Sodomæ Vocatur, natus in
plantâ , quæ fefquiulnæ vel duarum ulnarum nancifcitur
altitudinem , undique, folio etiam non excepto ; acutis
fpinis horrida , perindè ac fi natura præmonitionis addere
fignum voluiflet, cum in cæteris ad taétum mollià fint
folia. Frutus five poma iftuc flavefcunt, in plantä hîc
produ&tà rubefcunt ; venenata admodum , fic prorfus;, ut
homines non minus atque bruta interficiant comefta :
intès feminibus, rubentis quodammodo & fufci coloris ,
repleta funt.
Erucam fpadicéam cum ftrüis rubicundis ; ceu fuperits
virenti irrepit folio, in plant reperi An. 1700 , die 24
Septembris ; fufca inde facta eft nympha , qualis ibidem
cernitur ; & hæc in flavefcentem die 12 O&tobris tranfiit
phalænam, è fufco maculatam , uti pariter folio infidens
depicta ef.
Vermis in caule répit, aurantio gaudens colore , quem
attulit mihi ferva Nigrita, fimul edocens, pulchras inde
produci Locuftas. Hic in fufcam mutabatur bullam , quæ
in viride ejufmodi animalculum (ex unanimi incolarum
affenfu) debebat transformari , fenfim alis veftiendum ;
ad inftar Locultæ volantis : attamen cum rotunda hæc
nympha morte periret, id ipfum obfervare mihi non
licuit. Quoniam autem alü ex propriis obfervationibus de
rei iftius certitudine mihi affirmarunt ; hic omnino illud
filentio præterire nolui , ut fi qui funt novitatis amantes :
illis in veritatem inquirendi occafionem præberem:
Vocat hanc plantam Tournefortius in Inflitut. Rei Herbar. pag:
149. Solanum Americanum molle , foliorum nervis & aculeis fla-
vefcentibus , fruétu mammofo , & Pluckenetius in Phytographia
fra Tab. CCXXVT. Figur, I. Solanum Barbadenfe fpinofum , fo-
lüs villofis , fruétu aureo, rotundiore , pyri parvi inverfi forma
& magnitudine. Licer enim villofiora à Pluckenetio pingantur fo-
dia, quam hic fit , una eademque nihilominus eff planta. Sloane ap-
pellavit illam in Catalogo fuo Plantar. Inful. Jamaic. Solanum
pomiferum tomentofum fruétu pyriformi inverfo.
R E M A
Or» donne‘a ce fruit le nom de Pomme de Sodoie;
il croît fitr un arbre qui eff haut d’une aune & demte ou
de deux aunes, & qui eff plein d’épines de tous côtes
fans en excepter méme les feuilles; comme. fi la nature
avoit voulu qu'elles ferviffent d’avertiffement ; car di
refle les feuilles font douces au toucher ; les fruits où
les Pommes font jaunes dans ces Pays-là, & 1ci celles
font rouges ; mais elles [ont très-venimeufes ; enforte
qu’elles donnent la mort aux hommes E aux animaux
qui en mangent, Le fruit eff rempli de femences, qui
font rougeâtres & brunes.
La Chenille brune rayce de rouge , qui eft en haut
fur une feuille verte, a été trouvée fur certe plante. Le
24 de Septembre 1700 elle fe changea en une nymphè
brune, telle que l’on en voit une Jur une des feuilles
fupérieures ; le 12 d’Oëobre il en fortit une Phalene
tachetée de brun , telle qu’on la voit fur une autre feuille.
Le ver couleur d'orange qui rampe fur la tige, m'a
été apporté par une Névreffe qui me dit qu’il en fortoit
de belles Sauterelles. Il fe transforma en une veffe
brune, qui à ce que chacun me difoit, devoit produire
un animal verd tel que celui-ct auquel les ailes viennent
peu-à-peu telles qu’on en remarque dans la Sauterelle
volante ; c’eff cependant ce qui n’eff pas arrivé, puif-
que ma nymphe ou veffie mourut. Mais comme chacur
m'a affuré qu’il fe faifoit une pareille métamorphofe;
je n'ai pas voulu la paffer fous filence, afin que les cu-
rieux s’en puiffent affurer par eux-mêmes,
Tournefort dans fes [nftituts de Botarique , pag. 149 >; appelle
cette plante Solanum Americanum molle , foliorum nervis & acu-
lis flavefcentibus , fruélu mammofo , & Plukenet dans fa PAyro-
graphia Tab. CCXXVI, Fig. 1, la nomme So/anum Barbaden/e
fpinofum , foliis villofis, fruëtu aureo, rotundiore, pyri parvi in-
verfi forma & magnitudine. Quoique Plukener décrive fes feuilles
comme plus velues qu’elles ne font ici, c’eft la même plante. Sloane
la nomme dans fon Catal. des Plantes de la Jamaïque ; Solanum
pormiferum tomentofum fruëlu pyriformi inverfo.
R QUE.
La famille des Solanuims eft très-confidérable ; nous tâcherons de la détailler tout au long dans notre Hiftoire Générale des
Plantes ; l’efpèce dont il s’agit ici eft un vrai poifom
8 HISTOIRE
EXPERCATIO
M réciuis s r& reliquis ommibus ‘majores Citri in
agris Surinamenfibus fponte proveniunt. Arbores magni-
+udine altiffimas in Europa Malos æquant , folia & flores
cum vulgaribus Citreis planè conveniunt , præterquam
quod majores fint & craffiores ; habito refpeétu ad præ-
grandes fructus ; qui inths pardm pulpæ continent ,
exts craffiflimo cortice cinguntur, in maturis, Ut in
valgari Citro, flavefcente : conditus hic cortex placentis
admifcetur, & in Belgio Zuccade, in Germania Citro-
aaat vocatur.
À
Mirum & prorfus fingulare animalculi genus in hac
arbore reperi, ab Erucis omnino difcrepans , quod ejuf-
dem foliis vefcebatur , üifque Limacum more inhærebat,
cuin pelle quädam veftiantur pedes, cujus ope folis fe
agglutinat. Venenata funt animalcula , ita ut membra
quoque ab illis taéta rigeant & inflammentur. Die 11 Ju-
ni, Anno 1701 exuviis dejeétis textum ftruxerunt, ceu
in folio cernis , & ex uno illorum die 27 ejufdem men-
fis. (me navem Belgium petentem jam ingrefla,) Tam
rara erupit exilis Phalæna, quam in eodem arboris folio
confpicitur.
Scarabæum nigricantem & ex rubro flavoque pul-
chriter maculatum fruétui propter ejus raritatem impo-
fui, ut iconem adimpletam magis ornarem : infeéti
quamvis incognitam mihi originem alüs inveftigandam
relinquam.
Cicri hfc ab Auëlore defcripte jam faris fuperque in Belgio cognite
funt arbores , non minus uti Limonum feptima & decima , atque Gra-
nate arbor undecima icone depiéta ; quamobrem de illis haud multa
Jubjungenda effe duxi.
R E M AÀ
GÉNÉRALE
N DE ELA PLANCHE XXVIIT
C >Esr dans les plaines de Surinam que croiffent
Les plus beaux & les plus gros Citrons. Les arbres font
auffi hauts que les plus gros Pommiers d'Europe. Leurs
feuilles & Leurs fleurs reffemblent à celles des Citroniers
ordinaires, mais elles font plus grandes & plus épaif-
fes proportionnément au fruit qui contient au-dédans
un peu de moëlle, mais Pécorce eff fort épaiffe. Lorf-
qu’ils font mûrs , ils font de la couleur des citrons or
dinaires. Cette écorce confite Je met en Hollande dans
le pain d’Epice, on Py nomme Zuccade & en Allema-
gne Citronaat , en François écorce de Citron.
J'ai trouvé fur cet arbre un animal très-rare qui ef
tout-à-fait différent des Chenilles. Il fe nourriffoit des
feuilles de Citronier fur lefquelles il fe colloit comme les
Limaçons , fes pates étant couvertes d’une peau qui lui
fert à s’attacher ainf. Cet animal eft vénimeux enforte
que les membres qu’il touche fe roidiffent & s’enflam-
ment. Le 22 de Juin après avoir changé de peau, 1l
fila un Cocon ; tel qu’on le voit fur une feuille ; le 27
du méme mois, comme j’allois m’embarquer pour. re-
tourner en Hollande , il en fortit la belle petite Phalene
qui eff peinte ici fur une feuille du même arbre,
J'ai mis fur le fruit un Scarabé qui n’a paru rare,
il eff noir tacheté de rouge & de jaune ; je laiffe à d’au-
tres Le foin d’examiner l’origine de cet Infe&e qui m’eft
inconnu,
Le Citronier que l’Auteur décrit ici, eft aflez connu dans les
Pays-Bas, ainfi que les Limons peints dans les Planches VII &c
X , & le Grenadier dans la XI, c’eft pourquoi j'ai jugé à propos
d’en dire peu de chofes.
KO dE
Voyez ce que nous avons dit du Citronier dans notre Traité hiftorique des Plantes de la Lorraine , & dans notre Diétionnaire
des Plantes, Arbres & Arbuftes de la France,
Pa) lé
DES PLANTES ET INSECTES BESURINAM 29
EXPLICATION DE LA PLANCHE XXAX,
Praer: npis hic & epregius fruétus Pompelnots
Surinami nuncupatur. Arbores mali crefcunt altitudine,
fruétuum copià admodum onuftæ , fic ut ramos à pon-
dere frangi, periculum fit. Cedit fructus dulcedine pomo
aurantio , minus tamen acidus Citreo ; vincit utrumque
corticis & pulpæ duritie & proin quoque faporis fuavitate.
Infdent arboribus , virentemque earum depafcunt
frondem Erucæ virides, quibus caput cœruleum, corpus
eft pilis oblongis onuftum ; ferreo filo non mollioribus.
Die 3 Augufli cœperunt agglutinati, in aurelias ex fpa-
diceo maculatas dein permutatæ ; undè ejufdem menfis
die 19 tam venuftæ exierunt Papiliones, variis pitæ co-
loribus, nigro, viridi, cœruleo & albo, arque auri &
argenti inftar fulgentes ; adeo veloces autem & altivo-
Jantes , ut vix nifi per Erucarum metamorphofin capi
poffint illæfæ,
Hec arbor ef? Malus aurantia Indicà , fruêtu omnium maximo ;
Pumpelmus diéto ; cujus binas fpecies diflinétas in arboreto Ceilo-
nenft , aliarumäque in Indi& Orientali regionum ; colunt , confiflenre
folum differentia fruëluum in pulpe his ipfis inclufe colore ; veluti
Hermannus in Catalogo Horti Academ. fuo pag. 40$ ; annotavit,
ubi & hanç arborem pradiélo nomine infignivic.
L E fruit reprèfenté dans cette Plancke, fe #ornrèé
Pompelmous à Surinam ; Parbre qui le porte croi de
la hauteur d’un Pommier, & il ef? ordinairement fi fer
tile, que [és branches font en danger de rompre fous
poids du grand nombre de fes fruits : ils font moins
doux-que Orange, fans étre auffi aigre que le Citron ÿ
la peau en efl plus dure & la chair plus ferme que celle
des fruits qu’on vient de nommer , mais ceux-ci ne {ont
pas ft agréàbles au goût,
On trouve fur ces Arbres des Chenilles qui Je noura
rifent de fes feuilles ; celles font vertes & ont la téte
bleue, & le corps couvert de longs poils auffi durs qué
du fil de fer. Elles fe tinrent en repos L 2 d’Août, &
Je transformerent enfuite en nymphes brunes tachetées
le 19 il en fortit de beaux Papillons noirs, verds,
bleus & blancs , brillans comme Por & Pargent. Ils vo:
lent fi vite & fi haut, qu’on ne peut en avoir d’entiers
que ceux qui proviennent des Chenilles que l’on &
nOurTIes.
Cet arbre eft le Malus aurantia Indica, fruëlu omnium maxis
mo ; Pumpelmus diflo. On en cultive de deux efpèces dans les
vergers de Ceylan & des autrés contrées dés Indes. Là différence
de leurs fruits ne confifte que dans la couleur de la chair du'ils
renferment , ainfi que l’a remarqué Hermann dans fon Car. Hori,
Academ. page 405 , où il parle de cet arbre fous le nom tappotté
ci-deflus,
REMALROUES
L'arbre en queftion eft l'Oranger ; qui porte parmi ceux de fon efpèce le plus gros de tous les fruits:
HISTOIRE
EXPLICATION D E
P AimA CHRISTI , in xegione Surinamenti Belgis
Olyboom vocata ; crefcit altiflime , fpeétatu clegans ;
#lores gerit flavefcentes , quos capfulæ feminales échis
natæ fequuntur ; femina initio virentia ; Matura fait
Æufca. Si coquatur in aquà femen , elicitur & 'aquæ in-
natat oleum , quod ifthuc loci non folum ad varia vul-
mera fananda, verüm etiam ad flammas in lampadam
“ellychniis nutriendas, ut noétu luceant, ufurpatur.
‘Arboris folia efca funt Erucæ, quæ feminibus fuperné
ärrepit, fubviridis & Jongioribus pilis albicantibus inf-
true. Die 3 Maji in aureliam transmutata eft, uti fe-
minibus inhærens cernitur, unde menfis ejufdem die 17
Papilio nigricans prodibat , cujus duæ anteriores alæ ful-
phureo, duæ pofteriores coccineo erant imbutæ colore.
Nigricans Eruca, ex feminibus pendens , maculis
adornatur flavefcentibus, in his aliüfque arboribus plu-
rima femper reperiunda More Indorum quafi in leétis
pendulis continentur , undè nunquam integro exeunt COr-
poire. Alid pabuli quærendi gratià migraturæ , iftas do-
mus fuas, ex ficcà arborum fronde ut videtur conftruc-
tas, ritu cochlearum fecum afportant ; quas turn alicubi
moraturæ artificio fingulari affirmare fciunt. Die Aprilis
z4 in nidulo fuo hæc cransfigurata in vilem tranfit pha-
Jænam, naturà admodum feram.
Hec planta eft Ricinus Atnericanus major ; éaüle virefcente
Hort. Reg. Parif. & Avanacæ Jêve Citavanacu Part. II. Horti
Malabarici defcripta,
R E M À
GÉNÉRALE
LA PLANCHE XXX
L rBkE connu fous le rom de Palma-Chrifti,
& que les Hollandois, habitans de Surinam nomment *
Olyboom, devient fort haut, & eft très-agréable à
voir. Ses fleurs font jaunes , des capfüules hériffées de
pointes leur fuccédent, elles remferment des femences au
commencement vertes qui deviennent brunes en rmürif®
fant; on Les fait bouillir dans de Peau pour en ex-
traire l'huile qui nage au-deffus , & dont on fe fert
pour guérir toute forte de bleffures 3 on la brûle auf
dans les lampes pour éclairer la nuit.
Les feuilles de cet arbre fervent de nourriture à la
Chenille que l’on voit fur la femence , elle eff verdätre
& couverte de longs poils blancs. Le 3 Mai elle Je
transforma er une nymphe telle qu’on la voit [ur la [e-
mence ; le 17 du même mois il en fortit un Papillon
noir, dont les deux ailes de devant étoient de couleur
de foufre, & les deux de derriere de couleur de fafran.
La Chenille noire fufpendue aux femences , eff ta
chetée de jaune, & on en trouve plufieurs de cette efpèce
fur cet arbre & fur d’autres, elles s’enferment dans des
efpèces de Hamak à la manière des Indiens , & elles
n’en fortent prefque jamais entières. Lorfqu’elles doi-
vent changer de place pour chercher de la nourriture,
elles portent avec elles, comme les limaçons ; ces mai=
fons qui font faites comme on voit de feuilles Jéches ,&
lorfqu’elles doivent refter en quelque endroit , elles [ça
vent les y attacher avec beaucoup d’adreffe. Le 14 Avril
celle-ci fe transforma dans fon nid en un vilain Papil-
lon noturne naturellement farouche.
Cet arbre eft le Ricinus Amiericanus major , caule virefcente , dt
Jardin Royal de Paris, & l’Avanaca ou le Ciravanacu , dècrit
dans la feconde Partie de l’Hort. Malabar,
* C'eft-à-dire Arbre portant l'huile.
R Q OU E.
Nous avons fuffifamment parlé de éette Plante dans le fecond Volume de notre Traité hiRorique des Plantes de la Lorraine,
ïÿ RE étentte A E
Re
DES PLANTES ET ÎINS
+
FN À MR A OR RES RP EE 4% À 32
ECTES DE SURINAM
Le?
EXPLICATION BE LA PLANCHE XXXRN
x Rofæ, ex Caïibicis Infulis in agios Surina:
menfes tranflatæ , ibi lætè crefcunt; niveæ quando ma-
cutino tempore aperiuntur , rubicundæ poft meridiem.,
vefperi iterum decidunt.
Candidas iflufmodi & maculis puniceis fuaves Erucas,
qualem folio impofui, ut in minorum Limonum arbori-
bus Icone 17 expreffis , etiam in his Rofis inveni. Præ-
bent efcam virentia fruticis folia, quibufcum à 26 ad
diem Augufli 30 illas alui, quando iifdem agglutinatæ ;
cineritii coloris fa&æ funt nymphæ; die 14 Septembris
An, 1700 duplicis generis Papiliones iterum. producentes,
Harum alterà nigricat & flavefcit, altera latére intériore
atroviridi confpicua eft , alarum poflicis exterius colore
puniceo , maculis flavis, cœruleis & rubicundis diftinéto,
pulchrè tindis; quod ad reliqua, piétura in ambabus
eadem apparct;
Bac eft Rofa Sinenfs à Ferrario in fuä Florum Cultur& hoc nô-
mine defcripta , optimoque jure Ketmia Sinenfis fruétu rotundo à
Tournefortio nuncupatur. Nomina illa numero plurima ; quibus plan-
ta hec à varis Auëtoribus proponitur ; omhia collecta reperies in Flo-
ra mea Malabarica , fub titulo , Alcea atborefcéns Japonica , pam-
pineis foliis fubafperis ; flore mutabili, five colorem mutante.
Breyn. Prod, a
R E£ M À
C> s Rofes ont été tranfbortées du pays des Carat
bes à Surinam ; où elles fe plaifent beaucoup, Le matin
quand elles s’ouvrent elles font blanches ; l'après-midi
elles font rouges ; & le fôir elles tombent,
J'ai trouvé fur ces Rofes des Chenille blanches tds
chetées de brun, telles que celles qui font repréfentéei
dans la Planche XV IT fur l'arbre des Limons de là
petite efpèce. Elles Je nourriffent des feuilles de cet ar
briffeau , & je leur en ai donné depuis le 26 jufau’au
go d’ Août qu’elles reflerent en repos, & Je changerent
en nymphes couleur de cendre, d’où il fortit k 14-dè
Septembre deux fortes de Papillons, L’un étoit noir &
jaune, & Pautre d’un verd brun par deffous , de ders
rière des aîles au-deffus étoit brun , tacheté de jaune;
de bleu & de rouge ; du refle ils étoient l’un & Vautré
affez fémblables.
C'eft la Rofa Sinenfis que Fetrarius a décrite foùs ce om dañà
BOT » Pa
fon Traité de la Culture des Fleurs ; Tournefort l'appelle avec rai+
fon Ketmia Sinenfis fruëlu rotundo. On trouve dans mon Florà
Malab. tous les noms que les Auteurs ont donné à cetté
fleur , fous Le titre de 4/cea arborefcens Japonica ; pampinéis fos
liès fubafperis , flore mutabili ; five colorem. mutante; Breyti
Prodr, 24
R Q VU Ë,
Cet arbriffeau Fait un joli effet par la beauté de fes fleurs parmi les plantes qui fervent d'ornement dans les Orangeriei
H
HISTOIRE
SDL TC ALT ON DE
FH Æc planta, Surinamenfibus Belgico . idiomäte
Slaapertjes nuncupata, quam in horto meo colui, vul-
meribus imponitur, quod ad curationem eorum conducat.
Noctu folia plantæ omnia complicantur , binis femper
jta fibi invicem junétis , üt unum éffe videantur. Caule
prædita eft duriore , fex pedum altitudine nafcitur , flores
profert flavefcentes exiguos , unde oblongæ & tenues
emergunt filiquæ , plurimo parvo femine fœtæ , radix
fibrofa albefcit.
“Vefcebantur virenti fronde Erucæ , cujufmodi unam
Futici inhærere cernis, virides , rofeis adornatæ ftrüs,
& duobus corniculis munitæ. An. 1700 die 20 Maji de-
ponere exuvias inchoarunt , & colorées ‘indutæ magis
exaltatos , fic in aurelias mutatæ funt rubicundas , argen-
teifque maculis corufcas. Hinc vero die 4 Juniü ejuf-
modi Papiliones fpadiceæ & flavo venuftæ eruperunt,
ceu binæ, in aëre volitans, atque plantæ infidens, de-
Jineatæ funt. |
“Planta hac à Pijone Lib. IV", cap. 23, nomine Paiomirioba fe-
cunda defcribitur, 6 in Catalogo Horti Academici Lugduno-Bata-
vi ab Hermanro Senna Occidentalis , odore opii minus virofo ,
fôjiis glabris obtufis appellatur. Quia vero non nifi flore folum con-
venit cum Senna Alexandrina & Italica; la à C1. Tournefortio
jure meritoque refertur ad Cafliam fiftulam Alexandrinam , ad quam
propius florum & fruëtis fimilitudine accedit , eique dicitur Cafia
Americana fœtida, foliis fubrotundis acuminatis , guemadmodum
pag. 619. Inflit. Réi Herb. legitur.
R € M A
GÉNÉRALE
LA PLANÇHE AN TE
L Es Hollandois habitans de Surinam , donnént à
cette plante le nom de Siaapertjes , comme gui diroit les
Dormeurs, parce que la nuit les feuilles fe joignent
deux à deux tellement appliquées Pune fur l’autre qu’on
diroit qu’elles n’en font qu’une. Je Pai cultivée dans
mon jardin parce qu’elle eff bonne pour guérir les
playes ; la tige ef fert dure & elle croit à la hauteur
de fix pieds ; elle porte de petites fleurs jaunes , d'où
naiffent des coffes longues & étroites remplies de beau-
coup de petites graines. La: racine qui eft remplie de
fibres , ef blanche.
Une Chenille , telle que l’on voit fur cette plante, fe
ñourriffoit de [es feuilles , elle étoit verte, rayée de cou-
leur de rofe & elle avoit deux petites cornes. Le 20 Mai
1700 elle changea de peau , fes couleurs parurent plus
vives , & elle fe transforma en une nÿymphe rouge ta-
chetée de petits points argentés. Le 4 Juin ilen fortit
un Papillon brun orné de jaune, ainfi que l’on en voit
ici deux, l’ur volant & l’autre en repos fur la méme
plante.
Pifon dans le chap. 23 du Liv. IV , nomme cette Plante Paios
mirioba fecunda ; & Hermann dans le Car. ‘Hort. Acad. de Leyde
l'appelle Senna Occidentalis , odore opii minus virofo ; foliis gla-
bris obtufis ; comme elle ne reffemble que par fa fleur à la Senna
Alexandrina & Italica, Tournefort a eu raifon de la rapporter à
la Cafjia fiffula Alexandrina à laquelle elle reflemble le plus , tant
par fes fleurs que par fon fruit, c’eft pourquoi il l'appelle Caffiz
Americana fœrida ; foliis fubrotundis acuminatis ; ainfi qu'on peut
le voir à la page 619 del'Inflie. Rei Herë,
R QUE.
Nous parlerons plus au Tong de cette Plante dans notre Hiftoire Générale des Végécaux.
DES PLANTES ET INSÉCTÉES DE SURINAM
G>
LD)
EXPLICATION DE LA PLANCHE XXXIII.
UanDoQUuiDÈèM Ficus American , offfil ex
parte fimiles illis funt, quæ in Europa reperiuntur , iftas
ut defcribam , planè non erit opus. Majori copià in agris
Surinamenfibus crefcere facillimè poffent , modo ab in-
colis cultæ magis propagarentur ; cum fruêtus fint adeo
fuaves atque refrigerantes, calidas regiones inhabitanti-
bus longè utiliffimi.
Erucas inferits appofñitas, virentia folia depafcentes ,
ex his arboribus collegi. Die Martii 22 ex viridi colore
cum firiis flavefcentibus , in aurantium rubicundis ftriis
per torum corpus infignem, tranfmutatæ funt , capite
infuper & caudà nigrefcente , ita ut nova piétura veftitæ
à priftinis planè diflimiles viderentur Erucæ. Neque
etiam poft hanc metamorphofin ullum amplis fumebant
pabulum, fed in nymphas hepatici coloris pedetentim
tranfibant , unde An. 1701 die April. 12 phalænæ fpa-
diceæ prodierunt tam elegantes , quam in unà volante ad
fammitatem Iconis potuit exprimi. Hanc paucis diebus
pot infecuta eft alia, colore multo obfcurior , aliterque
maculara priore, quemadmodum in caudicis apice hæ-
rens oftendit.
Multd de hac planté fubjungere mihi res videtur omnino fuperva-
canea ; quippe cum in Europä , quenam fine arbores Ficus ; quinam
cjufdem fruëlus , unicuique fatis fuperque innotuerit. Diverfarum
tamen fpecierum illius plures inveniuntur , fruëtuum differentia maxi-
me inter fe diferepantes 3 veluti apud Tournefortium in Inflitutionib.
Rei Herb. pag. 1262 & 263 legitur. |
R E M À
Voyez ce que nous avons dit du Figuier dans notre Diétion-
naire des Plantes, Arbres & Arbuftes de la France. Dans une
édition du Dictionnaire d’Hiftoire Naturelle qu’on vient de publier
en Suifle , le Commentateur prétend que la Figue n’eft pas un
fruit, que c'eft feulement une pulpe charnue & fnembraneufe ;
COTE
” a — a E -
?, Es Figues de l'Amérique font parfaitement Jem=
blables à celles d'Europe ; par conféquent il n’eff pas
néceffaire de les décrire ici; il en croftroit beaucoup
Plus dans le territoire de Surinam fi elles y étorent cul.
tivées ; & comme ce fruit eff en méme temps agréable
& rafraîchiffant ; il ef très-utile aux peuples qui habi-
tent les péÿs chauds:
J'ai trouvé fur les Figuiers lesChenilles ici repréfentées
qui fe nourriffoient de leurs feuilles, De vertes qu’elles
étoient, rayées de jaune, elles dévinrent le 22 de Mars
couleur d’orange avec des rayes rouges fur tout le corps;
ayant la téte G la queue noires, enforte qu’elles fem
bloient revétues d’une nouvelle livrée toute différente de
la précédente. Après cette transformation elles ne man-
gerent plus, mais elles fe changerent peu -à-peu en
nymphes couleur de rofës Jëches, d’où le 12 d Avril
1702 fortirent des Phalenes , ou Papillons noéturnes
bruns, de la beauté de celui que l’on voit volant au
haut de cette Eflampe ; quelques jours aprés il en vint
un autre, d’unecouleur plus foncée & tacheté différemment
du premier, ainfi qu’il eff repréfenté fur le haut de la tiges
Il m'a paru inuuile de m'étendre fur cette plantes car commé
il y a quelques figuiers en Europe , il n’y a perfonne qui ne les
connoiffe. On en trouve de diverfes efpèces ; dont les fruits font
la différence ; ainf qu'on le peur voit dans les Inftituts de Bota-
nique de Tournefort, pag. 262 & 263.
RQUE.
mais la plûpart des Botaniftes défignent fous certe dénomination
tous les fruits: tant & fi long-temps que nous n'aurons pas une
autre définition , nous ne pourrons donc nous empêcher de regar-
der la Figue comme un vrai fruit,
‘acino:,
HIiSTOIRYX
ÆXPLICATION DE LA PLANCHE XXXIF.
Ù D'x., tam rubro & cœrulco, quafñ viridi & albo
lætè admodum citôque in terris Surinamenfibus
“crefcunt ; adeo ut palmes abfciffus, foloque mandatus ,
{ex menfibus elapfis uvas proferat maturas À & fic totius
anni decurfu fruétus carpi queat, fi idem propagandi
:modus fingulis menfibus repetätur. Dolendum fanè,
ifhuc loci non habitare , qui huic culturæ ftudere ament,;
vinum quippe Surinamum transferri non foret opus,
:quin potius indè in Belgium transvehi illud poflét, cum
‘quotannis vindemias fæpius ita colligendi daretur oppor-
“cunitas.
Érucas iffiufmoëi, qualem in Tabulà fimul exprefli,
“die 26 Augufti folia vitiginea depafcentes reperi. Spadi-
ceo & fuaviter candicante colore nitidæ erant , reptatu
celeres, paftu voraces, atque hinc copiofa & coacervata
excremerita : poftremum corporis fegmentum macula
cnigricans diftinguebat , cujus medium nivea pellicula
cryftalli inftar fplendente confpicuum erat, quæ quoties
sefpirabat infettum , alternatim elevabatur rurfufque con-
cidebat. Arbitratur in Erucis plures fe obfervaffle oculos
Leuvenhoekius , uti fcriprum legitur Epiftola 146, à
pag. 430 ad 452» verüm müihi eofdem detegere nondum
contigit , tametfi Erucas ingentes fæpiüs habuerim. Die
26 Augufti, Anno 1700 una ex his in pampino pulchré
contortiplicato, fuetà Erucis metamorphofi , aurelia faé&ta
eft: die x3 Sepremb. elegans inde phalæna emerfit, vi-
sidis, féd alarum pofticis colorée cœruleo & rubicundo
änter fe muxtis piéta.
Quandoquidem Vicis in Europa ad neceffitudinem rei fatis cognita
jam eff, & plures, quam in America ; uvarum fpecies diverfe mul-
&o labore coluntur 3 de illis aliquid addere haud neceffum eric.
R E M A
L E s Raifins rouge, bleu & blanc viennent fpontané-
mént dans le territoire de Surinam ; un fep de vigne coupé
& misen terre, porte fix mois après des Raifins mûrs ; en-
forte qu’en en plantant ainfitous les mois, On PEUT GVOir
du Raifin pendant toute l’année. I eff trifle qu’il ne fe
trouve pas dans ce pays des gens qui s'appliquent à
cultiver cette plante, car quoiqu'il fit néceffatre de por-
ter du vin à Surinam, cette Colonie en pourroit four-
rir à la Hollande, puifque l’on pourroit faire les ven-
danges plufieurs fois l’année.
J'ai trouvé le 26 d’ Août la Chenille que j’at repré-
féntée ici ; fe nourriffant de feuilles de vignes. Elle éroit
brunè , agréablement tachetée de blanc ; elle rampoit fort
vite, & mangeoit beaucoup ; ce qui éroit caufe qu’elle jet-
toit une grande quantité d’excrémens ; la dernière join-
ture étoit marquée d’une tache noire, au milieu de la-
quelle étoit une pellicule blanche, brillante comme le
Criflal, qui s’élevoit & s’abaiffoit Jelon que PInfeie
refpiroit, M. Leuwenhock croit avoir découvert plufieurs
yeux dans les Chenilles , ainfr qu’il l’a remarqué dans
fa Lettre 146, depuis la page 430 jufqu’à 452 ; néan-
moins quoique j’ayeeu entre les mains un grand nom-
bre de Chenilles, je n’ai jamais fait cette découverte.
Le 26 d’ Août 1700, une de celles dont j'ai parlé ci-
deffus, fe changea en nymphe dans une feuille de vigne
qu’elle avoit admirablement replée : le 1 4 de Septembre
il en fortit une Phalene verte, dont le bout des aîles
étoit peint de rouge & de bleu.
Il feroit inutile de s’arrèter plus long-temps fur le chapitre des
vignes , qui font affez connues en Europe , où il y en a de plus
d’efpèces différentes qu’en Amérique.
R QUE.
Voyez ce que nous avons dit de la Vigne dans le troifieme Volume de notre Traité hiftorique des Plantes de la Lorraine.
|
|
1
È
i
DES PLANTES ET INSECTES DE SURINAM.
EXPLICATION DE LA PLANCHE XXXV.
las hac tépiæfentatus ex arbore Îylveflri ramus
eft, cujus fruétus, tanquam globuli rofariorum apud
Pontificios, fibi invicem juni cohærent. Flores ut Mali
Perficæ colorati funt; fruétus viridefcentes , feptem vel
octo numero conjunéti pendent,
Erucarum iftius genetis, quod hic ad vivum delineae
vi, prima in hac arbore à me reperta fuit, rubicunda &
Fufcis maculis infignita Poftmodum eafdem ingénti co-
pià vidi in Palma Coccos ferente , quam Operi meo in
ferere nolui, tum quod ab aliis jam fatis defcripta & de:
picta fit, cum quod ob magnitudinem nimiam huc non
quadret. In hac Palma facculum compofuerant , feu tela
ducendo forfmaverant jam diétæ Erucæ , qui longitudine
ad dimidiam fere ulnam accedens, colore ochræ fimilis,
arctus & denfe contextus erat, innumeris tam Erucis ,
quam Erucarum exuviis repletus. Ego vero ad ædes meas
afportatum , folio arboris hic exhibitæ poftmodum ap-
pendi facculum ; ulterius Erucarum mores inveftigatura :
atque fic de die illas in facco manere reconditas , noétu
autem ad pabulum quærendum emigrare obfervavi , fac-
culo proximè ad fruétum ex folio pendente. Menfis Apri-
lis initio his arboribus & circa eafdem agglutinatæ in
nymphas transformatæ funt eleganter tinétas, quæ die-
bus 14, 1$ & 16 Aprilis Papiliones flavos, puniceis ma-
culis confperfos , produxerunt,
Eruculas hirfutas & fufcas ; comam virentem depaf-
centes, pariter in eâdem arbore obfervavi. Die 9 & 10
Aprilis telæ femet incluferunt , & die 23 ejufdem menfis
Papiliunculi tranfparentes inde prodierunt , ex atro pul-
chriter maculati , qualem inferius ad plantam delineatum
dedi,
Hanc plantam apud neminem hucufque vel defcriptam vel icone
expreffam videre mihi contigit, preter hanc Auëlorem noffram ;
meoque judicio nuncupari poffet , Coronilla Americana arborefcens ,
floribus dilutè rubefcentibus.
L À branche que l’on voit dans cette planche eft d'un
arbre fauvuge , dont les fruits font attachés les urs aux
autres comme des grains de Chapelet. Ses fleurs reffem=
blent à celles du Pécher pour la couleur, les fruits {ont
verds ; & il yen a ordinairement fept ou huit attachés
les uns aux autres:
Ceft fur cet arbre gtie j’ai trotvé la premiere Chenille
que j’ai vue de Pefpèce qui eff ici repréfentée, rouge, ta
chetée de brun. J’en ai trouvé encore une grande quantité
Jur les Palmiers qui portent le Coco , que Je r’ai pas
peint dans cet ouvrage , tant parce que d’autres les ont
décrits & deffinés, que parce qu’ils font trôp grands,
Ces Chenilles avoient fait ou plutôt filé fur ces Palmiers
un fac qui avoit une demi-aulne de long ; qui étoit
jaune, épais & forts Il étoit rempli de Chenilles & de
leurs dépouilles. J’emportai ce fac chez moi & Je le pen:
dis à une feuille de arbre ici deffiné, pour examiner
ce que feroient ces Chenilles. Je remarquai que le jour
elles reffoient dans ce fac, & que la nuir elles en fortotent
pour aller pâturer ; ce fac fe trouvant place [ur la feuille
immédiatement auprès du fruit. Au commencement
d’ Avril ces Chenilles s’attacherent à cet arbre ou aux
environs; & fè transformerent en nymphes d’une belle
couleur , qui les 14, 15 6 16 du méme mois produi-
firent des Papillons jaunes tachetés de brun.
Je trouvai encore fuf cet arbre de petites Chenilles
velues & brunes qui fe nourriffoient de [és feuilles. Le 9
& le 10 d Avril elles fe renfermerent dans des Cocons ,
d’où fortirent le 2.3 du même mois des Papillons tranf:
parens , beaux & tachetés de noir, aïnft que j’en ai re-
préfenté un volant deffous cette branche,
Je n'ai encore vu cette plante ni décrite ni deflinée pat perfonne
que par notre Auteur , & felon moi on pourroit la nommer Coro-
nilla Americana arborefcens , floribus dilutè rubefcentibus,
REMARQUE.
Nous parlerons de cette Plante plus au long dans notre Hiftoire Générale des Plantes,
Ii
Ga
es
MISTONRE GÉNÉRALE
EXPLICATION DE LA PLANCHE XXE
P:, wa M hänc cu in -duméeto repetiffem, ‘aulla
vero ifthuc-leci refecari poffit , quin ftatin marcefcat ,
illam ab Endo fervo + terra cum fuâ radice cffoflam ,
Æomum transferri, & in hortum meum locari curavi. Al-
biffime gaudet radice , Nicotianæ alits quodammodo
fimilis, florem profert candidum , Hyacinthi radice tu-
berosà Cluf. æmulum, quo deciduo, poft elapfum fex
menfium ternpus iterhm florer. Nomen & vires ejus
prorshs ignota funt Surinamenfibus , quippe quos talia
inveftigandi nulla tenet cupido , quin me alia præter fac-
chari arundinem in agris quærentem deridebant, cum
tamen in vepretis longè plura meo judicio detegi pof-
{ent , modo hæc effent pervia : tot enim carduis & fpinis
denfa horrent , ut mancipia fecuri armata præmittenda
effent, ad aperiendum mihi tranfitum quodammodo pe-
netrabilem, qui nihilominus mihi erat difhcillimus,
:
Puniceam & ex afbo nigroque eleganter variegatam
ÆErucam foliüs plantæ vefci obfervavi. Anno 1707 die
Aprilis r4 in aureliam, atque hinc porro die 26 ejufdem
menfis in fufcam & candicantem Papilionem, quatuor
maculis aurantiis in alà pofteriore utrâque infignem ,
transformata eff. ;
Inhærebant eidem adhuc plantæ albicantes quedam
beftiolæ , depofitas exuvias in corporis poftico circum-
gerentes ; quibus pediculi virides, à Gædartio Part. T,
pag. 90, defcripti, efca erant in hac plant. Ipfis Ca-
dendis Aprilis textum fibi ftruxerunt, unde die decimo
poft mufcæ hujufmodi-coloris lignei evolarunt.
R £ M A
T4 r trouvé cette plante dans un bois, mais COMITE
on ne peut couper dans ce pays-la une branche qu’elle
ne Je flétriffé d'abord, je la fis déplanter avec fa ra-
cine par un de mes Eftlaves, & je la fis d’abord tranf
planter dans mon jardin ÿ fa racine eft d’un beau
blanc , & elle reffemble du refle au tabac ; elle porte une
eur blanche comme celle d’une Tubereufe ; & fix mois
après qu’elle eff tombée, la plante fleurit de nouveau.
Qn ne connoît à Surinam ni fon nom ni fes qualites ÿ
ce n’eff pas dans ce pays-là qu’on a la curiofité de faire
de pareilles recherches , & on s’y moquoit de mot, parce
que je recueillots autre chofe que du fucre, quoique felon
moi , On pourroit trouver bien d’autres chofes dans ces
bois-là, s’il étoit poffible de les traverfer, car ils font
fi remplis de chardons & d’épines, que j’étois obligée
de faire marcher devant moi quelques Efclaves , qui la
hache à la main, m’ouvroient un chemin avec beaucoup
de peine.
Je trouvai cette Chenille brune tachetée de blanc &
de\noir, qui mangeoït les feuilles de cette Plante. Le
14 d Avril 1701 elle fé transforma en nymphe, d’où
fortit le 26 un Papillon brun & blanc, qui avoit quatre
taches couleur d'orange fur Les deux aîles de derrière.
Il y avoit auffi fur cette plante de petites bétes blan-
ches qui trafnoient après elles leur peau qu’elles ayoient
quittée. Elles fe nourriffoient de certains Poux verds
que Gædart a décrit dans fon premier Volume, pag. 90.
Le 1 d’Avril elles fe firent un Cocon, d’où fortirent le
10 du méme mois des mouches couleur de bois telles
que celles que l’on voit volantes.
R Q U Ë.
La Plante ci-deflus défignée eit le Pacoferoce du Bréfil, felon Marcgrave ; nous en parlerons dans notre Hiftoire Générale des
Végétaux
D
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DES PLANTES ETINSECTES DE SURINAM.
37
“3
EXPLICATION DE LA PLANCHE XXXFVIL
Hxc planta Surinami Okkeram , als Althæa
nuncupari folita, Botanicis abundë cognita eft. Ïn alti-
tudinem viro majorem excrefcit; duplici gaudet flore,
& ex albo flavefcente , & roleo ; fruétum fi diffecueris,
lentor tenacitate quafi fila ducens effluit, coëtus verd
cibum præbet mancipiis in America,
Erucula plantæ irrepens , ejufdem fronde palcitur,
Die 17 Junii Anno 1700, telæ involuta in nympham
coloris hepatici permutata eft qualis fruétui adjacet,
unde menfis ejufdem die 28 exigua rubefcens phalæna
prorupit,
Virentium folierum infimo albicans inhæret beftiola ;
nigris notata maculis, quæ in planta ifta vivit , atque die
x Martii in animalculum alatum mutata eft, quod attac-
tum vel leviflimum faltu effugiebat,
Hac planta dicitur Ketmia Brañlienfis, folio ficus, fruc
tu pyramidato , fulcato, à Tournefortio in Inftit. Rei Herb.; à
Patruo meo Joh. Commelino ; Alcea Americana annua , flore
albo , maximo , fruétu pyramidali, fulcato , xbi delineata
eff Part, I. Hort. Amflelod. à Marcgravio in Hifloria Rer, Nar.
Brafil. Quingombo Lufitanis Congenfibus & Angolenfbus
Quislobo,
R E M A
LC: rTE Plante porte à Surinam le nom d’'Okkerim
ou d’Althea, gui eff àffez connu des Botanrifles ÿ
elle devient plus haute qu’un homme, Ê elle a deux
fortes de fleurs , les unes d’un jaune pâle & les autres
couleur de rofe, lorfqu’on ouvre fon fruit, il en fort
une liqueur gluante qui file.
La Chenille qui rampe fur cette plante, èn mange les
feuilles, le 17 de Juin 1700, s’étänt enfermée dans
un Cocon, elle s’y transforma en une nymphe couleur
de rofe féche , telle qu’on la voit près du fruit, & l28
il en fortit une Phalene rougeûtre,
Sur la feuille d'en bas il ÿ a une petite bête blanche
tachetée de noir, qui vit fur cette plante, & quile t,
Mars fe changea en un petit animal ailé, qui évitoit en
fautant le moindre attouchement. :
f
Î
Toutnefert dans fes Inft. Rei Herb. nomme ceîté plante Keë-
mia Brafilienfis ; folio ficus ; fruëlu pyramidaro , fulcato. Mo
Oncle J. Commelin qui l’a definée dans la Part. I. Hort. Amftel,
la nomme A/cea Americana anhua; flore albo ; maximo ; ffuëlu py»=
ramidali ; fulcato ; Enfin Marcgrave dans fon Hift. Rer. Nat,
Brafil. lui donne le nom de Quirgombo Lufitanis Congenfibus &
Angolenfibus Quislobo. ”
RD VE
p + + % à , àe . : n CHI 2 %
Cstte Plante fe cultive dans les jardins des curieux; elle paffe en Médecine pour émolliente,
DR ire
GS
8 HISTOIRE
GÉNÉRALE
gXPLICATION DE LA PLANCHE XXXVIIR
ponte nafcentem, oo pedum altitudine : exiguos obf
“eurè rubentes producit Hores, capfulæ feminales tripar-
“itæ funt, earum quah
#quod initio vinide , pofte:
entium foliorum oram cingunt fibrillæ quædam,, pariter
“iridefcentes, & fingulæ capitulo aliquo munitæ,,' qui
bet unicum femen continente ,
a fufcum evadit. Extremam vi-
purgationibus ac enematis præparandis infervit : decoc-
“corum etiam capitulorum aquam 1llis exhibere folent , qui
morbo ibidem populari, nomine Beljak, infeftantur.
“ÆFolia hujus plantæ, fimiliter ut Anonæ N°. 14 def-
“criptæ , efca fuerunt ingentis ilius ac viridis Erucx ,
quæ famelica licet atque vorax , copia tamen excremen-
&orum minimas non excedebat Eruculas , validis corporis
motibus quafi réverberans , ubi tangeretur. Die 23 men-
fs Junii immota hærens exuvias, quas folio impofitas
cernis., & viridem cum üs colorem depofuit, rubicundo
tunc quodammodo tinéta. Altera die poft in hepatici co-
loris mutabatur aureliam , probofcide exteriüs inftructam ,
uti delineata infra cauli adjacet; quæ inquieta admodum
per quadrantem ferè horæ continuis fe jaétitabat contor-
fionibus. Die 20 Augufti Anno 1700, magna inde pha-
1æna erupit , corpore fex aurantiis orbiculis ornata , qua-
tuor vero alis & fex pedibus nigra elegantiflimeque va-
riegata. Probofcis illius ex duobus conftat canaliculis ,
quos ita jungere fibique invicem applicare fcit hoc pha-
lænarum genus, ut unica veluti formetur fiftula, & illæ
mel ex floribus per eandem attrahere poflint; quo-exfuéto
probofcidem in orbem arétè convolutam fub capite inter
oculos recondunt , fic prorfus, ut vix ibi rurfus inveniri
quear. Fortes funt, & difficulter fatis necantur , ovula
ponunt albicantia copiofiflima.
Minorem Eruculam fuperius icone expreflam eadem
plantæ fronde alui, ufque dum in aureliam die 6 Maji,
ceu fupra in caule jacet, atque hinc die 20 ejufdem
menfis in aurei coloris papiliunculum , nigricante limbo
cintum , transformaretur,
Planta hac eff Ricinus Americanus perennis , floribus pur-
purafcentibus , Staphifagriæ foliis , Parc. I. Horr. Amflelod.
defcriptus ; merito autem à Tournefortio in Inffir. Rei Herb. ad
aliud refertur genus atque Ricinoides , Staphifagriæ folio, nuncu-
patur. À Gafp. Bauhino dicitur Ricinus Americanus , folio Sta-
phifagrie , & à Pena , folio ficus.
R E M A
5 Les habitans du Brefil tirent de cette plante une huile, dont
ils fe fervent pour les lampes ; elle eft encore très-bonne en
Médecine comte plufeurs maladiess entr'autres contre celles
!
J A trouvé dans les capagnès de Surinam cite
plante qui y croît d'elle-même à la hauteur de huit pieds,
Elle porte des fleurs d’une couleur de rouge obfcur ; les
Capfules qui renferment la fémence font divifees en trots,
G chaque compartiment ne contient qu’une Jemence qui
eff verte au commencement., & qui enfutte devrent brune.
Ses feuilles qui font vertes, font bordées d’une efpèce
de franges auf vertes, & dont chacune eff terminée par
un petit nœud; on en compofe des purgations & des
clyfteres, & en les faifant cuire, on en donne l’eau à
boire à ceux qui font attaqués du Beljak, maladie par-
ticulière de ce Pays-la,
La groffe Chenille verte que l’on voit ict, Je ROurrIE
des feuilles de cette plante & de celles du Zurfak, def:
finé dans la Planche XIV. Elle étoit vigoureufe 6 man
geoit beaucoup ; nejettant cependant pas plus d’excre-
ment qu’une petite Chenille ; & lorfqu’on la touchoit,
elle repouffoit avec force. Cette Chenille étant refiée en
repos, le 23 Juin elle quitta [a peau ; que l’on voit
gravée fur la feconde feuille ; & ayant quitté en méme
temps [a couleur verte, elle devint rouge, le lendemain elle
Je trouva transformée en une nymphe couleur de rofes
Jêches , elle avoit une trompe très-apparente, ainfi que
je lai deffinée fur une branche. Cette nymphe ne reftoit
pas en repos , & elle fe donnoit des mouvemens qui quel-
quefois duroient pendant un quart d'heure. Enfin 1l enr
Jortit le 20 Août 1700 une grande Phalene, dont le
corps étoit orné de Jix taches rondes couleur d’orange ,
elle avoit quatre ailes & fix pieds, elle étoit noire & par-
faitement tachetée ; la trompe confiftoiten deux tuyaux,
que ces Phalenes favent fi bien joindre enfemble qu’elles
n’en forment qu'un, dont elles fe fervent pour fucer le
miel des fleurs, & après s’en étre fervi, elles roulent
cette trompe & la cachent fi bien fous leur téteentre leurs
yeux , qu’on ne la découvre qu’avec peine ; elles font
vigoureufes , & on a de la peine à les tuer, elles pondent
une grande quantité d'œufs blancs }
J’at nourri avec des feuilles de cette plante la petite
Chenille qui eff repréfentée en haut ; le 6 de Mai elle Je
transforma en nymphe, ainfi qu’elle eff fur la tige, &
le 20 du même mois il en fortit un petit Papillon cou-
leur d’or bordé de noir.
Cette plante eft décrite dans la Part. I. Hort. Amftel. fous le
nom de Ricinus Americanus perennis ; floribus purpurafcentibus ,
Staphifagrie foliis ; mais Tournefort la rapporte avec raifon à
un autre genre & la nomme Ricinoides , Staphifagria folio. Gaf-
pard Bauhin l’appelle Ricinus Americanus , folio Staphifagrie , &
Pena y ajoute , folio ficus. +
N' QUE
qui proviennent des humeurs froides , & contre les hydropifies ;
elle convient aufli pour toutes les maladies de la peau & des arti-
culations,
LEA
DES PLANTES DT INSECTES DEÉESURINAM
39
EXPLICATION DE LA PLANCHE XXXIX.
TI ie ie
Mr in horto meo Surinami progerminavit planta,
nemine vel vires ibi vel nomen ejus me docente, Alritu-
dine plenæ crefcit ulnæ , flofculos producit flavefcentes.
Erucas in hac planta reperi prægrandes , ejufdem folia
depafcentes, colore virides & ex albo, nigro & rubi-
cundo maculatas. Sub finem menfis Maji telæ , qualém
cauli appofui , fe ipfas involverunt & in puniceas coloris
hepatici aurelias mutatæ {unt : unde menfis Junä die 20
unica hæc exigua emerfit phalæna , cinerea & nigris albi-
cantibufque maculis infignita , reliquis omnibus mihi
ereptis.
R E M A
La forme & la fituation des feuilles de cette plante , la figure
de fes fleurs, & le nombre de fes étamines font penfer à M. Adan-
fon, que nous avons confulté, qu'elle pourroit très-bien être une
Cz TTE plante eff crue dans mon Jardin à Suri-
nam , fans que perfonne m'en ait pu dire ni le nom ni
les propriétés , elle étoit d’une aulne de haut, & portoit
de petites fleurs jaunes.
‘J'ai trouvé fur cette plante de groffes Cherilles qui
en mangeoient les feuilles, elles étoient vertes tachetées
de blanc, noir & rouge. Vers la fin de Mai elles fe
renfermerent dans un Cocon tel que je l'ai repréfenté [ur
une branche, & s’y font changées en nymphes couleur
de rofes fêches , d’où il fortit le 20 de Juin une petite
Phalene couleur de cendre tachetée de noir j toutes les
autres nymphes moururent,
RQUE.
efpèce de Ladwigia, quoique Mile de Metian ait négligé d'en
defliner le fruit , qui auroit dû être pofé au-deffous de fa fleur,
Ki
nr HIiSTOIR E
‘Æ XPLICATION DE LA PLANCHE XL,
Du pcEx eft fpecies arboris:, cüjus hic‘delineatufn
“exhibeo ramum, altera fœcunda , fterilis altera.; hæc
smas dicitur, & flores tantum vifu fuaviflimos profert ;
‘plena femper denfis forum racemis ; illa , quam hic cer-
«pis, fœmina vocata, €xX caudicè aibos protrudit flofcu-
os , unde fructus enafcuntur. Admodum differunt fruc-
us ili cum figura, tum magnitudine ; quidam ovati feu
ex oblongo rotundi funt, alii contra magis globofi, &
xurfus nonnulli majores, alïi vero minores. Laéteus eflluit
“jiquor, fi incidantur fru&tus, femine nigro intüs fcaten-
tes : grati quoque faporis funt, ipfoque in ote fumti,
fiquefcunt. Maturi flavefcurit , coéti autem, quando ma-
euritatis medium circiter attigerunt, optimarum inftar ra-
parum fapiunt; quin & folum in aqua decoqui , poftea
confcindi & fic manducari folent. Truncus veluti caulis
“brafficæ mollis eft,, internè cavus, quamobrem ad cana-
les inde parandos, pre excipienda in tectis aqua pluviali ,
:adhibetur. Brevi quidem tempore in altum excrefcit ar-
bor , caudice recto, & fpeétatu jucunda , fed brevi etiam
rurfus perit. Folia fuperius ex apice trunci emergunt;
quem eleganti fpeétaculo uti corona difperfa cingunt :
ifthuc loci Arbor Papaja nuneupatur.
Erucas Albicarites obfervavi non paucäs in apice pro-
ceræ iftius arboris, quam , ut eafdem colligerem, peni-
ts feci detruncari, quia tum ob altitudinem nimiam ,
tum propter cavitatem fuam confcendi nequit. Virenti
fronde ejufdem arboris alui Erucas , ad decimum ufque
diem menfis Junii Anno 1700 , cum tela circumtextæ
in aurelias hepatici coloris mutatæ funt, cujufmodi in
çaule fruétus confpicitur ; atque hinc die 3 Julii exiguæ
prodierunt phalænz , qualis ipfi fruétui inhærens cernitur.
Alias præterea flavefcentes Erucas , ftriifque hepatici
coloris obductas , in fummitate hujus arboris & reperi,
& colle“as ifdem foliis nutrivi, donec Aprilis die 6
fixæ in aurelias, & poftea die 20 ejufdem menfis, in al-
bicantes ejufmodi Papiliones , ceu volitans in aëre deli-
neata eft, transformarentur.
Bine ifla arbores, mas & fœmina ; pulchrè depicle & defcrip-
te funt Part. I. Hort. Malabar. Illlarum denominationes dan-
ur plures , quas omnes in mea Flora Malabarica [ub titulo Pe-
ee arborefcens & Papaja Orientalis Co/umnæ , atque Pevo ar-
orefcens mas, feu fterilis Parad. Bat. Prodrom. congregatas in-
venies,
R E M A
On cultive beaucoup de Papaja dans les ferres chaudes de
Bruxelles, ainfi que je l'ai remarqué à mon paffage dans cette ville.
Lémery, en parlant du fruit de cet arbre, dit que quoiqu'il foitbon
GÉNÉRALE
1: y à deu efpèces différentes de Parb*e dont j Et
ici deffiné une branche, lune porte des fruits 6 l’autre
eft fierile ; cette derniere efpèce ne porte que des fleurs ,
fort agréables à la vue, on-la nomme le mâle, & il ejt
toujours plein de bouquets de fleurs. L’efpèce que j'ai
repréfentée ici eff la femelle, dont la tige porte des pet:
tes fleurs blanches qui produifent des fruits qui ne font
pas tous de la même figure, car les uns Jont ovales , les
autres ronds ; les uns gros, les autres petits. Lorfqu’on
coupe ce fruit il en fort une liqueur ladkée , & on letrouve
rempli de grains noirs. Ce fruit ef d’un goûtifort agréa-
ble & fond dans la bouche. Lorfqu’il eff inür, il ef
jaune, & fi on le fait cuire lorfqu’il n’ejt qu’à moitié
mûr, il a le goût des meilleurs Navets. On le cuit dans
Peau fimplement , on le coupe & on le mange ainfi; fa
tige eff comme celle des Choux , creufe en dedans, & on
s’en Jert pour faire aux maifons des efpèces de goûtieres
pour recevoir l’eau de pluye; cet arbre devient fort haut
en peu de tems, fa tige cf? fort droite & il efl agréable à
la vue, mais il ne dure pas lon:-temps. Les feuilles
ortent de l’extrémité de la branche, autour de laquelle
elles forment unc couronne très-agréable. On le nomme
Papaja.
J'ai vu plufieurs Chenilles blanches fur le fommet de
cet arbre, que j’ai fait couper pour les prendre, parce
qu’on ne peut monter jufqu’au haut à caufe qu’il eftrop
élevé & trop foible. J'ai nourri ces Chenilles de fes feuil.
les vertes jufqu'au 10 de Juin 1700 , qu’elles s'enfer-
merent dans un Cocon où elles fe changerent en nym-
phes couleur de rofes fëches , ainfi qu’on en voit une fur
‘la branche ; le 3 de Juiller il en fortit la petite Phalene
que lon voit fur Le fruit.
J'ai encore trouvé au-haut de cet arbre d’autres Che
nilles jaunes rayées de couleur de rofes féches ; je les ai
nourri des mêmes feuilles jufqu’au 6 d Avril, qu’elles
Je tinrent en repos G Je changerent en nymphes, d’où
fortit le 20 du méme mois le Papillon blanc que j'ai ici
dépeint volant.
Les deux efpèces de cet arbre, mâle & femelle, font bien deffi-
nées & bien décrites dans la Part. I. Hort. Malab., on leur
donne plufieurs noms que j'ai tous rapportés dans mon Flora Ma-
labarica fous le titre de Pepo arborefcens & Papaja Orientalis Co-
lumne, 8 aufli de Pepo arborefcens mas ; feu fterilis Parad. Bat,
Prodrom.
R QUE.
[4
mangé crud , ileft encore infiniment meilleur quand il à été cuic
avec de la viande , on le confit en marmelade avec du fucre & de
21 » > æ
l'écorce d'orange, c’eft alors un excellent ftomachique.
|
|
DES PLAN TEÉS.ET INS
E XPIMeATION DE
KR Ap:x hæc, Battattes dia, rubedine paulo dilu-
iorc tincta eft, quan radix Betæ rubræ radicerapæ C. B. in
Europä : eodem autem modo atque hæc præparatur vel
carni junéa etiam decoquitur , fapore valdé ad caftaneas
accedens teneriore tamen, illifque adhuc fuaviore. Cito
aded crefcit & augetur, ut integrum agrum brevi tem-
poris fpatio unica repleat radix. Inftar Convolvuli fcan-
dit planta , quà de re & hîc delineatam Arundini cuidam
circumduxi , quæ pariter in iftis regionibus circa ripas
nafcitur, floribus cum rubore flavefcentibus ornata. Cæ-
rulei funt flores hujus Battattes ; cujus fi terram tetigerit
ramus , rursüs ibi radices agit hac ratione per radices ,
ramos & femina planta multüm propagata.
Eruca hujus arundinis irrepit folio, quæ utrâque vef-
cebatur herbâ. Planè quadrata erat, è flavo viridis, ca-
pitulis inftruta globofis & rubentibus ; pedes ipfius &
exiles ungulæ tenui & pellucidà continebantur pelliculà ,
quæ totius etiam ventris erat tegumentum , fic ut in
reptatu nulli pedes apparerent , verüm ubique, inftar li-
macis , ope hujus cuticulæ agglutinaretur Eruca. Die 22
Julii cextum colore ochræ fibi ipfi ftruxit , undè die Au-
gufti 23 cjufmodi alatum prorupit animalculum , puni-
ceum atque ex aureo flavo eleganter ftriatum, quale ad
fummitatem iconis volitans delineavi.
Folia Battattes efcam præbuerunt minori viridefcenti
Erucule , cujus generis hic binas, & in caule , & in fo-
lio, repentes expreffi, plures vero etiam in Cucumerum
fronde obfervavi, tum antrorsum, tum retrorsum rep-
rando celerrimas. Ad extremum rofeum indutæ colorem,
in tenui albicante texto fibi ipfis ftructo die 24 Augufti
aurcliæ funt fadtæ , hinc diebus 29, 30, 31 Augufti du-
plex Papiliunculorum fpecies emerfit, candidans & flava,
margine cinéta puniceo , velut icon exhibet alteram
quiefcentem , alceram volantem.
Arundo hac tabulà depitta eft Cannacorus ore Coccineo fplen-
dente Tournefortii Inflit. Rei Herb. Canna Indica flore fulgenti
Cocca fplendente Herm. Catal. Convolvulus autem eidem circum-
volutus arundini Kappakelenga ir Horto Malabar. dicirur, 6
Batatas fêve Camotes Hifpanorum apud Clujium audit , nomine ,
quo illum defcribit. Plurimas denominationes , quibus à variis pro-
ponitur Auëloribus ifle Convolvulus , reperies colleütas in Florä Ma-
labarica me4 fub titulo , Convolvulus Indicus, radice tuberosà
eduli, cortice rubro , Batatas ditus, Parad. Bat. Prod. Hu-
cufque tamen quod fciam , prater auélorem hujus operis ; nemo flores
hujus plante delineavit ; tametfi in Hifloriâ fu4 naturali fcripferit
Pifo, Planta Batata ditle fpecies producere florem inffar Convol-
vuli. Cufius refcire nunquam potuit , qualem hac planta vel flo-
rem, vel fruëtum proferret ; quin Marcgravius utrumque in illä
nafci , negat : ut aded ex hac figurà claré pateat ; meritd à variis
Auétoribus eam inter Convolvulos referri. Hernandès in Hiflo-
rià fua Mexicanâ in cognata quadam fpecie , que Cacamotic
Tlanoquiloni feu Batata Purgativa ab ipfo vocatur , flores fimiles
Convolvuli foribus reprafentat ; quos cidem planta etiam Lio &
Marcgravius tribuunt.
R E M A
La Battate, quoiqu'originaire des pays chauds , fe cultive ac-
tuellement en Suéde ; on peut faire avec fa racine du pain, de
lamidon, de la poudre ; on en peut auf tirer de l’eau-de-vie.
ECTES DE SURINAN 4i
LA PLANCHE XLI.
Cr TrEe Racine, que l’on nomme Battattes, ef? d’un
rouge un peu plus clair que les Betraves d’ Europe ; on
prépare celle-là comme celle-ci, & on la cuit auffi avec
la viande. Son goût reffemble à celui des Chataignes ;
mais il eff plus délicat. Cette Racine croit & mulriplie
extraordinairement , enforte qu’en peu de temps une feule
remplit tout un champ ; [a plante monte comme la vigne
fauvage , c’eff pourquoi je l'ai repréfentée ici autour
d’un roféau , qui croit auf dans ce pays-là fur le
bord de l’eau, & qui porte une fleur qui ejt d’un rouge
tirant fur le jaune. Les fleurs des Batrattes font bleues ,
& lorjque la branche fe recourbe fur terre , auffitor elle
prend racine ; c’eft ainji que cette plante multiplie fi pro-
digieufement, par fes racines , fes branches & Jes fe-
IT1ETNCES,
La Chenille qui eff fur une feuille du Rofeau fe nour-
riffoit de cette feuille & de celles de la Battatte ; elle
étoit quarrée, & d’un verd jaunätre. Elle eff couverte
de petits boutons ronds & rouges ; fes pattes font cou-
vertes d’une peau fort claire qui lui couvroit auffi tout le
ventre , enforte que lorfqu’elle rampoit , on n’appercevoit
pas Jès preds, & qu'à l’aide de cette peau elle s’atta-
choit partout comme une limace. Le 22 de Juillet elle
la un Cocon couleur d’ocre, d’où le 23 d’ Août il [or-
tit un Infeële ailé, tel qu’il eft deffiné au haut de la
planche , brun, rayé d’un jaune couleur d’or.
D'autres petites Chenilles vertes fe nourriffent auffi
des feuilles dès Battattes, j’en ai repréfenté deux ‘ram-
pantes fur une branche & une feuille. J’en ai trouvé
auffi beaucoup de femblables fur les feuilles des Concom-
bres , qui rampent très-vite , foit en devant foit en ar-
rière. Elles devinrent à la fin couleur de rofes, & elies
fe transformerent enfin le 24 d’ Août dans un Cocon
fort mince, quelles s’étoient filé elles-mêmes ; les 29,
30 & 31 du méme mois il en fortit deux fortes de Pa-
illons , blancs & jaunes , dont les aîles étoient bordées
de brun , ainfi que j’ai repréfénté lun volant & Pautre
en repos.
Le Rofeau defliné dans cette planche , eft le Cannacorus flore
Coccineo fplendente de Tournefort dans fon /nff. Rei Herb. le Canna
Indica flore fulgenti Coceo fplendente du Catalogue de Herm. Quant
au Convolvalus repréfenté autour du Rofeau, c'eft le Kappakelenga
de l’Aorcus Malab. & que Clufius décrit fous le nom de Batatas &
de Camotes Hifpanorum. On trouve dans mon Flor4 Malab. tous les
noms que les Auteurs donnent à ce Liferon fous le titre de Con-
volvulus Indicus radice tuberosä eduli, cortice rabro;Batatas diülus Pa-
rad, Bat. Prod. Je ne crois pas cependant que jufqu’à préfent per-
fonne ait defliné les fleurs de cette plante, excepté notre Auteur.
Il eft vrai que Pifon a écrit dans fon Hiftoire Naturelle qu’une ef-
pèce de plante nommée Batata , portoit une fleur comme celle du
Liferon. Clufe n’a pu découvrir quelle fleur ou quel fruit
cette plante portoit, à Marcgrave dit qu'elle ne porte ni l'un ni
l’autre; quoi qu'il en foic il paroït par cette figure que c’eft avec
raifon que plufieurs Auteurs l'ont mis au rang des Liferons. Her-
nandès , dans fon Hiftoire du Mexique, repréfente des fleurs fem-
blables à cellés du Liferon fur une plante femblable, qu’il nomme
Cacamotic Tlanoquiloni feu Batata Purgativa ; Pifon & Marcgrave
donnent ces fleurs à cette mème planie.
R Q U E.
Certe mème racine cuire dans l’eau , ou fous la cendre, à un
goût approchant de celui du Marron , c'eft ce quon nomme
l'Apichu des Péruviens,
L
ER Ge —
Es
Ne)
e HISTOIRE
EXPLICATION DE
FRE
V4
Fo s hic diŒus mofchatus, Belgicè Mufcus-Bloem
än plant octo circiter pedes altà crefcit fubflavus , nul-
us odoris; ubi decidit, grandis producitur capfula fe-
sminalis., plena intüs feminibus fufcis, quæ fortem Mofchi
odorem fpirant. Virgines ifta filis fericeis excepta bra-
-chüs circumdant, more fuo fe ipfas ornaturæ : folüis ad
faginandos Gallinarum Indiarum pullos utuntur.
Viride quoddem & ex atro ftriatum Erucarum genus,
“eu in capitulo floris fuperis hæret, ün hac plantà ob-
fervavi, quod virenti ejufdem fronde pafcebatur. Die 20
Marti in aurelias punicei coloris, qualem proximè ad
Erucam pofui, tranfmutatæ , hinc die 2 Aprilis in pha-
Yænas albicantes tranfierunt , cujufmodi unam ad fummi-
tatem iconis volantem delineavi.
Menfe Julio infequente aliud adhuc Erucarum genus in
idem plantà reperi, quod etiam in Guajavä Tab. XIX
exhibità prævideram, nigricans &c ë flavo ftriatum, ca-
pite & caudà rubens. Die ro Julii tenui fe inclufit texto,
atque in exiguam tranfit aureliam ; undè 26 ejufdem
menfis die Papiliunculus , flriis ad cæruleum accedenti-
bus elegans , produdus eft, velut infra in figurä exprefli.
Planta htc exhibira à variis Auëtoribus non folum defcribitur ;
wyerèm etiam delineatur & nominibus donatur variis , ceu eadem
colleëla leguntur in Flor& Malabaricä inter fpecies Alceæ. Pre
omnibus illis verd aptiffima mihi videtur plante denomiratis à CI.
Tournefortio propofita ; quando ab eodem vocatur Ketmia Ægyptia-
ca , femine Mofchato.
R E M A
En Egypte & en Arabie le Peuple broye la graine de cette
Plante , & la mèle avec la poudre de leur Caffé pour le rendre
GÉNÉRALE
LA PLANCHE XLII.
C> re fleur que les Hollandois nomment Mufquée ,
Mufcus-Bloem croit fur une plante qui eff haute d’en-
viron huit pieds , elle eff d’un jaune clair , &@ n’a point
du tout d’odeur. Lorfqu’elle eff palfée, il lui fuccéde
une grande coffe remplie de graines brunes qui ont une
forte odeur de mufc. Les filles enfilent ces grains comme
un collier & s’en font des bracelets. On fe fért des feuil-
les pour engraiffer les Poulets d’Indes.
J'ai trouvé fur cette plante une efpèce de Chenilles
vertes rayées de noir, telles que j’en ai deffiné une fur
le bouton de la fleur. Elles fe nourriffoient des feuilles
vertes de cette plante. Le 20 de Mars elles fe change-
rent en nymphes brunes, telles qu’on en voit une près
de la Chenille ; & le 2 d’ Avril ces nymphes produifi-
rent des Phalenes , ou Papillons no&turnes blancs , il ef
deffiné au haut de la planche.
Au mois de Juillet fuivant je trouvai fur la méme
plante une efpèce de Chenilles , que j’avois déja vues fur
la Guajave, Planche XIX. Elles étoient noires rayées
de jaune, & elles avoient la tête & la queue rouges. Le
10 de Juillet elles fe renfermerent dans un Cocon fort
mince, où elles fe changerent en une petite rymphe ;
d’où il fortit le 26 du méme mois un Papillon orné de
rayes qui tiroient [ur le bleu , comme on le voit au bas
de la planche.
Plufeurs Auteurs ont décrit & deffiné cette plante à laquelle ils
donnent plufieurs noms , que j’ai rapportés dans mon Floré Ma-
labar. Parmi les différentes efpèces d’A/cea je n’en trouve point
qui foit mieux. dénommée que celle-ci par la phrafe fuivante ,
Ketmia Ægyptiaca ; femine Mofchato, Tourn.
R Q UE.
cephalique & ftomachique ; les Parfumeurs François en font ufags
à çaufe de fon odeur agréable.
DES PLANTES ET INSECTES DESURINAM. 43
EXPLICATION DE LA PLANCHE XLIIIL.
H Ic ramus eft arboris fylveftris excelfiflima , foliis
duris & rigidioribus , in cujus pediculis ligneis afperæ
quædam enafcuntur excrefcentiæ , rotundis veluti corni-
culis inftructæ , quibus in Medicinä ad pulmonum mor-
bos utuntur. Dicitur hæc arbor Belgio Malmelade doos-
jes-Boom , à fruétu in eâdem crefcente , qui extùs horri-
dus & pilofus, primtm viridefcit , dein ligneà flavedine
tin@us indurefcit. Iftius per medium diffe&ti intranea co-
meduntur , cum Mefpilis Europeis fapore, colore & fe-
minibus plurimüm convenientia ; cortex refert pyxidem,
quamobrem & Marmeladedoos Belgicè, hoc eft pyxis
Marmelatæ , nuncupatur.
Erucam in hac arbore reperi , corpore hirfutis aculeis
armatam , quorum extremitatibus appendicula quædam
formà ftella adhærebat : tota nigra erat, duriora verd
hæc folia ipfi pabulum largiebanthr. Die 3 Aprilis in au-
reliam transfigurata eft, poftquam ligno arboris fe agglu-
cinaffet : hinc die 18 ejufdem menfis venufta erupit Pa-
pilio , quam Gallico nomine in Belgio Page de la Reine
appellare fueverunt.
Multum congruit hec arbor cum iffä ; que dicitur in Horro Ma-
labar. Panitsjika-Maram , & à Pifone Janipaba, cujus plura cogno»
mina alia recenfentur in Florä Malabaric& ; ubi vocata eff Pomife-
ra Indica Tin@toria , Janipaba diéta , Raji Hiflor. Plant. Diffe-
rentia folum quedam in calice floris fubeffe videtur qui in Horto
Malabar. fruëlui prabet fulcimentum.
R E M À
Les Sauvages fe colorent la peau, lorfqu’ils vont à la guerre,
avec Le jus du fruit du Janipaba , pour fe rendre plus redoutables;
les femmes peignent aufli avec ce fuc leurs niaris en noir , lorf-
Cz sr ici une brancïe d'un arbre fort haut dont
les feuilles font dures & roides ; il vient fur fes bran-
ches de petites excrefcences dures , couvertes de petites
cornes rondes, dont on fe fert dans les maladies qui at-
taquent les poulmons. Les Hollandois appellent cet
arbre Marmelade doosjes-Boom , c’e/-à-dire l’arbre aux
boëtes à Marmelade ; rom qui vient de fon fruit , qui en
dehors eff rude & couvert de poils, & qui après avoir
été verd devient dur & d’un jaune qui tire fur la cou-
leur de bois. Après l'avoir coupé en deux on en mange
le dedans , qui reffemble fort aux Nefles d'Europe pour
Le goût , la couleur & les pepins ; fon écorce refemble à
une boëte, c’eft pourquoi les Hollandois lut ont donné ce
nom.
J'ai trouvé fur cet arbre une Chenille dont le corps
étoit tout couvert de pointes, au bout defquelles pen-
doit comme une étoile , elle étoit toute noire, & fe nour-
riffoit de ces feuilles dures. Le 3 d'Avril elle fe tranf-
forma en nymphe, après s’être attachée a une branche
de Parbre ; le 18 du méme mois il en fortit le beau
Papillon que l’on appelle en Hollande le Page de la
Reine.
Cet arbre reffemble fort à celui qui eft nommé dans l’Hortus
Malab. ; Panitsjika-Maram , que Pifon nomme Janipaba, & dont
j'ai rapporté d’autres noms dans mon Florä Malab. où il porte celui
de Pomifera Indica Tinétoria , Janipaba ditta, felon Rai dans fon
Hift. des Plantes ; on n’y trouve d’autre différence que dans Le ca-
lice de la fleur, qui dans l’Horc. Malab. fert de fupport au fruit.
R Q U E.
qu'ils font las de la couleur rouge: on pourroit fe fervir de ce
jus en guife d'encre pour écrire.
L ÿ
44 ÉTSTOTEZ
EXPLICATION DE
R Occu procera arbor eft, florem dilutè rubentem ,
änftar mali in Europà , producens ; quo deciduo , fequi-
‘tur Capfula feminalis , ex oblongo rotunda, & caftaneæ
in modum echinata, ipfa pulchrè rubentia continentur
femina, quæ in aquà ad macerandum reponunt Indi,
atque fic rubicunda fecedit tinŒtura & ad fundum præci-
pitätur: tum fenfim decantatà aquà, colorem & fundo
colleétum ficcant, quocum varias fibi ipfis in nudà cute
pingunt figuras, ita fe multim ornari exiftimantes.
Virenti pafcitur fronde cauli inferits irrepens Eruca ,
punicea, flavefcentibus ftriis infignita, & pilis rubenti-
bus onufta. Die 4 Aprilis in duriufculam & hirfutam
aureliam , hinc die 6 Maji in phalænam obfcurè viren-
tem tranfut.
Præterea in hac arbore reperi fufcam ejufmodi Eru-
cam, ceu fuperius folio impofui, quæ eâdem vefceba-
tur fronde. Die 26 Marti telæ inclufa in aureliam abiit,
qualis interjacet folüs, & die Aprilis 10 in cineream
mutata eft phalænam, veluti ad figuræ fummum in plant
hærentem exprefi.
Hac.arbor eff Urucu à Pifone defcripea © in Part. I Horti
TAmflelodam. Orleane , vel Orellana, folliculis Lappaceis , Her-
manni , nuncupatur ubi adhuc alie denominationes in illius defcriptio-
ne recenfentur. Cl. Tournefortius hanc arborem cum duabus Cor-
tufæ Americanæ fpeciebus junxic novumque inde genus conflituit ,
quod ab illo dicitur Mitella ; quoniam fruëtus iflius paricer | ac in
binis Cortufæ Americanæ fpeciebus , dehifcunt , quando funt ma-
curi mitellam feu mitram Epifcopalem forma fimilitudine referen-
ces. Hac itaque in Inflitur. Rei Herb. ab eodem vocatur Mitella
Americana , maxima , tinétoria,
R 'E M A
GENERALE
LAPLANCHE ALI F.
Lr Roccu e/f un grand arbre, qui porte des fleurs
d’un rouge clair comme celles des Pommiers en Europe.
Lorfqu’elles tombent , elles font place à une coffe longue
& ronde couverte de pointes comme l’écorce qui renferme
la Chataigne ; elle contient des grains d’un beau rouge
que les Indiens font tremper dans de l’eau ; la teinture
rouge s’en détache & Je précipite au fond ; on verfe l’eau
infenfiblement & Pon fait fecher la couleur qu’on re-
cueille au fond ; les Indiens s’en fervent pour fe pein-
dre toute forte de figures fur la. peau , ce qu’ils regar-
dent comme un ornement.
La Chenille qui rampe en bas fur la branche, fe
nourrit des feuilles de cet arbre ; elle eff brune | rayée
de jaune & couverte de poils rouges. Le 4 d'Avril elle
fe changea en une nymphe dure & velue, d’où fort le
6 de Mai une Phalene verte tirant fur le brun.
J'ai auffi trouvé fur cet arbre une Chenille brune telle
que celle que j’ai deffinée en haut fur une feuille, dont
elle Je nourriffoit : le 26 de Mars elle s’enferma dans
un Cocon, ou elle fe transforma en une nymphe , com-
me je l’ai repréfentée entre les feuilles, & le 10 d’ Avril
il en fortit une Phalene que j'ai deffinée au haut de
cette plante.
Cet arbre eft l’Urucu que Pifon à décrit, & qui eft appellé ;
dans la 1 Part, de l’Hort. Amftel. | Orleane , vel Orellana , folli-
culis Lappaceis Hermanni ; où on lui donne encore d’autres noms.
Tournefort confond cet arbre avec les deux efpèces de Cortufa
Americana , & il en fait une nouvelle efpèce qu’il nomme Mirella,
parce que fon fruit, comme celui des deux efpèces de Cortu-
fa Americana, s'ouvre lorfqu'il eft mür , & reffemble alors
à la mitre d’un Evèque. C'eft pourquoi cet Auteur l'appelle
dans fes Inftit. Rei Herb. , Micella Americana , maxima ,
tincloria,
R Q UE.
»
ë , : : $ ; : À
On tire du fruit de cet arbre une teinture qui eft très-ufitée ; voyez ce que nous en avons dit à la fin du quatrieme Volume des
Secrets de la Nature & de l'Art, qui fe trouve chez Durand , Libraire , à Paris,
D
DES PLANTES ET INSECTES DE SURINAM.
45
EXPLICATION DE LA PLANCHE XL.
H: c Flos Pavonis, planta novem pedum altitudine
crefcens , flores producit flavos & rubicundos. Semen
mulieribus exhibetur parturientibus |, ad promovendos
partus Jabores : hinc fit, ut Indæ apud Belgas in fervi-
tute fuà durius traétatæ, ejus ope fibi abortum accer-
fant , liberos tam gravi jugo fibi fimiles & pariter man-
cipia nafci præpediturz. Servæ etiam Nigritæ , Surina-
mum è Guineà vel Angolà delatæ , ni benignè admo-
dum excipiantur , neque procreant , neque expedunt in-
fantes : quin mortem interdum fibi ipfis confcifcunt , ob
acerbitatem jugi, quo communiter premuntur ; in patrià
enim fe ab amicis cum libertate regeneratum iri, arbi-
trantur ; veluti hoc ipfæ mihi enarrarunt.
Erucæ in hac planta vivunt, cæfio colore tinttæ , quæ
virenti ejus fronde nutriuntur. Anno 1700 die 22 Ja-
nuarii quietæ jacentes , mutatà formà aureliæ fatæ funt
coloris punicei ; unde Februarii die 16 cineritiæ phalænæ
prodierunt , probofcide fuà mel ë floribus fugentes, qua-
lem fuperits volantem delineavi.
Hac arbor in Part. VI Horti Malabar. depiüla cernitur ; &
nomine Tsjetti-Mandaru defcripra ef. Diverfis quoque aliis deno-
minationibus apud alios eadem proponitur , que omnes in Florä Ma-
labaricé meä recenfentur congregate fub ticulo , Chrifta Pavonis,
coronillæ folio ; prima &c. Cum autem hanc plantam generum huc-
ufque cognitorum nuili poffe accenferi, CI. Tournefortius obf[ervafer,
ex'e novum condidit , & Poincianam flore pulcherrimo i//am
nuncupavit.
R E-M À
Les fleurs de la Poincillade font d’une fi grande beauté, qu'on
leur a donné le nom de Fleurs de Paon, elles fe trouvent
cangées jufqu’au nombre de cinquante en épis au fommet des
C> TTE plante, qu'on nomme Fleur ou Crête de
Paon, croît jufqu’a la hauteur de neuf pieds , [es fleurs
font jaunes Ë rouges. Sa graine eft d’ufage pour les
femmes en travail d’enfans , elle les fait d’abord accou-
cher. Les Indiennes, Efclaves des Hollandois , fe trou-
vant traitées dans ce pays avec beaucoup de durèré,
s’en fervent pour fe faire avorter ; afin de ne pas don-
ner le jour à des Enfans qui ne naîtroient que pour étre
auff miférables qu’elles. Quant aux Négreffes que l'on
tranfporte a Surinam, foit des côtes de la Guinée, Joir
d’ Angola, elles ne cherchent pas à faire des Enfans ,
& effeélivement elles en ont rarement, & méme pour pew
qu’elles foient maltraitées elles fe donnent la mort,
dans l’idée ou elles font qu’elles vont rejoindre leurs pa-
rens dans leur patrie, où elles efpèrent de jouir de leur
liberté ; ainft que Je le leur ax out raconter.
Les Chenilles que lon trouve fur cette plante , font
d’une couleur de verd de mer clair, & elles fè nourrif-
Jent de fes feuilles. Le 22 Janvier 1900, elles reffe-
rent en repos , & fe transformerent en nymphes brunes,
d’où fortirent | le 16 Février | des Phalenes couleur
de-cendres qui à Paide de leur trompe fuçoient le miel
des fleurs ; j'en ai dépeint une au‘haut decetté E fflampe.
On trouve cette plante deflinée dans la IV Partie de l’Horte
Malab. & elle y eft décrite fous le nom de Tsjecri- Mandaru.
D'autres Auteurs en ont parlé fous d’autres noms, que j'ai tous
rapporté dans mon Flora Malabarica fous le titre de Chrifla Pa-
vonis ; coronille folio ; prima ; &c.. Cl. Tournefort ayant trouvé
què cette plante ne pouvoit être mife fous aucun genre connu,
il en a formé un nouveau fous le nom de Poinçiana flore pul-
cherrimo.
R' OÙ E
\ branches ; elles font d'une couleut nuancée , refplendiffantes ,
& difpofées en rond ; le bois de la Poincillade eft une efpèce de
Brefillet propre à teindre,
HISTOIRE
GÉNÉRALE
EXPLICATION DE LA PLANCHÉ cé EPST.
Guavrorzwr Tafinina Surinami fponté , neqüe mi-
ds densè, quam vepreta in Europa , paflim crefcunt ,
:adeo fortem fpirantia edorem, ut & Jonginquo fuavitate
‘uâ nares feriant.
Sub “his Jéfminorum virgultis plerumque magna copià
éelirefcunt Lacertæ., fguanz , Marcgravio fic diétæ ;
Belgis Leguanen, Serpentes : quamobrem hic pulchrum
i& rarum appofui Serpentem, fub illis ad radices plantæ
à me captum, qui morem prorfus habet fingularem ita
‘än orbem fefe contortiplicandi, ut caput inter gÿros fuos
æpenitus recondat.
Fronde Talminorum vefcebatur viridis hæc Eruca, quæ
& plantarum Tab. XIIT & XIV exhibitarum folia de-
“pafcebat. Die Februarii 12 in pulchrè ftriatam fufci ac
nigri coloris aureliam transfigurata eft, quæ tata diu fefe
Sircumvolvebat : hinc die r6 Marti phalæna cinerea pro-
ducebatur, interioribus alis flavefcens.
Hac planta. eff Pirsjegam-Mulla ir Part. VI Horti Mala-
Dar. defcripra ; cujus nomina ‘alia conjunéla reperiuntur ‘in Flo-
sa Malabaricä poft titulum » Jafminum humilius magno flore,
8. Pin.
R E M À
Z z Jafmin croît de‘tous côtés dans les campagnes de
Surinam, où on le trouve comme les buiffons en Eu
rope ; fon odeur eff fi forte, qu’on le Jent de fort loin.
On trouve fous cette plante ur grand nombre de Le-
zards , d’Iguanes que les Hollandois nomment Leègua-
nes & de Serpens ; c’eft la ratfon pour laquelle j'ai pla-
cé fur cette planche ce beau & rare Serpent, que j'ai
trouvé à la racine de cette plante. Cet animal a une
maniere particuliere de s’y entortiller, cachant [a téte
au milieu de tous fes replis.
La Chenille verte qu'on voit ici, fe nourriffoit des
feuilles de cette plante elle reffembloit à celles des plan-
ches XIII & XIV. Le 12 Février elle Je trans-
forma en une belle nymphe, rayée de brun & de noir $
lorfqu’on la touchoit , elle fe rouloit long-temps ; le 16
Mars il en fortit un Papillon noëturne, ou Phalene
couleur de cendre, dont les aîles de deffous étoient jaunes.
Cette plante elt décrite dans la IV Partie de l'Horr. Malab.
{ous le nom de Pirsjegam-Mulla ; je rapporte tous fes autres noms
dans mon Flora Malab, fous le nom de Ja/minum humilius magne
flore; B. Pin.
R Q U E,
On cukive-chez les Fleuriftes plufeurs efpèces de Jafmin ; celui dont left ici queftion ; demande la ferre chaude:
. RO ; ” ons Se
DES PLANTES ET INSECTES DE SURINAM.
47
EXPLICATION DE LA PLANCHE XLVIL
Uos ipfum pag. 34 de Uvis cœruleis attuli, ide
hic”de albicantibus poffet dici, quæ non minüs ac illæ
in terra Surinamenfi augentur & luxuriant,
Anni 1700 menfe Majo in pampinis hujus vitis præs
grandes obfervavi viridefcentes Erucas, admodum vora-
æes, qualem fuperids in palmite delineatam cernis. Hæc
die Maji 14 quieta hærens colore mutato ad fufcum ma-
gis accedebat, & tres dies poft in auteliam tranfibat ;
unde Junii die 3 venufla erupit phalæna , viridis ac rubi-
cunda, cum flriis pallidè fpadiceis , probofcide & cor-
niculis aureä flavedine tinctis, uti in volante fuperius
expreffi. Mas tamen hujus phalænæ pulchrior longè erat,
ac fœmina,
Inferior Eruca fimiliter folia vitiginea depafcebat.
Exporretta fuperiori longitudine non cedebat ; tacta vero
in arum fefe contrahebat , velut in cauliculo hærens in-
fra cérnitur, fpumam ex ore emittens, Circa medium
Maji menfis An. 1700 depofitis exuvüs , in fufcam aure-
liam , qualis adjacet cauli, transfigurata eft, & die 6 Ju-
nii in elegantem hujufmodi phalænam , è fufco macula-
tam & ex albo flriatam, pedibus niveis, & probofcide
auri in modum flavecente. Utramque metamorphofin
unica in Tabula repræfentavi, cum ambobus infeétis una
eademque effet efca
J E pourrois répéter ici touchant les Raifins blanes,
ce que j’ai dit des rouges , ceux-là croiffent & [fe multis
plient autant que ceux-ci dans les terres de Surinam.
Âu mois de Mai 1700, je trouvait Jur les branches
de cette vigne de grandes Chenilles vertes ; elles étotent
fort voraces & telles que j’en ai deffiné une fur ce fep :
le t5 Mai elle refla en repos, & devint d’une cou»
leur qui tiroit fur Le brun ; trois jours après elle [è
changea en nymphe, d’ou fortit le 3 Juin un beau
Papillon noëturne, ou Phalene verte & rouge, avec des
rayes tirant [ur la couleur de chataigne ; fes cornes &
fa trompe étoient couleur d’or, les mâles étoient plus
beaux que les femelles,
La Chenille qui eff en bas fe nourriffoit auf des
feuilles de vigne ; elle étoir auffi longue que la premiere,
lorfqu’elle s’étendoit ; mais auffitét qu’on la touchoit
elle fe ramaffoit, de la manière qu’on la voit deffinée
für une branche , & elle jettoit de l’écume. Wers le mi-
lieu du mois de Mai 1700 , ell: changea de peau & fe
transforma en une nymphe, telle qu’elle eft repréfentéé
für une branche. Le 6 Juin il en fortit une belle Pha-
lene, tachetée de brun & rayée de blanc, fes pattes
étoient blanches & [a trompe couleur d’or : j’at repré=
fenté ces deux Chenilles fur la méme planche parce
qu’elles fe nourriffoient des mêmes feuilles,
4 HISTOIRE
GÉNÉRALE
EXPLICATI-ON. DE LA PLANCHE XL VI IT.
à ABROUBA, -virens frutus, ab Indis fic diétus ,
‘in procera nafcitur arbore fylveftri, quæ flores exiguos
‘profert ex albo viridefcentes, Simiis cibum præbentes.
Floribus deciduis, rôtundum apparent dehifcenfque ca-
pitulum , undè fenfim producitur fruétus , femine, ut Fi-
«cus, interits fcatens plurimo , fed albicante. Hinc fuc-
-cum exprimunt Indi, quem Solis exponunt radis; fic
‘lle tandem nigrefcit, ipfifque colorem exhibet , quo nudo
in corpore varias fibi pingunt figuras , per novem dierum
“fpatium #ullo fapone delendas ; poft illos vero elapfos
haud diutis durat ornatus. Fruétus venenofus ab iis cre-
ditur. Lignum arboris incifum lateum fundit liquorem,
quo ad caput fibi inungendum utuntur Indi, fi nimis
illud pruriat. Quoniam enim nudo incedunt capite , in
illud ex animalculis quibufdam alatis emiffum femen fa-
ile decidit ,& vermiculos ibi generat , maximum pruri-
um excitantes , quos ope fucci ifHius necant &-pellunt.
Eruca frutui irrepens, foliis hujus arboris nutritur ;
ex atro flavefcit , fetis fere fimilis peniculo , quo veftes
+ergere folemus. Augufli circiter die 3 telam lignei co-
doris contexuit , cui inclufa etiam transformata eft , ape
magnà , nigrà-& flavis annulis cinétà die 1$ Auguftiinde
-prorumpente.
Prægrandem in fummitate iconis appofui volantem
Scarabæum , ut magis illam replerem.
Vermis fubalbidus in figuræ medio virénti folio irre-
pit, Palnyt Worm Belgicè vocatus, quod in Palma ar-
bore fuum quærat pabulum. Hic illum appofui , quia
Palmam ob foliorum profundè fe&torum amplitudinem
nimiam non potui delineatam exhibere. Nafcitur alis
hæc Palma caudice brevi .& raro , quem cingunt folia,
unum fupra aliud ex illo uique ad apicem emergentia,
in alrum furreéta. Quinquaginta annos crefcere arborem,
antequam omnino fit perfecta, incolæ perhibent : tum
vero illam cedunt , ubi foliorum exortus eft. Truncum
etiam viri longitudine , quoufque fcilicet mollis feu rarus
eft, amputare, & Braflicæ floridæ in modum decoquere
aflolent; gratiore enim gaudent fapore, quam thalami
Cinaræ. Procreantur in trunco hujus arboris copià innu-
merà vermiculi, qui medulla ejufdem pafcuntur , acaris
cafeorum initio haud majores | tandem vero in molem
auétæ , qualem hic expreffi. Vermes iftos prunis impo-
nunt candentibus , affatofque cibum credunt efle delica-
üffimum. Producitur à vermibus his Scarabæus ejufmodi
nigricans , uti hîc depiétum exhibui, quem Indi nuncu-
pant Parentem vermium in Palma arbore viventium ,; Bel-
gæ Mocder der Palmyt-Wormen.
F. Tabrouba </7 un fruit verd, ainjt nommé par les
Indiens ,; Parbre qui le donne eff fauvage & devient
fort haut ; il porte de petites fleurs d’un blanc tirant
Jur le verd, que les Singes mangent. Lorfque ces fleurs
tombent , 1l refle un chapiteau d’où croit infenfiblement
un fruit qui renferme quantité de graines blanches sde
la méme maniere que les figues. Les Indiens en expri-
ment le [uc qu’ils expojent au foleil, il devient noir ,
& c’eft de cette couleur dont ils Je fervent pour fe faire
Jur le corps des figures qu’on ne peut en effacer pendant
neuf jours, quand méme on les froteroit de favon,
après ce temps-là elles s’effacent d’elles- méme 20
croyent que ce fruit eff venimeux. Lor/qu’on coupe une
branche de cet arbre, il en fort une liqueur ladée dont
les Indiens fe frottent la téte lorfqu’elle leur démange.
Comme ils vont téte nue ; de petits infecles volans y
jettent facilement leur femence | qui Produit de petits
vers qui caufert cette démangeaifon & que ce fuc tue.
La Chenille qui rampe ici Jur le fruit, fe nourrit de
Jes feuilles , elle ef Jaune G noire, couverte de crins
comme une broffe : le 3 d’ Août elle fila un Cocon , dans
lequel elle changea de forme & d’où fortit le 1 5 du mois
une efpèce d’Aballe. rayée circuleirement de Jaune &
de noir.
J'ai mis au haut de cette Eflampe un grand Efcarbor
volant , feulement pour remplir le vuide.
Un vers blanchätre rampe au milieu fur une feuille
verte. Les Hollandois le nomment Palmyt-Worm, c’eff.
à-dire, Vers de Palmier, parce qu’il Je nourrit [ur cet
arbre. Je l’ut deffiné ict parce que je ne pouvois repré-
Jenter la feuille de Palmier fendue qui ef trop groffe ;
en effet le tronc eff court & molaf]e , mais les feuilles
dont il efl environné croiffent l’une [ur l’autre Jufqu’au
Jommet ; les naturels du Pays difent qu’il croît pendant
cinquante ans avant d’avoir acquis [a perfedion , alors
ils le coupent à l'endroit où Les feuilles commencent :
tls coupent auffi le tronc à hauteur d'homme ù c'efl-à-
dire jufqu’où 1l commence à devenir mol, & ils le cui-
Jent comme nous cuifons les choux-fleurs , le goût en ef£
plus agréable que des culs d’artichauts. I fourmille
dans le tronc de cet arbre de certains vers qui fe nour-
riffent de [a moële , ils ne font pas plus grands au com-
mencement que des mites de fromage | mais ils devien-
nent tels que celui qui eff ici repréfenté. On les grille ,
Gilya des gens qui trouvent ce mets très-délicat. Il
Jort de ce vers un Éfcarbot noir, tel que Je lai ici dé
peint & que les Indiens nomment a:nfi que les Hollan-
dois la Mere des Vers de Palmiers.
REMARQUE.
Nous nous étendrons tout au long fur cet arbre dans notre Hiftoire Générale des Végétaux,
à — 0
LE à
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ÉT, ENSEGTES
DE SURINAM.
4
EXPLICATION. DE LA, PLANÇCIE XLIXÆ
74 AIUS PUNrIE A, afbor ubique terfarum fatis
nota, etiam in aoris Surinamenfibus nafcitur. Exhibuit
illa mihi aliquod fcarabæorum genus , tardum naturà &
fegne , atque adeo captu facile, anteriüs fub capite ob-
longam gerens probofcidem , quam , ut mel per candem
exfugant , floribus fcitè infigunt. Dic 20 Maji immote
illis quiefcentibus, ex fponte rupta in dorfo pelle mufcæ
virides eruperunt , alis inftruétæ pellucidis , quales Suri-
nami frequentiflimæ reperiuntur , volando celerrimæ , ita
ut aliquot uni folüm capiendæ horas infumerem. Lyræ
fonum edit mufca ejufmodi , eminus cantu percipienda ,
qua de re Lyricen etiam, Belgis Lierman , nuncupari
fucvit. Eandem vero, quam præcedens habuerat fcara-
bæus, fervaverat probofcidem , cum per dorfum pedes,
oculi, totumque corpus exiviflet, reliétis exuviis, fitu
& forma priftinum infe@um mentientibus. Perfuafum
mihi ab {ndis eft, ex hoc mufcæ genere ita diétos La-
ternarios, Belgis Lantarendragers , produci , formatos ,
ut hic in mari & fœminâ tam volitante, quam quief-
cente delineavi, Caput corum feu cucullus in capite
nou laternz in modum lucet ; de die autem planè eft
tranfparens inftar veficæ , atque flriis ë rubicundo viri-
dique colore diftinguitur. Qualis eft lucernx tenebras
illuminantis lux, talis nofturno tempore ex hac vefica
emittebatur fulgor, fic prorfus, ut fcripta exprefla ty-
pis, ac funt novellarum in Belgio, ad lumen ejus legere
haud foret impoffibile. Adhuc apud me ifttufmodi con-
fervo mulfcam, fuæ metamorphof proximam , quæ omni
ex parte, ipfis quoque non mutatis alis, mufcæ reti-
nuit formam , nifi quod in capite accreverit vefica. Dici-
tur hæc mufca ab Indis mater Laternariorum , perinde ut
fcarabæum præditum mufcæ nuncupant parentem. Quam
inferits in flore mali Punicæ cernis hærere mufcam , quo-
modo fenfim Lyricen in Laternarium transfiguretur , ex-
hibet. Ut melius diftingui poffint, ita vocantur, quam-
vis pofterior æque ac prior Lyræ fonum edat, forfan
probofcide mediante , quippe cum hæc communis omni-
bus fit & in cundis transformationibus maneat eadem.
Cum aliquando Laternarios magnà copià mihi attuliflent
Indi, fcatulæ eofdem majori ligneæ inclufi , illos noctu
lucere , adhuc infcia; verum de nocte infolito ftrepitu
expergefadta & perterrita , & lecto profiliens lumen ac-
cendere juffi, quis domi meæ infuetus effet ftrepitus,
ignara. Tum vero, & fcaculà ftridorem profeétum , illi-
co nobis patuit ; illam itaque cum animi quadam pertur-
batione aperuimus, fed adapertam magis adhuc paven-
tes in terram fubito rurfus dejecimus, quod inter aperien-
dum inde velut ignea erumperet dammna, toties refulgens ,
quoties novum evolaret infectum : quo tandem animad-
verfo, ad nos redeuntes, iterum congregavimus animal-
cula , fplendorem in ipfis plurimum demiratæ.
Figura IX ramus ex Malo Punica, /éu Granata, flore fimpli®
ci, ic Aore duplici delineata confpicitur : utraque arbor fatis apud
nos cognita ef? , atque àn hortis colitur,
R E,M À
h
Le Grenadier qui eff aflez connu partout , croît atiffi
à Surinam. J'ai trouvé [ur cet arbre une efpèce d’Efcar-
bots naturellement lents & pareffeux, & par conféquent
très-faciles à prendre. Ils ont pardevant deffous la téte ne
longue trompe qu’ils favent appliquer [ur les fleurs pour
en fucer le miel. Le 20 Mai ils fe tinrént en repos ; &
leur peau s’étant fendue [ur le dos, ilen fortit des mouches
vertes dont les ailes étoient transparentes ; on en trouve
beaucoup à Surinam qui vont fort vite en volant , enforte
que fouvent il faut courir long-temps avant d’enattrapper
une, Cette efpèce de mouches fait un bourdonnement qué
reffemble au fon d’une vielle, & qu’on entend de loin, c’ef
pourquoi les Hollandoïs lui ont donné le nom de Lierman,
c’efta-dire Vielleur lorfqu'elle étoit E fcarbot. Elle
avoit confervé la trompe qu’elle avoit lorfqu’elle étoit
Scarabée ; les pieds, la téte, & tout fon corps étant forti
par derrière, elle avoit laiffjé des dépouilles qui reffem«
bloient par Leur fituation Ë par leur forme à l’ancien [n-
fee. Les Indiens ont voulu me perfuader que de ces mou-
ches provenoient les Lantarendragers ou Portes-Lanterne ,
qui font tels que j’ai ici repréfenté le mâle & la femelle vo-
lans & en repos. Leur téte, ou, pour mieux dire, ce long
capuchon luit la nuit comme une lanterne ; pendant le
jour il ef tran{parent comme une veflie, 6 rayé de rouge @
de verd. La lueur qui fort de cette veffie pendant la nuit
reffemble à La lumiere d’une lanterne, enforte qu'il ne féroit
pas difficile d'y lire un livre d’un caraüere femblable à ce-
lui de la Gayzeite de Hollande. Je conferve une de ces mous
ches qui eff préte à fe transformer, elle a conférvé toute la
orme d’une mouche, n’ayant pas méme changé [es ailes,
mais cette veffie, dont jai parlé, lui a crue à la téte; les
Indiens nomment cette mouche la mere des Portes-Lanternes
comme ils nomment l’Efcarbot la mere de ces mouches. La
mouche que j’ai deffinée en bas fur une fleur de Grenade
repréfenteun Vielleur, qui peu à-peu prend la forme d’un
Porte-Lanterne; on leur donne ces noms pour les difin-
guer , car l’un & l’autre rendent un [on femblable à celut
d’une vielle, apparemment avec la trompe qui eflcommune
à tous les deux , & qu’ils ne perdent point dans toutes leurs
transformations. Quelques Indiens m’ayant apporté ur
jour un grand nombre de ces Portes-Lanternes , Je Les ren
fermai dans une grande boëte, ignorant alors qu’ils jet-
toient cette lumiere : la nuit entendant du bruit je [aurai
du lit, € je fis apporter une chandelle, je trouvat bien-
tôt que le bruit venoit de cette boëte, que J’ouvris avec
précipitation ; maïs cffrayé d’en voir fortir une flamme,
ou pour mieux dire autant de flammes qu’il y avoit d’ In.
Jeëkes , je‘ la laiffat d’abord tomber ; revenue de mon
étonnement ou plutôt de ma frayeur , je ratrapai tous
mes Infedkes, dont j’admirois la vertu finguliere.
La branche de Grenadier repréfentée dans la Planche IX, porte
des fleurs fimples ; celle-ci les porte doubles : ces deux efpèces
{ont affez connues parmi nous, on les cultive dans les jardins.
R Q:Ù É.
J'ai parlé de cet arbriffeau dans mon Diétionnaire des Plantes ; Arbres & Arbuftes de la France , il eft inutile d’en donner ici fa
defcription.
HMISFOIRE
«A
à
GÉNÉRALE
EXPLICATION DE LA PLANCHE. I.
D : TTATTES albicañtes, fru@us funt terreftres
“ponte provenientes, quibus tamen homines non vefcun-
‘eur. Florem producunt album elegantem , veluti ceraïtur
in hac figurà.
Plures ex ifto Erucarum genere, quod in radice repit ,
apud me colleétas fervavi , fed corrafis perforatifque fca-
“culis, carceribus eruperunt, libertatem fugà quæren-
tes. Die autem 4 Aprilis in horto meo cavitatem quan-
dam in terra fodiendo detexi, quæ nonnullos ejufmodi
“vermes continebat, radici Battattes adjacentes, & in
artum convelutos : ex his una formam aurei iflius &
pulchri fcarabæi jam tum penitüs induerat , aliæ ad ean-
dem minüs accedebant , omnes adhuc molles planè atque
albicantes erant, fed aliquot horis poft obdurefcentes ,
“tam venufto & aurea viriditate fplendente «olore pede-
tentim tingebantur.
Die 6 Junii aliud in ‘his radicibus reperi genus ver-,
“mium, figuræ , qualis in caule repens confpicitur, pari-
ter tamen in anguftum fefe contrahens , veluti ad apicem
plantæ exprefh. Initio molles & albi, fi paucas per horas
aëri expofiti linquerentur , cum duritie nigrorem acquire-
bant, fenfim permutati in fcarabæos ejufmodi, qualem
Æupra volantem delineavi.
‘Alia quedam Battattes Icone X LT exhibita & defcripta eft,
quam tum merito à variis Auétoribus ad Convolvuli genus referri ,
in eâdem pagina fubjunxi. Que vero hic depingitur fpecies , inter
Convolvulos nequit locari, cum florem habeat in multas partes fec- !
cum , © praterea infundibuliformem ; flos Convolvuli contra fi
campaniformis ; margine plerumque extrorfum reflexo. Debet itaque
Battattes hic propofita potius ad genus reduci ; quod vocaverunt Qua-
moclits, & meo Judicio nuncupari , Quamoclit Americana radice-
tuberosä , flore albo , pulcherrimo.
L > S Battattes Planches font des efpèces de fruits
terreftres qui croiffent dans la terre & que les hommes
ne mangent point; elles portent une fleur blanche affez
belle, & telle qu’on la voit ici deffinée.
Jai confervé chez moi plufieurs Chenilles de Pefpèce
de celle qui rampe ici fur cette racine , mais ayant rongé
la boëte où je les gardois , elles en font [orties cherchant
à récupérer leurs anciennes libertés. Le 4 d Avril creu-
Jant dans mon jardin , je trouvai un creux où il ÿ avoit
prés d’une racine de Battattes quelques-uns de ces vers
entortillés ou roulés les uns dans les autres, & dont un
avoit déja la forme de ce bel Efcarbot couleur d’or ; les
autres n’en approchoient pas encore, ils étoient mols &
blancs, mais quelques heures après ils s’endurcirent &
devinrent peu-à-peu d’un beau verd d’or.
Le 6 Juin je trouvai dans ces racines une autre
Jorte de vers, tels que celui qui rampe fur la tige, & qui
peu à-peu fe rétrécit de la maniere que je ai repréfenté
au haut de la plante. Au commencement ils éroient mols
& blancs, mais ayant été quelques heures à l'air, ils de-
vinrent durs & noirs & fe changerent infénfiblement en
un Efcarbot tel que celui qui vole.
On a repréfenté une autre efpéce de Barratres dans la Plan-
che XLI, & j'ai remarqué à la même page que plufieurs Auteurs
les rapportoient avec raifon au genre des Liferons; mais l’efpè-
ce repréfentée ici ne peut pas être mife parmi les Liferons ; fa
fleur eft partagée en plufieürs parties, outre qu'elle a la figure
d’un entonoir , tandis que la fleur des Liferons reflemble à une
clochette dont le bord eft replié en dehors. Ainfi ces Bartattes
doivent être placées dans la claffe des Quamoclirs , & à mon avis
on peut les nommer Quamoclit Americana radice tuberosä ; flore
albo »; pulcherrimo.
R EM A #O UE
Nous tâcherons de déterminer mieux ce genre dans notre Hiftoire Générale des Végétaux,
DES PLANTES ETIN
SECTES DE SURINAM.
EXPLICATION DE LA PLANCHE LI,
Hr. ramus eft proceræ arboris fylveftris | cujus flo-
res tenuia & oblonga continent ftamina , capfulæ femi-
nales longiores funt & contortæ filiquæ, repletæ intus
fabis nigris , alba circumdatis vifcofitate , quæ ob gra
ram dulcedinem exfugi folet. Propter eandem quoque
fabæ dulces, Belgis Zoete-boontjes nuncupatur , tametf
fabarum ufus fit ignotus , quas Indi vocant W ycke-
Bockyes.
Pafcuntur fronde arboris virenti flavefcentes hæ Erucæ,
pedibus nigræ , & aculeis in dorfo nigricantibus armatæ.
Plures quam centum collegeram , fed omnes perierunt ;
quod folia ex arbore decerpta flatim ficcentur & fic in-
durefcant , ut Erucis efcam dare nequeant, Unica tamen
die 16 Junü 1700 tranfmutata eft in aureliam, qualis in
extremitate filiquæ jacet , ex quâ fub finem menfis ejuf-
dem elegans Papilio produétus eft, cujufmodi volantem
& quicfcentem hic exhibuimus.
Hec arbor nufquam ; me confcio ; defcripta repericur ; neque etiam
ad genus aliquod plante notum ; in tanto eorundem numero, commodè
referri potefl,
RE: NEA
Ce TE branche èft d’un arbre fauvage dont la fleur
porte de longues fibres blanches ; les Capfules qui portent
la fémence, font une coffè longue & recourbée, qui ren=
ferment des féves noires couvertes d’une glu blanche,
que l’on fuce parce qu’elle eff d’un goût agréable, c’efl
pourquoi on nomme Féves-douces | celles qu’elles ren=
ferment ; on ne connoît pas leur ufage, & les Indiens
les nomment Wycke-Bockjes.
Des Chenilles blanches , dont les pates font noires
& qui font armées de pointes noires fur le dos , fe nour.
riffent des feuilles de cet arbre ; J'en avois amaffé plus
de cent, mais elles font routes mortes , parce que dès
qu’on a cueilli ces feuilles , elles fe féchent & deviennent
dures, enforte que les Chenilles ne peuvent les manger
Une feule fe transforma le 16 de Juin 1700 en nym=
phe, telle que je l'ai deffinée au bout de cette coffe, & vers
la fin du méme mois , ilen fortit un beau Papillon tel
que je l’ai repréfenté volant & en repos.
Je ne crois pas que l’on ait jamais déffiné cet arbre, & qtioiqu’it
Pre J quoiqu'il
y ait divers genres de plantes , je ne fçais auquel on pourroit le
rapporter, .
RLOUU. E
Il paroït que cette plante eft celle qui fe nomme Jnga flore albo fimbriato ; fruëtu dulci, Plum. Nov, Plant. 1 3» Pl 19
SR. Dr CES me 0 x, Mas + —
PT RÉ — +
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aurn 75
PR ee EE A
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LA
2
HISTOIRE
GÉNÉRALE
EXPLICATION DE LA PLANCHE LI.
74 ALUS AURANTTA, Sinenfis noftratibus dic-
«ta, Surinami crefcit altiffima , ut excelfiflimam in Europa
-malum altitudine fuâ poffit æquare. Folia virentia fplen-
dent, flores albicantes & fragrantifimi, fruus aurantio
#avo tinctus fapore præditus eft gratiflimo.
‘Ærucæ quas hujus arboris folia depafcere obfervavi,
viridefcunt & flavä per totum corpus infignuntur ftriâ,
quolibet fegmentorum quatuor rotundis veluti coralliis
aurantiis diflinéto , quæ pilis exiguis circumfepta {unt.
Die Februarii 18 telæ fefe intexuerunt celore ochræ,
veluti caulibus'infra cernitur interjacens; unde Marti
die 11 tam venuftæ prodierunt phalænæ, fingulis alis
macula vitro , quod Mofcoviticum dicitur , non abfimile
notatæ, volatu celeres ; quæ tribus diebus poft decem
pofuerunt ovula albicantia. Copiofæ ifthuc loci reperiun-
tur prædiétæ Erucæ , ad extremum adeo pingues & craf-
Æz , ut planè fiant rotundæ, ter in anno hanc arborem
-obfidentes. Telam ducunt fortem , quare bonum fore
“ericum rata , iflius aliquam collegi copiam & in Belgium
tranfmifi, ubi eadem optima judicata eft : ut itaque, fi
quis Erucas iftas congregandi laborem non detrectaverit,
& bonæ notæ bombycem , & maximum hinc lucrum
fibi comparare poffet. ‘
Hac arbor eft Aurantium Olyfipponenfe, Ferrarii, & Malus
Aurantia Luftanica, Horti Reg. Parif.
Lo res croit à Surinam auffi haut que le
plus grand pommier en Europe; fes feuilles qui font
vertes, ont un certain éclat, [es fleurs font blanches &
d’une odeur très-forte., le fruit qui eft couleur d’orange,
eft d’un goût très-agréable.
Les Chenilles que j’ai vu fe nourrir des feuilles de
cet arbre, font vertes , & elles ont une raye jaune fur
tout le corps. Sur chaque jointure elles ont comme qua-
tre grains de corail couleur d’orange , qui font envi-
ronnés de petits poils très-délicats. Le 18 de Février
elles filerent un Cocon couleur d’ochre, tel que j’en ai re-
préfenté un fur une branche, & elles s’y renfermerent.
Le 11 de Mars il en fortit de belles Phalenes , dont
chaque aile avoit une tache qui reffembloit à du Tale,
ils voloient très-vite; le 2 3 ils jetterent des œufs blancs.
On trouve une grande quantité de ces Chenilles qui de-
viennent ft groffes & fi graffes , qu’elles en font toutes
rondes ; elles incommodent ces arbres trois fois Pannée ;
le fil dont elles compofent leur Cocon , eff fort, ce qui
ma fait croire que ce pourroit étre de la fort bonne foie;
j'en ai beaucoup rapporté en Hollande, où on l’a trou-
vée telle ; de forte que ft quelqu’un prenoit la peine d’a-
mafer de ces Chenilles , il auroit de bons vers-d-foye,
6 d'en tireroit un grand profir.
Cet arbre eft l’Auranrium Olyffipponenfe de Ferrarius, & le
Malus Aurantia Luficanica ; du Jardin Royal de Paris,
REMARQUE :
Nous aurons occafon de faire connoître toutes Les différentes efpèces d'Orangers dans notre Hiftoire Générale des Plantes.
DES PLANTES ET INSECTES DE SURINAM.
EXPLICATION DE
Ce U x aliquando in deferta & inculta loca effem lon-
gius egrefla , inter alias etiam reperi arborem altiffimam ,
quæ Mefpilus ab ‘incolis vocatur. Fruétus in medio fui
corpus quoddam albicans continet , formà cor referens :
& nigris coopertum feminibus, quo vefcuntur homines
pro Mefpillo : proximè f{ub illo bina crafla cernuntur
fanguinei coloris folia , quæ adhuc quinque alia, itidem
denfa, fed colore fub viridi tinéta | fequuntur , fpecta-
culo fatis jucundo.
Appofitä flavefcens Eruca hic à me reperta eft s per
totius corporis longitudinem ftriis rofeis erat ornata > Ca-
pite fufca, quatuor nigris aculeis in unoquoque fegmento
armata, pedibus itidem rofeo colore picta Domum
tranflata brevi in aureliam lignei fubalbidi coloris tranf-
figurata eft, veluti inferits ramulo arboris impofita con-
fpicitur : quatuordecim dies poft, circa finem menfis Ja-
nuarii An. 1700 hinc elegantiffimus ifte erupit Papilio.
Politum ille æmulatur argentum , cæruleo longè nitidif-
fimo colore veftitus, viridefcens, purpureus, imo totus
quantus formofiffimus , ita ut neque calamus defcribere,
neque penicillus imitari valeat ejus venuftatem ; quam-
hbet alam tres orbiculi flavedine aurantiA tinéti adornant $
quos cingunt nigricantes circuli, iterum viridefcenti or
circumdati : alarum extima colore aurantio flavefcunt,
nigris & albicantibus ftriis pulchre infignita.
Folia hujus arboris non diffimilia funt illis, qua habet Mefpi-
lus Americana , alni vel coryli foliis , fruétu mucaginofo albo ,
Part. I Horti Amftelod. defcripta : an verd eadem fit hec , affr-
mare non aufim ; quia ex deftriptione nimis brevi id ipfum haud
diquet.
R E M A
33
LA PCANCÇCHE®LIIT
U» Jour parcourant un lieu défert, entre plufieurs
arbres , j’en trouvai un fort haut , que les gens du pays
nomment Neflier. On trouve au milieu de fon fruit un
corps blanc, qui a la forme d’un cœur & qui eff cou-
vert de femences noires, les habitans le mangent ere
guife de Nefles. I y a au-deffous deux feuilles épaif-
Jes couleur de [ang ; fous celles-ci on en trouve cinq
autres verdätres , ce qui eff fort agréable à la vue.
Je trouvai fur cet arbre cette Chenille jaune dont le
corps étoit rayé en long, de couleur de rofe. La téte
étoit brune, & chaque jointure étoit armée de quatre
porntes noires ; les pates étoient auffi couleur de rofe. Je
leus à peine chez moi, qu’elle fe transforma er une
nymphe couleur de bois blanchätre , telle que je Pat re-
préfentée en bas [ur une branche. Quinze jours après ,
c’eft-a-dire , vers la fin de Janvier 1 700, il en fortit un
beau Papillon. On auroit cru qW’il étoit d'argent bruni,
au travers duquel brilloient le verd, le bleu & le pour-
pre; en un mot, ilétoit fi beau que l’on ne peut ni le
bien décrire n1 le bien peindre. Il y avoit fur chacune
de [es ailes trois taches rondes d’un jaune orangé, bor-
dées d’un cercle noir, ce cercle étoit environné d’un Je-
cond qui étoit verd; l’extrémité des ailes étoit jaune-
orangé , avec des rayes notres & blanches.
Les feuilles de cet arbre font femblables à celles du Mefpilus
Americana , alni vel coryli foliis ; fruëlu mucaginofo albo, décrit
dans la I Part. de l’Horr. Amflelod. , cependant je n’oferois dire
que ce foit le même, parce que cela ne paroït point par la def-
cription qui eft trop courte.
RO UE.
Nous penfons de même que M. Commelin ; une defcription telle que Mlle de Merian nous la donne , n’eft pas fuffifante pour
annoncer que cet arbre eft un Neflier; fes feuilles en ont cependant quelqu’apparence,
igidioribus, ceu
à HISTOIRE
GÉNÉRALE
EXP&ICATION DELA PLANCHE LIF
| | Æc Planta, ab Indis Ballia nuncupata, in du-
imetis ad ripas in locis paludofis nafcitur quatuor vel
quinque pedum altitudine ; foliis inftructa eft virentibus
fant arundinis ; florem producit denfum
rubicundum, cujus capitula funt exiliora.
Eruca folio inferits adhærens eodem pafcitur , flava &
nigricans , & ftriis quibufdam diftinéta. Die 14 Jun
in aureliam hepatici coloris mutata , veluti depiéta eidem
#olio injacet , hinc die 21 Junii in exiguam phalænam
coloris cineritii & punétis nigricantibus confperfam , qua-
{em infra folio appofui, transformata eff.
Superior flavefcens Eruca ; nigrefcentibus firiis &
fufco capite infignis, ad diem 2 Aprilis folus hifce nu-
‘trita, exuvias depofuit, telamque contexuit , ut in {e-
-cundo foliorum cernitur, undè pariter die 14 Aprilis
“parva erupit phalæna ochræ colore tinéta, veluti fuperius
in plantä delineavi.
Circa idem ferë tempus, maffam aliquam luti figurä
‘ovatam fencftræ mex adjacentem repcri, quam fimul at-
que aperuiflem , quatuor feparatas in illa cavitates &c in
his vermiculos albicantes detexi, cum fuis exuvis adja-
centibus, ficut in binis infra folium exhibet. Die 3 Mai
feræ iftiufmodi apes feu vefpæ , qualem exprefli volan-
tem, indè funt produétæ. Hoc infeétorum genus Surina-
ami quotidiana mihi vexatio erat,, quod rebus delineandis
intentam , ante-oculos obvolitando, & circa caput fufur-
rando , identidem turbarent. Proximè ad latus meum in
ciftellà piétorià ex argillà , uti prædixi, nidum ftruebant,
tam exactè rotundum , ac fi rotà figulari verfatus effet,
bafi innixum exiguæ , quam itidem operimento ex argillà
cingebant , ut interiora ab omni tuerentur incommodo.
Foramen infuper orbiculare in nido reliquerant ita non
minus introitu , quam exitu patente, quà vià indies ipfas
exiles in domum fuam transferre Erucas obfervavi , Pa-
bulo tum ipfis, tum fuis fœtibus feu vermiculis , procul
dubio cefluras , perinde ac faciunt formicæ. Cum vero
illud vefparum confortium mihi tandem evaderet molef-
tum , deftruéto earum domicilio omnes difpuli, atque fic
totum hoc artificium mihi fuit manifeftum.
Hac planta mihi videtur elfe Lachryma Job Ameticana-altiffi-
ma, arundinis folio & facie, Plumer. à CI. Tournefortio in Infli-
cut. Rei Herbar. propofita.
REMARQUE.
On mange de ce fruit à la Chine.
pé mes ms. —— de pr géné -
re : ME DER ea «ES S À ds
Z, Es Indiens nomment cette plante Ballia , elle croft
dans les bois près des lieux marécageux à la hauteur
de quatre ou cinq pieds ; elle a des feuilles vertes fort
dures , comme celles des rofeaux ; elle porte une fleur
épaifle , rouge, dont les chapiteaux font fort minces.
La Chenille qui eff fur la feuille den bas, s’en
nourrit, elle ef? jaune & noire avec quelques rayes : le
14 Juin elle fe changea en une nymphe couleur de rofe
Jèche, telle que je lai peinte [ur la méme feuille. Le
21 Juin il en fortit une petite Phalene couleur de cen-
dre avec des taches noires, telle que je lai repréfentée
au bas de cette planche.
La Chenille jaune qui ef? plus haut , rayée de noir
avec une téte brune, fe nourrit de ces mémes feuilles,
jujqu'au 2 d'Avril, qu'elle changea de peau & fra
ie Cocon déeffiné fur la feconde feuille ; d’où le 14 du
méme mois fortit une petite Phalene couleur d’ochre,
telle que je l’ai repréfentee au haut de cette plante.
Vers le méme temps je trouvai à ma fenétre une
maffe de boue qui avoit la figure d’un œuf. Je Pouvris
@ j'y remarquai quatre compartimens , où étotent des
vers blancs ayant leurs dépouilles auprès d’eux ; j’en
ai deffiné deux fur la feuille den bas. Le 3 Mai il
en fortit des guépes farouches , telles que J’en ai re-
prefentee une ; ces Tnfecles m’incommodorent beaucoup
à Surinam, en volant devant mes yeux 6 me bour-
donnant aux oreilles lorfque je deffinois. Elles faifoient
leur nid avec de l’argile à côte de moi , dans ma boëte
aux couleurs ; ce nid étoit auffi exactement rond que s’il
avoit été tourné dans une roue de Potier. Ce nid étoit fur
une efpèce de petit piedeftal , & les gueépes l’environnoient
d’une couverture d’argile pour empécher que rien y. puiffe
entrer. Elles avotent laif[é vers le haut une ouverture
ronde, pour ÿ entrer & en fortir. J’ai remarqué qu’elles
y portoient tous les jours de petites Chenilles, dont ap-
paremment elles [e nourriffoient & leurs jeunes , comme
font les fourmis. Mais comme à la fin la compagnie de
ces guépes m'importunoit , après avoir brifé leur de-
meure , je les chaffat toutes ; & je trouvar alors toute
cette architedure.
Je crois que cette plante eft le Eachryma Job Americana atif:
Jima ; arundinis folio & facie ; de Plumier , dont Tournefort parle
dans fes Inftituts de Botanique.
DES PLANTES ET INSECTES DE SURINAM
EXPLICATION DE LA PLANCHE LT.
P TPERrR INprcum medi nafcitur viri altitu-
dine, flores gerit albicantes, fed in medio violaceos ,
caule furgit viridi & duro, folia profert mollia & gra-
minei coloris , fruétus initio virens, poftmodum elegan-
ter rubefcit. Quatuor fru&tüs hic appofui fpecies, quo-
niam flores & folia in omnibus eadem funt, præterquam
quod magnitudine tantüm differant, pro fruétüs diver-
fitate. Acris ille & urentis eft faporis, quamobrem ab
Tndis pani comedendo affricatur, à Belgis vero conci-
fus cum carne & pifcibus affumi , brodiis etiam nec non
aceto indi folet, &c.
Exhibuit mihi Piper elegantem iflam & prægrandem
Erucam. Utrumque ejus latus ftrià rubicundà per cor-
poris longitudinem, & integrum dorfum ftrià albicante
in longum ductà confpicuum erat : fegmentorum poftre-
mum corniculo rofei coloris, quodlibet illorum autem
maculà flavefcente cum limbo rofeo diftinguebatur. Præ-
bucrunt efcam non folum folia, fed ipfum quoque Pi-
per, Erucæ. Die 22 Januarïü in fufcam aureliam , atque
hinc die 16 Februari in phalænam ejufmodi coloris ci-
perei transfigurata eft, quæ in utroque latere quinque
maculas aureâ flavedine infignes oftendebat , noctu folum
circumvolans , de die vero quiefcens.
Haec planta eff Capficum Dodonai € Tournefortii, & Pi-
per Indicum Ga/p. & Joh. Bauhini, cujus difcrimen in fruêlu uni-
cè confiflit. Magnus inde fit fpecierum numerus , quem fingulo-
zum appofito nomine in Inflitutionibus Rei Herb. recenfet Tourne-
fortius ; iflarum plurimis etiam ad vivum delineatis in Horto E yflet-
zenfi,
L Æ Poivre des Indes croît à la moitié de la hauteur
d'un homme, il porte des fleurs blanches, violettes
dans le milieu ; [a tige eff verte & dure, & [es feuilles
tendres & de couleur de verd de prairies ; [on fruit qui
eff au commencement verd, devient enfuite d’un beau
rouge j J'at deffiné ici quatre différentes fortes de
fruits de Poivre d'Inde, car les feuilles & les fleurs
ont toujours les mêmes , elles ne différent qu’en sran-
; ? q £
deur proportionnément au fruit. Ce fruit ef? chaud &
âcre , les Indiens en frottent leur pain , les Hollandois
le coupent en petits morceaux & le mangent, avec la
viande ou le poiffon , ils le mettent auf dans les fauf-
Jes, & le confifent dans le vinaigre.
Je trouvai [ur cette plante cette belle & grande Che-
nulle. Elle avoit de chaque côté en long une raye rouge,
& Jur le dos une autre blanche ; la derniere jointure
étoit armée d’une corne couleur de rofe. Sur quelques
unes des autres jointures il y avoit une tache jaune bor-
dée de couleur de rofe. Cette Chenille [e nourriffoit non-
Jeulement des feuilles , mais même du fruit ; le 22 Jan-
vier elle fe changea en unè nymphe brune , d’où il fortit
le 26 Février une Phalene couleur de cendre , qui avoit
de part 6 d’autre cing taches d’un jaune d’or; il ne
voloit que la nuit & [e tenoit en repos le jour.
Cette plante eft le.Capficum de Dodonée, & de Tournefort ;
& le Piper Indicum de Gafp. & de Jean Bauhin , qui ne différé que
par le fruit. Il y en a de plufeurs efpèces que Tournefort à rap-
porté avec leurs différents noms dans fes Inftituts fur la Botani-
que , il y en a aufñli plufieurs de deflinés d’après nature dans
l'Hort. Eyflettenfis.
RUE M A BR © UE
On fe fert de cette plañté tant comme aliment que comme médicament.
ARS hs: © ED ce Rx. Am
O *
+
A
êz HISTOIRE
GÉNÉRALE
EAXPETCATION DE LA PLANCHE LI.
Que: hic exhibui flores, in ftagnantibus reperi
“aquis : folia in illis non obfervavi,, caulis uinæ æquabat
Jongitudinem , flores ipfi Croco flore violaceo fimiles ,
finguli folium habebant cœruleum flava macula diftinc-
tum , quale eft Iridis.
Animalcula in his aquis obfervavi ; quæ Scorpiones
aquatici ab incolis vocantur. Die ro Maji Anno 1701
quofdam ex illis collegi, unde menfis ejufdem die 12
hujufmodi animal productum eft alatum , ceu ad fum-
mitatem plantæ volans delineavi.
Plures aquæ innatabant ranæ , binis auribus in capite
inftrudtæ , ac & viridi fufcoque colore undulatæ : finguli
pedum digiti globulo in extremitate muniti erant , fin-
gulari naturæ artificio , ut ita fuffultæ non folum natare
fed & fuper aquas paludofas & limofas incedere poffint.
Sperma fuum ad ripas aquarum exponunt., .quod ipfum.
fi earundem cupis obfervare -mutationem , colligendum
& in fidtili aquâ repleto fuper vivum cæfpitemin fundo
réponendum eft. Punétum nigricans eft -nullius formx
Temen , quod albo glutine circumdatur , in illo vivit ;
ac fenfim fenfimque magis movetur , ufque dum oci-
duo circiter poft caudas nancifcantur , & in aquà natent
tenellæ , fed informes ranulæ , quales fupra ad prædic-
tam ranam quinque delineavi, Poft aliquot dierum elap-
fum oculis, pauloque ferits pofticis pedibus inftru@æ
apparent , binis anterioribus iterum oiduo poft ë cute
prorumpentibus ; quo facto, cauda putrefadta decidit ,
& fic quadrupedes & perfetæ jam funt Ranæ , ex aquis
Jnterras non raro emigrantes. Notandum verd, & aquam
& cæfpitem effe identidem.renovanda , animalcula vero ,
fimulac moveri eadem animadvertimus , mica panis in
aqua debere nutriri. CI. Leuwenhoek cafdem obferva.…
tiones narrat in epiftolà Anno 1699, die 1$ Septembris
fcripta à pag. 113 ad 126, quas prorshs cum his mois
congrucre perfpexi,
R E M A
Quoique les feuilles & les racines manquent dans la figure
de cette plante, il eft facile de voir qu'elle appartient à la
famille des liliacées ; & M. Adanfon, que nous avons prié de
vouloir bien en porter fon jugement, nous a dit que , vu la
forme irrégulière du tube de la fleur de cette plante & de fes
divifions , dont la fixieme eft bleue avec une tache jaune, vu
VER trouvé dans un étang les fleurs que j'ai def
Jinées ici, je n’y ai pas trouve de Fa > la tige éroit
haute d'une aune , Les fleurs reffembloient aux crocus
violets » chaque fleur avoir une feuille bleue avec une
tache jaune comme dans l’Iris.
J'ai vu dans ces Etangs des Infedes que les habi-
fans nomment Scorpions-d’eau » J'en ai pris quelques-
uns le 10 Mai 1701, & il en Jortit le 12 un Infe&e
Volant, tel qu’ou le voit au haut de cette planche.
Il y avoit dans ces Etangs plufieurs grenouilles qui
aVoient deux oreilles, & qui étoient pommelées de verd
& de brun. Elles avoisnt une petite boule à l’extrémité
de chaque doigt de leurs pattes, ce que la nature leur
avoit donné pour les aider non-feulement à nager , Mais
€ncore à marcher fur la boue. Elles Jettoient leur femence
Jur le bord des étangs. Lorfqu’on veut en obferver les trans-
formations , il faut mettre de cette Jemence fur un gazon
au fond d'une peau remplie d’eau ; la fémence n'eflqu'un
Petit grain noir enveloppé de flegme blanc ; ce grain
noër informe fe nourrit de ce flegme & acquiert peu-à-
PEU Quelque mouvement ; huit jours après il lui vient une
queue, & il nage dans l’eau 5 J'en ai deffiné cing au-
deffus de la grenouille. Quelques jours après il leur vient
des Yeux, enfuite les pattes de derriere, & huit jours
aprés les pattes de devant , qui Jortent de leur peau ;
lorfqu’elles ont leurs quatre pattes , leur queue tombe , &
reffemblant parfaitement à une grenouille, elles fortenr
del ’eau & vont fur terre, Lorfqu’on fait cette expérience
il faut de temps en temps renouveler l’eau & le gazon,
& ël faut jeter des miettes de pain dans l’eau | dès
qu’on remarque du mouvement dans la Jemence. On
trouve cette obférvation dans une lettre de Leurwenhoek,
du 15 Septembre 1699, depuis la page 11,3 Jufqu’à
126, & je l’ai trouvé trés-conforme à la mienne,
KR:0. UE
encore Île nombre & la forme de fes éramines qui font féparées
les unes des autres, & celle de fon fligmate qui eft fimple,
on ne peut douter qu’elle ne foit une elpèce de Glayeul, &
qu'elle faffe par conféquent partie de la feétion des Icis, fuivane
la méthode des familles de ce célébre Boranite,
DÉS PLANTES ÉT INSECTES DE SURINAM
RE, 03
SA
EXPLICATION DE LA PLANCHE LVIi
Hxe Guajava fiuctüs eft meliote præditus fapore,
quam Guajava Icone XIX exprefla , neque etiam tot
intüs lapillis feu feminibus fcatet,
Reperi in hac arbore genus aliquod Erucaruïn , viride;
fex ftriüs albicantibus in utroque latere, rotundà nigri-
cante maculà in quolibet fegmento ; atque in poftremo
ex his rubente corniculo infignitum. Anno 1700 die 20
May illarum nonnullæ immotæ jacentes, & per quatuor
dies ab omni pabulo abftinentes, in aurelias transforma-
tæ funt, qualem infra cauli appoñitam cernis ; unde 14
die Junti prima erupit phalæna, cujus alæ ex cinereo ,
nigro & albicante colore marmoris inftar variegatæ erant,
corpus autem maculæ aurantiæ decem ornabant, capite
prælongâ munito rubefcente probofcide, quâ exfugebant
flores , velut hic delineavi.
Âliud adhuc maximè pilofum Erucaru genus in eà-
dém arbore inveni, frondem illius depafcens. Pili in qui-
cutis fub
illis humanam æmulabatur. Admodum funt venenatæ
bufdam albicantes erant, in aliis flavefcentes ;
Erucæ , fic ut manus ipfa, quæ eafdem tetigit, protinus
inflammetur, cum maximis cruciatibus, velut ipfa hoc
obfervavi. Quatuor licet pedibus in medio corporis inf-
œudtæ , fegmentorum tamen fingulis innixæ proreptant.
Nonnullæ Martio , aliæ ferius Majo menfe telæ femet
incluferunt, quam ex propriis contexuerunt dejectis pi-
lis, ceu inter folia pendet ; atque hinc decem vel duode-
cim diebus elapfis nihil aliud , quam viles iftiufmodi evo-
larunt mufcæ ; tametfi Erucarum plurimas collegiflem.
Hec arbor eff Malakka-Pela, Part. IT Horti Malabarici de-
fcripta & delineata. Tot ferè habet nomina , quot de illa Jcripferunt
AuËtores , que omnia in Florä Malabaricä meä fub titulo ; Guajava
subra acida , fruétu rotundiore, colleëla reperiuntur.
R E M A
La femetice de Guajavé thife eritetre, pouffe en trois ans un
Cr fruit de Guajave eff d’un meilleur goût ue celui
de la planche XIX , & il ne contient pas un aïffi srañd
nombre de noyaux ou feémences.
J'ai trouvé fur cet arbre une efpèce de Chenilles vèrs
tès , qui avoient fix rayes blanches de chaque côté; aveë
une tache noire & ronde fur chaque jointure, & fur là
derniere une corne rouge. Le 20 Mai 1700 quelques=
unes fe tinrent en repos fans prendre de nourrituré
pendant quatre jours, au bout defquels elles fe transfors
merent en nymphes , tellés que l’on en voit une en bas
fur une branche. Le 14 Juin il en fortit un Papilloi
noturne ou Phalene , dont les aîles étorent couleur dé
cendre, marbrées de noir, & de blanc: Al y avoit fur
le corps dix taches couleur d’orange ; la téte étoit armcé
d’une longue trompe rouge, dont il fe férvoit pour fucer
les fleurs , ainft que je lai repréfenté.
J'ai trouvé fur le même arbre une autre éfpèce de
Chenilles toutes couvertes de poils , qui fe nourriffoient
de fes feuilles. Il y en uvoit, dont le 29 étoit blanc;
d'autres jaune : leur peau reffembloit à celle d’un
homme. Ces Chenilles font très-venimeufes , erforte que
dès qu’on les touche, la main enfle avec de grandes
douleurs , comme je l’ai éprouvé moi-même. Quoiqu’el-
les ayent quatre pattes ; elles fe repofent,
für leurs jointures. Quelques-unes fe font renferraées au
mois de Mars, d’autres plus tard, au mois de Mat;
dans un Cocon qu’elles avoient fair de leurs poils dés
tachés, & tel qu Us, ici entre les feuilles. Dix où
ou douze jours après il n’en fortié autre chofe que êes
petites vilaines mouches, quoique j'euffe amaf[é plufieurs
de ces Chenilles,
(ar rampant
Cet arbre eftla Malakka-Pela décrite & deffiriée dans la Ii Pat=
tie de l’Hortus Malab. il a autant de noms qu’il y a d’Auteuré
qui en ont écrit; on Les trouve tous dans mon Flora Malabarita fous
la dénomimation de Guajaya rubra acida, | fruclu rotundiore,
RQ UE
ans; ce fruit fortifie l’eftomac & aide à la digeftion; le rotgé des
arbre qui porte du fruit, & il continue à en porter pendant trente | vient fort gros.
A En
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- = Pr RE ES e
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HISTOIRE
48
GÉNÉRALE
EXPLICATION DE LA PLANCHE LVITI.
H: © ramum proceræ arboris delineavi , in fylvis du:
metifque Americæ nafcentis, capfulà feminali fabas n1-
gticantes continente , unde nomen fortita eft arbor, Bel.
gico idiomate Zoete Boonen-Boom. Cingit hafce fabas
medulla albicans, fuaviflimà dulcedine grata, quæ ver-
miculos mihi feu acaros exhibuït candicantes , ceu in fili-
qua aperta exprefli, in aurelias fufci coloris degeneran-
tes, & die 2 Aprilis, decimo poft in virides ejufmodi
mufcas tranfeuntes, veluti proximè ad acarum una cer-
nitur,
Erucam inferius appendentem , folüs hujus arboris,
pariter ac fronde plantæ Tab. XXXII expreflz , nutrivi
ad diem ufque Junii 16 Anni 1700 cumin viridem mutata
aureliam , hinc poft elapfos decem dies in Papilionem ,
qualis fuprà in filiquâ hæret , transfigurata eff.
Alias adhuc maximä copiä in hac arbore Erucas ob-
fervavi, formatas, ceu in caule fuperits repere unam
cérnis, quæ pilis flavis atque nigricantibus fetis onufta,
dejectos poftmodum pilos fcatulæ, ubi refervata erat,
agglutinabat, telam cineritii coloris ovatam inde con-
texens , ut in virente confpicis folio. Huic inclufa nido in
aureliam , atque dein, fpatio trium dierum , in mufcam
tranfiit; reliquis hujus generis omnibus fimili modo in-
textis fimilem metamorphofin fubeuntibus, mufcis pro-
deuntibus , quarum alæ fufco, corpora rubicundo, viri-
di, aurco , argenteoque colore piéta nitebant.
R E M A
La figure & la defcription de cette plante ne laïffent aucun lieu de douter
mange comme celui de l’Inga ordinaire,
J: 1 deffiné ici mne branche d’un grand arbre qui
croit dans les bois & les foréts de l'Amérique : comme
la capfule qui renferme la fémence , contient des fèves
noires, on a donné à cet arbre , en Hollandois , Le nom
de Zoete Boonen-Boom, c’eff-à-dire l’Arbre aux Fêves
douces. Ces féves font énveloppées d'une moëlle blanche
d’une douceur très-agréable , j’en ai tiré de petits vers
blancs ou plutôt des mites , telles que je les ai repréfen-
tées fur une fêve fendue ; elles fe changerent en nymphes
brunes , dix jours après, c’ef-à-dire le 2 d’ Avril, il
en fortit des mouches vertes , telles qu’on les voit près
de la mite.
J'ai nourri jufqu’au 16 Juin 1700 , des feuilles de
cet arbre & de celui de la Planche XX XIT , la Chenille
Jufpendue en bas à une feuille; elle fè changea alors en
une nymphe verte, & dix jours après en un Papillon ,
tel qu’on voit fur la coffe.
Jai trouvé encore fur cet arbre un grand nombre
d’autres Chenilles, telle que celle qui eff au haut de la
branche. Elle avoit des poils jaunes & des crins noirs.
Elle quitta [es poils, & s’attacha à la boëte dans la-
quelle je la confervois ; elle y fila un Cocon couleur de
cendre & de la figure d’un œuf, comme je l'ai deffiné
ici fur une feuille verte : renfermée dans ce nid, elle s'y
transforma d’abord en une nymphe , & trois Jours après
en une mouche. Toutes les autres de la méme efpèce
s’étant renfermées de même & ayant fubi les mêmes
changemens devinrent des mouches , dont les aîles étoient
brunes & le corps tacheté de rouge, de verd , d’or &
d'argent.
R O UE
que ce. ne foit une efpèce d’Inga , dont le fruit fe
DES PLANTES ET INSECTES DE SURINAM
EXPLICATION DE LA PLANCHE rx
Ce RESCIT in aquis Suriñamenfibus fpecies quædam
Naflurtit , folis craffioribus, glabris & fucculentis’, caule
cum flavedine viridi , flore pallidé rubicundo ; quæ pro
fpinachiä & acetariis infervit,
Cum in co jam res fit, ut meo de Infedtis Operi co-
ronidem imponere decreverim , non incongruum erit,
huic Naflurtio aquatico adhuc animal aquaticum , Bufo-
nem fcilicet , apponere, Fœmina ex animalibus ejus ge-
neris in dorfo gerit fœtus fuos, quippe uterus ad longi-
tudinem dorfi pofitus femina concipit , fovet & nutrit,
ufque dum maturitatem vitamique nacti fint fœtus, quando
ipfi per cutem fibi pariunt viam , unus poft alium fenfim
velut ex ovo crumpentes. Ego vero € re perfpedà,
matrem confervavi in Spiritu Vini cum reliquis fœtibus,
quorum nonnulli capite folum , alii parte corporis dimi-
dià jam emerferant. Comeduntur ifthuc loci à mañcipiis
Bufones illi, neque cibus iifdem creditur efle contem-
nendus, Coloris funt & nigro fufci, pedibus anteriribus
Ranam, pofterioribus Anatem æmulantes.
Conchylia quoque ubi fervos & fundo maris expifcari
jufliflem , quænam includerent animalcula, inveftigaru-
ra , plura eorundem collegi, animalculis adhuc vivis in-
habitata ; horumque nonnullis vi extractis, illa parte an-
ticà fpecies cancrorum, pofticà effe limaces conchæ im-
plicitos, obfervavi. Tnterdiu quiefcebant , noëtu vero pe-
-dibus furdë in domiciliüs fuis obftrepebant , admodum
inquieta.
#0
NQ
F
Îr croît dans les eaux de Surinam une efpèce dé
Creflon , dont les feuilles font épaiffes , unies, & plei
nes de fuc : la tige en eff d’un Jaune verdâtre, & la
Jieur d’un rouge pâle; il tient lieu d’épinars; on le
mange auffi en falade.
Avant de mettre fin à ce Traité dès Infodes ; je n*
ferai point mal de mettre auprès de ce Creffon un ani-
mal aquatique, qui eff une efpèce de Crapaud, dont
la femelle porte fes petits [ur fon dos ; crrelle a l'Uterus
le long du dos, & c’eft là où elle conçoit & où elle nour:
rit fes embrions ; jufqu’a ce qu’ils aient recu la vie,
alors ils s'ouvrent un paflage à travers de [a peau , &
ils en fortent comme d’un œuf, les uns après les autres,
Lorfque je remarquai cela, je jettai la mere dans l’ef-
prit de vin avec fes petits, dont les uns avoient, déja
Sorti la téte, les autres la moitié du corps. Les Noirs
mangent ces Crapauds & les trouvent délicats ; ils font
d’un brun noirâtre , leurs pattes de devant reffemblent
a celles des Grenouilles , & celles de derriere à celles des
Canards.
J’ai auf fait pécher des Coquilles dans la Mer ;
pour voir quels poiffons elles renfermoient ; j’ai trouvé
dans plufieurs de petits animaux vivans, 6 les ayant
tirés de force , j’ai remarqué que par-devant c’étoit une
efpéce d'Ecreviffes ;ÿ & par derriere, qu’ils reffem=
bloient aux limaçons enfermés dans la coquille. Le
jour, ils refloient en repos , mais la nuit étant fort in-
quiets, ils faifoient du bruit dans leur maifon avec
Leurs pattes.
R'EM AR O0 UE
C'elt le Portulaca Curaffanica angufto longo 3 lucidoque folio Herm. Barad. Bat, PI, 112 , felon M. Adanfon.
= RE — Fe D ON RUE
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A ”
HISTOIRE
GÉNÉRALE
EXPLICATION DE LH PLANCHE LX.
Ans 1701 menfe Januario in agro Surinamenfi
“vepretum ingrefla , numquid detegere poflem, hinc in-
-dè perfcrutatura, florem iftum pulchrè rubentem in arbore
-quâdam reperi, cujus nomen & natura illius regionis in-
colis ignota érant.
Erucam quoque tum temporis inveni prægrander,
rubicundam , tribus veluti coralliis cœruleis in fingulo
fegmentorum, & 1 quolibet corallio plumä nigricante
infignem. Fronde hujus arboris eandem alere mihi pro-
pofueram, telæ autem ftatim fefe intexuit , in raram hu-
jufmedi aureliam degenerata, adeo ut, an veram ei
præbuerim efcam nec ne, incertam me lateat. Die Ja-
nuarii 14 tam formofus indè productus eft Papilio, ala-
rum pofticis intüs nitidè cœruleis , anticis cum albicante
ftria cœruleo mixtâ fufcis , veluti expreflum hic in vo-
Jante dedi : alas autem exteriores ornant arcus rotundi
tres, nigricante , flavo & fufco colore tinéti ac pulchre
flammei , ceu in quiefcente delineavi. In Belgio de
Groote Atlas , hoc eft magnus Atlas, nuncupari folet.
Ferum aliquod genus vefparum, quas incolæ Maribonfe
vocant , ubique Surinami , tum in ædibus, tumin agris, fre-
quens eft. Coloris funt fufci, neque homines folum fed &
bruta cunéta , quæ ipfas propinquitate molefti in opere fuo
turbant, aggrediuntur & pungendo aculeis fauciant. Nidos
perinde ac in Europa variæ elegantis ftruturæ confi-
ciunt, fpeétatu dignos, & de mirà earum folertià tef-
tantes , quam concinnè eadem fibi adverfus pluviæ ven-
tique injurias conftruant domicilia , tantüm, ut femina
fœtufque confervata reponantur. Semen hoc ipfarum pri-
muüm vermem producit album, qualis infra juxta Eru-
cam pofitus eft, qui pedetentim in feras iftiufmodi apes,
peftem illius regionis , transformatur.
R E M A
Tout ce qu’on peut dire fur cette plante pour indiquet quel-
que rapport , c'eft que fa fleur reffemble très-bien à celle d’un
Cierge ; mais la forme de fes feuilles, en fuppofant qu’elles
A U mois de Janvier 1701, étant allé dans ün
bois près de Surinam pour faire quelques nouvelles décou-
vertes ; Je remarquat cette belle fleur rouge à un arbre,
dont les gens du Pays ne purent me dire ni le nom ni
les vertus.
Je trouvai alors une grande Chenille rouge : elle avoit
Jur chaque jointure trois grains comme de corail bleu ,
G de chaque grain fortoit une plume noire ; j’avois ré-
Jolu de la nourrir des feuilles de cet arbre, mais elle
s’enferma d’abord dans fon Cocon, & fe transforma
en une nymphe tout-a-fait rare, enforte que je ne pus
Jgavoir fi je lui avois donné une nourriture convenable.
Le 14 de Janvier il en fortit un Papillon très-beau ;
le derriere des aîles en deffus étoit d'un beau bleu » €
le devant rayé de blanc & de bleu | mélé de brun , comme
On peut voir dans celui qui vole ; les ailes extérieures
avoient trois cercles noirs, jaunes , & bruns, & d'ail.
leurs parfaitement émaillées , ainfi que j’ai deffiné celui
qui effen repos. Les Hollandois nomment ce Papillon
le Grand Atlas.
On trouve par-tout à Surinam dans la Campagne
& dans les maifons une efpèce de guépes incommodes,
que les habitans nomment Maribonfes; elles font brunes,
& elles attaquent , piquent & bleffent les hommes & lés
animaux , qui les troublent dans leurs travaux , car elles
font, comme en Europe, de petits nids conffruits d’une
façon admirable , qui font une preuve de leur adreffe .
ces petites niches Jont bâties avec tant d'art, qu’elles
Peuvent s’y mettre à couvert & leurs jeunes , de la pluye
& du vent; il fort de leur fémence un ver blanc, tel que +.
J'en ai deffiné un auprès de la Chenille, qui peu-à-peu fe
transforme en une abeille féroce , la Pefle de ce Pays-la,
|
RQUE
appartinffent à cette plante, nous affurent qu'elle ne peut cepen-
dant en être un.
DES PLANTES ETINSECTES DE SUÛRINAM
EXPLICATION DE LA PLANCHE LXI,
Pravran hanc , quæ Guaiava Alba dulcis vocatur,
pag. 19, accuratè defcriptam, & fimul cum ejus fruétu
Tab. XIX delineatam reperics,
Eruca vero, quæ hujus frondes depafcit, die 24 Fe
bruarii in Aureliam transformata eft, undè 2 die Marti
Phalæna erupit , cujus album corpus maculæ & flavo fufcæ
ornabant. Erucæ caput & dorfum nigrum paulatim de-
clinat ad album colorem, deindè pulcherrimè flavefcit ,
ac in pofteriori corporis parte nigerrimos fpinofofque
pilos , uti in anteriori , & fub ventrem pulcherrimos fla-
vos gerit; Aurelia perfufca eft, & nigfis pilis, ficuti
calvum ejus caput rubro alboque circulo , ornatur,
Magna vero illa Eruca, quæ in eâdem ärbôre repe-
riebatur , fubnigra eft, dorfum de capite ufque ad cau-
dam nigr ftrià , ceteraque pars corporis migris circulis ,
infignita funt , at ventrem versüs albi punétuli, uti in ca-
pite & caudà purpureus color confpicitur. Hujus gene-
ris Erucarum aded frequens copia eft , ut ipfa plus quam
quinquaginta poffedi. Hæcce autem 30 die Augufti in
aureliam cineream , perfufcis ftriis ac maculis decoratam,
mutata eft, undè 16 die Septembris magna hæc Phalæna
erupit, cujus corpus ftria candida, quatuor maculis ni-
gris adumbrata, adornat, quam juxta utrinque quatuor
lineæ obliquæ nigræ , ac fimiles quatuor ftriæ five ma-
culæ albæ vifuntur. Maculis fubobfcuris albifque alæ fu-
periores variegatæ , at inferiores fupernè crocei, fubtüs
fubobfcuri coloris funr.
O» trouve à la Planche XIX la figure dé cer
plante & de fon fruit, & fa défcription pag. 19: On
le nomme Guaiava Alba dulcis,
La Chenille qui fe nourrit de fes feuilles fe changea
en nymphe le 24 Février, & le 2 Mars il en fortit un
Papillon noëturne ou Phalene, dont le corps étoit blancs
tacheté de brun jaunâtre. La tête de la Chenille & fon
dos, qui étotent noirs , fe changerent peu-à-peu en
blanc , ils devinrent enfuite d’un beau jaune ; le devant
& Le derriere [ont couverts de poils très-noirs, & ceux
qui font fous le ventre font jaunes. La fève el fort
brune , couverte de poils noirs ; la téte qui eft chauve ,
eft ornée d’un cercle rouge & blanc, |
La grande Chenille que l’on voit fur le même arbre ;
eff d’un brun obfcur, une raye noire va depuis la térè
jufqu’à la queue, le refte du corps n’eft que de cercles
noirs ; vers le ventre on trouve de petites taches blan:
ches, la tére & la queue font couleur de pourpre, Il y a
ur fi grand nombre de ces Chenilles, que j’en ai ramafé
plus de cinquante. Le 30 Août elle [e transforma en une
nymphe grife, couverte de rayes & de taches d’un brun
obfeur. Le 16 Septembre il en fortit cette grande Pha:
lene , qui avoit fur le corps une raÿe blanche, où 1 ÿ
avoit quatre taches noires , de part & d’autre, outré
quatre lignes noires obliques , & quatre blanches toutes
femblables ; les aîles de deffus étoient tachetées de bruri
& de blanc ; celles de deffous étoient jaunes en haut,
& en bas d’un brun obfcur.
HISTOIRE
GÉNÉRALE
SNPLICATION DÉ LA PLANCHE EXNTE
EE Rucros ‘hic Ramus eft arboris, Papaÿ ditæ, unà
“cum ejus floribus , pulcherrimè albicantibus & interiis
aureis., cujus défcriptionem pag. 40 antec. Lector videat.
In di4 arbore reperta eft fuperior Eruca , viridis lutet-
que coloris, in primo poft caput fegmento puniceum
ocellulum & orbicularem maculam albam oftendens , cu
jus à latere duæ aliæ maculæ fubrotundæ , cufpidatim
præditum ocellulum circumcurrentes , vifuntur. Celer-
simè hæcce Eruca curfitat, magnâque fe vi defendit &
pugnat. Die 16 Maji in fufcam & valdé incandefcentem
aureliam, nigris maculis circumdatam , transformata eft,
undè feq. die 19 Junii hæcce Phalæna, quæ Belgico
idiomate’ Brummer-Uyl dicitur, erupit , multifarii colo-
ris maculis & ftriis ornata & variegata.
Prægrandis vero inferior Eruca in eâdem arbote reperie-
batur, & ex fufco deorshm , at ventrem versus ex albo
colore eft, & marmoris inftar variegata & in utroque
latere {ex recurvis uncinulis albicantibus ornata eft, caput
autem nigrurm clypeum, duabus crucibus , adamantis
inftar fulgentibus, oftendit. Die 12 Maji in aurei coloris
aureliam transformata eft, undè 12 die Junii hæcce Pha:
æna, quam Brummer-Uyl apellamus , erupit, binis ocu«
lis majufculis , vadè extuberantibus , in dorfo ftrià albà
nigrifque lineis tranfverfis, & in utroque latere albis ni-
grifque maculis ornata eft, fuperioribus alis ex fubob-
{curo, fulvo, nigro ; alboque colore marmoratis , infe-
rioribus vero fursim ex aureo , deorsüm ex fubobfcuro
colore , in fulvanr & denticulatam marginem finit, &
evanefcit.
CL: sr ici uhe branche de Parbre noïime Papy ;
avec fes fleurs, qui font d’un beau blanc & couleur d’or en
dedans, & dont la defcription ef? à la page 40, J'at
trouvé fur cet arbre la Chenille qui eff en haut. Elle
étoit verte & jaune, elle avoit fur la jointure qui fui-
voit la téte une efpèce d’œil brun-rouge, avec une tache
ronde & blanche, à côté de laquelle il fe trouvoit deux
autres taches rondes , qui alloient en pointe autour de
cet œil ; cette Chenille rampe fort vite, & elle fe défend
avec beaucoup de force. Le 16 Mai, elle fe transforma
en unenymphe d’un brun blanchätre, environnée de taches
noires ; il en Jortit le 19 Juin cette Phalene tachetée &
rayée de plufieurs couleurs, que les Hollandois nom-
ment Brummer-Uyl.
La Chenille qui eff en bas , a été trouvée fur le mémé
arbre; elle étoit fort grande, marbrée de brun fur le
corps , & blanche vers le ventre; de côté & d’autre elle
avoit fix crochets blancs, [ur la téte ui bouclier noir avec
deux croix blanches qui brilloient comme un diamant.
Le 12 Mai elle fe transforma en une nymphe couleur
d’or, d’où fortit le 12 Juin un Papillon noëturne , que
les Hollandois nomment Brummer-Uyl. I avoit deux
gros yeux, qui fortoient au-dehors , & [ur le dos une
raye blanche entrecoupée de lignes noires, & de côté &
d’autre des taches blanches & noires. Les aîles de def=
fus étoient marbrées de brun, de jaune, de noir & de
blanc , celles de deffous étoient couleur d’or vers le haut :
G brunes vers le bas , les extrémités étoient dentelées
de jaune clair. |
DÉS PLANTES ET INSECTES DE SU
2
Le” : A
bed
EXPLICATION DE LA PLANCHE LXIIS
M AGxNA hæcce Eruca prima in arbore , belgicè de
Cacauboom di&à , reperta eft, utpote quæ 1llam depaf-
cit, eaque luteo-viridis coleris eft. Spinof autem pili,
qui fubrès virides , deorshm lutei funt , totum corpus
muniunt. Die 21 Junü telam contexuit, &c in fufcam
aureliam mutata eft , undè feq. die 16 Septembris magna
la Phalæna erupit coloris rofei, cuüjus alas inferiores
magnæ duæ maculæ albæ, quas nigerrima & lata margo
circumcurrit, ornant, cujus in medio angulofa & parva
& magna macula nigra confpiciuntur. Admodum vene-
nata hæcce Eruca eft , cum attingentes digitos meos
priores vulneravit , ita ut ftatim purpurarent flavefcerent-
que cum maximis cruciatibus manus mex ufque in cu-
bitum , ad quos tollendum ftatim oleo Scorpionio utebar ;
quod intra horæ dimidium omne cruciamentum tollebat.
Poft hæc per microfcopium fpeculabar , éamique plenam
fpinulis punétifque comperiebam , qui fubtüs virides &
craff, fupernè verd nigri & tenues erant, & abrupti in
cute müihi hærebant, & veneficii hujus auctores exfta-
bant, femper autem oleum Scorpionum contra talem 1æ-
fionem Erucarum aliorumque animalculorum optima
Medicina comperta eft
Ajtera iffa Eruca nullam fpinam habet & penë depilis
eft, at varüi coloris, & nigris circulis & lineis ornatur
totum corpus ejus album ex glauco, ubique rubris punc-
tulis confiturn. In gramine ; quod depafcit, reperta ; at-
que 7 die Januarii in cineream aureliam transformiata eff,
undé feq. 2$ die ejufdem menfis pulcherrima prorupit
mufca, coloris cineritii & albi ex glauco, argentofis
maculis ornata , cujus alæ inferiores caudas alafque gerunt:
‘ec arbor Cacari Cacavifera , five Cacava Quabuitl ab Her:
nandè in hiflorià Mexicanä vocatur. Amigdalis fimilis Gua-
cimalenfis à C. Bauhino. Cacao Americæ Jive Avellana Mexi-
çana à J. Bauhino. Chocolata à Pifone in Mantif[ä Aromaticä,
R E M A
Crsss grérde Chenille à éié trouvée für l'arbre
qui porte le Cacao , dont elle fe nourrit , elle éréit d’un
verd jaunûtre. Tout fon corps étoit couvert de poils aï-
gus, verds vers la racine ; & jaunes vers la pointe. Le
21 Juin elle fila [on Cocon, € fe transforma en une
nymphe brune, & le 16 Septembre il'en fortit cette Pha-
lene couleur de rofe, dont les ailes de deffôus avoôient
deux grandes taches blanches bordées de nôtr, & au milien
defquelles il y a trois taches auf noires ; l’une grande;
Pautre plus petite & triangulaire ; cette efpèce de Che-
nille eff très-venimeufe. Elle me bleffa aux doigts dont
je la touchai, & auffitôt ils devinrent pourprés & livi-
des, & me cauferent une grande douleur qui fe cormus
niqua à la main & jufqu’au conde ; j'eus d’abôrd re-
cours au reméde ordinaire de l’huile de Scorpion; &
en moins d’une demie-heure je fus guérie L’ayant
examinée avec le Microfcope ; je remarquai qu’elle étoit
couverte de pointes & d’épines vertes & épaiffes par en
bas, & en haut noires & fines, & que c’étoient ces
pointes noires rompues qui m'étant refiées dans la chair;
avoient caufe cet empoifonnement, On & tronvé que
Phuile de Scorpion étoit toujours un reméde certair
contre ces piquwres de Chenilles & d’autres Infedkes;
L'autre Chenille qui ef? én bas, n’eff point çoiverte
de pointes & elle eft prefque fans poils, elle ef de di:
verfes couleurs, & l’on voit fur tour fon corps des li=
gnes & des cercles noirs: Je Pai trouvé fur l'herbe au’elle
péturoit, & le 7 de Janvier elle fe transforme en une
nymphe grife; d’où le 25 du méme mois fortit une
très-belle mouche grife, & d’un beau verd de Mer avec
des taches d’argent, il y avoir des queues & des ailes &
fes aîles de deffous.
Herriandès dans fon Hiftoire du Mexique norhme éer arbre
Cacari , Cacavifera , ou Cacava Quabuirl ; C. Bauhin le nommg
Armigdalis fimilis Guatimalenfis ; J. Bauhin en parle fous le nom da
Cacao Americe où Avellana Mexicana ; Pifon dans {à Marrifs
fa Aromatica l'appelle Chocolata,
R © Ü E
Nous aŸons donné la méthode de faite le Chocolat dans notre Manuel alimentaire:
Q 1
a. HISTOIRE
GÉNÉRALE
Æ XPLICATION DE LA PLANCHE LXIT.
P Ac. 40 & C2, folium atque florem arboris Papajæ
æri incifa vidimus. Iterumque hâcce tabulä exhibetur
ärbor fimul cum ejus fruétu & quidem in maximo vi-
gore, qui, adhuc immaturus, albus eft, & quo magis
maturefcit, eo flaviorem, tandemque aureum colorem
exhiber, & fuavis atque grati faporis-eft. Intüs parva
femina nigra condit adinftar Grani piperis ; quæ femi-
“matura, inter Carnes coquuntur & foventur , uti cinara-
rum fellæ. Cum vero femine & cortice folutus eft fruc-
tus in longis gracilibufque partibus diflecatus , ad ficca
humidaque condimenta paranda , quæ valdè fapidà funt,
ufurpatur. In hocce fruétu quoque fupradepicta Eruca
reperta eft, optimè ex flavo & fubviridi colore variegata,
quæ 2 die Martii telam contexuit & in cineritiam aure-
Ham mutata eft, undè feq. 20 die Marti magna illa
Phalæna, quæ belgicè Brummer Uyl vocatur, erupit,
confimilis omni modo Phalænx , quæ belgico idiomate
nominatur de groote Onruft five ’t Camperfoelibeef?.
Inferior fufca prafina Eruca in utroque latere flrià,
ex flavo rubroque colore intermixtà , de capite ad cau-
dam ornata, in capite femi-rotundum clypeum gerit,
adinftar Adamantis corufcans, & Arborem, vulgo de
Papayboom , inhabitat ; die 14 Novembris in fufcam
aureliam transformata eft, in capite roftrum , quod fe
peus versus incurvat , gerens, undè fequenti die 28
Novembris magna hæc Phalæna , quam noftrates de
Brummer Uyl vocant, erupit, colore lucido pullo &
albo acuminatim variegata , cujus corpus ftriis rofeis ac
nigris & dorfum unà tantum cineritiä ftrià nigris maculis
prorextà ornabantur,
OO» trouve dans des Planches XL & LXII
feuille & la fleur de l'arbre nommée Papay ; nous Pa=
vons déeffiné ici avec fon fruit dans [fa vigueur ; avant
d’être mür , il eft blanc, & à proportion qu’il mérit, il
jaunit, enfin il devient couleur d’or ; le goût en eft
doux € agréable. Il renferme de petits grains fembla-
bles à ceux de poivre; lorfqu’ils ne font qu’à demi
mêrs, on les cuit avec la viande, comme les culs d’ar-
tichaux. Quand la graine & l’écorce font étées, on
coupe ce fruit en tranches longues & minces, & l’on en
fait des confitures fêches ou humides , qui ont un très=
bon goût. J’ai trouvé la Chenille qui eff en haut, far
cet arbre, elle étoit marbrée de jaune & de verd. Elle
fila fon Cocon Le 2 Mars, & fe transforma en une
nymphe brune ; le 20 du méme mois ce beau Papillon
nocturne Bruyant , ou Phalene en Jortit ; il reffembloir
parfaitement au Papillon que les Hollandois nomment
le groote Onruft ou Le Papillon Chevrefeuille,
La Chenille qui eff en bas eff couleur de Jfinople, &
rayée depuis la téte jufqu’à la queue de Jaune & de
rouge, elle a fur la téte un bouclier qui fait un demi.
cercle & qui brille comme un diamant. Elle Je tient fur
le Papay. Le 14 Novembre elle fe transforma en
une nymphe brune, qui avoit une trompe à la téte
recourbée fur la poitrine , le 28 du même mois ilen Jortit
un Papillon noëîturne Bruyant, qui étoit marbré de gris-
de-fer & de blanc. Le corps étoit rayé de côté & d'autre
de rouge clair & de noir , fur le dos il Y avoit une raye
grife tachetée de noir.
DES
PLANTES ET INSECTES DE SURINAM 6;
EXPLICATION DE LA PLANCHE LXP,
rues illa, quæ pulcherrimè flavefcit , & ven-
trem versus rubicunda eft , magnam ac flammatam in
caudà tignam gerit. Citrum inhabitat, ejufque frondes
depafcit , at rard occurrit. Telam die 24 Februarii con-
texuit, & in aureliam transformata eft, cujus filum fpe-
cies rici erat, quod aliorum Bombycum telas & multi-
tudine & fulgore antecellit. Dolendum eft, tam paucas
hujus generis Erucas inveniri, cum certa fim ex his ma-
jus emolumentum acquirendum efle, fi modo tam fà-
cilè, quam aliæ, educari poflent ; quod tamen, ni fal-
lor , nullus unquam aggreflus eft. Inde feq,. die 2$ Marti
hæcce Phalæna prorupit, quæ permagna & aurei ac ru-
bicundi coloris eft, ac flriis albis, tam in fuperioribus,
quam inferioribus alis ornata, in quarum unâquâque,
adinftar vitri fulgens macula, perlucida & duobus cir-
culis , interiore fcilicet albo , extimo autem nigro, cir-
cumfepta, apparet, ita ut hæcce macula haud fecus,
quam fpeculum , pluteo circumduéta , confpiciatur , qua-
mobrem hæcce Eruca ab fautoribus fpeculi portator,
five belgico idiomate de Spiegeldrager appellatur.
Cz TTE belle Chenille jaune eff rouge vers le ventre,
G fur la queue elle a une double raye qui forme une
flamme. Elle fe trouve [ur les Citroniers , dont elle mange
les feuilles, & ellen’effpas des plus communes. Le2 5 Févr.
elle fila fon Cocon & fe transforma en nymphe. Son fil
eff une efpèce de foye , qui eft plus brillante & plus co-
pieufe que celle des autres vers-à-foye ; il ef? fâcheux
que l’on trouve fi peu de ces Chenilles, puifque je fuis
perfuadée qu’on en pourroit tirer plus de profit que des
vers-à-foye, fi on pouvoit les nourrir auffi facilement ;
ce que néanmoins je ne Crois pas que perfonne ait entres
pris. Le25 Murs, la Phalene que lon voit dans
cette Planche, en fortit. Elle eft fort grande, couleur
d’or & rouge, avec des rayes blanches, tant fur les
ailes de deffus que fur celles de deffous , fur chacune
defquelles il y a une tache claire & tranfparente comme
le verre, environnée de deux cercles , l’un blanc, qui
eff en dedans, & lautre noir qui eff en déhors ; de
maniere que cette tache reffemble beaucoup à un muroër
avec fon cadre, c’eff pourquoi les curieux nomment ce
Papillon Porte-Miroir, & en Hollandots Spiegeldrager.
Te
1
2 GONE RE me
66 HISTOIRE
BHRLICATION. DE
Pro: M1, tam Indiæ Orientalis:, quam Occidentalis
©peris rarioris amatores fibi imaginantur , & affirmant , imo
vidifle ipfos dicunt animalculum , quod belgico idiomate
Let wandelende Blad vocatur , in ipfis arboribus prove-
nifle, undè maturatum delabitur, ac deinde fe in pedes
dat, five avolat; fed reverà magnus error eft, ex merà
ignorantià profectus, cum animalculo originem nunquam
perfcrurati fint, & hoc æque, ac alia animalcula, ex ovis
producatur. Ex ovis autem omnes ante nominatæ Phalænæ
oriuntur, quæ.poft naturales conjunétiones eo loco depo-
nuntur , quo indè producenda animalcula illico alimentum
fuum capere queunt, & primo vermiculi, five Erucæ funt,
quæ manducantes crefcunt & augefcunt, atque jam in juf-
tam ftaturam excretæ., telam contexunt, & in aurelias
transformantur quarum hæ longiori, illæ breviori tempore
ad perfetum vigorem confequendum egent, quæ tandem
inde prorumpunt ac proveniunt omnes humidæ , & maximè
contortæ , at interdum illarum alæ intra minus, quam fe-
mi-horæ fpatium , poftquam paululum agitarunt & com-
moverunt fefe, exarefcunt, ätque eéxtenduntur , ita ut
omni modo perfeétæ Phalænæ hinc confpiciantur, quæ ,
ita mutatæ , decies & amplius majores funt, quam ipfæ
aureliæ , in quibus jam pridem recludebantur.
Hocce Animalculum , belgicè ditum het wandelende
Blad , utpote Locuftarüm genus , eodem modo nafci-
tur : quæ autem de illo experta fum, enarrabo. Neger
meus ; cui femper injungebam ubivis in fylvis vermes,
Erucas, aliaque animalcula indagare, coar@atum mihi fo-
lum apportavit , quod fubtiliter reclufum aliquot mihi pra-
fina ova confpicienda dabat, ad coriandri magnitudinem,
unde poft paucorum dierum intervallum parva animalcula
nigra nafcebantur adinftar parvarum formicarum. Quæ
fubindè accrefcebant & eandem formam, quæ priora, &
hic effigiata, aflequebantur, donec plenà magnitudine &
alis potita effent , uti figura 2 demonftrat. In aurelias vero
non mutantur , ficut Phalænæ , {ed juftam menfuram con-
fequuntur augmento membrorum, veluti hoc genus ani-
malculorum perpetuo folet. Horum alæ viridi folio fimi-
les funt, fimilibufque fibris muniuntur. Varia genera re-
periuntur ; nonnulla enim viridis hilaris, nonnulla viridis
fufci & alia rursüs varii ac cinerei coloris funt : non rard
- etiam nobis occurrunt , quorum alæ aridis foliis confimiles
videntur. Inter illa, quæ in Indiâ Orientali proveniunt,
unum datur, cujus alæ fuperiôres , tam coloris quam for-
mæ ergo, fimillimæ foliis Citri funt. Hæcce Animalcula
in nidulis fuis, arbori impofitis , juftam formam aflecuta,
uti figura prima demonftrat, aliquantulüm fe telæ inte-
gunt & magnopere commovent, donec alæ omnimodè li-
beræ atque expanfæ funt, undè magisevalefcunt, contex-
tam telam frangunt & de arboribus cadunt, five avolant.
Cum vero horum alæ virides fint , & folii formam often-
dant, inexpertes crediderunt ipfa animalcula in arboribus
proveniffe.
Ne locus hujus Tabulæ vacaret, fubths hic genus Gly-
ris fylveftris depitum eft, qui catulos, quorum vulgo
quinque vel fex unâ fœturà enititur , in dorfo fecum por-
tat : ex flavo fufci coloris, at fubucula ejus alba eft. Cum
antra exeunt alimenti causâ, à catulis circumcurruntur ,
qui jam faturi , vel moleftias fufpicantes, illico matris dor-
fum afcendunt , & caudas fuas parentum caudis involvunt,
qui illos ftatim in antra apportant.
Hujus autem generis Glyrium varii reperiuntur, at præ-
cipuus verè eft, qui belgico Idiomate de Zak of Beurs-
rot appellatur , quorum femellæ femper catulos fecum in
ventre gerunt, qui pabulandi ergo prodeunt , & ,alimento
fumpto, rurfus matris ventrem irrepere folent.
;
GÉNÉRALE
EA4 PL A N:CH E:LXVE
ÿ 2 LUSIEURS curieux qui ont examiné les raretès des
Indes Orientales & Occidentales , fe font imaginé & ont
affirmé qu’ils ont vi un animal, que les Hollandois nom-
ment Ja Feuille ambulante , lequel felon eux croît à un ar-
bre, d’ou il tombe lorfqu’il eft mûr , & commence d’abord
a marcher ou à voler. C’eflune erreur qui a [a caufe dans
l'ignorance , parce que ces gens-là n’ont jamais examiné
l'origine de cet Infecke,qui provient d’un œuf comme les au-
tres ; car tous les Papillons, dont nous avons parlé ci-de-
vant, fortent des œufs que la femelle jette après les copu-
lations naturelles, dans des endroits , où l’Infe&e qui en
doit naître, trouve [a nourriture. D'abord ce font des
vers ou des Chenilles ; qui croiffent en pâturant, & lorf-
qu’elles ont la grandeur qui leur efE propre, elles filent &
Je transforment en nymphes , dont les unes ont befoin de
plus de temps, les autres de moins pour acquérir la vi-
gueur qui leur eftnécefaire. L’Infede qui fort de ces nym-
phes , eff humide & retortillé, & ce n’eft qu'après qu’il
s’effagité pendant plus d’une demie-heure, que [es ailes
s'étant [échées, commencent à s'étendre & à laiffer voir un
Papillon parfait , qui après ces métamorphofes eff [ou-
vent dix fois plus grand que la nymphe dontil eff [orti.
L’Infede que les Hollandois nomment la Feuille ambu-
lante, ef? une efpèce de fautérelle , qui naît de la méme ma-
niere, Voici ce que j’en ai remarqué. Mon Négre, à qut
j'avois recommandé de m'apporter les vers, les Chenilles
6 autres Infedes qu’il trouvoit dans les bois, m’apporta
un jour une feuille repliée, l’ayant ouverte adroitement,
J'y trouvai quelques œufs verds de mer, gros comme un
grain de coriandre ; peu de jours après il en fortit de petits
Tnfeëes noirs femblables à des fourmis ; en croiffant peu-
a-peu ils prirent la forme dont je les ai deffinés, 6 ayant
acquis leur grandeur naturelle, il leur vint des aïles , com-
me je lai repréfenté à la Figure IT ; ils ne fe changent pas
en nymphes comme les Papillons, mais ils acquiérent leur
groffeur naturelle , à mefure que leurs membres groffiffent.
Leurs aîles reffemblent à une feuille verte, & on y voit les
mémes fibres. On en trouve de diverfes efpèces ; les uns
Jont d’un verd clair, les autres d’un verdbrun, il y en a
auffi de marbrés & de gris;onen trouve encore dont les ailes
reffémblent a des feuilles [éches. Parmi ceux qu’on rencontre
dans les Indes Orientales, il s’en voit dont les aîles de def-
Jus font, & pour la figure & pour la couleur, comme une
feurlle de Citronier. Quand cet Infeële a acquis une certaine
grandeur dans fon nid, qui eff pendu à un arbre, il file
une toile dont 1l s’enveloppe en quelque maniere , enfuite il
s’agite violemment jufqu’à ce quefes aîles érant libres s’é-
tendent ; alors étant plus vigoureux , il brie cette toile &
tombe de l’arbre:, ou vole ; or comme fes aîles font vertes &
qu’elles ont la forme d’une feuille, les ignorans croyent
que ces Infedes font provenus des arbres d’où ils tombent.
Afin de remplir cette Planche, jy ai deffiné une efpèce
de Rat de forét, qui porte fur fon dos fes petits, dont il a
ordinairement cinq ou fix à chaque portée, ileft d’un brun
Jaunâtre & a le ventre blanc; lorfqu’il fort de [on trou
pour chercher à manger, [es petits le fuivent, & lorfqu’ils
ont mangé, ou qu’ils craignent quelque chofe, ils fautent
Jur le dos de la mere, s’'attachent à [a queue par la leur,
& elle les reporte ainft dans fon trou.
On trouve plufieurs efpèces de ces Rats, mais le prin-
cipal eff celui que les Hollandois nomment de Zak-Rot
ou Beurs-Rot, & dont la femelle porte [es jeunes fous fon
ventre d’où ils fortent pour manger, & où ils rentrent
auffirét après.
DES PLANTES ET INSECTES DESURINAM.
67
CÆPEICATPON DE LA PLANCHE LXPIT
Ma: hæc varii coloris & marmorata Eruca in
Ficu commoratur, cujus frondes depafcit ; quando ill
quifpiam moleftus eft, vel arripere conatur , juxta caput
duo aurantia cornicula extendit, quibus fe defendit, &
quorum punétio maximum venenata , & dolorifica eff.
Die 13 Junü telam contexuit, & in flavam aureliam,
fufcis flammeolis confitam , mutata eft , unde die 2r {e-
quenti hæcce pulcherrima Phalæna erupit, quam color
indigo , fubviridis & fufcus , at paululim argenteo fimi-
lis , ornat.
Altera vero ifta Eruca parva fubviridis eft, & ftriis
albis depicta , atque , uti ante nominata , in Ficu reperi-
tur: varias hujus generis poffedi; aft omnes, antequam
transformandi tempus adeffet , moriebantur , hæcce ta-
men fola die 14 Augufti telam contexuit, & in puni-
ceam aureliam transformata eft , quæ in capite roftrum
fpinæ fimile gerit. Unde die 21 fequenti hæcce Phalæna,
quæ'ex flavo , cineritio & albo colore variegata eft,
erupit.
C> TTE grande Chenille marbrée de diverfes cou«
leurs, fe trouve [ur les figuiers dont elle mange les feuil.
les. Si on lui fait du mal , ou fi on veut la prendre,
elle pouffe deux cornes couleur d'orange à côté de [a
téte , pour fe défendre, & [a piquure qui eff venimeufe,
caufe de grandes douleurs. Le 13 du mois de Juin elle
fila un Cocon, & s’y changea en une nymphe jaune,
marbrée de brun : le 21 fuivant il en fortit une belle
Phalene d’une couleur d’indigo , de verd & de brun, &
un peu argenté.
L'autre petite Chénille verte eff rayée de blanc, &
on la trouve comme la précédente fur les figuiers ; mais
toutes celles que j’avois moururent avant d’avoir fait
aucun changement ; une feule fila le 14 Août , & Je
transforma en une nymphe brune, qui avoit un bec
fait comme une épine. Le 21 du méme mois il en fortie
une Phalene marbrée de jaune , de gris & de blanc.
R à
HISTOIRE
GÉNÉRALE
EXPLICATION DELA PLANCHE LX VIII
Mac hæc , & pulchertimis fpinis ornata Eruca
à Negro mihi ex fylvà allata eft, ita ut nulla mihi ño-
titia ft herbæ aut frondium , quas depafcit : pulcherri-
n$ aureo & cramefino colore variegata eft, & egregiè
fplendefcir. Die 10 Septembris in brevem, crafflam &
triangularem aureliam mutata eft, coloris glauci at fub-
pallidi, unde die 12 Oétobris optima hæc Phalæna eru-
pit, cujus quatuor alarum partes fuperiores cærulez ,
inferiores fufcæ funt , maculis aureis adornatæ ; infernè
vero cæruleo, fufco & aureo colore, adinftar marmoris ,
depictæ funt, & unamquamque alam fex rotundi ocelluli
adornant, quorum ora nigra eft, circulus fecundus au-
rei, & macula media albi coloris ef.
L
Eruca altera , quæ flava eft, & nigris maculis ornàta,
mihi, ficuti illa fupra defcripta , allata eft, aft alimenti
folennis pen infcia fum : die 14 Novembris in pulcher-
rimam aureliam coccinei coloris transformata eft , unde
die 28 ejufdem menfis hæcce Phalæna , quam nos Belgæ
de Brummer Uyl vocamus , prorupit , quæ adinftar mar-
moris ex fufco flava & alba erat.
Hujus etiam minutifimæ Erucæ , quæ cineracei co-
loris eft, alimentum folenne omnino latet; die 2 Au-
gufti in coccineam aureliam transformata eft, unde die
ro ejufdem menfis hæcce parva Phalæna, quæ Belgicè
een Brummer Uylie dicitur , erupit, quæ ex fqualido,
flavo, fufco, alboque colore, adinftar marmoris, de-
pidta eft.
l/ N Négre m’apporta de la forét cette grande Che-
nille qui eff couverte de belles pointes , enforte que je ne
pus fçavoir quelles herbes ou quelles feuilles elle man-
geoit ; elle étoit tachetée de couleur d’or & de cramoifr,
& elle paroiffoit toute brillante. Le 10 Septembre elle
Je transforma en une nymphe courte, groffe & triangu-
laire, de couleur de verd de mer clair ; 1l en fortit le
12 Oobre le beau Papillon ci-joint: le haut des qua-
tre aîles étoit bleu , & le bas brun avec des taches cou-
leur d’or, par-def[ous elles étoient marbrées de bleu , de
brun & de couleur d’or ; 1l y avoit [ur chaque aïle fix
petits yeux ronds bordés de noir ; un fecond cercle cou-
leur d’or environnoit le premier, & la tache du milieu
étoit blanche.
L'autre Chenille qui eff jaune avec des taches noires,
ma été apportée comme la précédente, ainfi je ne [çais
pas quelle eft fa nourriture. Le 14 Novembre elle fe
transforma en une belle nymphe couleur de Safran, &
le 28 du méme mois en une belle Phalene que nous
nommons Papillon bruyant, elle étoit marbrée de brun,
jaune & blanc.
Je ne fçais pas quelle étoit la nourriture de cette
petite Chenille grife : le 2 Août elle fe changea èn une
belle nymphe couleur. de Safran , d’où fortit le 10 du
même mois un Papillon noëturne bruyant, qui étoit
marbre de jaune , de brun & de blanc.
RH
EE:
D
DES PLANTES ET INSECTES DE SURINAM. 6
EXPLICATION DE LA PLANCHE LIXIX
Rise hic Surinamenfis Crotodili Ef-
gies , ab orientalibus Indis Cayman vocati, eftque multo
robore præftans & formidabile animal tant hominibus,
quam terreftribus ac aquaticis animantibus ; in terrà enim
æque ac in aquà degit , & quæcunque fbi obviam ve-
munt devorat : Ex ovo, ad magnitudinem ovi anferini,
propemodum , progignitur , aft impofñfibile videtur, quod
animal , ex tam parvâ machinà proruptum , illico fexies
& octies extare poteft majus teftà, quam inclufum fuit.
Vide tale hîc ovum, quod à fronte apertum eft, fub
pofteriorem hujus animalis ungulam locatum. Licet verd
tam parvum nafcatur , nihilominus maximum animal ef-
ficitur , quod ex ovo provenit, cum Crocodili aliquando
ad viginti, & plurium pedum magnitudinem reperian-
tur. [llorum Caput , corporis fuperficies & cauda maximè
defquamata funt & dura, ita ut lædi non poffint, tam
mollis vero ventris cutis eft, ut ibidem facillimè truci-
dari queant : magnum illorum robur in duabus lineis
acutiffimorum dentium confiftit , qui arétiflimè invicem
clauduntur , & quicquid arripuêre, illico conterunt. Ce-
leriter curfitant , reéto limite, & fi corpus huc & illuc
vertere poffent , nihil illos effugeret : fupremarum maxil-
larum motus fit in fuperiori capitis parte, cum inferiores
immobiles funt, quod nullis aliis animantibus commune
eft , quorum omnium maxillæ inferiores moventur.
Viperæ, quæ adinftar Crocodilorum ex ovis prove-
niunt, multifariæ funt, licet illorum ova multo minu-
ciora fint. Exemplum vides fub capite hujus viperæ,
quæ vulgd amphysboena , five Biceps vocatur , quia ejus
caput , & cauda fibi invicem , refpectu formæ & circui-
cüs, fimilia funt; quod verd duo capita haberet , minimè
verum eft, cum facile & os & ocelluli in ordinarià capi-
tis parte confpici poffint , aft minimè in alter , quæ
cauda ejus reverà ef. Omnes inter viperas hæcce pul-
cherrimi coloris eft , utpotè quæ nigris, coccineis flavif-
que maculis ornatur : datur & viperarum alia fpecies,
quæ & cineritio fcilicet albi & flavi, atque fufci coloris
cit.
PTT Re SE UE
_
Pie. repréfenté fur cette planche, eft un
Crocodile de Surinam , que. Por nomme Cayman dans
les Indes Orientales , il eff très-vigoureux, & à: crain-
dre pour les hommes. comme pour Les animaux terreftres
@ aquatiques ; car il vit Jur terre comme dans l’eau ,
& 1l dévore tout ce qu’il rencontre. Il naît d’un œuf
gros comme celui d’une oye, & Pon ne peut comprendre
comment fortant d’une fè petite coque , il devient en JE
pew de temps fept ou huit fois plus gros que l’œuf qué
lui a donné la naiffance. J'ai mis un de ces œufs,
ouvert, derriere l’animal. Quoiqu'il foit fi petit en
naiffant , 1l devient le plus grand des animaux qui for-
tent d’un œuf, puifqu’on en trouve qui ont plus de
vingt pieds de long. Sa téte, le deffus de fon corps &
Ja queue font couverts d’écailles très - dures : enforte
qu’elles le rendent invulnérable, mais d’un autre côté
il a la peau fous le ventre fi délicate , qu’on le tue fans
peine en le touchant là. Sa plus grande force confifle
dans un double rang de dents qui croifent les unes [ur
les autres , enforte qu’il brife fans peine tout ce qu’il
attrappe. Il court très-vite, mais toujours en ligne
droite, & s’il pouvoir fe tourner de côté ou d’autre,
rien ne lut échapperoit : [a machoire inférieure ef? im-
mobile , & il ne remue que la fupérieure ; ce qui ne fe
voit en aucun animal, car tous ont la machoire infe-
rieure mobile.
Il y a plufieurs fortes de Vipères qui naïflent des
œufs comme le Crocodile. Mais leurs œufs font beau
coup plus petits; on en voit un fous la téte de cette
V’ipère que l’on nomme vulgarrement Amphisboena , ou
à deux têtes, parce que [a tête & [a queue [e reffem-
blent parfaitement ; 1l n’ejt pourtant pas vrai qu’elle
ait deux tétes, car on peut facilement diffinguer les
yeux & la gueule dans l’extrémite où eff la téte, ce que
l’on ne trouve pas dans l’autre, qui eft effeivement la
queue. Cette Vipére eff une des plus belles pour la cou-
leur , car elle eft rachetée de noir, d’aurore & de jaune.
Il y a une autre efpèce de Vipères qui font grifes,
jaunes & brunes.
HISTOIRE GÉNÉRALE
EXPLICATION DÆ LA PLANCHE LXX,
Hoccr Animal, quod vulgè Sanvegard dicicur
{licet hujus denominationis mihi ratio lateat) in Sylvis
Suriramenfibus reperitur, & politè ac tenuiter fauam-
matum eft ; forma autem & membra adinftar Lacerti,
eft mulro majora, habet : Lacertorum multæ fpecies
dantur; quas inter etiam Salamandra numeratur, quæ
inter illas medium tenet, quam Liguänus fequitur, ve-
Juti Crocodilus Liguânum refpeétu menfuræ : Experien-
tiæ defeQus nobis prohibet plura de hoc animale defcri-
here; notum tamen eft, illud , ficuti Lacerti omnes, ex
vis oriri, & non raro devoratorém ovium volatilium im
ipfis volucrum feptis meis comprehendi.
Cr x animal Je nomme vulgairement Sauvegarde,
j'avoue que je n'ai pu trouver l’étimologie de ce nom.
On le trouve dans les forêts de Surinam ; fes écailles
font minces & polies ; pour la figure & les membres , il
reffemble à un Lézard, mais il eff beaucoup plus grand.
Il y a plufieurs efpèces de Lézards, au nombre def-
quels on met la Salamandre ; cet animal tient le mt-
dieu ; le Liguan, pour la groffeur, fuit la Salamandre,
comme le Crocodile fuit le Liguan ; à défaut d’expé-
rience nous ne pouvons rien dire de plus de cet animal,
néanmoins on fçait qu’ainfi que tous les Lézards il
vient d’un œuf, € j’ai fouvent trouvé par experience
qu’il dévore les œufs des autres oïfeaux.
EE
DES PLANTES ET INSECTES DE SURINAM. "
EXPLICATION DE LA PLANCHE LXXR
Miss & peritiflimus multifariæ & exoticæ fup-
pelle“ilis rarioris poffeflor d'A. Seba hacce me Sciagra-
phià donavit, & benignè, quidquid de generatione &
metamorphofi Ranarum expertus eft, mihi communica-
vit, illarum failicet, quæ ex Pifcibus in Ranas , & quæ
ex Ranis in Pifces mutantur , ficuti in feq. duabus Ta-
bulis videbis,
In primà five inferiori Tabulà , Littera À, Metamor-
phofin demonftrat fingularis generis Ranarum America:
narum , quæ ex Ranis Pifces fiunt : hîc forma, & ad
Num. I, perfeétiffima Rana demonftratur, quæ paulu-
Him flavefcit & viridi affimilis eft, aft aliquantulum in-
fufcatur ; cutis earum circa dorfum & latera maculis or-
nantur; venter vero pallidioris coloris eft, & nebulofus ;
pofteriores pedes Anatum , anteriores vero communium
Ranarum pedibus affimiles funt : in flumine Surinamenfi,
nempe Cornaviña-COreck & Piricà copiosè inveniun-
tur. Poftquam plenam magnitudinem confecutæ funt,
hinc illico Metamorphofis videtur provenire, ita ut cau-
dulam, quæ fenfim accrefcit, acquirant, uti N°. IT,
demonftratur, & formam pifcis confequuntur , anterio-
tibus pedibus decrefcentibus & pereuntibus, ficut N°. IT,
& deinde pofterioribus , veluti N°. IV exhibetur; tota
denique Ranæ forma in Pifcem mutatur. N°. V, qua-
les mutati Pifces ab incolis Americanis & ipfis Euro-
pæenfibus , ibi commorantibus , vulgo Jakjes appel-
lantur , atque, ut delicatiflimum edulium, undique con-
quiruntur. Ejufdem fubftantiæ , ac noftra muftela, funt :
dorfi fpina, omniaque officula lenia, & verè Cartilagi-
nes funt, at in juftos articulos divifa : Pifces ipfi lenes ,
tenuiter ac eleganter parvis fquammis , loco pedum, or-
nati funt, qui ab pofteriori capitis parte fupra caudam ,
& rurshs ufque ad Ventrem medium expanfi videntur ;
animalium horum color mutatur, & qui antea fubobfcurus
erat, deinde cineritius exftat.
Prædida transformatio Éutopæenfium Ranarum Me-
tamorphofi contraria eft, quare eîdem paginà tabula
fecunda ad Litt. B. harum genituram oftendit , quæ ad
menfem Martium & Aprilem accidit, incalefcente enim
aëre veris tempore animalcula noftra in ftagnis & palu-
dibus conveniunt , affeétibus naturalibus fatifdant , atque
ejaculato femine, coaxant , illudque afflant , ita ut 1n-
calefcat, & vifcofa hæc materia concrefcat , & ubique
paulatim oculos confequatur ; uti figura ad N°. 1 de-
monftrat, quæ folis æftu vitam nancifcitur, Ne, 2 ubi
ex quolibet ocello nigro motus quidam , adinftar pifciculi;
aft nigerrimi , Oriri videtur, qui ad diem crefcit , &
primo pofteriores pedes duos acquirit N°, 3, & poft
dierum octo vel decem interlapfum Ne. 4 Pifcis, unà
cum duobus pofterioribus pedibus ; apparet, poft hinc
pes anterior lateris ( vide No, . eruptus , alterque
pes anterior jamjam. erumpendus confpicitur , quod te-
nue folummodo membranulum corii tamdiu impedit , do-
nec pes effringendi vires acquifiverit. Poftquam vero
quatuor pedes prodicrint, caput & tota forma Ranam
oftendit juxta N°.6. Cauda in dies petit , ac deminuitur
Ne. 7, ita ad Ne. 8 trunculus tantum , & ad N°. 9 per
fea Rana fine caudà vifitur, quæ ad vivum non major,
quam quæ hic depingitur, eft, fed temporis tra&u,
crefcit , aliumque colorem affumit , uti ad N°. 10 videri
poteft, imo multo magis crefcit, & tanto major fit, ut
non opus plura de ifto animalculo adfcribere putavi.
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M R. A. Seba , connoiffeur & amateur des ràrètés
étrangeres , dont il poffède un beau Cabinet, m'a fait pré:
Jent de ce deffin, & a eu la bonté de me faire part des re-
marques qu’il avoit faites fur la génération & les trars-
ormations. des Grenouilles ; & furtout de celles qui vien-
nent de Poiffons , ou qui fe changent en Poiffons. Ainfi
que lon peut voir dans les deux Planches furvantes,
Dans le bas À, de la premiere, on voit toutes lestrans-
formations des Grenouilles de l’Amérique , qui devien-+
nent poiffons, la Figure I repréfénte une Grenouille par:
faite, qui eft d’un jaune verdätre qui tire ur peu fur le
brun, la peau eff tachetée fur le dos & [ur les côtés; le ventre
eft d’une couleur plus pâle & pommelée, Les pattes de der-
riere reffemblent à celles des Canards , & celles de devant &
celles des Grenouilles ordinaires. Onen trouve beauccup
dans la Riviere de Surinam , dans le Cornawina-Creek ,
& dans la Pirica. Quand elles font parvenues à leur gran-
deur naturelle, elles commencent leur transformation, &
peu-à-peu il leur croît une queue, comme dans la Fig. T1,
De cette maniere leurs pattes de devant diminuant & dif-
paroiffant, elles prennent la forme d’un poiffon comme
dans la Figure LIT ; enfin ilen arrive autantaux pattes de
derriere ; Figure IV ; & après cela on ne voit plus rien de
la Grenouille qui eff transformée enun poiffon, repréfenté
dans la Figure V. Les originaires del’ Amérique & les
Européens qui y demeurent, donnent à ces poiffons le nom
deJakjes, & le jugent un mets très-délicat , ayant le méme
goût que la lamproye. L’aréte du dos & toutes les autres
font tendres, cartilagineufes & divifées par des jointures
proportionnées ; leur peau eff douce au toucher; elle eft
couverte de petites écailles : de petites nageoires très-déli-
cates leur tiennent lieu de pattes, & s'étendent depuis le
derriere de la téte jufqu’à la queue, & de-là jufqu’au mi-
lieu du ventre : leur couleur change aüffi, & ce qui étoit
d’un brun obfcur devient gris.
Cette transformation effcontraire à celle des Grenouil:
les d’ Europe, donton voit la génération dans la partie B,
de cette planche. Elle arrive ordinairement dans les mois
de Mars & d’ Avril, lor{que le printems commence à dôn-
ner plus de chaleur à Pair, alors les Grenouilles des
deux fexes fe cherchent, & [e joignent dans les étangs &
dans les marais. Lorfqu’elles ont jetté leur femence , elles
croaffent & foufflent deffus , enforte qu’elles l’échauffent s
cette matiere vifqueufe s’épaiflit, G l’on y voit paroitré
des yeux de tous côtés , comme on peut voir dans la Fig, 15
& elle recoit la vie du foleil, Fig. 2, od chaque œil noir ac-
quiert une efpèce de mouvement G paroît comme un petit
poiffon fort noir qui groffit de jour à autre, enforte qu'il
lui vient deux pattes par derriere ; Fig, 3, huit ou dix
jours après, on le prendroit réellement pour un poiffon qui
a deux pattes par derriere, Fig: 4, enfuite une des pattes
de devant fort , & l’on voit l’autre qui ef? préte à fortir ;
Fig. s, & qui n’eff retenue que par une peau fort mince
jufqu’à ce que la patte ait acquis la force de la percer.
Lorfque les quatre pattes paroïiffent , on voit la tére &
la forme complette d’une Grenouille, Fig. 6, la queue dif>
paroît peu-à-peu tous les jours , Fig 7; enforte qu’il
n’en refle qu’un très-petit bout , Fig. 8 , qui étanttombé ,
laiffe voir une Grenouille parfaite , Fig. 9, qui n’efe
pas plus groffe naturellement que celle qui eff ict deffinée,
mais elle croît avec le temps G change decouleur , comme
on voit par la Fig. 10 ; elle devient enfuite beaucou
plus groffe, mais en voilà affez fur ce fuget.
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a HISTOIRE
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EXPLICATION DE LAPLANCHE
( Ü M antéhac Métamorphofin & Genituram Atneri-
“canarum & Europæënfium Ranarum demonftravi , placet
‘hic mihi addere genituram Afiaticarum & Africanarum,
“quæ omnibus modis priorum genituræ affimilis eft, fi il-
jarum excipias majorem formam & colorem , uti N°,
demonftratur, & Pifciculus fimul pedes fuos pofteriores
acquirens , ( ficuti forma Europæënfis Ranæ ad Num. 4.)
ad figuram , N°. 2, notatam, pofteriores pedes multo
majores funt. Ad Num. 3 prodit Iævus pes anterior,
quartus extuberat, & cutem perterebrat. N°. 4, Rana
quadrupes fpeétanda datur, capite omnino Ranæ con-
“veniente, aft caudà minutiore exiftente, veluti N°. $
oftenditur, ubi cauda magis decrefcit, & veram formam
accipit, ita ut hoc genus Europæënfibus Ranis confi-
smile fit, refpectu genituræ & incrementi. Num vero
hæcce animalcula tratu temporis & accrefcentibus an-
nis rurfus in Pifces mutantur, nemo adhuc expertus eft,
vel documentum aliquod vidit aut refcivit.
Ülvam, quæ circa Ranas in aquâ cernitur, & Lutt. À,
motatur , Africa nobis apportat , ubi copiosè ex Mari ,
Ulvarum denominato., colligitur, & tam generis, quam
Coloris difpar eft. Lirtera B. maculam coralinam (bel-
‘gicè een Coraalmoesje) Conchæ innatam demonftrat,
uti & minutam arcam , Noëam diétam , quæ in Guinæä
reperitur , veluti Ramulus mariaus , Lur. C. fighatus.
Tafimæ duæ Conchz, Lutt. D. notatæ, rarifimum ge-
nus Amboinenfium Criftarum Galli funt |, quæ invicem
fibi quadrant , & infrequentis formæ funt. Concha,
quam Laitt. E. exhibet, & cujus os hîc fursim eleva-
tum confpicitur , rara Amboïnenfis Buccina , achatis
adinftar, eft, diverfis coloribus ornata, ita & Concha
altera Amboïnenfis Litr. F. elegantifimæ piturz eft.
Bruchus, Lit. G. defignatus , Mochæ reperitur , & non
folum planè niger eft, fed pulcherrimè refulget, & duo
rariflima cornicula gerit, quæ inter longum roftrum
eminet , adinftar Elephantis.
Arborem Arekam , licet hic delineatam videas , non
animus eft defcribere, quoniam jam fæpius & prolixé
hoc ab alis faétum eft, qui de extraneis arboribus trac-
tarunt ; folüm hoc loco eam exhibui, ad Erucas & Pa-
piliones , qui fuper illam proveniunt & gignuntur , de-
monftrandos. Magna illa Eruca alimentum ex floribus
petit, & fruétu hujus arboris, & ftatim ac plenä ma-
gnitudine potita eft, in aureliam mutatur, undè poft ali-
quot dies pulcherrimus Papilio , formofis nigrifque alis
fupernis , infernis vero aurei coloris, erumpit , quæ ni-
gris marginibus ac ftriis fimbriatæ funt, ipfius Papiionis
dorfo rubicundis punétulis decorato. Secundum tertium-
que genus nigrum etiam ac flavum eft, pulcherrimé
depitum , & excelfi coloris eft, atque illius natura &
proprietates cujuflibet dignæ funt perfcrutationis.
X XII.
A
“ PRÈS avoir parlé de la génération & des trans-
formations des Grenouilles de l'Amérique & de PEu-
rope, je rapporterat ici ce qui concerne celles de l_Afie
& de l'Afrique, qui pour la génération ne différent
en rien des premieres ; à l’exception de la groffeur &
de la couleur, comme ici No, 3 , il vient des pattes de
derriere à ce petit poiffon qui reffemble alors à la Gre-
nouille Européenne, Fig. 4, voyez ces pattes de der-
riere ct N°. 2 ; au N°, 3 ef repréfentée la patte gauche
de devant qui paroît, & la derniere ef£ préte à fortir ,
enfin le N°. 4 repréfente une Grenouille avec Jes quatre
pattes, une téte de Grenouille & une queue déja racour-
cie, @ qui diminue encore, ( No. 5.) jufqu’à ce qu’elle
ait enfin fa véritable forme ; de maniere que cette cf-
pêce de Grenouilles reffemble en tout à celles d’Europe
dans leur génération & leur accroiffement ; jufqu°à
préfent on n’a pu encore remarquer fi avec le temps
elles redeviennent poiffons. ;
L’Algue que Pon voit ici autour de ces Grenouilles ,
marquée À. nous vient d'Afrique, où l’on en trouve
en quantité dans la Mer qui en prend le nom, mais ül
y en a de différentes efpèces comme de différentes cou-
Leurs. La Figure B. repréfente une Macle de Corail,
qui croît fur une coquille que lon nomme l Arche de
Noé, & que l’on trouve fur la côte de Guinée , ainf
que cette branche tirée de la Mer & marquée ici C ; les
deux coquilles D. font une efpèce de crétes de coc
d’Amboine qui s’enchaffent l’une dans l’autre ; elles
Jont d'une figure extraordinaire. La coquille E, dont
Pouverture eff ici vifible, eff une des belles T Oupies
d’Amboine qui paroît étre d’agathe de diverfes cou-
leurs : Pautre coquille marquée FE. ef? auffi très-bien
peinte. L’Efcarbot marqué G. fe trouve à Mocha , il
ef£ tout-à- fait noir , il ef? poli comme un miroir, & il
a deux cornes rares, au milieu defquelles paroit [a
trompe comme celle d'un Eléphant.
Je n’ai pas deffiné ici cet Areck , dans l'intention de
décrire cet arbre, dont d’autres ont parlé fort au long,
En traitant des arbres étrangers » Je ne Pai placé ici
que pour parler des Chenilles & des Papillons que l’on
trouve fur fes branches, où ils naiflent & croiffent.
Cette grande Chenille fe nourrit de Jes fleurs & de fon
fruit, & lorfqu’elle eff parvenue à Ja jufie grandeur ,
elle fe change en une nymphe, d’où quelques jours après
Jort yn beau Papillon dont les aîles de deffus font noires
& belles; celles de deffous font couleur d’or bordées ,
tachetées & rayées de noir : le dos du Papillon ef? orné
de petits points rouges ; ceux de la fèconde & de la troi.
Jieme efpèce font auffi noirs & jaunes , bien marqués,
d'une couleur vive, & qui méritent qu’on en examine
la nature & les propriétés.
PEN UE à
PRIFILLGE DU ROI.
Loue , par la Grace de Dieu , Roi de France & de Navarre : À nos amës & féaux Confeillers les Gens tenans nos Cours
de Parlement , Maîtres des Requêtes ordinaires de notre Hôtel, Grand-Confeil, Prévôt de Paris, Baillifs Sénéchaux , leurs
Lieutenans Civils, & autres nos Jufticiers qu'il appartiendra: Sazur. Notre amé le Sieur Desnos , Libraire \ aus a fait ë ofer
qu’il défireroit faire imprimer & donner au Public, une Differration fur la génération ; & les transformations des Tifed de
Surinam ; des Plantes , Fruits ; &c.; l'Hifloire des Infeëles de l’Europe , par Mlle de Merian ; une Defcription générale des
quatre Parties du Monde , © le Tableau Général de l’Hifloire Moderne , avec une Notice générale fur les premiers Empires ; &
principalement fur l'Empire Romain , &c. ; Cofmoplane , par M. l'Abbé Dicquemare , s'il Nous plaifoit lui accorder nos
Lettres de Privilege pour ce néceffaires. A CES CAUSES , voulant favorablement traiter l'Expofant, Nous lui avons permis, &
permetrons par ces Préfentes, de faire imprimer ledit Ouvrage autant de fois que bon lui femblera, & de le vendre, faire
vendre & débiter par-tout notre Royaume pendant le temps de fix années années confécutives , à compter du jour de la date
des Préfentes. Faifons défenfes à tous Imprimeurs, Libraires & autres perfonnes , de quelque qualité &’condition qu’elles
foient , d’en introduire d’impreffion “range dans aucun lieu de notre obéiflance. Comme aufh d'imprimer , ou faire imprimer
vendre , faire vendre , débiter ni contrefaire ledit Ouvrage, ni d’en faire aucuns Extraits, fous quelque prétexte que ce puille
être ; fans la permiflion exprefle & par écrit dudit Expofant , ou de ceux qui auront droit de lui, à peine de conffcation des
Exemplaires contrefaits, de trois mille livres d'amende contre chacun des contrevenans , dont un tiers À Nous, un tiers à
l'Hôtel-Dieu de Paris, & l’autre tiers audit Expofant , ou à celui qui aura droit de lui, & de tous dépens , dommages &
intérêts ; à la charge que ces Préfentes feront enregiftrées tout au long fur le Regiftre de la Commuuauté des Imprimeurs & Libraires
de Paris, dans trois mois de la date d’icelles ; que l’imprefion dudit Ouvrage fera faite dans notre Royaume & non ailleurs,
en beau papier & beaux caracteres , conformément aux Réglemens de la Librairie, & conformément à celui du 10 Avril 1725,
à peine de déchéance du préfent Privilege ; qu'avant de l’expofer en vente ; le manufcrit qui aura fervi de copie à l’impreffion
dudit Ouvrage , fera remis dans le même état où l’Approbation y aura été donnée , ès mains de notre très-cher & féal Chevalier ,
Chancelier Garde-des-Sceaux de France, le fieur De Maursou; qu'il en fera enfuite remis deux Exemplaires dans notre
Bibliothéque publique , un dans celle de notre Château du Louvre, & un dans celle dudit Sieur Ds Mauro , le tout a peine
de nullité des Préfentes : du contenu defquelles vous mandons & enjoignons de faire jouir ledit Expofant & fes ayans caufe,
pleinement & pailiblement , fans fouffrir qu’il leur foit fait aucun trouble où empèchement. Voulons que la copie des Préfentes,
qui fera imprimée tout au long , au commencement ou à la fin dudit Ouvrage , foit tenue pour duement fignifiée , & qu'aux
copies collationnées par l’un de nos amés & féaux Confeillers - Secrétaires , foi foit ajoutée comme à l'original. Commandons au
premier notre Huiflier ou Sergent fur ce requis, de faire pour l'exécution d’icelles , tous actes requis & néceflaires, fans
demander autre permiflion , & nonobftant clameur de Haro , Charte-Normande , & lettres à ce contraires: CAR TEL EST NOTRE
rzaisir. Donné à Paris, le vingt-huitieme jour du mois de Mars l’an de grace mil fept cent foixante-onze , & de notre regne
le cinquante-fixieme. Par le Roi en fon Confeil.
Sign LEBEGUE.
Regifiré fur le Regiftre XVIII de la Chambre Royale & Syndicale des Libraires & Imprimeurs de Paris, N2. 177,
fol. 465 ; conformément au Réglement de 1723. A Paris, ce 6 Avril 1771.
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Et) DE TOUTE L'EUROPE,
LEURS DESCRIPTIONS, LEURS FIGURES, LEURS DIFFERENTES
METAMORPHOSES,
De même que Les Defériptions des Plantes, Fleurs € Fruits, dont ils Jé nourriffènt ;
G fur lefquels on Les trouve Le plus communément ; avec quelques détails fur Les
Crapauds , Lézards , Serpens, Araignées , € autres perits Animaux de Surinam > peints
Jur les lieux d’après nature, € gravés avec foin,
Par Mademoifelle MARIE SYBILLE DE MERIAN ,
EN DEUX PARTIES IN-FOLIO,
Troifieme Edition, revue, corrigée, & confidérablement augmentée par M. Bucx'oZ,
Médecin Botanifte de feue Sa Majefté le Roi de Pologne, Membre
| de plufieurs Académies,
À laquelle on à Joint une troifieme Partie qui traite des plus belles Fleurs , telles que des
Plantes bulbeufes, liliacées , caryophillées , &c. avec leur Defcription exade , leur culture,
& leurs propriétés.
OWVRAGE INTÉRESSANT POUR LES AMATEURS DE L'HISTOIRE NATURELLE ,
ET UNIQUE EN SON GENRE,
POME SECOND
DES PLANTES DE L'EUROPE.
Chez L. C, Disnos, Libraire, Ingénieur-Géographe de Sa Majefté le Roi de Danemarck ,
| rue Saint Jacques ; au Globe,
: M DCE LXKE
APE PRIVILECES DU RO!
LE
DU LIBRAIRE.
Lux ISTOIRE NATURELLE eft la Science la plus digne de l'Homme, auffi eft-elle
la plus cultivée dans le fiécle où nous vivons ; c’eft ce qui m’a déterminé à publier une
troifieme édition de cet Ouvrage intéreffant. J'ai engagé M. Buc’hoz à donner à la fin
de ce fecond Volume une Lifte de tous les Infeétes de Surinam & de ceux de l’Europe,
rangés fuivant le Syftême de Linnæus , avec les noms triviaux; & un renvoi aux diffé
rentes Planches qui les repréfentent dans la premiere & feconde Partie de cet Ouvrage.
Mais, pour le rendre encore plus complet, j'ai penfé ne pouvoir encore mieux faire que
d'y joindre un quatrieme Volume fur les Oiïfeaux : ils ont été deflinés d’après nature ; :
& gravés par le fameux Robert; ce qui en doit augmenter infiniment le mérite: ces
Oïfeaux font d'ailleurs ceux qui ont été élevés dans la ménagerie du Roi, fous le regne
de Louis XIV, & qui ont été par- là naturalifés dans le Royaume. Le quatrieme
Volume que j'offre a@uellement au Public, fervira donc de fuite aux Infe@tes de
Mademoifelle de Merian, que je viens de mettre au jour pour la troifieme fois. On
donnera dans ce quatrieme Volume la defcription de ces Oifeaux, leurs cara@eres , leurs
mœurs, & on développera en même temps les avantages qu’ils peuvent nous procurer;
& fi cette fuite agrée au Public autant que j'ai lieu de l’efpérer, je la ferai fuivre de
l'Hiftoire Naturelle des Oifeaux , rédigée par Jonfton, & mife à la portée d’un chacun.
Les Planches de cette derniere Collection font même déja entiérement gravées, & en
état d'être livrées à ceux qui voudront fe les procurer dès à préfent.
3 RES p ss : Pa + à EN é PORC SE ps D _—
HISTOIRE GENERALE
BES PEANTES
ET INSECTES DE L'EUROPE.
Mûrier chargé de fon Fruit, L Morus cum fructus
C. ETTe Planche repréfente une Guirlande de branches de Mürier chargées de feuilles & de fruits ; les feuilles
de cet Arbre font la vraie nourriture des Vers-à-foye, qui proviennent des œufs, que les Curieux conloltent tout
lhyver avec beaucoup de foin, & que la chaleur du Soleil fait éclore au Printemps, alors on leur donne pour
nourriture ordinaire des feuilles de Müûrier, mais il faut prendre garde que ces feuilles ne foient point mouillées
car cette humidité extérieure amolliroit leur peau & les feroit mourir. Lorfque ces petits Vers ont huit ou dix
jours , ils deviennent d'un gris obfcur ; ce qui eft une marque qu'ils changeront dans peu de peau ; cela arrive
ordinairement trois ou quatre fois. Leur couleur eft blanchâtre ; mais lorfqu'ils font parvenus à leur groffeur
naturelle, ils deviennent d’une couleur claire, & en quelque façon tranfparente , ils remuent continuellement leurs
têtes d’un côté & d'autre & filent de leur bouche la foye. Dës qu'on s’en apperçoit, on les met dans de petits
cornets de papier , où ces Vers s’enveloppent & s’enfeveliffent dans un Cocon de la figure & de la grofléur d’un
œuf de Pigeon, tantôt blanc, tantôt jaune, felon la couleur des pattes des Vers-h-foye ; après quoi ce Ver fe
change en * Féve, autrement Nymphe, & remue fi peu , qu’il femble être mort ; il refte dans cet état vingt &
un jours , il en fort enfuite un Papillon blanc, qui perce cette peau , quitte fa dépouille , en jettant une efpèce
de liqueur brune. On en diftingue de deux efpèces, le mâle & la femelle ; le mâle eft plus mince de corps que
la femelle. Après s'être accouplés , ils dépofent leurs œufs fur le papier fur lequel on les a mis. Ils vivent de
cette maniere neuf où dix jours fans boire ni manger , enfin ils meurent. Leurs œufs font au commencement
de couleur jaune , de la groffeur d’un grain de petit Millet , peu de temps après ils deviennent grisätres , après
quoi on Les conferve jufqu'au Printemps, comme il a été dit ci-deflus.
# Les Latins l’appellent Aurelia , ou Chryfolis, où Nympha , & les Hollandois Poppetje.
Il y a deux efpèces de Mûrier, l’un eft blanc & l'autre noir,
Gafpard Bauhin les appelle Morus fruëlu albo, & Morus fruëlu nigro,
fes feuilles font prefque rondes, un peu rudes au toucher , dente-
lées en leurs bords; fes fleurs font à quatre feuilles, du milieu
defquelles s’élevent quelques étaimines : Les fruits naiflent en des
endroits féparés de chatons, ils font compofés d’un filet long ,
auquel fuccédent de tous côtés des corps femblables à plufieurs
petits pelotons joints enfemble , qui compofent chacun en par-
Tulipe couleur de Pourpre. IT.
ticulier une baye pleine de fuc, contenant un tuyau entortillé,
entouré de quatre petites feuilles. Plufeurs de ces pelotons com-
pofent le fruit, qui contient des femences prefque rondes. Toute
la différence qu’il y a entre les deux efpèces , eft la couleur & la
groffeur du fruit, les Müres blanches étant plus petites , que les
noires. Les feuilles du Mürier blanc font meilleures pour les
Vers-à-foye que celles du Mürier noir , elles font plus tendres,
& la foye qui en provient eft plus fine,
Tulipa Purpurea.
CC Erre Tulipe, qu'on nomme auffi Jafpée où Marquis de Retz, fert de nourriture à la Chenille qu'on voit
ici gravée , jufqu’à la fin de Mai ; cette Chenille fe transforme enfuite en une Nymphe ; il en provient quinze
jours après un Papillon zodurne ou Phalene, qui avoit les aîles de deflus rougeâtres , & celles de deffous avec le
refte du corps grisâtre.
Au bas de la queue fe trouve un Ver, dont les petits animaux, qu'on appelle Poux , fe nourriffent , il fe
transforme à la fin de Mai en une Veffie, d’où fort
noir , ayant les yeux rouges.
Gafpard Bauhin & plufieurs autres ont voulu diftinguer les
différentes efpèces de Tulipes par le temps de l’année qu'elles fleu-
riffent : mais je crois qu'il vaudroit mieux diftinguer les efpèces
de mème que les Anemones, par les fix couleurs principales ,
qui font les rouges, les jaunes , les vertes , les bleues , les
pourprées & les blanches. Il eft à remarquer , que le plus
habile Peintre fe trouve embarraffé lorfqu'il eft obligé de re-
préfenter au naturel la grande variété des couleurs de différentes
Lilac bleu. III.
quatorze jours après une Mouche , rayée de jaune & de
efpèces de Tulipes. La feuille de cette plante eft affez large ,
entourant la tige & ondoyée en fon bord : la fleur a fix feuilles,
peu évafées , formant fouvent un ventre plus large que l’ouver-
ture ; cette fleur contient un ovaire , qui devient un fruit oblong
& triangulaire , rempli de femences fort aplaties, orbiculaires.
Sa racine eft une bulbe compofée de plufeurs tuniques , qui
s’emboitent les unes dans les autres , elle eft garnie de fibres en
fa partie inférieure.
Syringa Cœrulea.
J » À r trouvé cette Chenille verte fur cet Arbriffeau , telle qu’elle eft repréfentée fur la feuille d'en bas, & je l'ai
nourrie de fes feuilles jufqu’au douzieme Mai, qu’elle fila pour lors un Cocon blanc, & fe transforma en une
Nymphe brune, d’où fortit à la fin de Mai un Papillon noëurne ou Phalene , d’un brun clair, tel qu'il eft
dépeint au-deffus de la fleur.
Cette Chenille verte qui eft auffi au-deffus de la fleur, fe changea le fecond Mai en une Nymphe brune,
d'où fortit le vingt-fept Octobre une Phalene rayée de brun & de blanc, celle qu’on la voit fur la fleur.
Cette Plante eft la même, que Marrhiole; Raï, Tournefort ,
Dodonée & Boerhave ont appelée Lilac. Chacune des fleurs eft
un tuyau évafé par le haut, & découpé le plus fouvent en quatre
parties, elle eft difpofée en longues grapes ; de couleur ordinaire-
ment bleue , quelquefois blanche ou cendrée , & comme argent
tée : après que la leur eft tombée , il paroît un fruit applati, ob-
long , femblable à une langue , qui fe partage en deux loges , qui
contiennent des femences menues , applaties & ailées.
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HISTOIRE GÉNÉRALE
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Cerifier noir fleuri. IV. € erafus nigra dulcis Florens.
Cr g efpèce de Ver, que les Payfans appelleñt Calandre, ou Ver de Blé, parce qu'il ronge les racines de
Blé, a le corps blanchâtre & nud , comme le Guillot ou Mite, fa tête eft couleur d’ochre ; j'ai trouvé au mois
d'Octobre ce Ver en terre, qui étoit encore très-petit, & je lai gardé jufqu’à l’année fuivante , au mois d'Avril
il étoit devenu de la groffeur avec laquelle il eft ici repréfenté, il fe transforma en une efpèce d’Infedte, qu'on
nomme Hanneton, que vous se encore ici gravé fur une feuille, ces petits Animaux mangent les tendres
rejettons des Arbres fruitiers ; c’eft pourquoi je les ai placés fur cet Arbre,
Cet Arbre eft fi connu, & fi bien décrit par tous les Botaniftes , que je n’entreprendrai pas d’en faire la defcription,
Jacinthe Orientale. : ‘NES Hyacinthus Orientalis.
Ÿ. Chenille noire & velue, qui eft repréfentée au bas de a Planche, fe nourrit de plufieurs herbes & fleurs
différentes, elle eft fort lefte à la courfe, & lorfqu’on la touche, elle fe retire & fe roule dans un monceau ; après
avoir réfté dans cet état quelque temps , & être parvenue à fa grandeur naturelle , elle file un Cocon & fe
transforme en une Nymphe noire, d’où quatorze jours après fort une Phalene , telle qu'on la voit ici fur cette
fleur ; les aîles de deflus font brunes & blanches, & celles de deffous d’un rouge pâle tachetées de noir , les œufs
de cette Chenille font d’un verd grisâtre,
J'ai eu une petite Chenille , qui fe trouve repréfentée fur une fleur , laquelle , après s’être attachée à un morceau
de bois , devint dure & courte, telle que la grande Chenille que lon voit ici au-deflus, après dix jours il en
fortit une Mouche noire ; il provient aufli de ces Chenilles des Mouches , qui ont le derriere du corps jaune,
telles que j'en ai dépeint ici deux.
La fleur de cette Plante eft hermaphrodite , fans calice, mo- coins, & divifé en trois loges | remplies de quelques femences
nopetale , faite en tuyau oblong, qui s'évafe en haut & fe dé- prefques rondes & applaties: fa racine eft bulbeufe : fa tige eft
coupe en fix parties, de couleur ordinairement bleue , quel- ronde, life , de couleur verte par en bas, & d’un verd brun en
quefois blanche , quelquefois couleur de chair, quelquefois ap- haut: fes feuilles font longues & étroites.
prochante du purpurin. Le fruit eft prefque rond & relevé de trois |
Renoncule. VI. Ranunculus dulcis.
Ja: trouvé cette efpèce de Chenille fur ces fleurs , & les en ai nourries pendant tout le mois d'Avril , elles font
au-deflus du dos couleur d'Orange , & au-deffous du ventre d’un jaune pâle , du refte elles font noires & un peu
velues ; quand on les touche , elles fe retirent & fe roulent dans un monceau, & demeurent long-temps dans cet
état ; en Mai elles filent un Cocon & fe transforment en une Nymphe brune , telle qu’on la trouve tarcibntes
fufpendue à une feuille, quatorze jours après il en fort une belle Phalene, dont la tête, le corps & les aîles fupérieures (
font de couleur de foufre , tachctées de noir, & les inférieures noires avec des taches rouges : ces Phalenes habitent
enfemble le jour, le foir elles s’envolent , le matin elles cherchent un lieu fombre pour fe repofer , peu de jours
après elles font de petits œufs jaunes , enfuite elles meurent.
C’eft la même Plante que le Ranunculus Pratenfis de Gafpard verte : il s'éleve d’entr’elles de petites tiges qui portent en leurs
Bauhin. On la trouve aufli décrite dans le Hortus Eyfletenfis fous : fommets des fleurs difpofées en Rofe , à plufieurs pétales , de cou-
le nom de Ranuncülus Oleraceus ; ereëlus , flore fimplici luteo. leur jaune, il leur fuccede des fruits-arrondis ou cylindriques qui
Cette plante croît fans culture dans les prés ; fa feuille eft dé- renferment des femences.
coupée profondément en plufieurs parties d’une belle couleur
Remarque. Cette efpèce eft de toutes les Renoncules la plus commune.
Prunier fleuri. VII. Prunus florens.
J Ar trouvé au commencement de Mai fur cet Arbre des Chenilles vertes , tachetées de noir & ayant la tête
noire ; quand on les touche, elles defcendent en terre par le moyen d’un filet, qu’elles tirent de leur bouche &
qui leur fert aufli pour remonter , elles habitent pour l'ordinaire dans une feuille, qu’elles ont roulée, d’où elles ne
fortent que pour manger, après quoi elles retournent au plus vite dans leurs feuilles, où elles filént auffi un Cocon,
& fe transforment en Nymphes ; j’ai remarqué qu’il en fortoit des Phalenes , dont le devant du corps étoit d’un
brun clair, & le derriere & les aîles de deflus blanches.
Au bas de la blanche il y a une Mite jaune , que j’ai trouvée dans la fiente des Vers , qui fe transforma en trois
jours en un Cocon brun , après quatorze jours il en fortit.une Mouche pareille à celle qui eft repréfentée ci-deffous.
Au haut d’une feuille verte eft dépeinte une Chenille verte , quand on la touche , elle defcend en terre par un
filet, par lequel elle remonte auffi, je l’ai nourrie avec ces feuilles jufqu’au douzieme Juin , elle fe métamorphofa
sr an Nymphe jaune, le vingt-fix Juillet il en fortit une Mouche noire parcille à celle qui eft dépeinte fur
une feuille. ë
Les feuilles de cet Arbte font arrondies, oblongues, affez lar- cachant fous une peau unie & life une pulpe ou chair molle , au
ges , légérement dentelées en leurs bords : la fleur eft difpofée milieu de laquelle fe trouve un noyau oblong & oval, applati ,
en Rofe , à cinq pétales , ayant trente étamines ou au-delà. L'o- pointu des deux côtés , pierreux , qui renferme une petite amande :
vaire , qui eft au fond du calice , devient un fruit rond ou ovale, ce fruit eft attaché à une queue affez longue,
ee remet : ” 1 oi rh Las s = ce TS RS , L Rs cs
DES PLANTES ET INSECTES DE L'EUROPE 3
VIIL.
Dent de Lion, ou Piffenlit. Ranunculus dulcis.
Ox crouve au mois d'Avril fur cette fleur fauvage une Chenille brune , elle a fur la tète deux efpèces de cornes
de poils , & fur le dos cinq petits toupets de poils, en forme de bouquets de plume , ayant du refte tout le corps
couvert de poils jaunes ; elle file au commencement de Mai de fon propre poil un Cocon oval , & fe change en
une Nymphe brune, couverte de poils jaunes, celle qu'on la voit dépeinte ci-deffous ; il en provient à la fin de
Mai une Phalene grife , celle qu’elle eft repréfentée fur une feuille.
… Cette Plante, qu'on nomme aufi Dens Leonis, Hedypnois ,
Aphaca , 8 Corona vel Caput Monachi, parce qu'après la chüte
des fleurs , elle reffemble à une tête nue, poufle de fa racine des
feuilles longues , médiocrement larges, fe couchant à terre , dé-
À A LA L /
coupées de côté, & d'autre profondément, pointues au bout en
Ru BE A
"Le Piffenlit eft une Plante très en ufage en médecine , fur-
tout dans le temps de fa poulle. On mange pourlors les jeunes
forme de fléche , il s’éleve d’entr'elles des queues nues , rondes ,
creufes , tendres, fans branches , rougeâtres ; empreintes d’un
fuc laiteux, foutenant chacun en fon fommet une belle fleur ronde,
de couleur jaune : quand°cette fleur eft pañlée, 1l lui fuccéde une
efpèce de tête, garme de femences aigretces.
R Oil.
bouillons qu’on prefcrit pour purifier la inafle du fang ; nous
nous fommes étendus fort au long fur les vertus de cette Plante
feuilles en falade ; on les fait aufli entrer au printemps dans les | dans notre Traité hiftorique des Piantes de la Lorraine.
Cerifier à fleur double. IX.
C Errz Chenille fe trouve fur toutes fortes d’Arbres fruitiers | mais principalement fur les Cerifiers , lorfqu’elle
eft prête à fe métamorphofer, elle file un Cocon oval, luifant comme l'argent & roide comme du parchemin; el
Cerafa acida, rubra , flore plèno,
y prend la forme d’une Nymphe brune, telle qu’elle eft dépeinte fur deux feuilles différentes , quatorze jours après
il en fort une Phalene grife , telle qu’elle eft repréfentée volante fur cette branche,
Cet Arbre eft le même que le Cerafus hortenfis, flore pleno de
Gafpard Bauhin , & le Cerafus multiflora de Tabernemontanus,
ou le Cerafus vulgaris , duplici flore de Lobel. Sés feuiles font
grandes , pointues , dentelées en leurs bords : fon calice eft un
godet découpé en cinq parties , fa fleur eft difpofée en Rofe, ayant
cinq pétales & trente éramines. Son ovaire eft un tuyau long , qui
devient un fruit charnu , rond , qui renferme un noyau fphérique
& offeux , où eft contenu une perite amande femblable.
Remarque. Nous avons cultivé certe efpèce de Cerilier, & nous ne l'avons jamais vu porter de fruits.
Fleur de Grofelier épineux. X.
Flos Groffulariæ, fativæ, fpinofe.
A U mois d'Avril on trouve fur cet Atbriffeau une efpèce de Chenille brune, rayée de noir & tachetée de blanc:
elle marche fort lentement , au mois de Juin elle file un Cocon oval d'un jaune obfcur & fe transforme en uné
Nymphe brune; en Juillet il en fort une Phalene d’un jaune obfcur , {es aîles de deflus ont chacun une tache
blanche, comme on l’a repréfenté fur la planche.
Cet Arbriffeau eft le même que Clufus décrit fous le nom de
Groffularia majore fruë&u ; il eft fort rameux , garni de toutes
parts d’épines , fes feuilles font petites, prefque rondes, découpées ;
fes fleurs font aufli petites , compofées chacune de cinq feuilles ,
difpofées en rond , attachées aux patois de leur calice, qui eft
découpé en cinq parties : après ces fleurs il paroït un fruit rond ,
charnu , gros comme un grain de Raifin , rayé, verd au com=
mencement & empreint d'un fuc acide & aftringent, mais prenane
à mefure qu'il mûrit, une couleur jaunâtre & un goût doux ; il
contient plufeurs femences menues.
CR . ° u ! 7
Remarque. Nous ne nons étendrons pas ici fur cet Arbriffeau , il eft affez connu , de même que fes différens ufages,
Cerifier âpre , fleuri.
Es Cerafus auffera , florens.
} »A r fouvent trouvé fur ces Arbres cette efpèce de Chenille brune , elle roule les feuilles & sy enferme ; elle
marche fort vite , aufli bien en reculon qu’en avant ; quand on Îa touche , elle defcend à terre par un fil, qu'elle
à RTE Me ; :
tire de fa bouche ; je l'ai nourrie jufqu’au fix Mai, qu'elle a filé un Cocon blanc ; & s’eft changée en Nymphe
brune ; le vingt-fept Oétobre il en eft provenue une Phalene d’un brun clair, telle qu’elle eft repréfentée à côté,
P'ai fouvent remarqué fur les Cerifiers cette autre efpèce de Chenille jaunâtre ; elle roule les feuilles vertes, &
eft fort lefte ; elle marche auffi bien en arriere qu’en avant , lorfqu’on la touche, elle fe laifle aller à terre par un
fil, par lequel elle remonte adroitement ; je lai nourrie jufqu'au fixieme Mai , qu'elle a filé un Cocon blanc,
& le vingt-fept Oétobre il en eft forti un Papillon d’un brun clair, comme il eft repréfenté fur une feuille verte,
Remarque. Voyez ce que nous avons dit du Cerifier dans notre Diétionnaire des Plantes ; Arbres & Arbuftes de la France,
HISTOIRE GÉNÉRALE
XIE
Ox trouve fur le Violier cette efpèce de Chenille menue, elle eft à proportion plus longue que les aütres,
elle n’a point de pieds ; quand elle veut avancer , elle porte la queue près de la tête, & en faifant une boffe, elle
avance; j'ai remarqué qu’en Juin elle s’enferme fur une feuille en filant, & fe transforme en Nymphe brune ; en
Juillet il en fort un beau Papillon brun , tel qu’il eft repréfenté à côté de la fleur.
Sur cette fleur jaune il y a un petit Ver blanc, que j'ai trouvé dans une Cave, il forma un Cocon , d’où dix
jours après fortit une petite Mouche, comme elle eft dépeinte fur la fleur.
Violier d’un jaune clair. Viola lutea.
“Cette Plante eft la mème que Gafpard Bauhin appelle Fio/a
«montana ; lutea , grandiflora , {es feuilles font longues, pointues ,
attachées à de longues queues ; il s’éleve d’entr’elles des pedi-
<ules , qui foutiennent une grande fleur d’un jaune clair. Cette
tenus pat un calice, divife jufqu’à la bafe en cinq parties. Quand
la fleur eft pafée , 1l paroït un fruit conique & à trois coins, qui
s'ouvre , quand ileft mür , en trois quartiers , contenant plufeurs
femences prefque rondes.
#leur eft compofée de cinq pétales & d’une efpèce d'éperon , fou-
REMARQUE. On cultive les belles variétés de cette Plante dans les jardins des Curieux.
Fleur de Prunier de Damas. XIIT. Flos Prune Damafcene.
J "Ar nourri avec les feuilles de Prunier, jufqu’à la fin de Juin cette efpèce de Chenille verte , rayée de noir
avec des grains jaunes , elle s’enferma pour lors dans un Cocon oval reluifant comme l’argent, & roide comme
du parchemin , & fe transforma en une Nymphe brune ; au commencement d’Août il en fortit une belle Phalene,
dont les aîles de deflous étoient rayées de jaune & de brun & bien tachetées.
À la feuille de deffous pend un petit Animal couvert d’une coquille brune & dure; il marche fort lentement ,
portant fa coquille comme les Limaçons ; je l'ai nourri avec ces feuilles jufqu’au vingtieme Juin, qu’il refta
immobile ; le onzieme Juillet il en fortit une Phalene blanche | comme elle eft repréfentée au-deffus de la Chenille
brune ; l’autre petit Animal , qui eft vis-à-vis , eft auffi de cette efpèce.
Les feuilles de cette Plante font oblongues ,. affez larges , légérement dentelées en leurs bords, la fleur eft à cinq feuilles.
Remarque. On trouve de cette efpèce de Prunier dans la plüpart des vergers , on fait fécher fes fruits, qu’on nomme enfuite
Pruneaux.
Grofelier de Jardin non
épineux, avec fes fleurs.
XIV. Groffularia hortenfis , non fpinofa ; florens.
O N trouve fur cet Arbriffcau une efpèce de Chenille dont le devant du corps eft jaunâtre , & le derriere
blanc deflus & jaune deflous; je l'ai nourrie jufqu'au temps qu’elle s’eft transformée en Nymphe , qui étoit
femblable à un Enfant emmaillotté , de couleur d’or & d'argent ; à la fin de Juin il en fortit un Papillon , dont
la partie fupérieure étoit tachetée d’un jaune foncé & de brun , & le deffous orné de taches noires.
C’eft le même Arbrifleau que le Ribefium ; fruëlu rubro de
Dodonée, & le Groffularia, multiplici acino où non fpinofa,
hortenfis rubra , five Ribes Officinarum , où Grofelier des bou-
tiques du Pinax de Gafpard Bauhin: il pouffe quantité de rejet-
tons ou de fcions, hauts de deux ou trois coudées : fes feuilles
font femblables à celles de la Vigne, mais plus petites , molles,
finueufes, d’un verd obfcur, hifles & dentelées autour. Les
fleurs font attachées enfemble par grappes, les pédicules fortent
des aiflelles des feuilles. Chacune de ces fleurs eft compofée de
cinq feuilles purpurines , difpofées en Rofe, & naiflant dans les
crénelures d’un calice fait en baflin-, dont la partie poftérieure fe
change en un grain rond, rouge , luifant , mol, rempli d’un
fuc acide & de deux lignes de diametre, contenant plulieurs fe-
mences qui ont la figure d’un petit rein.
Remarque. Le fruit de cette efpèce de Grofelier eft très en ufage dans l’art du Confiturier, on en fait dela gèlée , des conferves, &c.
Renoncule de Prés.
XV.
Ranunculus pratenfis.
J "Ar nourri cette efpèce de Chenille panachée avec des feuilles de cette Plante, jufqu’au mois de Juin ; elle fe
Gafpard Bauhin nomme cette Plante Ranunculus pratenfis , erec-
tus, acris 3 & Jean Bauhin Ranunculus ereëtus non repens , flore
Simplici luteo , & Lobel Ranunculus pratenfis furrectis cauliculis. X]
ne faut pas rapporter à cette efpèce le Ranunculus fylveftris de
Tabernemontanus , comme ont fait les Bauhins. Celui de Taber-
nemontanus eft le mème que le Ranunculus polyanthemos de Lobel,
dont les feuilles font découpées , beaucoup plus menues, & qui ne
differe du Ranunculus hortenfis ; ereëlus , flore pleno de Gafpard
Bauhin , que par fes Heurs, qui font fimples. Ainfi M. Rai s’eit
trompé , en difant que le double fut une variété du Rarunculus pra-
changea pour lors en une Nymphe noire, d'où fortit un beau Papillon , dont les aîles de deflus étoient ornées d’un
jaune clair avec de petites taches noires, & celles de deffous couleur d'orange avec des rayes aufli noires.
cenfis ; ereêlus , acris , de Gafpard Bauhin , qui en a feparé le Po-
lyanthemos de Lobel avec raifon. Les feuilles de cette Plante font
découpées profondément en plufieurs parties , leurs fleurs font à
plufeurs feuilles difpofées en Rofe , contenant plufieurs éramines;
après que les fleurs font paffées , il leur fuccéde des fruits arrondis
ou cylindriques , qui contiennent des femences: Cæfalpin a parlé
fi confufement des Renoncules, qu'il eft prefque impoflible de
déterminer fous quel nom il a parlé de celle-ci. Gafpard Bauhin
a cru que c’étoit fous celui de Ranunculus lavi aç molli folio , quoi-
que ce nom ne lui convienne guère.
‘ ” " A œil n
Remarque. M. Linneus regarde encote à préfent le Ranunculus hortenfis , ereëtus | flore pleno , comme une variété du Ranunculus
pratenÿis ; ereilus , acris.
ps
" Y ©
DES PLANTES ET INS
Cerfeuil,
XVI.
EGTES DE L'EUROPE
st
C erefolium.
Ce. Herbe fert de nourriture à une Chenille luifante, verte & rayée de blanc , je l'ai nourrie jufqu'à ja
fin de Mai $ elle fila pour lors un Cocon mince , & fe transforma en une Nymphe brune couleur de Chataigne;
quatorze Jours après 1l en provint une Phalene, telle qu’elle eft repréfentée dans la Figure,
Cette Plante potagere croît à la hauteur d'environ un pied , elle
produit de fa racine beaucoup de tiges tendres, rameufes, lifles,
longues , arrondies fur le dos , mais concaves var-deffous, en for-
me de goutieres, d’un verd blanchâtre , principalement en bas,
quelquefois rougeâtres en haut, quand elles portent leurs femences,
remplies de beaucoup de fuc : les feuilles reflemblent à celles de
la Ciguë, mais elles font plus petites, plus menues , découpées un
peu plus profondément, & plus molles au toucher , d'un verd
clair : couvertes fur le dos de poils fort petits , quelquefois rougea-
wes, empreintes de fuc, le goût & l'odeur de ces feuilles font
aromatiques : fes fleurs viennent au fommet des branches en para-
fol, blanches, petites , compofées chacune de cinq feuilles inéga-
les, difpolées en Rofe , & d’autant d’étamines, avec un calice, qui,
quand la fleur eft paffée , fe change dans un fiuit oblong , fempli
de deux femences longuettes , menues, pointues & femblables au
bec d’un petit Oifeau, de couleur gris-brune , les unes liffes , les
autres rudes au toucher : fa racine, qui eft feule, & qui s'étend
en longueur de plus d’un demi-pied , eft unie, droite, groffe vers
fa tête, diminuant peu-à-peu en queue de rat jufqu'à 1on exrré-
mité , qui eft prefqu en pointe , garnie de fibres en fa partie fupé-
tieure , aflez près l’une de l’autre : elle eft blanche, tendre, un
peu charnue, d’un goût un peu âcre : elle renferme dans fa longueur
un nerf ou une maniere de corde grêle, aflez fragile & tendre. La
plüpart des Botaniftes appellent cette Plante Cherophyllum.
Remarque. Nous avons donnè un article fort intéreffant fur le Cerfeuil , tant pour fa culture que pour fes propriétés , dans notre
Dictionnaire des Plantes, Arbres & Arbultes de la France ; nous en avons aufli parlé dans notre Manuel alimentaire.
Chenilles extraordinaires.
XVII.
V’ermes miraculofr.
] "A x trouvé ces deux grandes Chenilles, qui différent l’une de l’autre en grofleur & en couleur, fur l'herbe dont
elles fe nourriflent : elles fe transforment comme les autres | & elles fe filent un Cocon', dans lequel elles fe chan-
gent en Nymphes grifes, d’où proviennent de grandes Phalenes de couleur d'Orange obfcur; ces Phalenes ne dif-
férent prefque rien l’une de l’autre. |
Pommier fleuri. XVIIL. Malus mellea florens
Cr: efpèce de Chenilles eft très-pernicieufe à tous les Arbres fruitiers , mais principalement au Pommier,
elles fe répandent le jour fur tout l’arbre ; & la nuit elles fe raflemblent en un tas, femblable en tout à une toie
d’Araignée ; cette Chenille eft de couleur tirant fur le brun, ell: a fur chaque jointure du dos des grains rouges &
bleus ; après s’être enfermées dans un Cocon mince, elle fe transforme en une Nymphe brune , d’où fort quatorze
jours après une Phalene blanche avec des raÿes brunes. Lorfque cetre Phalene a dépofé fes œufs, elle les couvre
d’une efpèce de duvet jaunâtre, qui empêche qu’on ne les voie, & les garantit en même temps du froid pendant
Phyver.
Tai trouvé encore fur les Pommiers une petite Chenille jaunâtre, laquelle s’enferma à la fin de Mai dans un
Cocon , où elle paffa l’hyver, & au printemps 1l en fortit une petite Mouche, telle qu’elle eft repréfentée fur une
feuille.
Ïl y a deux efpèces générales de Pommier , l'un cultivé & l’autre
fauvage : le Pommier cultivé peut être diftingué en grañd & en
petit : les feuilles de cet Arbre font oblongues ; ou prefque ron-
des, les unes obrufes , les autres pointues , légérement crénelées
en leurs bords, un peu velues en deffous , quand elles font jeunes.
Leurs fleurs font ordinairement difpofées en Rofe , à cinq péta-
les , de couleur blanche ou d’un blanc mêlé de purpurin , atta-
chées par des pédicules courts ; après que ces fleurs {ont paflées ,
aufli en devant d’üne autre enfongure ; il ÿ dans la chair de ca
fruit cinq loges remplies de Pépins oblongs ; couverts d’une
écorce brune ou rougeâtre , & garnis d’une moëlle blanche. La
différence qui fe trouve dans le fruit de cet Arbre, confifte dans
la groffeur ; dans la couleur & dans le goût, on en voit même
qui participent de la Poire. Ces différences viennent des greffes
qu'on a adoptées fur les Pommiers. Toutes les Pommes font
couvertes d’une peau mince , douce aû toucher, unie, luifante :
il leur fuccéde des fruits charnus, prefque ronds , creufés & en-
leur chair eft la plüpart blanche, ou tirant fur le jaune, en quel-
foncés dans l’endroit où ils font attachés à la queue, & creufés ‘
ques- unes fouge.
Remarque. Nous avons donné dans notre troifieme Volume du Traité hiftorique des Plantes de la Lorraine , une Diflertation fur le
Pommier , qui eft pour ain dire, un vrai traité fur cet arbre, reconnu pour être de la plus grande utilité.
Rofe incarnate. XIX. Rofa incarnata.
Au- pEssus du bouton du Rofier eft dépeint une petite Chenille verte, qüi ne mange pas feulerment les
feuilles vertes, mais elle creufe auffi le bouton en dedans, & empêche les Rofes de venir à leur perfection ; elle
fe change à la fin de Mai en une Nymphe couleur d’ochre, en Juillet il en fort des petits Papillons, tels qu'ils
font repréfentés ici fur la fleur.
Au bas de la queue grimpe une petite Chenille brune , qui ronge les boutons comme les autres ; elle fe change
en Mui en une Nymphe couleur d'ochre ; en Juillet il en fort de petits Papillons, tels qu'il y. en a un repréfenté ict
volant à côré du Rofier ; fes aîles fupérieures font couleur d'ochre, & les inférieures grifes.
La Chenille repréfentée fur une feuille eft verte , elle mange ordinairement les feuilles par deffous ; ayant le dos
vers la terre; je l'ai nourrie jufqu’au dixieme de Juin, qu’elle fila un Cocon blanc, minte, & fe transforma en
une Nymphe de couleur debais ; le vingt-fixieme du même mois il en fortit une F halene , telle qu’elle ft repréfentée
fur la Rofe flétrie.
Remarque. Nous avons donné dans notre Dictionnaire des Plantes , Arbres & Arbuftes de la France, la Deftription de huit
Infectes , qui fe trouvent pour l'ordinaire fur cer Arbufte. Voyez article Rofer.
B
Aubepine fleuri. XX.
HISTOIRE GÉNÉRALE
Oxyacantha florens.
Ox trouve fouvent cette forte de Chenille fur f'Aubepine, elle eft de plufieurs couleurs, & mange auffi les
feuilles des Arbres fruitiers ; après que je l’eus nourrie pendant quelque temps, elle fila un Cocon gris, & fe tranf-
forma en une Nymphe brune , qui étoit fi fenfible > que lorfqu’on la touchoit , elle fe rouloit en monceau ; douze
jours après il en fortit une Phalene, ou Papillon nodurne blanc qui après avoir fait de petits œufs jaunes, mourut,
Ces Vers fales fe trouvent dans des égouts puants ; ils fe changent en Nymphes avec une queue, que les
Hollandois appellent Sour1 ; j'ai remarqué, que dix-fept jours après il en fort une Mouche jaunûtre.
C'eft le imême Arbriffeau que Gafpard Bauhin & Pit. Tourne-
orr nomment Mefpilus apii folio fylveftris fpinofa ; & que Jean
Bauhin appelle Spinus albus. Cet Arbriffeau eft rameux, armé
d'épines piquantes & fortes , & couvert d’une écorce brune, noi-
A A L' \ Li 2
sarre ou rougeâtre : fes feuilles reffemblent à celles de l’Ache, d’un
goût vifqueux : fes fleurs croiffent ramaflées par tas ou bouquets ,
attachées à des pédicules blancs , d’une odeur douce & agréable ;
chacune d'elles eft en Rofe , compofée de cinq petites feuilles &
d’étamines rougeâtres : fes fruits font de la groffeur des bayes de
Mythe, ronds, rougeñrres, quand ils font mûrs, difpofés comme
en ombelles , pendans à leurs pédicules , & ayant chacuñ une pe-
tite couronne où ombilic de couleur noire , ils ont une chair ou
pulpe molle , glutineufe, qui renferme une ou deux femences ou
offelets durs & blancs.
Remarque. En Suéde on employe les fruits fecs de l'Aubepine pulvérifés pour faire du pain : voyez notre Manuel alimentaire.
Cognaflier fleuri. XXI.
Cotoneæ flos.
J *Ax trouvé ces efpèces de groffes Chenilles fur ces Arbres ; elles font de couleur d'ochre, rayées de noir, &
tachetées de blanc ; la tête & la queue font couleur d'Orange; quand on les touche, elles remuent beaucoup la
tête ; je les ai nourries de ces feuilles jufqu’à ce qu’elles filerent un Cocon jaunâtre & roide , & fe transformerent en
Nymphes , d’où provint , trois femaines après , une grande Phalene de couleur d’ochre; elle refta immobile pendant
tout le jour; lorfqu’on la touchoit, elle voloit avec impétuofité après tout ce qu’elle rencontroit ; les œufs qu’elle
dépofe , font jaunes.
C'eft un petit Arbre, dont le bois eft dur, tortu, blanchitre ,
couvert d’une écorce un peu unie ; raboteufe , cendrée en dehors
Rofes de Chien, de couleur de chair: après que la fleur eft paffée,
il naît un fruit cotoneux en deflus, charnu & blanc en dedans,
qui contient cinq loges , renfermant des pépins ou femences ob-
& rongeâtre en dedans : fes feuilles font de la grañdeur de celles
du Pommier , entieres, blanchâtres , lanugineufes en deflous : fes Jongues, plus pointues par un bout que par l'autre.
fleurs font difpofées en Rofe à cinq feuilles , reffemblantes aux
Remarque. On fair avec le fruit de cet Arbre un Syrop très-ufité dans les diarrhées & les flux ; nous avons parlé très au long du
Cognaflier dans notre Diétionnaire des Plantes, Arbres & Arbuftes de la France , dans l’article qui le concerne. |
mm EE, Re ie se nn LR rs ge
Rofier double. XXII. Rofa mulriplex ; media.
Au bas de la queue du bouton de Rofe, il y a une petite Chenille jaune, qui fe changea au mois de Juillet
én une Nympheverte & rouge; quatorze jours après il en fortit un joli petit Infeéte gris, de couleur d'ochre &
rayé de blanc.
Une pareille Chenille s’érendit à terre comme fi elle étoit morte; quelques jours après 1l en fortit cinq Mites,
qui fe transformerent en petites Nymphes blanches ; elle les joignit enfemble, après quoi elle mourut : quatorze
jours après il fortit de chaque Nymphe uné petite Mouche.
Pr gene
C'eft le même Atbriffeau que Jean Bauhin & Clufus ont ap- feuilles grandes , foutenues par un calice, qui devient enfuite
pellé Cenrifolia Batavica : les branches de cet Arbrifleau font un fruit ovale , de la figure d’une olive : fon écorce eft un peu
dures , garnies d’épines fortes : fes feuilles font oblongues, rudes, charnue , elle contient des femences blanchîtres , velues & an-
au toucher , dentelées ent leurs bords : fa fleur à plufieurs guleufes.
Remarque. On ne conçoit pas trop ce que Mile de Merian entend par cette Chenille qui paroifloit morte , & qui joignit
cependant enfemble cinq Nymphes qui provenoient de la métamorphofe d'autant de Mites auxquelles elle avoit donné naiflance.
nn
Grofle Cerife noire. XXIII.
ren 8e
Cerafus major, fruclu fubdulci.
C. Es belles Chenilles ont fur le dos en travers , des bandes qui femblent brodées de perles; je les ai nourrie de
ces feuilles ; il eft arrivé auffi qu’au défaut d'autre nourriture elles fe font mangées entr’elles ; ‘elles filerent au mois
de Juillet un Cocon reluifant comme de l'argent, & fe changerent en Nymphes : au mois d’Août il en fortit de
belles Phalenes , de couleur de Rofe, noire, blanche , grife & orange.
Sur la Cerife eft repréfentée une Chenille d'un verd de Mer , fort lefte , qui fe changea au commencement d’Août
en une Nymphe; à la fin du même mois il en fortit un petit Papillon, tel qu'il eft repréfenté fur la Planche.
Remarque. Voyez tout ce que nous avons dit fur les Cerifiers dans notre Diétionnaire des Plantes , Arbres & Arbuftes de la France.
DES PLANTES ET INSECTES DE L'EUROPE 7
Grand Rofer double. XXIV.
Rofa maxcima ; multiplex,
Carre cite de Chenille eft verte , ayant la tête noire : elle ronge en dedans les queues & boutons du
: Ir de a méme maniere qu'on le voit repréfenté fur un bouton au bas de Ja Planche; quand on la touche,
elle fe laifle aller à terre par un fil, & remonte de même ; à la fin de Mai elie fe change en une Nÿmphe brune,
uatorze |} S'il -ef reluif. idité Ivi
q € Jours après il en fort un petit Papillon , reluifant comme l'or, qui vole avec rapidité ; & étant pourfüivi,
il fe cache adroitement fous les feuilles.
Ç ; ; ke pair $
=RemArQuE. Nous avons donné une Differtation très-intéreflante fur les Rofes dans notre Traité hiftorique des Plantes de la Lotraine.
Fruit de Grofelier épineux. XXV. Fruitus Grofflarie fpinofe.
S UR une feuille eft repréfentée une Chenille verte prefque droite ; quand on la touche, elle remue continuellement
Ja partie fupérieure de fon corps à droite & à gauche; elle fe tient fi fort attachée à la feuille avec fes pattes de
derriere , qu’on ne en fcauroit arracher fans la bleffer ; Je l'ai nourrie jufqu’à la fin de Mai, qu’elle fe métamorphofa
en une Nymphe brune, Quatorze jours après il en fortit un Papillon blanc & brun, avec plufieurs taches , tel aw’il
eft dépeint au bas de la Planche, :
Sur une Grofeaille il y a une petite Chenille, qui eft verte au milieu du corps, & dont les deux extrèmités font
jaunes tachetées de noir. Ces Chenilles font très-pernicieufes à ce fruit; elles changent de peau plufieurs fois, &
deviennent à chaque fois plus belles ; à la fin de Mai elles fe transforment en Nymphes, trois femaines après il en
fort des Mouches jaunes , comme celle qui eft repréfentée à un côté de la Planche.
XXVI.,
Grande Ortie brûlante, Urtica urens, major.
C; ErTe Herbe fert de nourriture à une efpèce de Chenille noire ; j'en aï gardé plufieurs dans une boëte, qui
le quatorze de Juillet étoient toutes attachées au couvercle de la boëte, & changées en Nymphes d’un jaune pâle.
La curiofité me porta d'en ouvrir une, que je trouvai telle qu’elle cft repréfentée pendante au-deffous d’une feuille.
Le vingt-huitième du même mois il en fortit des Papillons, dont l'extérieur étoit brun, & l’intérieur de couleur
d'Orange obfcur , très-bien mélangé de noir & de pourpre. Il provint d’une des plus groffes Nymphes une Mouche
noire & puante, comme elle eft repréfentée fur ure feuille au-deflus de la Nymphe.
J'ai trouvé dans les excrémens de ces Chenilles des Mites qui fe transformerent en petites Nymphes noires : douze
jours après 1l en fortit des Mouches, telles qu’on voit fur la Planche,
Cette Plante, qui eft la mème’que l'Urtica urens , maxima ; de
Gafpard Bauhin & de Tournefort, poulie des tiges rameufes ,
roides , quartées, creufes , couvertes d’un poil piquant , revêtues
de feuilles oppofées , larges , triangulaires, pointues , dentelées
en leurs bords, garnies de poils piquants & brûlans , attachées
à des queues. Ses fleurs naïffent aux fommités des tiges & des
rameaux dans les aiflelles des feuillés , difpofées quatre à quatre,
comme en croix, par chaque pairé de feuilles. Chactne d'elles
eft à plufieurs éramines , foutenues par un calice à quatre feuilles ,
il fuccéde à ces fleurs des fruits ronds , hériffés tout autour de
petites pointes , os de plufeurs capfules , qui s'ouvrent en
deux parties , & renferment une femence ovale & pointue. M.
Boerhaave prétend qu'il y.a des Orties mâles, femelles & .her-
maphrodites. | a
\
$
Saule à feuilles pointues. XX VII.
Salix acuto' folio.
S Ur la longue feuille pendante eft repréfenté un petit animal jaune ; tachetée de noir. Le quatorzieme de Jum
il s’attacha à une feuille, & fe changea en une petite Nymphe : quinze jours après il en fortit un Hanncton, tel
qu'on le voit fur la feuille d’en haut, lequel fait fa graine fur ces feuilles, d’où fortent dans la fuite de petits
animaux. | :
Sur la feuille de deffous eft dépeinte une petite Chenille brune, je lai nourrie avec ces feuilles ; le fixieme de Juin
elle fila une toile & y réfta enfermée jufques au mois de Mai de l’année fuivante , d’où fortit alors une Mouche, telle
qu'on la voit repréfentée au-deflous de la Planche,
qui deviennent enfuite des capfules membraneufes ; oblonges ;
contenant des feménces fort déliées. Dodonée & Jean Bauhin oûit
cru que les fleurs de cet Arbre devenoient des graines aigretées :
mais Céfalpin a fort bien remarqué que les pieds de Saule qui
fleuriffent, ne portent point de graine, & que ceux qui grainent
ne fleuriflent pas.
Cet Arbre jette de petites branches en forme de verges grè-
les , couvertes d’une écorce rouge ou purpurine noifatre. - Ses
feuilles font étroites, longues , crénelées en leurs bords, fans
poil , un peu blanches en deflous : les châtons font des épis longs,
compofés de quelques feuilles, de la bafe defquelles naiflent des
étamines : les fruits commencent par des épis chargés d'embryons,
Remarque. On a découvert depuis peu dans l'écorce du Saule , un excellent fpécifique contre la fievre intermittente.
B i
HISTOIRE GÉNÉRALE
Rofe de diverfes couleurs. XXVIIL Rofa verficolor.
C Erre Chenille, qui eft repréfentée fur la Réfe, eft d’un brun chatain & rampe fur fon ventre, parce qu'elle
n’a que trois pieds devant : je l’ai nourrie de ces Rofes jufqu’à la fin de Juin, qu'elle s’enveloppa dans une. feuille
de Rofier , & fe transforma en une Nymphe brune , telle qu'on la voit fur la Rofe. Quatorze jours après il en fortit
an petit Papillon tacheté de noir & de blanc, qui eft aufli repréfenté fur la Rofe.
À la queue de cette Plante il y a une Chenille verte, que Ja aufli nourrie de. feuilles de Rofier. Elle fe changea
en Nymphe au commencement de Juillet ; quatorze jours après il en fortit un petit Papillon d’un jaune couleur d ochre,
telaw’il eft repréfenté au bas-de la Planche, | ons |
Une femblable Chenille s’étendit tout du long & refta immobile , comme fi elle étoit morte , d’où fortit une
Mite blanche, qui peu de temps après fe transforma en Nymphe. Quatorze jours après il en fortit une Mouche,
telle qu’on la voit dépeinte fur la feuille du milieu.
Remarque. Nous avons rapportés dans-nos.Lettres fur les Végétaux , des Anecdotes très-curieufes fur la Rofe.
‘Groleille de Jardin. XXIX. “Groffularia hortenjis.
€ Erte belle Chenille blanche, tachetée de noir , s’engendre fur cés Aïbriffeaux ; quand elle veut avancer
chemin en rampant, elle joint le derriere de fon corps au devant , & forme une efpèce de boucle. Je l'ai nourrie de
ces feuilles jufqu’au treize de Juillet, qu’elle fe changea en Nymphe d’un brun clair ; à la fin du même mois il en
{ortit un Papillon blanc, tacheté de jaune & de blanc, qui voloit fort vite.
, : EN re é !
RemArQue. On prépare avec les Grofeilles de la gelée, de la conferve , & une eau très-rafraichiffante ; nous en avons donné la
préparation dans notre Manuel alimentaire.
Saule à Feuilles larges. XXX. Salix caprea latifolia.
LEON nourri de ces feuilles cette belle Chenille ; le huitieme de Juin elle fe transforma en cha ae noire , tachetée
de blanc & garnie de poil blanc. Quatorze jours après il en fortit une Phalene blanche, reluifante comme la Nacre
de Perle, & fit des petits œufs d’un verd clair.
J'ai trouvé dans la terre ce Ver blanc qui eft au bas. L’ayant gardé dans une boëte avec de laterre, je lai nourri
de diverfes racines jufqu’au mois de Mai : étant dévenu grand, 11 lui vint des taches brunes fur le dos, & il fe
changea enfuite en une Infecte qu’on appelle Foulon.
Il y a deux figures de cette Plante dans l’Hiftoire des Plantes de que Gafpard Bauhin l'ait rangée fous l’efpèce qu'il appelle Sa/ix
Lyon. Le Salix aquatica Lob. paroït différent de la Plante qu’on ‘folio & rotunditate acuminato. N falloit au moins l'en diftinguer
voit ici #mais les feuilles en font fi longues , qu'ileft furprenant comme d’une différence confidérable.
Remarque. Les Saules fourniffent au printemps une efpèce de duvet qu'on pourroit employer comme la foye.
*
Grofeille blanche, commune. . XXXI. Groffularia alba vulgaris.
Cri efpèce de Chenille s’engendre fur tous les Arbres fruitiers, mais principalement für cette forte de
Grofeliers ; leur corps eft gris , elles ont tout le long du dos une raye noire, & font fort velués , ayänt tout le poil
hériflé ; leurtête eft jaune. Elles ont derriere la tête de chaque côté cinq grains bleus, & le long du corps des
grains rouges : elles fe métamorphofent au mois d’Août en Nymphes d’un brun clair, qui, lorfqu'on les touche,
Sr d'un côté & d'autre, Il en fort au mois de Séptemibre des Phalenes , qui font rayées de blanc, de jaune &
e noir.
… Remarque. Cette efpèce de Grofeiller eft fi connu , qu’il feroit inutile d’en rapporter ici la defcription; voyez ce que nous en
avons dit dans notre Diétionnaire des Plantes, Arbres & Arbuftes de le France , article Grofeiller.
‘
,DES PLANTES ET INSECTES DE L'EUROPE
Chien-dent vulgaire des prés, XXXIL
Gramen pratenfe vulgare,
J A nourri cette Chenille avec de l’Herbe jufqu'au mois de Juillet, elle fila pour lors une toile grife , & le
changea en une Nymphe auf grife , d’où provint au mois d’Août une Phalene, de couleur d’orange obfcur ; elle
dépofa des œufs verds. ?
3.
AE
ec
Les feuilles de cette Plante font longues, étroites, tendres, vertes,
pointues : il s’éleve du milieu d’entr'elles des tuyaux ou tiges rondes,
À Par : Pr : = . r
revêtues de quels fes : à portsns en leurs farm des épis Main. J can Bauhin appellé cette Herbe Gramen Pratenfe vulgare,
Re » ge ” gd . ep à €tamines dr ont le calice picé ferè arundinacea magna. On trouve quelquefois ce Chien-
eft écailleux. Après ces fleurs il naît des graines oblongues ; rou- dent avec un panicule de neuf ou dix pouces de long : il ne faut
geâtres. Le Gramen vulgaire ou légitime de Clufius ne différe pas le diftinguer du Gramen pratenfe , paniculatum , majus , latiore fo-
du Chien-dent ordinaire par fes racines , qui font longues , dures, lio , mou L'heophrafti , que comme une variété,
:rampantes , & qui s’entortillent les unes dans les autres ; mais
par fon chalumeau , qui eft plus court , & pat fes épis, Qui font
plus petits , & difpofés en évanrail, ou comme les doigts de la
REMARQUE. Il ÿ a une quantité prodigieufe de Chien-dent ; on en trouve aux environs de Paris de plus de cent cinquante efpèces où
Varictes,
L 2
Aéacia Gérmanicai
Prunier fauvage, XXXIII,
L Es Chenilles repréfentées ici, font bleues avec des rayes jaunes & blanches. Elles fe plaifent dans des endroits
humides. La nuit elles fe raffemblent dans une toile ; femblabie à celle d’une Araignée. Je les ai nourries des feuilles
de cet arbre jufqu’au dix Juillet , qu’elles filerent alors chacune un Cocon comme les Vers-à-foye ; & fe transformerent
en une Nymphe noire. À la fin du même mois il en provint des Phalenes d’un brun clair; elles dépofent leurs œufs
autour des branches , comme une bague , aufli a-t-on beaucoup de peine à les détruire.
Jai trouvé des Mites dans leurs excrémens , qui fe font changées en Nymphes, d’où fortirent quinze jours après des
Mouches , telles qu’on les voit repréfentées fur la Planche.
Cette Chenille, qui eft an bas dela branche, éft jaunâtre ; & marche fort vite ; elle fait fa’ demeure dans uné
feuille verte, roulée; elle fe nourrit de ces feuilles jufqu’à la fin de Mai, qu'elle fe change en Nymphe brune :
quatorze jours après il en provient une Phalene d’un brun clair.
Le Prunier fauvage eft un Arbrifleau épineux , fes feuilles font
oblongues , aflez larges , arrondies , légérement dentelées en leurs
bords. Ses fleurs naïffent devant les feuilles , elles font petites ,
blanches , améres, tendres, compofées chacune de cinq pétales &
de quelques éramines au milieu : quand ces fleurs font pañlées , il
Lierre terreftre fleuri. XXXIV,
> À n ; ? » GS SAR “LAS
leur fuccède de petites Prunes groffes comme un 6r6s érain de Raïlin;
prefque rondes ou ovales, de couleur noire tirant fur le bleu. Ce fruit
renferme un noyau gros comme celui d’une Cerife , oval ou un peu
oblong. On a oublié de repréfenter les épines de cette Plante dans
k figure du Tabernemontanus,
Hadera terréftris florens.
( Etre Plante fert de nourriture à la Chenille verte qui eft repréfentée ici ; quand on là touche, elle fe roule en
un monceau , & refte long-temps dans cet état; elle fe transforme à la fin de Juillet en Nymphe;, d’où provient au
mois d’Août une Phalene, dont les aîles font couleur de bois, & celles de deflus rayées en verd.
Le Lietre terreftre vulgaire du Pinax de Gafpard Bauhin , s’é-
tend en largeur par le moyen de plufeurs Ofiers quadrangulaires &
fibreux , qui rampent également de tous côtés le long des ruifleaux ,
dans les buiffons & dans les prés , pouffant de menues tiges quarrées
& rougeûtres, où naiffent des feuilles oppofées l’une à l’autre par
paires , attachées à de longs pédicules, rondes, oreillées , larges
d’un pouce ; un peu velues & incifées par des crénelures égales. Ses
fleurs naiflent en bouquets dans les aiffelles des feuilles, elles font
formées en gueule ou tuyau découpé par le haüten deux lévres , de
couleur bleue. 11 fuccéde à cette fleur quatre femences oblongues ;
jointes enfemble & enfermées dans une capfule qui a fervi de ca=
lice à la fleur.
Remarque. Le Lierre terreftre eft très-bon dans les maladies de poitrine pris en infafñon théiformés
Iris de Jardin à feuilles larges. XX
XV, Îris hortenfis , latifolias
] A r trouvé cette efpèce de Chenilles vertes fur ces feuilles dures , avec lefquelles je les ai nourries pendant quelques
jours. Ayant été un certain temps fans leur donner de nourriture , je m'apperçus qu’elles fe mangeoient les unes les
autres ; mais dès que je leur en eus redonné, cette rage cefla. Elles marchoient fort vite, & muerent au mois
d'Octobre. Au mois de Mars de l’année fuivante , il en fortit des Phalenes brunes , qui avoient une tache blanche fur
chaque aîle,
L'Iris vulgaire de Jardin où d'Allemagne, où fauvage du Pinax de
Gafpard Bauhin , ( Flambe ou Glayeul ) étend fa racine obliquement
fur la furface de la terre : elle eft épaifle, diftinguée par nœuds,
& rend une bonne odeur, après que fon humeur âcre & fuperflue
s’eft diffipée. Elle pouffe des feuilles larges d'un pouce, roides ,
longues d’une coudée , & refflemblantes à un glaive t il s’éleve d’en-
tr’elles une tige droite , rameule , life, ferme, poudrée d’une ef-
pèce de farine ou de cendre , qui fe dérache aifément , ayant quatre
où cinq genoux ou nœuds , qui pouflent chacun tiné Feuille plus pe=
tite que celles d’en bas ; & d’une moindre grandeur ; à mefure qu’el-
les approchent du haut, embraffant leur tige ; fans queue. Dès le
commencement du printemps les fleurs fortent de cettainés mem
branes roulées , elles font d'une feule piece, & divifées en fix parties,
avec un piftil garni de trois feuilles : leur calice fe change en un
fruit cilindrique , triangulaite , diflingué en trois loges, où font
renfermées des femences plattes ; couchées les unes fur les autres.
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(HISTOIRE GÉNÉRALE +
XXXVI.
Le
Plantago ma] of.
F : : - lentement : je l'ai nourrie de cette
{ Es feuilles fervent de nourritüre à une Chenille verte, qui marche fort je l'a
Herbe jufqu’au mois d'Aoët ,
qu'elle fe transforma en une Nymphe brune. Au mois de Décembre il en {ortit une
Phalene auffi brune, telle qu’elle eft repréfentée au bas de la Planche.
Les feuilles de cette Plante font longues, larges; velues, mar-
uées chacune de fept nerfs, qui parcourent leur longueur , ce qui
Jui a fait donner par quelques Botariftes le nom de Septinervta.
Ces feuilles font attachées à des queues & couchées à terre. ll s'é-
leve d’entr’elles des tiges à la hauteur d’un pied , rondes , difficiles
à rompre, nues, portant en leurs extrèmités des épis longs, qui
foutiennent de petites fleurs blanchatres ou purpurines.s Chacune
4 L4 je = 1
Remarque. Le Plantain eft un des plus grands vulnéraires,
Grofelier de Jardin à Fruit rouge.
de ces fleurs eft un tuyau fermé dans le fond , évafé en haut É
découpé en quatre parties , & garni de plufieurs étamines. H fuccéde
À cette fleur une coque membraneufe , ovale , pointue ou conique ;
ui s'ouvre en travers comme une boëte à Savonette , & qui ren-
7 des graines oblongues ou ovales , de couleur rougeñtre. C'eft
la même Plante que Tournefort décrit fous le nom de Plantago
latifolia Jinuata.
XXXVIT. Groffularia Hortenfis mayore Fructu rubro.
des Pre ;
J » Ar trouvé fur ces Arbrifleaux cette efpèce de Chenille grife, & lai nourrie de ces feuilles jufqu RES
cement de Décembre, qu’elle fe changea en une Nymphe couleur de Chataigne , d'où PRE au ep e Février de
l'année fuivante une belle Phalene blanche , avec des rayes noires ; elle dépofa de petits œuis verdâtres.
Remarque. Le Grofelier porte un fruit qui eft très en ufage dans les offices.
Fenouil.
Or trouve ur cette Plante une belle Chenille toutesverte, av
XXXVIIL.
Foœniculum Hortenfe.
ec des bandes noires comme du velours, parfe-
mées de taches couleur d'Orange ; elle jette une bonne odeur ; quand on la rouche# elle poule deux petites cornes
couleur d'Orange ; elle s'attache &c fe change en une N ymphe verte ; qui peu-a-peu devient grife : de cette Nymphe
fort le beau Papillon, que les Naturaliftes nomment Ba LJe-la-Reine. _Au mois d'Avril & de Mai, comme aufhi en
Décembre , il en eft provenu quelquefois un Papillon jaune , orné de noir.
Les tiges de cette Plante font hautes de cinq ou fix pieds , droites,
creufes , de couleur verte-brune, rameufes , remplies d'une moëlle
fongueule : fes feuilles font laciniées en filamens longs, d’un verd
obfeur. De fes extrémités fortent des bouquets larges en ombelles ,
jaunes , odotans, fur lefquels font des fleurs, difpofces en Rofe à l’ex-
trèmité du calice , ordinairement à cinq feuilles. Après que la eur eft
pañlée , le calice devient un fruit à deux graines oblongues, arron-
dies, canelées fur le dos , applaties de l’autre côté, noirätres.
Remarque. La femence de Fenouil eft très en ufage en Italie parmi les alimens, Les anciens vantoient beaucoup l’eau diftillée de
Fenouil pour les maladies des yeux.
Menthe de Jardin.
XXXIX.
Mentha hortenfis, verticillata.
( re £ Herbe fert de nourriture à une belle Chenille blanche, rayée de verd. Quand on la touche, elle remue
Ja tête de côté & d'autre : elle fila une toile mince, & fe transforma en une Nymphe brune, Au mois d’Août il
en fortit une Phalene reluifante comme de l’or.
J'ai auffi trouvé fur cette Plante une efpèce de petite Chenille jaunâtre , qui devint couleur de Rofe, & mourut
enfuite.
En 1700 j'ai trouvé à Surinam cette autre efpèce de Chenille fur une Herbe nommée Callelou , dont les Habitans
font le même ufage, que nous des Epinars. Le dix-huit Mars elle fe changea en Nymphe , d’où le vingt-fix du
même mois fortit une Phalene de couleur de bois , telle qu’elle eft repréfentée au haut de la Planche.
Cette Plante poulle fes tiges rameufes & rougeûtres jufqu’à la
hauteur de trois pieds : fes feuilles fonc oblongues, prefque rondes,
äffez larges , pointues , dentelées en leurs bords, un peu velues.
Ses fleurs fent en gueule , 8 rangées en épis le long des branches
vers le haut. Ces fleurs font fourenues par des calices faits en cor-
nes , dentelées fur les bords. Après qu’elles font pallées, il leur
fuccéde à chacune quatre femences menues , enfermées dans le
calice de la fleur. L’odeur de cette Plante eft douce , balfamique &
aromatique. Jean Bauhin la nomme Mentha verticillata, minor ,
acuta ; non crifpa , Ocymi odore.
Remarque. L'eau diftllée de Menthe eft très en ufage en Médecine ; voyez notre Traité hiftorique des Plantes de la Lorraine,
DÉS PLANTES ET INSECTES DÉ L'EUROPE xt
Pied d’Alouette, XL
Confolida regals, hortenfise
O N trouve fur cette fleur une Chenille d’une belle couleut ; raÿée & morichetée , mais lle marche fort lentement.
Je l'ai nourrie jufqu’à la fin de Juillet, qu'elle fe changea en Nymphe brune. Au mois de Mai de l’année fuivante,
il en fortit une Phalene couleur de Rofe, ornée de nèir & de blanc, volant fort lentement.
Les feuilles de cette Plante font découpées en parties longues ,
& prefque aufli déliées que celles du Fenouil. Elle à fur fes
extrèmités des fleurs rangées par ordre en maniere d'épi : chacune
de ces fleurs eft compofée de plufieurs feuilles inégales , cinq def-
quelles font plus grandes que les autres & difpofées en rond.
La fupérieure s’avance fur le derriere en une maniere de petite
corne pointue , repréfentant un éperon, & elle reçoit dans cer
éperon l’éperon d'une autre feuille. Le fruit eft compofé de trois
graines noirâtres , qui contiennent des femences anguleüfes &
noires. Pr. Mournefort nomme certe Plante Delphinium hor-
cenfe, flore majore , fimplici , ex cœruleo ; purpureo , & Dodonée
Flos Regius.
Remarque. Cette Plante orne très-bien les parterres dans l'arriere faifon par la beauté de fes fleurs, il y en a plufeurs variérés. Ge
que M. Marret appelle Epérons , eft le Nectaire,
Arroche fauvage.
XLI, A triplex Jylveftris,
Sux la queue d'une feuille eft fepréfentée une petite Chenille droite, qui de cette maniere grimpe d’une feuifle
à l'autre, lorfqu'elle y peut atteindre. Elle eft d'un verd clair : Payant gardée jufqu'au mois d'Août, elle fe crans-
forma en une Nymphe brune , d’où fortit l’année fuivante un petit Papillon couleur de Feuilie morte,
On trouve cette efpèce de Vers fur toutes les Plantes qui font chargées de Poux. Ces Vers fe tiennent en repos &
attendent tranquillement que ces Poux rodant autour d'eux, ils puiffent les attrapper avec leur trompe. Ils en fucent
tdute l'humeur , & ne laiflent que la peau vuide;
ce qui leur fèrt de nourriture. Ils fe transforment enfuite en une
Nymphe brune , d’où fortent des Mouches , telles qu’on les voit repréfentées fur la Planche,
La tige de cette Plante croît à la hauteur d’un pied , affez groffe,
droite , rameufe, ayant des feuilles larges, pointues, finueufes.
Ses fleurs naiffent en grappes ou épis , chacune d’elles eft à cinq ou
fix éramines , rougeâtre , foutenue par un calice découpé jufqu’à la
bafe ; fa femence eft menue, prefque ronde & applatie , contenue
dans une capfule comme étoilée , qui a fervi de calice à la fleur.
Sur le mème pied d’Arroche on trouve encore une autre forte de
fruit, qui n’eft précédé par aucune fleur. Ce fruit eft toujours tout-
à-fait plat, arrondi pour l'ordinaire , échancré & composé de deux
feuilles appliquées l’une fur l’autre , boffelées , & renfermant dans
leur pli une femence platte & prefque ronde. Cette Plante paroit
être la même que Morifon décrit fôus le nom d’Atriplex fylveftris,
annua ; folio deltoide , triangularis , finuato & mucronato , hafle
cufpidi fimili ; & Raï fous celui d’Arriplex fylveftris folio haftato
Jive Deltoide. La defcription de ce dernier Auteur eft bonne , il ÿ
a beaucoup d'apparence que c’eft l’efpèce que Dodonée appelle
Acriplex fylvefltris. Nous n'avons point d’efpèce d’Arroche , qui
ait plus de rapport à celle des Jardins que celle-ci. Gafpard Bauhin
n’a pas eu raifon de la joindre au Cyncrambe de Cæfalpin , qui l’a
prife pour une Plante qui ne Hleurit pas.
Remarque. L'Arroche eft une de ces Plantes qui porte fur le même pied des fleurs hermaphrodites & des fleurs femelles,
Peuplier noir. XLIT.
Populus LIT È
S UR cet Arbre naïflent très-fouvent des excroiffances ou vêrrues rondes ; fi on les ouvre, n'étant pas mures,
elles font vuides ; mais parveñues à leur maturité elles s'ouvrent d’elles-mêmes , & nous préfentent fix petits animaux,
dont il y en a deux qui volent, & qui piquent comme les Mouches ; lun eft plus petit que l’autre. Les quatre autrés
font des Infeétes , différens l’un de l’autre, en grofleur & en figure. On ne peut découvrir la figure du plus petit
que par le moyen d’un Microfcope. Auprès de ces quatre petits animaux il y à üné goutte d’eau vifqueufe ; de la
groffeur d’un pois blanc ; le plus gros de ces quatre animaux mange les trois autres. Cette nourriture lui manquant,
il fe change en Veffie, d’où fort douze jours après une Abeille fauvage , tellé qu’on la voit repréfentée fur la Planche,
Cet Arbre pouffe au commencement du Printemps des gerinés à des queues menues & longues. Cet arbre eft flérile où mâle ,
ou des commencemens de feuilles , gros environ comme des capres
pointues , oblongues , d’un verd jaunâtre. C'’eft ce qu’on appelle
en Latin Gemma feu oculi Populi nigre , & en François, Feux de
Peuplier. : Ces germes ou bourgéons fe développent en feuilles
larges , pointues comme les premieres feuilles du Lierre , moins
épaifles , légérement crénelées tout autour, unies , lifles , attachées
& il ne porte que des fleurs fans fruits; ou bien fertile ou femelle,
& il ne porte que des fruits fans Heurs. Les fruits du Peuplier noit
femelle , font des Capfules membraneufes , oblongues , vertes ,
difpofées comme par grappes : elles s'ouvrent en müriflant en deux
parties recourbées , renfermant des femences garnies chacune d’une
aigrette.
Remarque. Les Bourgeons de Peuplier font partie des efpèces que nous avons indiquées pour les fumigations huinides dans les
maladies de poitrine ; voyez nos Lettres fur les Végétaux.
Laitue pommée fleuri. XLIIT, Latluca capitata florèns.
( Ein Chenille grife ayant fur le dos une raye d’un jaune obfcur, quitta fa peau à la maniere des Sefpens ;
& changea de couleur en un brun obfcur.. Je lai nourrie de Laitué jufqu’à la fin d’Août, qu'elle fe transforma en
une Nymphe brune, d’où fortit au mois de Septembre une Phalene , dont les ailes fupérieures étoient brunes, & les
inférieures avec le corps bleuâtres,
Les feuilles de cette Plante font grandes, repliffées ; blanchätres $
empreintes d’un fuc laireux. Sa tige étant montée , fe divife en
beaucoup de rameaux, portant à fes extrémités de petites fleurs
jaunes, qui font des bouquets à demi fleurons , foutenus par un
calice longüet, menu , compofé de feuilles en écailles: Îl fuccédé
à ces fleurs des femences oblongues , pointues par les deux bouts;
de couleur cendrée ; garnies d’aigrettes:
Remarque, L'eau diftillée de cette Plante Soit autrefois très en ufage avec celle de Pourpier pour les potions vermifuges,
C ji]
pi
18
HISTOIRE GÉNÉRALE
Petite Ortie brülante. XLVI. Urcica urens , minor.
J »Ar nourri avec cette herbe cette efpèce de Chenille brune , rayée de noir , jufqu’au mois de Juillet, qu’elle fe
changea en une Nymphe, d’où fortit quatorze jours après un Papillon , qui étoit au-deffus d’une couleur d'Orange
obfcur, avec des taches & des rayes blanches. Quand cette Chenille fe transforme au mois de Septembre , le
Nymphe refte ferme & entiere jufqu'au Printemps; qu'il en fort un Papillon. Cette Nymphe repréfente très-bien
un enfant emmaillotté : quelques-unes de ces Chenilles.paroïflent dorées ; de plufieurs il en fort des Mites, qui fe
changent en Nymphes, d'où provient enfuire de chacune une petite Mouche de couleur d’or. J ai encore trouvé
dans les excrémens de ces Chenilles des Mites, qui fe changerent auffi en petites Nymphes , d’où fortirent quatorze
jours après des Mouches.
Remarque. I paroït que Mile de Merian a voulu parler ici de deux Infectes différens, dont lun avoit fans doute dépofé fes
œufs fur la Nymphe d’un autre.
Choux verd fleuri. XLV. Fos braffcæ Véridis.
C. Errs efpèce de Chenille jaune, rachetée de verd & de noir, s’engendre fur le Chou , elle ronge les feuilles
& n’y laifle que les côtes : quand elles fe changent de bonne heure, il en fort au bout .de quatorze jours des
Papillons , que les Hollandois nomment W'itjes ; mais lorfqu'elles font tardives , elles reftent tout l'Hyver en un
état de Nymphes, & n’en fortent qu'au mois de Mai. J'ai nourri ces Chenilles, & remarqué, que quelques-unes fe
difpoferent au changement & reftcrent comme mortes : alors plufieurs Mites fortirent de leurs corps, qui fe trams-
formerent en Nymphes : la mere Chenille les ayant attachées enfemble mourut enfuite; mais douze jours après
1 fortit une Mouche de chaque Nymphe.
Les feuilles de cette Plante font longues , d'un verd rougeâtre, croix, de couleur blanche. IL s’éleve du calice un piftil qui fe forme
attachées à des queues longues, groffes, tendres, dentelées en quel- ‘en une filique longue , étroite , cylindrique , pointue ; remplie de
ques-uns de leurs bords ; la fleur eft à quatre feuilles , difpofées en femences prefque rondes , féparées en deux loges.
Remarque. Nous avons donné la defcription de la plûpart des Infedtes qui vienment für certe Plante, & nous avons indiqué en
mème temps la méthode pour les détruire 3 Voyez noëe Dictionnaire des Plantes, Arbres & Arbuftes de la France.
Jacée mufquée & pourprée. XLVI. . Jacea mofchata ; purpurea.
] » À r trouvé fur cette fleur une forte de Chenille velue, brune ; elle fe nourrit auffi d’une autre forte de fleur,
Elle fila de fa propre foye un Cocon , fe changea en une Nymphe noire, & refta dans cer état tout l’hyver : au
mois de Mars de l’année fuivante , il en fortit une Phalene blanche , rayée & tachetée de noir, telle qu’elle eft
repréfentée.
Les premieres feuilles de cette Plante reffemblent à celles de la font creufes, difficiles à rompre, lanugineufes. Les fleurs font atta-
s 1 ! e . . L <
Chicorée, car elles font un peu déchiquetées ; mais celles qui font chées par bouquets fur des têtes écailleufes, de couleur purpurine.
attachées aux tiges, font étroites ; roides, un peu dures : les tiges Il fuccéde à la fleur des femences brunes, chargées d’aigrettes.
Remarque. Cette Plante peut fervir d'ornement dans les grands Parterres.
Prunes. | XLVII. Fruclus Prunorum.
$ /
Æ Ex Arbre fert de nourriture à une belle Chenille jaune , ayant plufieurs toupets en forme de vergette fur le
dos, & fur la queue une pointe rouge ; quand elle s’allonge , on apperçoit quatre rayes noires, veloutées au travers
de fon corps. J’en ai nourri jufqu’à la fin d'Août, elles filerent alors un Cocon blanc & roide, & fe transformerent
en Nymphes. Quelques-unes produifirent des Phalenes grifes au mois de Septembre , d’autres refterent dans cet état
e ] ° D] . » , . 31 . ,
jufqu’au mois d'Avril de l'année fuivante , d'où fortirent auffi des Phalenes comme les précédentes. Les unes & Îles
autres firent de petits œufs gris,
Remarque. Nous avons indiqué les différens Infetes qui fe nourriffent des feuilles du Prunier dans notre Dictionnaire des Plantes,
Arbres & Arbuftes de la France,
|
DES PLANTES ET INSECTES DE L'EUROPE tà
Mauve à feuille de Lierre. XLVIIT. Malya folio hederaceo:
( Etre fleur fert de nourriture à de groffes Chenilles brunes; qu'nd elles veulent fe métamorphofet, elles
roulent une feuille, & fe changent en Nymphes. Jen ai eu qui n’ont produit au mois de Novembre des Papillons
d’un verd mélangé. Elles reftent quelquefois dans leurs feuilles jufqu’au mois de Janvier de l'année fuivante , il en
fort alors des Papillons, comme il a été dit ci-deflus,
Cette Plante pouffe des tiges longues d’un pied & demi, rondes,
affez grolfes, moëlleufes , rameufes, velues, quelquefois rougeà-
tres , & s'étendant la plüpart à terre. Ses feuilles reflemblent à celle
du Lierre. Ses fleurs font formées en cloche , découpées chacune
en cinq parties jufques vers la bafe , foutenues fur des pédicules
longs , greles , velus. Certe fleur eft contenue dans un calice
double , le premier a trois découpures & le fecond cinq. Il s’éleve
du calice un piflil, attaché à la bafe de la fleur ; d'où naît ün fruit
applati , rond , quelquefois pointu , reffemblant à un petit nombril,
Il renferme des lemences menues ; qui ont la figure d’un petit rein.
Cæfalpin a parfaitement connu le caraëtère de la Mauve, puifqu'il
dit que fes Aeurs font en baflin , & que fon fruit eft compofé de plu-
fieurs capfules difpofées autour d’un moyeu, lefquelles renferment
chacune une femence.
Remarque. La Mauve fait partie des Plantes émollientes,
Œillet de couleur de Pourpre. XLIX, Caryophillus purpureus.
O N trouve de jour ces efpèces de Chenilles fous terre , la nuit elles fortent : elles mangent toute forte d'herbes,
mais principalement les œillets ; elles font deffous d’un jaune clair, & deflus brunes, Elles fe transforment à la fin
d'Août en Nymphes , d’où fortent quatorze jours après des Phalenes , telles qu’on en voit une repréfentée fur la fleur.
Il fortit de quelques-unes de ces Chenilles des Mites , qui fe changerent en Nymphes ; quatorze jours après il en
provint de groffles Mouches bleues.
Cette Plante poule de fa racine des feuilles étroites , longues , & larges en haut, foutenues par ün calice, qui eft un. tuyati
dures , épaifles , vèrtes, entieres , attachées par paires autour de membraneux & cylindrique , d’où naît un pifil , qui devient ii
la tige. Il s’éleve de leur milieu beaucoup de tiges de hauteurs la fuite un fruit cylindrique, enveloppé de fon calice , s’ouvrant
différentes, rondes, dures, unies , portant en leurs extrêmités par la pointe, rempli de femences plates & comme feuilletées,
des fleurs à plufieurs pétales, difpofées en rond , étroites en bas
Remarque. L’Œiüllet eft une des plus belles fleurs que cultivent les Jardiniers Fleuriftes,
Chêne chargé de Fruit. Lu
Quercus , cum Fruitu,
D Chenilles étoient rayées de verd & de jaune ; ayant quitté leur peau, elles devinrent brunes, & étant
devenues plus grofles , changerent encore de peau , & devinrent d’un rouge obfcur : je les ai nourries de feuilles de
Chêne jufqu'au mois de Septembre, qu’elles fe transformerent en Nymphes brunes , d’où fortirent au mois de
Décembre des Phalenes brunes , tachetées de jaune & de blanc,
Sur une des feuilles eft repréfenté un bouton rond , qui eft une efpèce de noix de Galle. Ayant ouvert cette noix
a Schwalbach, au mois de Juillet de l’année 1684, en préfence de plufieurs Médecins, nous trouvâmes au milieu
un creux , où 1l y avoit une petite femence ronde. Douze joufs après nous répétâmes cette expérience ; & en ayant
ouvert plufieurs , nous obfervâämes dans chaque noix de Galle deux cœurs femblables. Dans chaque cœur il y avoit
un petit Ver blanc; mais comme je fus obligé de partir , je n’ai pu faire là-deflus de plus grandes recherches, ayant
abandonné le refte aux autres Naturaliftes.
Cet Arbre eft droit, gros, étendant fes branches f6rt au large ,
fon tronc eft couvert d’une écorce raboteufe , rude, crevaflée , rou-
geâtre , épaifle. Ses feuilles fontoblongues, larges , découpées pro-
fondément en grandes dents ou en ondes profondes , attachées à
des queues courtes. Ses fleurs font des Charons longs, compofés de
petits pelotons attachés autour d'une tige menue : ces Chatons ne
laiffent aucun fruit après eux. Les fruits paroiffent en des endroits
féparés de la fleur , & font compofés de trois tuyaux. Ils naïffent
dans un calice, conftruit de petites feuilles anguleufes. Les fruits
s'appellent Glands: ils font de la grofleur des Olives , de figure
ovale ou cylindrique , engagés par le bout qui tient à l’Arbre, cha-
cun dans une calotte dure, grife , qu'on appelle en Latin Ca/yx feu
cupula , à caufe qu'elle reffemble à une petite coupe. Ce Gland à
une écorce dure comme du cuit ; luifante , polie , verte au com-
inencemeht, mais qui devient d’une couleut jainâtré éri murif-
fant. Sous cetre écorce où apperçoit une efpèce d'Amande ou dè
femence dure , compofée de deux lobes. Ces fruits font attachés à
l’Arbre par des pédicules longs , ou courts & menus. Cet Arbre ;
dont on voit ici la defcription & la figure , eft le Quercus larifolià
mas ; que brevi pediculo eft , de Gafpard Bauhin , ou le Quercus vul-
garis ; brevibus pediculis de Jean Bauhin. Il eft difficile de pouvoit
vérifier dans ce genre, fi les différences qu’on trouve , font des
variétés qui naiflent du mièine fruit. Pour décider là-deflus , il fau
droit qu'on prit foin , comme le dit M. de Tournefort dans fon
Hifloire des Plantes qui naiffent aux environs de Paris , de choif£
les fruits de ces Arbres, de les femer à part, en différens pays, &
d'obferver après plufeurs années, s'ils ont produit conftamment
les mêmes efpèces , ou s’il en eft venu de différentes,
Remarque. Rien n’eft plus commun que de trouver de ces Vers dans les noix de Galle ; ils s’y métamorphofent à la fuite en Mouches,
14 HISTOIRE
Violette purpurine. LI.
GÉNÉRALE
Viola Martia , purpurea.
A Mouche à Miel tire fon origine d'un Ver blanchâtre & peu agile, comme il eft repréfenté ci-deffous du
. , : A A
coté droit de Ja Planche, & qui peu-à-peu fe métamorphofe en une feconde forme , où il paroît avec fix pattes,
: . . : A 5 )\
& continue à fe transformer une troifieme fois ; il acquiert pour lors des ailes & une couleur plus brune, jufqu’à
ce qu'enfin il parvient à cette groffeur qu’on lui voit , vol
ant & bourdonnant au-deffus de la Violette.
Ce petit Ver, qui rampe fur da queue d'une petite fleur, & que les Hollandois appellent Zeitelmade , eft blan-
châtre, ayant la tête d’un rouge foncé. Il sintroduit dans les Rüches, & fe nourrit des petits Vers, ou des Nymphes,
d'où les Abeilles proviennent ; ce qui caufe une grande perte à ces Infeétes ; mais après qu'il a fait fon temps , 1l
file une toile blanche, &fe change lui-même en une Nymphe , telle qu’elle paroït dépeinte fur une feuille de ces petites
fleurs : quatorze jours après il en fort une belle petite Phalene , repréfentée ci-deffus fur une de ces mêmes fleurs,
qui peu de jours après fait fes œufs & meurt.
Cette Plante eft la même que Gafpard Bauhin appelle Viola
-martia ; purpurea ; flore fimplici , &c Dodonte, Viola nigra, five
purpurea. Elle pouffe de fa racine beaucoup de feuilles larges , ref-
Lemblantes à celles de la Mauve commune, prefque rondes, den-
telées en leurs bords, vertes, attachées à de longues queues ; il
s'éleve d'entr’elles des pédicules menus , qui foutiennent chacun
une petite fleur très-agréable , d’une belle couleur purpurine ou
bleue , tirant fur le noir , d’une odeur douce & agréable. Cette
fleur eft compofée de cinq pétales & d’une efpèce d’éperon ou
de tetine , qui font foutenus par un calice, divifé jufqu'à la bafe
en cinq parties. L'ovaire dans le fond du calice, quand la fleur eft
tombée , devient un fruit conique & À trois coins, qui s'ouvre,
quand il eft mûr , en trois parties, &c rejette avec violence plu-
fieurs femences prefque rondes , plus menues que celle de la Co-
riandre , de couleur blanchâtre. Sa racine eft fibreufe.
Remarouer. Ce qu’on appelle £peron dans cette defcription , eft le Nectaire.
4 q PP 1 P
Poirier fleuri.
LIL.
Pyrus florens.
N trouve très-fouvent cette elpèce de Chenilles fur les Pruniers , Pommiers & Ccrifiers. Leur corps eff
noirâtre , garni de petits toupets jaunâtres ;
de couleur d’ochre, & derriere deux autres femblables.
elles ont au devant du corps trois ongles , au milieu huit pattes,
Avant leur métamorphofe elles changent de peau très-
fouvent , après quoi elles filent une toile blanche, & fe transforment €n une Nymphe brune, d'où fort quatorze
jours après un beau Papillon d’un brun clair, rayé & _tacheté de diverfes couleurs, & volant avec rapidité.
On découvre dans plufieurs de ces Nymphes des Mites blanches , qui fe changent en Cocons, (que les Hollandois
appclienc Toznetjes) douze jours après il fort de chaque Cocon une belle petite Mouche verte, tranfparente , telle
qu’elle eft repréfentée ici.
Sur une tige monte une petite Chenille blanche, ayant la tête noire : on en trouve auffi de femblables fur les
fleurs. Elles fortent le matin de leur toile pour manger ;
qu'elles agrandiffent toujours de plus en plus , jufqu'a ce qu'il foit parvenu à fa
& après s’étre raffafés , elles retournent dans leur domicile,
grandeur naturelle ; elles filent
enfuire une toile blanche, & fe métamorphofent en Nymphes ; enfuite en une Phalene, (que les Hollandois
appellent Mor-uiltje) qui après avoir fait des œufs, meurt.
Cet Arbre eft plus haut & plus droit que le Pommier : fon bois
eft jaunâtre , fes feuilles font aflez larges , arrondies où un peu
oblongues , finiffant en pointe , vertes , mais blanchâtres au bout
d'en bas. Le bout du pedicule finit en un ovaire oblong , creux
au milieu, dont le bord fupérieur forme une couronne , divifée
comme un calice, en cinq parties , en forme d'étoile. La fleur a
cinq pétales, difpofées en Rofe dans les échancrures du calice ,
& vingt étamines au- delà qui naiffent de l'ouverture du calice.
Le centre de la partie fupérieure de l'ovaire donne cinq tuyaux
terminés en une pointe raboteufe & orbiculaire. L'ovaire devient
un fruit oblong, charnu, plus menu vers la queue qu'ailleurs ,
garni en l’autre bout d’un nombril | formé par les découpures du
calice. Il y en a de beaucoup d’efpèces, qui différent en figure ,
en groffeur , en couleur, en goût , en odeur. Sa chair eft blanche ;
elle renferme en fon intérieur cinq loges, remplies de quelques
he .
pépins noirâtres.
Remarque. Nous avons fait mention dans notre Dictionnaire des Plantes , Arbres & Arbuftes de la France, à l’article Poirier ;
des différens Infectes qui fe nourriflent fur cet arbre.
Creflon de Jardin, ou Alenois,
ou Nafturce fleuri.
LIL.
Naflurtium hortenfe.
N trouve dans le mois de Mai fur cette Plante plufieurs petites Chenilles , qui font noires fur le dos , & fous
Je ventre blanches. Elles ont au devant du corps de chaque côté trois petites oriffes noires, & de chaque côté neuf
O
petites Re Au mois de Juin elles filent une toile mince, & fe transforment en Nymphes brunes , d'où peu de
temps après fortent des Phalenes , rachetées de brun , fort leftes, mais volant terre à terre.
Au bas Plante cit repréfenté un Ver jaune de couleur d'ochre : jen ai trouvé de femblables dans le bois
RE ç ; f Tr Ê a : re = A R
pourri. ls fe changent en Nymphes ; quelque temps après il en fort des Hannetons bruns, ayant la tête & les
pattes noires.
Cette Plante poule plufeurs tiges à la hauteur d’un pied , folides,
rondes, rameules. Ses feuilles font oblongues , découpées profon-
dément. Ses fleurs naiflent aux extrémités des branches ÿ pétites,
compofées chacune de quatre pétales difpofés en croix, de couleur
blanche ou tirant fur le purpurin. Du calice de la fleur naît un
piftil , qui devient un fruit prefque rond, applati, fendu dans fa
partie fupérieure , divifé en deux loges, remplies de femences
prefque rondes & rougeâtres,
Remarque. Cetre Plante eft une fourniture des Salades du Printemps,
a 2 A
DES PLANTES ET INSECTES DE L'EUROPE. t<
Gramen ou efpèce de Millet. LIV.
Cerrs efpèce de Chenilles dun verd clair, telle qu'on la voit fampante fur une feuille , fe trouve fur cette
Plante ; elle a des deux côtés au devant du corps trois petites griffes, au milieu huit , & derriere deux petites pattes,
Elle fe métamorphofe en petite Nymphe verte, d’où fort un beau petit Papillon , orné de taches & rayes brunes
& noires. Il a deux petites cornes , rachetées de blanc & de noir , de beaux yeux verds, & un vol rapide.
II y a de l’autre côté de la Planche une Chenille pliée en demi cercle : je l'ai trouvée fur un Bouleau. Elle fila
une toile blanche, & fe changea en une Nymphe d’un brun clair, d'où fortit une petite Phalene , tachetée d’une
couleur claire & de brun.
Gramen Miliaceum.
Cette Plante eft la même que le Gramen fylvaticum ; paniculà
miliaceä [parfa de Gafpard Bauhin. Elle s’éleve à la hauteur de deux
pieds. Ses feuilles font longues , étroites, pointues , tendres , ver-
quelques feuilles, & portant en leurs extrèmités des épis rougeä-
tres , où font attachées des fleurs à étamines, dont le calice eft
écailleux : après que ces fleurs font tombées , il paroît des graines
tes. Il s’éleve d'entr'elles des tuyaux ou tiges rondes, revêtues de oblongues , rougeñtres.
Remarque. Nous connoiflons en France une quantité prodigieufe de Gramens; nous en avons rapportés beaucoup dans notre
A , n EN . ‘ « € =
Flora Gallica, qui eft placé à la fin de notre Diétionnaire des Plantes , Arbres & Arbuftes de la France,
Patience fauvage, ou Parelle, LV. Lapathum acutum.
Ox trouve fur cette Plante une efpèce de Chenilles d’un jaune foncé, avec des rayes en croix d’un brun
obfcur, Cette Chenille a au devant du corps fix petites griffes | & derriere quatre petites pattes. Au mois de Mai
elle fe transforme en une Nymphe brune, d'où fort au mois de Juin une petite Phalene rayée de blanc & de brun,
telle qu’on la voit repréfentée fur la Planche.
J'ai nourri de la même Plante une petite Chenille, qu’on voit repréfentée de l’autre côté de la Planche , élevée
en bofle. Elle étoit au commencement rayée d’un verd obfeur de Perroquet , mais elle devint enfuite peu-à-peu
jaune & enfuite brune. Elle marchoit fort lentement. On lui voyoit au devant du corps fix petites griffes, & fur
le derriere encore quatre petites pattes. En marchant elle approchoit les pattes de derriere de celles de devant, &
avançoit ainfi par une efpèce de mouvement circulaire : elle fe changea en Mai en une petite Nymphe d'un brun
clair, qui par la partie fupérieure reffembloit à la tête d’un oifeau. Quatorze jours après il en fortit une petite
Phalene, ayant les yeux rouges , une raye rouge fur les quatre aïles , & tout autour une bordure rouge, Elle voloit
avec beaucoup de rapidité.
La Patience , ou le Lapathum à feuille aigue de Gafpard Bauhin, & à plufeurs étamines, avec un calice à fix pétales, dont il y en
eft une Plante fort commune, dont la tige eft haute, canelée, à trois qui font grands & rougeâtres, & les trois autres font plus
creufe , rougeâtre. Ses feuilles font longues, aiguës , d’un goût petits & verds. Le piftil fe change en un fruit où eft contenue une
ftiptique & un peu amer. Les fleurs y font nombreufes , moufleufes femence triangulaire & lifle,
Remarque. La racine de Patience eft très en ufage pour purifier la mafle du fang.
Rofe double. LVI. Rofa Centifolia rubraë
C Etre belle Fleur fert de nourriture à une Chenille d’un verd clair, ornée dans toute fa longueur d’une raye
blanche, & fous celle-là d’une jaune. Elle a au devant du corps fix petites griffes, au milieu huit petites pattes,
& fur le derriere encore deux femblables. Au mois de Juin elle s’enferme dans les feuilles vertes du Rofer, & fe
transforme en une Nymphe brune, d’où fort au mois de Juillet une petite Phalene d’un brun clair, telle qu’elle
eft repréfentée au haut de la Planche. Les aîles de deffous , regardées de côté , reluifent comme de l'or.
On trouve encore fur les feuilles de Rofier une efpèce de Vers, comme ceux qu’on voit au haut de la Planche à
la queue du Rofier. Ce Ver commence à vivre dans les mois de Mai & de Juin ; il eft de la couleur d’une Mite, &
orné d’une raye fur le dos de couleur de chair. Il fe nourrit en fe tenant caché à la vue de petites Mouches, qui volent
continuellement autour de lui; mais s’il en court une au-deflus de fon corps, qu’il puifle atteindre , alors il lance
bien vite fa trompe , & prend ainfi ce petit Infecte ; enfuite il en fuce toute la fubftance, & en rejette la peau :
enfin il fe difpofe à muer, & fe transforme en une efpèce d’ampoule ou veflie claire , d’où fort quatorze jours après
une Mouche, telle qu’elle eft repréfentée fur le Rofier, Elle développe avec fes pieds pendant une demi heure fes
aîles entortillées & embarraflées lune dans Pautre , &-enfuite s’envole. Elle a la tête jaune & les yeux rouges ; le
deflus du corps eft verd, le deffous jaune & noir, & les fix pieds jaunes ; elle marche fort lentement.
Rofe fauvage , fimple. LVII. Rofa Sylveftris major.
O N trouve fur ces Rofes de petites Chenilles d'un verd clair , qui ont au devant du corps fix petites griffes,
& au derriere quatre petites pattes. Elles fe changent à la fin de Juin en Nymphes brunes, d’où fortent quatorze
jours après de pctites Phalenes d’un brun clair, comme elles font repréfentées au haut de la Planche. Au bas de
la Planche rampe fur une feuille verte une petite Chenille tachetée de verd , ayant la tête noire. Vers le milieu
de Mai celle fe transforme en une petite Nymphe dun brun clair , d’où fort au commencement de Juillet
une petite Phalene , avec.les deux aïîles de deflus , & les fix pattes rayées de jaune & de brun, les yeux noirs, &
les aîles de deffous grifes.
De l’autre côté de la Planche eft fufpendue une Chenille, à laquelle on voit une tête noire , au devant du corps
fix petites griffes, au milieu huit pattes , & fur le derriere deux autres. J’ai nourri cette Chenille de Rofes fimples
jufqu’à la fin de Mai, qu’elle fe replia comme en un petit monceau, & ne fit paroïtre aucun mouvement. Quel-
ques jours après il en fortit une Mite blanche, qui fe métamorphofa en une petite Nymphe d'un brun clair. Cette
Mite eft repréfentée fur la Rofe du milieu. Douze jours après il en vint une petite Mouche bleue, telle qu’elle eft
repréfentée un peu plus haut fur la Planche.
D ji
HISTOIRE GÉNÉRALE
Ortie morte fleurie. LVAIIL. Galeopjis florens.
; % 1 À 4
»\y nourri vec cette Herbe pendant quelque temps une femblable Chenille, ornée de petites taches jaunes &
blanches , ayant au devant du corps fix petites griffes au milieu huit, & fur “ derriere deux. ss po jure
Elle .étoit fort agile : au commencement de Mai elle changea de peau & fe transforma En une Nymphe ce re le
qu’elle eft dépeinte au bas de la Planche. Cette Nymphe refta immobile ; mais au commencement de Juin te fortit
un beau Papillon , dont la tête, les ailes fupérieures , les pattes & les cornes Étolent noires, Ses ailes étoient tachetées de
jaune , &les inférieures avec le corps étoient d’un beau vermillon. I voloit avec rapidité, mais ordinairement Fs le foir.
Cette petite Chenille verte Je long du dos, & blanche au-deflous du ventre , fe nourrit auffi fur cette Plante. Au
mois de Juin elle file une toile blanche, & fe métamorphofe en une petite Nymphe , d'où provient douze Jours après
une Mouche jaune , rayée de noir.
4
, Le RATE Lao ;
ep “eftla mè ue Jean Bauhin appelle Urtica iners , flore luteo , & ueule : chacune d'elles eft un tuyau, découpé paï le‘hæt en levres. Quand
Cette Plante‘efEla mème que Jean Bauhin appelle Urérca 7ne7s » » g À Érmles À
Gafpard Bauhin , Lamium folio oblongo , luteum. Elle poufle plufieurs tiges la fleur eft pañlée , il paroït quatre femences ones se rméÉes ans une
rougeâtres & quarrées, portant des feuilles qui approchent en figuré de celles capfule, qui a fervi de calice à la fleur. Cette capfule eft formée en entonnoir,
. pà GR : £ , incipale “cette raifon que M. Tourne-
du Marrube , velues, molles, dentelées, rangées par paires , attachées par des fendu en cinq pointes. C'eft principalement par cette raiton q n
queues qui font plus longues en celles d'en bas, qu'en celles d'en haut: fes fort diftingue les efpèces de Galeopfis d'avec celles du Marrube noir.
De ; = ‘ RARES à
fleurs font verticillées le long des tiges, aflez grandes , jaunes, formées en
Noyer fleuri. LIX. Nux juglans florens.
Ox trouve fur le Noyer, mais Fort rarement , cette belle Chenille verte, qui à fur le long du Corps des rayes
blanches ,'& Tur chaque jointure des taches blanches. Je Vai vue fur cet Arbre & je l'ai nourrie jufqu’au commen-
cement de Juin : alors elle fe roula dans les feuilles vertes , fila une toile blanche & mince , & fe transforma en
une Nymphe brune, d’où trois femaines après fortit une "petite Phalene , dent les aîles inférieures , les pattes, & les
petites cornes étoient brunes. Les aîles croient ornées de petites rayes blanches , le corps étoit d'une couleur claire,
& les yeux noirs. Les ailes inférieures reluifoient comme de l'or. Ce Papillon voloit vers le foir, comme font
ordinairement tous les Papillons.
C’eft un grand Arbre fort rameux & faifant beaucoup d'ombre. $es feuilles dure, ligneufe , ovale , prefque ronde, qu'on nomme coquille de noix , & qui
ont larges, grandes , nérveufes, vertes. Ses chatons font longs, pendans, de contient une efpèce d'amande divifée en deux ou en quatre païtiés , moëlleu-
la figure & de la groffeur des Chenilles, compofés de plufieurs feuilles, ran- fes, charnues, blanches, reffemblant en quelque maniére à de petites cuifles :
ées par écailles le long d'un poinçon, .de couleur jaunâtre. Le deffous de ces extraordinairement enveloppées d'une ‘membrane mince , déliée, qui y eft
Éuilles eft couvert de plufieurs fomnrets attachés communément par des éta- comme adhérente , mais qui s'en fépare très-facilement. Ces petits membres
mines fi courtes, qu'on a de la peine à lesappercevoir. Ses fruits croiffent furle de la Noix font féparés par une cloifon dure, ligneufe , qu'on nomme Zeft. Le
même pied qui-perte les chatons ; on les appelle en Latin Nuces. Ils font cou- bois du Noyer eft dur, compact, ondé en plufieurs endroits , & couvert d'une
verts chacun d’une écorce verte & charnue, fous laquelle fe trouve la coquille groffe écorce cendrée.
Juliane ou Juliene purpurine. +4 Viola matronalis purpurea.
Ox trouve fur cette Plante une efpèce de petites Chenilles longues, minces , ayant au devant du corps fix
petites griffes, & derriere fix petites pattes. Lorfqu'elles rampent , on les voit porter la queue près de la tère, enforte
que leur corps reflemble aflez à une boucle. Elle fe change au mois de Mai en une Nymphe grife , d'où fort au
mois de Juin un beau Papillon , dont la tête & les aîles fupérieures font peintes de jaune & de brun; le corps, les
ailes inférieures. les cornes & les pattes font d’un jaune clair : les yeux font noirs. Il a le vol fort rapide. On le
voit repréfenté à droite fur la Planche. | |
À gauche il y a une Chenille verte à tête noire; elle a au devant du corps fix petites pattes ; & fur le derriere
deux autres. À la fin d'Avril elle file une toile jaune, & fe transforme en une Nymphe verte tachetée de noir , d’où
fort au milieu du mois de Mai un petit Papillon blanc: fon vol eft fi foible, qu’à peine peut-il voler d’une fleur à l’autre.
La Juliane ou le Viola Matronalis-purpurea de Tabernemontanus, eftlamé- aux extrémités de petits rameaux qui lortent des aiflelles des feuilles. Elles ap-
me Plante ‘que Gafpard Bauhin , & après lui Rai, Tournefort & M. Boerhaave, prochent en figures de celles du Giroflier, ayant quatre pétales difpofés en croix.
nomment Hefperis hortenfis, flore purpureo. Elle poufle des tiges à la hauteur Il leur fuccéde des filiques longues, greles, cylindriques , divifées en deux loges
de deux pieds, velues, rondes, remplies de moëlle. Ses feuilles font rangées le qui contiennent des femences cylindriques ou rondes. Ses racines font ligneu-
long des tiges, alternativement refiemblantes à celles de la Roquette , mais fes, petites & blanches.
moins incifées, dentelées en leurs bords, velues, pointues. Les fleurs paroïffént
Paflerofes & Froment ou Blé. LXI. Lychnis Segetum G Siligo.
Par trouvé fur cette fleur, qui croît dans le Blé, une Chenille, qu'on voit rampante fur la tige ; après que je l’eus
nourrie jufqu'au commencement de Juin , elle mua & fe transforma en une Nymphe brune. Elle refta dure & immobile
jufqu’au mois de Décembre, qu'il en fortit une Mouche, qu’on voit ici fur la fleur. Elle eft toute noire, excepté au
milieu de la partie poftéricure du corps, où elle eft un peu jaune. On lui voit quatre aîles tranfparentes de couleur
claire. J'ai nourri jufqu'au milieu de Juin ce petit Infecte, qui rampe fous la queue de l’épi du Blé ; alors il fe glifla
dans l’épi da Blé, & fe métamorphofa en une Nymphe noire tachetée de rouge, d’où fortit au milieu d’Août un
Hanneton , que les Hollandois appellent communément en leur langue P Animal de notre Sergneur.
Entre ces deux Plantes on voit une Mite blanche, qui a tout le long du dos une raye rougeñtre. J'en ai bien trouvé
& gardé cinquante de cette efpèce dans une Souris morte, Peu de temps après elles fe changerent en Nymphes, &
huit jours après il en fortit une Mouche, telle qu’elle fe trouve repréfentéé ici fur une feuille verte. Cette Mouche a le
corps bleu, rayé de noir, les yeux rouges, les pattes noires, & deux aîles fort reluifantes à caufe de la variété des couleurs
Le Lychnis fegerum , rubra , foliis perfoliate de Gafpard Bauhin, eftlamèême ou plus. Il contient des femences prefque rondes, anguleufes, ou en forme de
PJante que Tabernemontanus appelle Myagrum , Vaccaria quorundam." Elle rein, Cordus en a fort bien décrit les fleurs , puifqu’elles font compofées de
poule plufieurs tiges à la hauteur d'un pied & denu, rondes , rameufes, droites, cinq pétales, comme cet Auteur l'a remarqué. Cependant il les a repréfentées
couvettes d'un coton blanc. Ses feuilles font longues de trois doigts , larges d'un toutes d'une pièce : elles {ont deflinées à quatre pétales dans la figure dont
& demi, entieres , pointues, lanugineufes , molles, blanches. Le calice en eft Dodonée & Lobel fe font fervis: celle que Tragus a donné de cette Plante
entier, velu, en forme de tuyau, oïdinairement canelé, quelquefois évafé, n’eft pas trop bonne. Il y ena trois figures dans l'Hiftoire des Plantes de Lion ;
ayant l'ouverture étroite. Les fleurs croif'ent aux extrémités des tiges , difpofées mais on voit aflez qu’elles ne repréfentent que la même Plante. Cæfalpin en a
en œillet, ayant cinq pétales, garnies à plus de la moitié de deux outrois auflñi parlé en deux endroits différens , fçavoir , dans le Chapitre du Glafium ;
pointes , qui jointes à celles des autres feuilles, forment une couronne. Au mi- où il l’a nommée G/affum fponte oriens inter Segetes , & dans celui de Rapum
lieu de cette leur la couleur eft très-variée. Le fruit elt de figure conique, en- fylveffre , où il croit que c'eft la Plante que Diofcoride a décrite fous ce nom.
veloppé de fon calice, & s'ouvre par la pointe. Il eft compolé de trois tuyaux
Le Siligo eft la même Plante que Rai appelle Triticum Spica mutica, & Ga. croiffent des fleurs par petits paquets , hermaphrodites, fans pétales, compo-
. a r or rLtic L : I d 1 4 2 ine 1 ; i à i
pard Bauhin & Pit. Tournefort, Érrticum vulgare, glumas triturando deponens. fées de quelques Étamines mâles, qui fortent d’un calice à plufieurs écailles.
à ;
; . De Pac fNa re die At : : NE \ à AU
Elle Fes plufieurs en à la hauteur de cinq pieds, droits, nouës d'efpace Après que la fleur eft tombée , il paroït une graine oblongue, arrondie fur le
à > Ts à à \ #14 s à : 4 ; A « £ ÿ
en efpace, -creux en dedans, garnis de quelques feuilles longues & étroites dos, fillennée de l'autre côté, farineufe & blanche eu dedans.
comme telles du Graïmen, & portant en leurs extrémités des épis longs où
DÉS PLANTES ET INSECTES DE L'EUROPE t}
Sureau à fleur blanche, LXIP OR
Sambucus Cuin Îtore aibès
À gauche de la figure fur une feuille verte eft repréfentée une Chenille d'un jaune clair, ayant au travers dù
corps deux rayes noires , fur le derriere tout du long encore trois autres femblables : cet Infeéte a les dents noires;
au devant du corps fix petites griffes, & au milieu huit pattes. Les feuilles vertes de cet Arbre lui férvent de
nourriture : étant parvenue à fa groffeur naturelle, elle file une toile blanche, & fe transforme en une Nymphe
dun brun clair, qui eft fort fenfble au toucher. De cette Nymphe foit ehfuite une Phalene blanche, rayée de
brun , telle qu’elle eft dépeinte ici volante.
Au bas de la Planche à droite, fur une feuille, eft une petite Chenille brune, qui a à chaque jointure de petites
pattes blanches. Elle mange la feuille & la fleur de cet Arbre. On la trouve aufli fur le Coignaffier : au mois de Mai
elle file une toile blanche tranfparente & fe change en une petite Nymphe, d'où fort quatorze jours après uné
DE CS
Mouche noire , telle qu’on la voit repréfentée au-deflus de la Nymphe.
Sur la fleur rampe une petite Chenille verte rayée de blanc , qui fe nourrit auffi de cette fleur, elle eft fort lefte,
Quand elle a mué, elle eft de couleur de chair. Au mois d’Août elle file une toile blanche, & fe change en une
petite Nymphe brune, & refte dans cet état jufqu'à l’année fuivante. Au mois de Juillec il en fort une Mouche
noire avec des yeux rouges, telle qu'elle eft repréfentée fur la Planche à gauche.
C’eft un Arbre de moÿenne groffeur & hauteur, qui répand fes
rameaux au large ; quelquefois c’eft un Arbriffeau dont les bran-
thes font longues, rondes, remplies de beaucoup de moëlle blanche,
& ayant le bois peu épais , vertes aü commencement & enfuite gri-
£es. Son tronc eft couvert d’une écorce rude , crevaflée, de couleur
cendrée : celle des rameaux eft plus douce au toucher. Sous cette
écorce extérieure il s’en trouve une feconde verte. Son bois eft fo-
lide, jaunatre, mais facile à couper. Ses feuilles font attachées cinq
ou fix le long d’une côte, comme celles du Noyer, mais plus petites,
dentelées en leurs bords. Ses branches foutiennent en leurs extrémités
Bardane , ou Herbe auxteigneux, LXIIT,
Gafpard Bauhin , nommé Sambucr
des ombellés ou paräfols amples & larges, où font attachées de pez
tites fleurs formées en baflinets ou rofettes à cinq quartiers, blanches,
Elles font fuivies de bayes groffes comme celles du Genievre , ron-
des, vertes au commencement; mais en mütiffant elles deviennent
noires , remplies d’un fuc rouge foncé, & elles contiennent trois pe:
tites femences oblongues. Le Sureau bas ou l’Hyeble du Pinax dé
humilis , ou Ebulus , differe du
Sureau dont je viens de parler , par fa tige herbacce , au lieu que les
tiges de l’autre font celles d’un Arbrifleau, par fes feuilles plus étroi-
tes , plus longues & de plus forte odeur,
Lappa ma] o?,
Pa
ÉLior cette Plante foit très-amere, elle fert néanmoins de nourriture à une efpèce de Chenillé, qui ft fuf
le dos brune, tachetée de noir, & fous le ventre d’un jaune pâle. Elle a au devant du corps fix petites griffes, &
[e
au milieu huit petites pattes. Au mois de Juin elle fe transforme en une petite Nymphe couleur de Foie, d’où fort
au mois de Juillet une petite Phalene, qui a la tête & les aîles fupérieures couleur de foie, avec des taches brunes &
r D ) . à / + . 4
dorées, le corps & les aîles inférieures d’un jaune pâle , & même doré , avec fix pattes brunes. Elle ne vole que le foir,
La Bardane des boutiques, nommée auffi la grande Bardane, ou Arétium de Diof-
coride , de Gafpaïd Bauhin, ou le Perfonata de Jean Bauhin, pouffe une racine
épaifle , fimple , longue d'un pied , droite , foire en dehors & blanche en de-
dans, garnie de fibres : elle a des feuilles très-larges , de plus d’un pied, & ter-
minées en pointe, ayant de part & d'autre de petites oreilles à l'endroit qu'elles
font attachées par la queue : leur furface eft velue , d'un verd obfcur , blanche
par-deflous : la tige s'éleve de deux coudées : elle eft épaiffe, droite , anguleufe,
lanugineufe , rougeatre , & foutient des fleurs formées entête , qui naiffent
eu bout de petites branches avec des fleurons découpés en lanieres. Elle eft fou-
Melilot jaune.
tenue par un calice compofé de plufeurs écailles , qui fe terminent en une efpèc
dbanston récourbé A dedans qui s'attache aux bis ion en
Après que la fleur eft pañlée, il {e forme c
nies d’aigrettes fort courtes, & qui font facilement détach
prétend que G {pard Bauhin a rapporté à la Bardane la Plante qui eft nomn
Arétium quor x
prouve pas que P
tain que Gafpard Bau
Editions du Pinax, el
s graines noirâtre
dans l'Hiftoire des Plantes de Lion : le même Auteur n’
fon en ait fait une efpèce différente : cependant il eft cera
un l'en diftingue , ainfi que Parkinfon, & que dans les deux
> y cit nommée Lappa montana alfera ; anuginofa,
LXIV. À Lelil LUS lutea.
pres grande Chenille qu'on voit au bas de la Planche , s’engendre fur cette Plante, Elle eft d’un verd clair , avec
{
e)
des taches brunes très-bien deffinées : elle a au devant du corps fix petites grifies, au mieu huit, & derriere encore
deux pattes , & fur chaque jointure de la partie inférieure du corps une tache d’un rouge couleur de fañg ; lorfqu’on
la touche, on diroit qu’elle s’irrite. À la fin de Mai elle file une toile blanche & fe transforme en une Nymphe d’un
violet clair, d’où fort au milieu de Juin une belle Phalene , ayant la tête, le corps, les pattes, les cornes & les aïles
1
d'en haut grifes , ornées de points & de rayes noires & blanches , & les aîles d'en bas d'un beau vermiilon , comme
ec
on la voit 1ci repréfentée fur une feuille.
J'ai trouvé au mois de Juillet fur un Saule cette Chenille d’un verd de pré , telle qu’on la voit dépeinte ici au haut
de la Planche , & je lai nourrie avec du Tréfle jufqu'à la fin dudit mois , qu’elle fe changea en une Nymphe violette,
d’où fortit au mois de Mai de l’année fuivante une petite Phalene , rayée d'un brun clair & foncé , qui ne voloit pas
> Tay »q
fort haut, mais très-vite.
lilotus fruticofa lutea , vulgaris où ofhci-
a pard Bauhin , ou le Trifo-
ore luteo de Jean Bauühin. Elle poule
x ou de trois pieds, rondes ; elé
lent trois fur une queue, femblables
Cette Plante eft la même que le Me,
narum de Morifon, & le Melilotus off
Lium odoratum , où Melilorus vi
une ou plufieurs tiges à la hauteu
foibles , rameufes, vuides, Ses feuilles n
S,
1
Violier double de couleur jaune.
à celles du Fenugrec , mais plus blanches, créneltes par de longs épis decoulen
prefque toujours jaune , & quelquefois blanche , mais rarement, Il leur fuccéde
des capfules noïrâtres , nües, qui ne fe trouvent point enfermées dans le calice ;
comme dans le Tréfle, dont chacun renferme une ou deux femencesrondes, ovas
les, menues, pâles, Sa ratine eft longüe , menue, pliante, fibreufe & blanché,
LXV, Viola lutea , pleno ftore.
Ox trouve fur cette fleur, comme aufli fur les Grofcliers & fur les Pois de merveille, une Chenillé vélué
dun brun obfcur gris , & ayant fur le corps de chaque côté une raye blanche, Elle a la tête jaune ; comme
auffi les fix premieres petites griffes : les huit du milieu & les deux pattes de derriere font grifess Au mois d'Août
le]
elle fe change en Nymphe de couleur de foie, qu'on voit auffi repréfentée de l’autre côté fur une feuille , & elle refte
en cet état fans fe remuer, Au mois d'Avril de l’année fuivante il en fort des Phalenes, telles qu’on les voit dépeintes
lac
{ur la fleur, ayant la tête, le corps & les aïles ornées d’un jaune clair avec des taches noires , & les yeux auf noirs ;
& fes petites cornes avec les pattes de même couleur. Elle ne vole que le foir.
Au haut de la Planche de l’autre côté fur une fleur éft repréfentée une petite Chenille d'un verd pâle & tachetée
1e jaune. Je l'ai nourrie de cette fleur jufqu’au milieu du mois de Juin, alors elle fila un Cocon blanc, & fe transs
forma en une Nymphe verdâtre : à la fin du même mois il en fortit une petite Phalene blanche, ornée de taches
grifes , ayant deux petites cornes auffi grifes , & quatre petites pattes,
4
1
LÀ
À
ee. TE
18 HISTOIRE GÉNÉRALE
Fleur dé Coucou & Gramen vulgaire. LXVI. Flos Cuculi, & Gramen vulgare.
J ’Ar ajouré cette fleur ici par ornement & peur remplir le vuide qu'il y auroit eu. Cette grande Chenille , qui rampe
au pied de la Plante, eft brune, tachertée de noir , & marquetée de jaune & de blanc, ayant fur la tête un toupet
de petits poils noirs , fur la queue une pointe qui reflemble à une petite COIN ; & de chaque côté de petits toupets
de poils blancs, qui couvrent leurs pattes. On trouve cette Chenille dans l'herbe > qu elle broute volontiers, Elle fe
plait auffi dans les lieux humides. Elle file au milieu du mois de Mai une toile jaunâtre » & fe change en une Nymphe
brune, d’où fort à la fin du même mois un Papillon nodurne , tel qu’on le voit repréfenté au haut de la Planche.
Ce Papillon eft d’un jaune fané , ayant fur chaque aîle d’en haut en travers une raye brune, & deux taches blanches
avec un petit bord brun. JI fait de petits œufs blancs. Le
J'ai remarqué auffi que cette Chenille refte fort tranquille , & que de chaque Chenille il fort quatre grofles Mites ,
qui fe métamorphofent en autant de Nymphes, d’où fortent en pareil nombre de groffes Mouches.
Charme fleuri. LXVIT. Carpinus florens.
Ac bas de la Planche eft repréfentée une Chenille/jaune, tachetée & rayée de noir, ayant au devant du corps
fix petites griffes noires , au milieu huit, & derriere encore deux pieds jaunes. Elle eff fort lente, & refte immobile
au toucher, ce que ne font pas les autres Chenilles : je l'ai nourrie de feuilles de Charme jufqu'à la fin de Juillet,
qu’elle fila une toile blanche, femblable à du fin parchemin & reluifante comme de l'argent. Elle fe métamorphofa
dans cette toile en une Nymphe brune, d’où fortit au milieu du mois de Juillet fuivant une petite Phalene violette,
dont les aîles d'en haut, traverfées de taches rouges, jettoient un fort bel éclat. Les aîles d'en bas étoient aufli tachetées
de rouge. Cette petite Phalene vole rarement, & fe tient d'ordinaire avec plufieurs autres de fon efpèce dans l’herbe
& fur les fleurs. Ses œufs font jaunes.
On voit encore au côté droit de la Planche fur une feuille une petite Chenille d’un verd de pré, qu’on trouve auffi
fur le Prunier. Elle a au devant du corps fix petites griffes , au milieu huit , & derriere deux petites pattes : elle eft fort
fenfible au toucher. Au mois de Juillet elle fe transforme en une petite Nymphe brune , d’où quatorze jours après fort
une petite Phalene, qui a la tête, les cornes, les pattes & les aïles fupérieures couleur de Foie avec des taches brunes,
& les aîles d’en bas grifes. Ce Papillon vole auffi terre à terre autour de l’herbe,
C’eft le mème arbre que l’Offryas Ulmo fémilis , fruëlu in umbilicis
foliaceis de Gafpard Bauhin, & le Fagus fepium, vulgairement Offrys
Theophrafli de Jean Bauhin. Clufus l'appelle Offrys Thcophrafti, Fa-
gulus Herbariorum ; & Pluknet, Aceris “ognata, oblongis ÿ r'UgOfS ,
ferratis foliis ad Ulnum accedentibus ; vafculis disjunilis , Membranis
foliaceis , feminibus ipfis appofitis , pluribus confertis. Les rameaux
de cet Arbre s'étendent beaucoup , fon bois eft blanc , folide & fort
Millefeuille terreftre fleuri.
LXVIIL.
dur; couvert d’une écorce un peu raboteufe, blanchâtre. Il a la figure
& la feuille du Hètre. Il porte des chatons à plufieurs feuilles , rangées
en écailles le long d’un nerf. Ces châtons ne laiffent aucun fruit après
eux. Les fruits naiflent {ur les mèmes pieds, & dans des endroits fé-
parés des chatons, entourés de petites feuilles. Ils font offeux , en
forme de petit nombril , canelés , garnis chacun d’une couronne , &
renferment dans leur cavité une femence oblongue.
Millefolium terreftre florens.
Ox trouve auffi fur de POfeille ce petit Infecte, qui eft au haut de la Planche fur cette fleur. Il eft noir & a fix pattes:
il fe transforme à la fin de Mai en une petite Nymphe jaune, reflemblant aflez bien à une tête de Chien. Quatorze
jours après il en fort un petit Hanneton , tel qu’on le voit repréfenté , rampant en terre.
De l’autre côté de la Planche à terre rampe un petit animal, de la couleur d’un Pou , tel que j’ai trouvé dans l'herbe,
À la fin de Juin il s’attacha après le couvercle de la boëte, dans laquelle je le nourriflois , s’y recoquilla & devint brun
& noir. Douze jours après il en fortit un petit Hanneton rouge , tacheté de noir, tel qu’il eft ici repréfenté.
Gafpard Bauhin appelle cette Plante Miefolium vulgare album ,
Jean Bauhin, Millefolium , Stratiotes pennatum cerreftre, & Dodo-
née, Müllefolium ou Achillea. La Millefeuille commune blanche
poufle des tiges à la hauteur d’un pied ou d’un pied & demi,
roides, rondes, velues , rameufes vers leurs fomimités , rougeä-
tres. Ses feuilles font toutes rangées d'un côté , & figurent une
plume d’oifeau. Elles font découpées , minces & femblables en
Genet d'Allemagne, ou Fleur des Teinturiers,
quelque maniere à celles de la Camomille , d’une odeur affez
agréable , d’un goùt un peu âcre. Ses fleurs naiffent à l'extrémité
des branches , en bouquets fort ferrés & ronds. Chaque fleur eft
radiée , blanche, foutenue par un calice cylindrique , compofé
de plufieuts feuilles en écailles. Lorfque la fleur eft pañlee, il
paroit des femences menues. La racine en eft fibreufe , ligneufe &
de couleur brune,
LXI0 Fos Tinctorius.
Î y à au bas de la Planche & au côté droit fur une feuille verte une Chenille auffi verte, qui a le long du dos une
raye nome, & au-deffous de chaque côté une raye blanche ; elle eft d’abord peu fenfible à l’attouchement, & refte
long-temps comme immobile, Au milieu de Juin elle file une toile blanche à jour & à carreaux comme des retz ; quand
on la touche la Nymphe fe remue beaucoup : au commencement de Juillet il en fort une petite Phalene, d’un verd
clair, ayant des ailes traverfées de rayes blanches & d’un verd obfeur. Elle vole fort vire.
LR
À côté fur une feuille de Cerifier il y a une Chenille noire, ayant fur chaque jointure deux petites taches bleues ,
en forme de grains de Corail , ornés chacun d’un toupet de poil ; la tête, les fix petites griffes, les
huit petites pattes du milieu & les deux de derriere font de couleur d’ochre ; à la fin de Juin elle file une toile grife, &
fe transforme en une Nymphe brune, ayant la tête couverte de poils noirs : au milieu de Juillet il en fort une Phalene
d'un jaune obfcur , rayée de brun, dont les cornes reflemblent à des plumes, telle qu’elle eft repréfentée au-deflus de la
Nymphe.
Cette Plante eft la même que Gafpard Bauhin nomme Geni/fa
Tinéloria, Germanica : Jean Bauhin , Tiuétorius flos, Clufius, Genifla
cinctoria y Hifpanica , & le Hortus Eyftetenfs, Geniflella Tinélorum,
Ses ciges font groffes , rondes : fes feuilles font oblongues, légumi-
LL
neufes , pointues , naïffant feules & alternativement le long des
branches. Ses fleurs font rangées en forme d'épis jaunes , après que
les leurs font paflées , il leur fuccede des goufles fort plattes, ren-
fermant des femences qui ont la figure d’un petit rein,
DES PLANTES ET INSECTES DE L'EUROPE. 19
Petit Plantain fleuri.
LXX.
Plantago minor florens.
ee re Plante fert de nourriture à une longue Chenille d’un verd clair, rayée de blanc le long du corps, & fur
chaque jointure ornée d'une tache blanche ; à la fin de Juillet elle fe change en une Nymphe brune, d’où fort aù
commencement d’Août une Phalene , ayant les aîles d'en haut blanches , ornées de rayes noires, & celles d'en bas
grifes, les yeux noirs & fes petites pattes de même. Elle vole le foir.
Pai trouvé ces Vers longs dans la terre, ils étoient de la couleur des Mites, avec la tête noire ; je les ai gardé jufqu’à
Ja fin de Juin , qu'ils fe transformerent en Nymphes d’un jaune obfcur ; au milieu de Juillet il fortit de chaque Nymphe
une Mouche brune avec des ailes tranfparentes, quatre pattes, & fur le der iere du corps deux pareilles, droites & étendues.
Gafpard Bauhin , Pit. Tournefort & Morifon appellenr cette Plante , P/antago
anguftifolia , major , Jean Bauhin & Tragus, Plantago lanceolata , Dodonée,
Plantago minor , Lobel, Plantago quinquenervia. Elle poule des feuilles lon-
gues, étroites, pointues, velues, marquées de cinq nerfs, qui parcourent leur
Lis orangé.
LXXT.
longueur : il s'éleve d’entr'elles des tiges à la hauteur d’un pied, anguleufes ,
nues , canelées, portant en leurs extrémités des épis plus courts & plus gros
que ceux du Plantain ordinaire, revêtus de fleurs pâles , auxquelles 1l fuccede
pi
des coques membraneufes, qui renferment des femences menues , oblongues,
Lilium aureum.
J ’Ar trouvé cette efpèce de Chenille fur cette fleur : elle étoit au-deffus du corps brune , rayée & d’une couleur
obfcure, & au-deffous jaune , munie de petites grifles &
de pattes comme la précédente : je l'ai nourrie jufqu’à la fin
de Juin , qu’elle fe métamorphofa en Nymphe couleur de foie, d’où fortit au milieu d'Août une petite Phalene,
variée d'un brun clair & obfcur.
I] y a au bas de la Planche fur une feuille quatre petits animaux ronds, couleur de Vermillon , tels que je les ai
trouvé fur ces Lis. Ils fe mettent plufieurs enfemble fur les feuilles vertes , & en fucent un fuc verd , qui eft épais comme
la levure de Bierre, dans laquelle ils fe cachent tellement, qu’à peine peut-on les appercevoir : j'ai remarqué aufhi qu'ils
fe métamorphofent en Nymphes rouges, comme on les voit repréfentées un peu plus haut fur une feuille. De cette
Nymphe fort un petit Hanneton rouge, qu’on voit dépeint à côté: lorfqu’on les porte à l'oreille dans la main fermée,
on entend comme un pipis ou cri particulier ; ils font aufli de petits œufs rouges, qu’ils rangent en ligne droite, comme
on le voit un peu plus haut fur une feuille, d’où fortent enfuite de petits animaux , tels qu’étoient les premiers.
C'eft la même Plante que Gafpard Bauhin & Morifon appellent Li/ium purpu-
reo-croceum , majus , Jean Bauhin, Li/ium rubens, ou croceum majus ; Lobel,
Marthagon Chymiftarum , & Matthiole , Hemeracollis de Diofcoride. On la
nomme aufñ en François Lis de Notre Dame , ou de S. Antoine de Padoue , pat-
ce qu'il fleurit dans le temps que viennent ces Fêtes. Elle pouffé une tige à la
hauteur de deux ou de trois pieds , marquée de taches , droite , ronde , entourée
de quantité de feuilles longues , moins larges que celles du Lis blanc , attachées
à leur tige fans queue, vertes-pâles , luifantes, lifles, douces au toucher, ten-
dres , empreintes d’un fuc vifqueux. Ses fleurs naiflent en fes extrémités, pre-
Pommier fleuri.
LXXII.
miérement en têtes longues, qui s'épanouiffent les unes après les autres, com
pofées chacune de fix pétales de couleur orangée, d’une odeur fuave, fort
agréable d'abord , mais qui caufe fouvent des maux de tête quand on les {ent
trop long-temps. Lorfque ces fleurs font paflées , il vient des fruits oblongs ,
relevés chacun de trois coins, & divifés dans leur longueur en trois loges,
remplies de femences bordées d'une aîle. Sa racine eft un oignon gros comme
une Noix, ou plus gros » Charnu, blanc, compofé de plufieurs écailles difpofées
en maniere de tête, garni de fibres en bas, de fubftance vifqueufe.
Flos Malr.
Ja trouvé fur un Pommier cette Chenille jaune , velue & ornée de rayes rondes & en travers : la tête étoit brune,
ayant derriere la têre deux raches bleues en forme de corail, & fur chaque jointure les mêmes taches de couleur de
] .
2 .
chair ; fes petites pattes étoient de la même couleur, de chaque côté elle avoit de petits roupets de poil brun ; au
commencement de Juillet elle mua, & fila une toile J
L
Nymphe de couleur de foie , ayant tout le long du corps c
flocon. Lorfqu'on la touch
après il en fortit une peti
des plumes , & derriere la tête entre les petites. cornes une raye rouge. Elle étoit fort lefte & voloit le foir.
LXXIIT.
Vigne fleurie.
] £
aune trouée , femblable à un filet, & fe métamorphofà en une
le petits toupets de poil , & au-deflous à la pointe un petit
t æ . . > _11 x ..… . < ‘
, elle fe remuoit avec tant de violence, qu’elle fe renverfoit fort fouvent. Quatorze jours
y
s
it
te Phalene blanche, ornée de noir , ayant deux petites cornes larges & rouges , femblables à
Vicis florens.
Es deux grandes Chenilles font de même efpèce, la feule différence confifte dans la couleur ; celle qui eft au haut
À V4 + +" L ? f a: 0. :
de la Planche étant brune, & celle d’en bas verte, toutes dzux ornées de rayes & taches noires & blanches. Elles fe
nourtiflent de feuilles de Vigne; lorfqu’elles mangent, elles s’allongent de plus d’un tiers. Leurs excrémens font d’un
verd obfeur , & nous repréfentent un pentagone , dont les côtés font néanmoins ronds , comme fi de petits bâtons
d'avvui étoient ajoutés enfemble. Pour qu'on puiffe plus facilement s’en former l’idée, j'en ai ajouté une figure fur
Ê J P ? D
la Planche au-deffous de la Chenille d’en bas.
J'ai remarqué que quelques-unes des Chenilles vertes fe poferent à terre, & fe retirerent en un monceau, d’où for=
tirent peu de temps après fix Mites, qui fe transformerent en Nymphes brunes, d’où provint de chacune une Mouche
d’un bleu obfcur, rayée de noir, ayant les yeux rouges,
La Chenille brune fe changea au milieu de Juillet en une Nymphe d’un brun clair, & rei
mois de Mai de l’année fuivante, qu’il en fortit une belle P
& des aîles tranfparentes comme le verre.
fla dans cet état jufqu’au
halene, ayant la tête, le corps & les ailes fupérieures de
couleur de Rofe, ornées de rayes & de taches d’un verd de Perroquet ; les aîles inférieures marquetées chacune d’une
tache noire, & les yeux d'un verd jaunâtre. Elle a au devant de la tête entre les petites cornes une trompe ou mufeau
mince, long & jaune, dont elle fe fert pour prendre fa nourriture, & qu’elle peut entortiller comme il lui plait, &
même cacher fous fa tête : je crois que la transformation de cette efpèce de Chenille eft une des plus belles & des
plus remarquables.
La tige de cet Aibriffeau eft tortue, couverte d’une écorce rougeätre, pouf-
fant plufieurs farmens longs, garnis de mains, qui rampent & qui s’attachent
aux échalas & arbres voifins. Ses feuilles font grandes, larges, prefque rondes,
incifées, vertes, reluifantes, un peu rudes au toucher. Ses fleurs font petites,
formées en grappe , compoftes ordinairement de cinq pétales , difpofées en rofe
de couleur jaunatre , odorante, Ses fruits font des bayes rondes ou ovales,
ramaffées les unes contre les autres en groffes grappes , vertes & aigres au COM
mencement, mais en müriflant elles acquiérent une couleur blanche , rouge où
noire, charnues, pleines d’un fuc doux & agréable. On les nomme en Latin
Uve, & en François Raïfins. Elles renferment plufieurs pépins pointus, mais
ordinairement elles n'en ont que quatre.
E ÿ
> S LA LA :
HISTOIRE GÉNÉRALE
LXXIV. Tilia florens,
On trouve fur le Tilleul de très-grandes & très-belles Chenilles, dont on en voit ici une repréfentée. Elles font
de couleur de foie, tachetées fur le dos de blanc; la partie inférieure du corps eft d'un jaune fané ; elles ont fur la
jointure poftérieure une petite corne bleue , & derriere la corne une tache jaune, elles font fort tranquilles & lentes ,
mais lorfqu’on les touche, elles agitent leur tête de côté & d'autre, comme fi elles paroïfloient fâchées de ce qu'on
vient troubler leur repos. Lorfqu’elles font parvenues à leur grandeur naturelle , cles muent , & fe transforment en
une Nymphe noire, qui refte comme morte jufqu'au mois de Mai de l'année fuivante, qu’il en fort une grande
Phalene d’un jaune pâle , marquetée de taches vertes. Elle vole le foir.
ileul, où Tillau fleuri.
Le Tilleul eft un Arbre haut, gros,
unie , cendrée ou noirâtre en dehors , jaunâtre ou blanchâtre en de- grandes feuilles par uñe quene alfez longue , & font foutenues d’un
dans, fi pliante & fr flexible, qu’elle fert à faire des cordes de puits calice taillé en cinq parties ;.ces fleurs ont quantité d’étamines & un
& des cables. Son bois eft rendre, fans nœuds, blanchâtre; fes piftil arrondi, qui {e change en une boëte membraneufe , ronde ou
feuilles font alternativement fituées le long des rameaux , & arron- ovale, & velue, où l’on trouve une ou deux femences oblongues,
dies en finiffant en pointe ; un peu velues, luifanres, dentelées en noirâtres.
leurs bords. Les fleurs font à cinq pétales difpofées en Rofe, de cou-
branchu , fon écorce eft leur de Citron &d’une odeur agréable ; elles naïffent des aiffelles des
Petit Liferon de couleur de pourpre. LXXV. Convolyulus minor. purpureèus.
On trouve rarement cette groffe efpèce de Chenille : elle habite ordinairement dans les champs de Blé, & fe
nourrit des racines de l’Yvraye. Elle cft d’un brun clair, rayée & tachetée de taches d’une couleur obfcure ; fa fiente
eft la même que celle qui eft décrite dans l'explication de la Figure LXXIIT. À la fin de Juillet je mis une fem-
blable Chenille dans une boëte avec de la terre, où elle fit un creu rond & profond; y étant entrée, elle couvrit
cette cavité avec des feuillés , & fe transforma en une Nymphe, qui étoit verte au devant, & noire fur le derriere;
mais elle devint le jour fuivant brune , ayant d’un côté deux petites boules , femblables à des yeux, & entre deux
une trompe : elle fe remuoic avec beaucoup de force. Au mois de Septembre il en fortit un gros Papillon roëurne,
ou Phalene, qui avoit le devant du corps & les aîles d’un gris de cendre, orné de noir. On appercevoit très-
diftinétement les lettres Romaines B, C, V & M, fur fes aîles, [1 avoit au-devant de la tête un long mufeau brun,
qui à quelque diftance de la tête fe féparoit en deux, & fe pouvoit entortiller de chaque côté, comme aufli s'étendre
en longueur : le derriere du corps étoit d’un rouge clair,
rayé de noir, avec une raye d'un gris de cendre dans Ja
longueur du milieu du corps. Tout le corps étoit hériflé de poils ou d’efpèces de plumes de duvet; le jour il étoit
tranquille ; mais la nuit il voloit en faifant un grand bourdonnement, {lon la proportion de fa grandeur.
ME
Cette Plante eft la même que Jean Bauhin appelle He/xine,
Ciffampelos multis , five Convolvulus minor > & Dodonée Smilax la-
vis, minor, De la maniere que Gafpard Bauhin cite Anguillara fur
cette Plante, il femble que cer Auteur en ait parlé comme de trois dif
férentes efpèces. Cependant ce font feulement trois fynonymes qu'il
lui donne, & qu’il faut ranger tout de fuite : fçavoir, Orobanche
Theophrafli, Helxine Ciffampelos Dio/fcoridis, & Scammonia parva
Plinii. Elle pouffe plufieurs petires tiges menues , tendres, rampantes
à terre, s’attachant aux autres Plantes voilines, & contenant ordi-
nairement un fuc-clair. Ses feuilles refflemblent à celles du Lierre ,
mais élles font plus grandes, plus douces au toucher , plus rudes
que celles du grand Liferon , nerveufes & oppofces. Dans quelques-
Bec de Grue, Bec de Cigogne, ou Herbe Robert.
unes le calice eft double , l’un a en dehors deux feuilles, l’autre en
dedans eft plus petit, divifé en cinq parties , en forme de tuyau ;
> E fr 2 > /
dans d’autres le calice eft fimple. La fleur a la figure d’une cloche dé
couleur purpurine , monopétale, pentagone : elle naît attachée aun
pédicule qui fort d’entre fes feuilles ; les cinq étamines qui fortent
du fond de la fleur , s’uniffent en un tuyau; après que la fleur eft
tombée , l'ovaire devient un fruit prefque rond , gros comme une
Cerife , membraneux , enveloppé de {on'calice , pouflant trois
tuyaux , divifés prefque toujours en trois loges , rarement en quatre,
& quelquefois pourtant en une feule. Il contient des femences an-
guleufes, noirâtres-ou quelquefois rougeâtres. Ses racines font lon-
gues, menues, blanches en dedans.
LXXVI.
Geranium florens.
Ja ajouté ici cette fleur par ornement, car la Chenille, dont je vais parler, fe nourrit de Pherbe la plus commune.
L4
Je l'ai trouvée au mois de Mars; elle étoit ornée de petites rayes noires, fa tête & fa jointure po
Le
À
{
1
térieure étoient
noires. Elle avoit au devant du corps fix petites pattes, qui étoient de couleur de foie.
Au mois de Juillec, après avoir mué fix fois, elle fe transforma en une petite Nymphe d’un brûn clair; au mois
d'Août il en fortit une petite Phalene , dont la tête & les aîles fupéri
,
rieures étoient brunes, ornées de noir , ayant fix
petites cornes noires ; la partie pofiérieure du corps & les aîles inférieures étoient d’une couleur de cendre. Elle vole
le foir.
Tragus a donné une méchante figure de cette Plante fous le nom
de Gratia Dei vel Geranium quibufdam : les fleurs y font repréfentées
d’une feule piece, quoiqu’elles foient à cinq pétales. De la façon
que Gafpard Bauhin cite Anguillara fur cette Plante , 1l femble que
cet Auteur en ait fait deux efpèces différentes ; cependant Anguillara
convient que celle qu'il a nommée Panax Heracleum , eft la mème
que celle qu’il a appellée Sideriris. Cette Plante poule plufieurs ti-
ges jufqu'à la hauteur d’un pied & derni , velues , noueufes , rameu-
fes, rougeatres. Ses feuilles fortent des nœuds de fes branches, or-
dinairement deux à deux. Son calice eft à cinq feuilles , difpofé en
Poirier fleuri. :
LXXVIT.
FA 3 :
étoile. Ses fleurs font compofées chacune de cinq pétales , difpofées
en Rofe , ayant dix étamines , qui proviennent de la circonference
du fond de l’ovaire. Son fruit eft formé en aiguille ou en bec de
" \ ps a . . . € PA
Grue, ayant à fa bafe cinq loges , qui contiennent chacune des fe-
mences pointues ; de chaque loge fort un tuyau menu. Cinq de ces
tuyaux étroitement unis enfemble, forment avec l'ovaire une efpèce
es JÉroecé ou de CE a nn CREUSE
de tèt de Cigogne ou de Grue. Sa racine eft menue & de couleur
de buis. Tabernemontanus a donné deux figures de cette Plante :
celle du Geranium Robertianum , & celle du Geranium Violaceum.
Cm À 1 a 1 Ar an < = « a : 7 » D
ds ETTe Chenille blanche avec des taches rouges le long du dos, fe nourrit fur le Poirier ; fa tête eft brune , elle
AE 0 PUR EN > ] à \ 1 cs if 4 . TC
a auffi le long du corps de chaque côté de petits toupets de cheveux. Elle a au devant du corps fix petites griffes, au
milieu huit, & derriere deux petites pattes.
Au commencement de Juillet elle mue & fe change en petites Nymphes brunes, qui ont le long du corps & fur
AE _ +: 1 te 1 PXYEAIIS k = = n sf g R Le 5e Fe 11:
Ja téte de petits toupets de cheveux. Elles orit auf deux yeux noirs, ce qui préfente une figure curieufe. Au milieu
de ce mois il fort de chaque Nymphe une petite Phalene blanche , ornée de noir ; les aîles inférieures font d’un brun
Les h, ME } 1 CRT) ee Rae “1 . + E ete ÿ
clair, les petites cornes blanches couvertes de petits poils bruns & les yeux noirs, Elle vole le jour avec rapidité,
DES PLANTES ET ENSECTES DE L'EUROPE àI
Abfinthe vulgaire. LXXVIIL A bfinthium vulsare,
QUorqu'uxe Plante foit amere & âpre , elle peut fervir néanmoins de nourriture à quelqu’efpèce d’Infeétes, comme il
paroît par celles-ci, Ces Chenilles qu’on voit repréfentées fur la Planche , font le long du dos ornées d’une raye blanche
avec des taches.brunes , au côté d’un verd pâle avec des rayes brunes, & elles ont au-deffous de chaque jointure une
petite tache blanche, au devant du corps fix petites griffes , au milieu huit, & derriere deux petites pattes. Lorfqu'on
les touche, elles remuent la tête d’un côté & d’autre : elles fe méramorphofent au mois de Mai en Nymphes noires,
trois femaines après il en fort une petite Phalene, dont la tête & les aîles fupérieures font rougeâtres, ornées de
rayes & de taches noires & brunes : on trouve aufi une petite tache blanche, reluifante comme de Pargent, au
milieu fur les aîles fupérieures ; les aîles inférieures & le corps font bruns avec de petites cornes noires & deux yeux
reluifans. Elles volent le foir.
Il y a au bas de Ja Planche une petite Chenille longue, verdâtre, ayant une démarche extraordinaire : elle joint
le derriere du corps au devant , & formant une efpèce de boffe , marche de cette maniere, Souvent elle fe tient fur
fes pieds de derriere, & quelquefois elle fe leve droite. |
À la fin de Juillet ces Chenilles fe transforment en petites Nymphes veïtes, d’où fortent quazorze jours après de
petites Phalenes , dont la tête , le corps, & les ailes fupérieures font ornées de verd avec des taches & des rayes
blanches, noires & brunes , & les inférieures d’un brun clair ; ‘elles ont auffi deux petites cornes d'un brun clair &
quatre petites pattes tachetées de brun. Elles volent avec rapidité. |
Cette Plante eft la même que celle que Gafpard Bauhin nomme A44fnthium odeur aromatique , mais forte. Ses branches font garnies tout autour d'un grand
qEss £
Ponticum feu Romanum officinarum ; feu Diofcoridis : & Dodonée, Abfinthium nombre de petites fleurs qui font autant de petits bouquets arrondis, compolés
latifolium. L'Abfnthe pouffe plufeurs tiges hautes de deux coudées, canelées, de fleurons évalés en étoile , de couleur fauve. Il leur fuccéde des femences
ouvertes d'un poil grisâtre , rameufes, où naiflent des feuilles découpées pro- menues, ovales, renfermées dans des calices arrondis écailleux, Sa racine éft
} 4 De À Je P CE ht Le $ >
fondément, & fubdivifées , blanchâtres, molles, d’une forte amertume & d’une groffette, ligneule & fibreule.
Caille-lait ou Petit Muguet. LXXIX. Gallium Luteum.
CErxrre Plante fert de nourriture à une belle Chenille verte, qui a fur le corps plufeurs petits points ronds , blancs
& élevés, & de chaque côté dans fa longueur une raye blanche; fur le derriere du corps une corne ; moitié blanche &
moitié bleue , fur le devant fix petites griffes , au milieu huit , derriere deux petites pattes couleur de chair, Je lai nourrié
jufqu’au milieu de Juillet: alors elle mua, devint couleur de chair, & fe transforma enfuite en Nymphe jaune grisätre,
En cet état fi on la touche, elle paroît fort inquiette. Au commencement d’Août il en fortit une petite Phalene, dont
la tête , le corps par devant, les petites pattes & les aîles fupérieures étoient brunes avec des rayes obfcures. Le derriere
étoit blanc, orné de rayes egtravers & de petits poils noirs ; les aîles inférieures de couleur d’orange, les yeux noirs ,les
petites cornes auffi noires, & une trompe qui lui fert à fucer les fleurs. Cette Phalene vole de jour fort rapidement ;
on a beaucoup de peine à la prendre.
J'ai ajouté ici une Mite blanche , avec une tête noire ; je l'ai trouvée dans du drap, où elle s’étoit fait ne petite loge
de laine en ovale, avec une ouverture. Si l’on touche un côté de cette loge, la Mite tâche de fe fauver fort vite, & y
retourne enfuite. Elle s’y transforme en une petite Nymphe, d’où fort quatorze jours après une petite Phalene,
luifante comme de l’argent, ornée de rayes & de petites taches noires ; mais comme elle eft affez connue par le mal
qu’elle fait, je n’en dirai pas davantage.
Cette Plante pouffe des tiges à la hauteur de quatre pieds, foibles , & rampant
à terre , fi elles ne font foutenues par des hayes entre lefquelles elles croilfent
ordinairement, plus meñues par leursæatines qu’en haut, quariées , lifles , ver-
tes, ou quelquefois un peu purpurines, rameufes, noutes, vuides , fragiles.
11 fort de chacun de fes nœuds fept ou huit feuilles, rarement plus, d'autre fois
moins, difpoftes en rayon autour de la tige, commec elles du Grateron. Ses fleurs
Feuilles d’Aune.
LXXX.
font nombreufes , petites, jaunes, hermaphrodites , nues , nées dans la pointe d:
l'ovaire, fans calice , formées en efpèce de tuyau à. La partie inférieure , &
diviftes à la fupérieur: en quatre partiés , difpofées en étoile. . Elles ont autant
d'étamines que de pétales : après que ces fleurs fonc pañlées , il leur fuccéde à
chasune un fruit contenant deux graines jointes enfemble , féches & figurant
une Lune. Ses racines font ligneufes & garnies de fibres déliées.
Alni Folia.
CErre Chenille, qui rampe fur une feuille , eft blanche, rayée & tachetée de noir; elle a la tête noire; au devant du
corps fix petites oriffes, au milieu douze, &‘derriere deux petites pattes Je lai nourrie de ces feuilles jufqu’a la fin de Juin,
1
alors elle fe roula dans une feuille , fila une toile blanche, & fe transforma en une petite Nymphe , d'ou fortit quatorze jours
après une petite Phalene blanche , tachée de noir, telle qu’elle eft repréfentée ci-deflus.
Sur la feuille d’en bas rampe un petit Infeéte laid , noir, tacheré de jaune, qui a fix petites pattes. J'ai nourri cet Infe&e
avec ces feuilles jufqu’au milieu de Juin ; alors il s’attacha aux petites tiges, changea de forme, & devint tacheté de noir &t
de blanc; peu de jours après il en fortit deux fortes d'Hannetons , tous deux noir & blanc , mais chacun dépeint en particulier,
En bas au côté de la tige rampe une petite Chenille jaune , que j'ai trouvée aufli fur cet Arbre jufqu’à la fin du mois de
A
Juin, qu'il fortit de fon corps encore en vie trois Mites ; celles-ci fe font entortillées chacune en un œuf blanc , & changées en
petites Nymphes, d’où fortirent douze jours après trois Mouches, qui avoient la tête noire & le corps, & de petites pattes jaunes.
Il rampe en bas au côté gauche une petite Chenille grife,
5
tachetée de noir, avec la tête & les petites griffes de devant
noires, & les autres petites pattes blanches ; celle-ci reffa au mois de Juin immobile & comme morte, maïs 1! fortit de fon
corps peu de jours après un Ver long, délié comme un fil & jaune , il méritoit d'être contempié ; il fe fecoua & fe reffèrra en
fe repliant en lui-même , après quoi il fe roidit & mourut.
C'eft un’Arbre de groffeur médiocre , & droit: fa tige eft garnie de tejettons
qui fortent du pied de la Plante, divifée en plufeurs rameaux, & couverte
d'une écorce extérieure brune, fous laquelle il fe rencontre une autre
écorce d’un jaune verdâtre, & qui teint en couleur de fafran, d’un goût amer,
accompagné d'aftrictions. Son bois eft mou, pliant, léger, rougeâtre, fe cor-
rompant aflez ailément fur la terre, mais dans l'eau il eft comme incorrupti-
ble, d’où vient qu'on s'en fert préférablement à tous les autres bois pour les
fondemens des bâtimens qu'on' fait dans les eaux. Les feuilles en font prefque
rondes, difpofées alternativement , femblables à celles du Coudrier, lifles
nettes , d’une verdeur noirâtre , diftinguées par des nerfs obliques à la longuer
des feuilles, mais paralleles entr'elles. Ses fleurs font compofées de plufieurs
Œillet panaché.
LXXXI,
pelotons attachées à ün filer. Chaque fleur eft à quatre pétales, placées dans
les coches ou crénelures d'un cälice fait d'une feule pièce & fendu en quatre
païties. Le piftil devient une baye aflez ronde, noire, écailleufe, grofie en=
viron comme une Müre & rougeñtre. Il s'ouvre en plufieurs paquets d’écailles
& laifle voir dans les fentes quelques femences applatiés, rougeâtres. Pour re+
préfenter cette Plante, Lobel seit fervi de la figure de l'A/nus altera Clufii ;
laquelle pourtant eft différente de celle-ci. Gafpard Bauhin fur Mathiole, Gef
ner, Tragus, Dodonée & Stapel ont confondu les chatons de cet Arbre avec
fes fruits. Jean Bauhin, qui les a bien diflingués, foupçonne que ces perits
filets, qui font au bout du jeune fruit, font les fleurs de l’Aune , mais il vaut
mieux prendre les chatons pour les fleurs,
Cariophillus variegutus,
IL rampe fur cette fleur à demi épanouie une Chenille d’un brun clair le long du dos, & qui a la tête & les pieds d’un jaune
clair ; lorfque je l’eus nourrie de cette fleur jufqu'au milieu de Juillet, elle fe méramorphofa en une Nymphe brune , & refta
dans cet état jufqu’au milieu de Juin de l’année fuivante, qu’il en fortit une Phalene, dont la tête, ainfi que les aîles fupérieures ,
étoient ornées de noir ; la partie poftérieure du corps, les aîles inférieures , fes petites cornes & fes petites pattes éroient d'un
gris cendré : elle voloit le foir.
« L'autre petit Ver, qu’on voit repréfenté à la tige de la grande fleur , fe nourrit de petits Infectes verds, où Poux, qré
cette Plante produit & nourrit. Lorfqu'ils courent fur le corps de cet Infeéte , celui-ci fuce ceux qu’il attrappe & laifle
« a ps “1/f e T e } Ur $ , \ AA KE 0 LE ACTA
tomber la coquille. A la fin de Juin il fe transforma en une Veffie, d’où fortit quatorze jours après une Mouche, aont la tê:8
étoit rouge, le corps noir, rayé en travers de jaune , & jes petite
$ Pattes JFUNES;
F
22 HISTOIRÉ
Boutrrache à fleur bleue.
LXXXIT.
GÉNÉRALE
Borraÿo cœruled,
ÉN bas, au côté droit il y a fur une feuille une Chenille verte avec fix petites griffes, & quatre petites pattes fur le det-
ricre. On la trouve aufli fur le Choux-fleur : au mois d'Aoët elle file une toile blanche. De cette efpèce de Chenille il s’en
transforma quelques-unes en brunes & d’autres en petites Nymphes d'un verd obfcur. Plufieurs s'entortillerent enfemble en
filant, d’où fortirent des Mites, qui moururent ; des Nymphes d’un verd obfcur il fortit de petits Animaux noirs, volans
comme des Guêpes, avec de petites pattes jaunes & les aîles claires. Des Nymphes noires il provint de petites Phalenes
L4
d'un gris obfcur , ornées de rayes & de raches noires, & reluifantes comme de Pargent. Elles ont deux petites cornes noires
& longues , deux plus courtes , & quatre pattes grifes ,
\
telles qu’on les a repréfentées ci-deflus.
Vi trouvé fur un Prunier l’autre Chenille, qu'on voit à gauche fur une feuille ; je l'ai nourrie des feuilles de cet arbre jufqu’à ce que
jen’en pus plus trouver. Enfüite elle fila une toile mince, & y refta enfermée en vie fans manger Jufqu'au mois de Mars de l'année
fuivante. Alors elle fe métamorphofa en une petite Nymphe d'un brun clair, d’où fortit au milieu du mois d'Avril une petite
Phalene , rayée & tachetée de noir & de blanc ; elle a deux perites cornes grifes & quatre petites pattes , COMME elle eft
gepréfentée fur la Planche.
Gafpard Bauhin appelle cette Plante Bugloffm latifolium. Elle pouffe de fa
racine des feuilles larges, oblongues, velues, un peu piquantes , rudes au
coucher, éparfes la plüpart à terre. Sa tige croit à la hauteur d'environ ün pied
& demi, foible, creufe, ronde, rameufe, tendre, garnie d'un gros poil pi=
quant , incliné vers la terre, & ne s’élevant qu'avec peine. Son calice eft ample,
Herbe aux Viperes, à fleur bleue.
LXXXIIT.
coupé en cinq rayons longs, menus, difpofés en étoile. Ses fleurs font bleues ,
chacune a un feul pétale, difpofé en roue, femblabie à la molette d'un éperon.
Après que la fleur eft pañlée , il naît en fa place quatre femences ramaflées en-
femble dans le calice de la fleur. Chacune de ces femences a la figure de la
téte d'une Vipère de couleur noire: fa racine eft longue & groffe comme le doigr.
Echium vulgare cϾruleum:
CExre Plante nourrit une petite Chenille noire affez jolie , ornée fur le dos de petites croix jaunes, & de petites rayes
blanches en travers ; elle eft fort lefte à la courfe: je l'ai nourrie jufqu’au milieu de Septembre , qu’elle fila une toile blanche,
& y refta enfermée jufqu'à l’année fuivante ; au mois d'Avril il en fortit de petites Mouches noires , telles qu’on les voit
repréfentées au haut de la Planche.
Ayant attaché, felon ma ceutume , plufieurs petites Phalenes & autres , avec des épingles dans des boëtes , pour les faire
voir aux Amateurs de l’Hiftoire Naturelle : quoique ces Infectes fe fuffent féchés depuis plufieurs années , j’apperçus néan-
moins qu’il fortoit de ces animaux fecs de petits Vers vivans
ernés de brun avec de petites rayes blanches en travers. Ils
{e nourtifloient des Infeétes , d’où ils étoient fortis , jufqu’à ce qu’ils fe changerent en Nymphes d’un brun clair, d’où fortirent
peu de temps après de petits Hannetons noirs , avec une raÿe brune en travers-fur le corps.
fenrée au bas de la Planche à côté de la tige de la Plante.
Cette métamorphofe eft repré-
On trouve encore repréfentée au bas de la Planche au côté gauche une Mite de fromage ; j'ai remarqué qu’elle fe change en
petite Nymphe brune , d’où fortent quatorze Jours après de petites Mouches brunes.
Cette Plante poulle des tiges à la hauteur de plus de deux pieds. Elle eft
verte, velue , marquée de points noirs. Ses feuilles font oblongues , vélues ,
étroites, rudes au toucher, garnies de pointes. Son calice eft fendu jufqu'a la
bafe , fort ample, divifé en cinq parties, longues , étroites , pointues , cane-
dées. Ses fleurs environnent les tiges, prefque depuis le bas jufqu’en haut ,
elles ont la forme d’un entonnoir , courbé & découpé par les bords en cinq
parties inégales, de couleur bleue, ayant au milieu cinq étamines & un piftil.
Quand la fleur eft pañlée, il lui fuccéde quatre femences jointes enfemble
ridées & ayant féparément la figure de la tête d'une Vipère , d'où vient qu'on
nomme la Plante Æerbe aux Wipères. Sa racine eft longue, groffe comme le
pouce , ligneufe. Jean Bauhin a remarqué que Dodonée a confondu l'Echium
avec la Langue de Chien ordinaire , car il prérend qu'elle a la tige âpre & rude:
d'un autre coté il s'eft fervi d'une méchante figure faite d'après celle de Fuch-
fus. Le même Auteur dit que Fuchfus a décrit & fait graver le Buglofum fyl-
Myrtille, Airelle, ou Raïfin debois. LXXXIV.
vefre minus pour l'Echium , & qu'il donne la figure de l'Echium pour celle
du Cyrogloffim : apparemment qu'il a épé trompé par la figure de Tragus. Les
deux figures que Lobel a donné , re Cencent l'Echiur , quoique l'une foit
appellée Lycopfis altera. Anglica , & l'autre , Ethium Jive Buglof[um fylveftre.
Cette Plante fe trouve quatre fois dans Hiftoire des Plantes de Lyon , où elle
eft appellée Cynogloffum Matthioli , Onofma Matthioli, Echium Matthioli &
Lycopfis Anglica Lobelii. Jean Bauhin doute fi l'Echium de Cæfalpin eft le
même que celui dont il eft parlé ici. Mais M. Tournefort aflure que Gafpard
Bauhin a rapporté avec plus de raifon la Plante de Cæfalpin au Lycopfis Pin.
qui eft le Lycopfis vel Lycopfis degener, Anchufa Æginetæ, Matthioli Cyno-
gloffum , que Pena & Lobel marquent auprès de Frontignan , & que ceux qui ont
compofé les Catalogues du Jardin Royal de Paris & de celui de Blois , ont
nommé Lycopfis Monfpeliaca floribus dilutè purpurtis.
Myrtillus baccis nigris.
SUR cette tige rampe une Chenille , dont la figure eft fort extraordinaire. Elle a la tête brune , ornée de quatre taches rouges
& d’une double barbe noire ; le corps , qui eft brun , a de petites rayes rouges & jaunes avec une raye large, noire tout le long
du dos, fur lequel il y a quatre petits toupets de poil jaune,
& fur la jointure poftérieure un petit toupet , noir en bas, &
jaune en haut. Les petites griffes de devant & les huit du milieu font jaunes, & les deux de derriere font noires. Je lai trouvée
au mois de Mai & de Juin, & nourrie avec cette Plante, comme aufli avec les feuilles de Prunier fauvage, jufqu’à ce qu’elle
changea de forme ; ce qui fe fit de deux façons; quelques-unes filerent une toile ou cocon ouvert, jaune , & fe transformerent
en petites Nymphes jaunâtres , grifes , comme il eft repréfenté au bas de la Planche au côté gauche : quatre femaines après il
en fortit une petite Phalene , qu'on voit auñli repréfentée fur une feuille, qui fit quelques petits œufs blancs. D'autres s’attache-
rent au couvercle de la boëte, dont on voit la figure au haut de la Planche; quatre femaines après il en fortit un vil petit
animal volant , avec la tête & le corps noirs, & fes pattes d’un jaune obfcur, exhalant une odeur très-mauvaife. Etant en Frife
en l'année 1688, je trouvai au commencement du mois d'Août cette efpèce de Chenilles, dont une fila une toile , & fe méta-
morphofa en un petit Ver, qui fe transforma encore en Nymphe, comme on en voit repréfentée fur deux petites feuilles
vertes au-deflus de la Chenille ; à la fin d'Avril de l’année fuivante ilen fortit des Mouches, qu’on voit dépeintes fur une feuille ;
jes autres Chenilles filerent une toile, & fe transformerent en petites Nymphes noires, d’où fortirent de petites Phalenes jaunes.
Sur ces feuilles fe nourrit encore une Chenille noire , avec
un petit toupet de poils jaunes fur chaque jointure , & de
chaque côté fur chaque jointure un petit point blanc; au mois de Juin eile file une toile blanche, & fe change en Nymphe
noire ; quatorze Jours après il en fort une petite Phalene blanche, ornée de taches & de points noires, reluifant de brun.
Ces métamorphofes fe trouvent repréfentées au côté droit de la Planche l'une fur l’autre.
C'eft la même Plante que Gafpard Bauhin appelle Wiris Idea , foliis ohlon-
gis, crenatis fruëlu nigricante, Dodonée, Waccinia nigra, & Jean Bauhin ;
Viris Idea angulofa. C'eft un petit Atbrifleau , haut d'un pied & demi, qui
poufle des rameaux greles , couverts d'une écorce verte : fes feuilles font ob-
longues , légérement dentelées en leurs bords. Ses fleurs font rondes, creufes,
monopétales , formées en cloche, de couleur blanche, mais rougeâtre , fou-
Feuilles de Prunier fauvage.
LXXXV.
tenues chacune fur un calice, qui, lorfque la fleur eft paflée , devient une
baye fphérique , molle , pleine de fuc, de la groffeur d'une baye de Génievre,
creufée d’un nombril de couleur bleu foncé, noirâtre, d’un goût aftringent ,
tirant fur l'acide : elle renferme plufeurs petites femences blanchâtres, Sa ra-
cine eft menue & ligneufe,
Pruni fylveftris folia.
OX trouve ee ne fur He les Arbres fruitiers cette Chenille brune, ornée de rayes blanches, qu'on voit au bas de la
anche fur une feuille verte ; je l’ai néanmoins nourrie de feuilles de Prunier fauvage jufqu’à la fin d’Août, qu’elle fila une toile
mince, & fe transforma en une petite Nymphe, d’où il fortit quatorze jours après de petites Ph
d’un jaune terne , les aîles & les pattes blanches : elle avoit de petits yeux noirs, de petites cornes jaunes. Ces Infectes couvrent
leurs œufs d'un duvet , pour les garantir de la neige, de la pluie & du froid. Il fortit de quelques-unes de ces Chenilles des Mites,
qui fe changerent en Nymphes , d’où provinrent dix jours après de petites Mouches.
Un peu plus haut fur la Planche il y a une Chenille fur une feuille de Prunier fauvage, qui eft noire rayée de jaune, & dont
Je corps reluit beaucoup. Au milieu du mois d'Août elle s’attacha à une petite tige , S'y entortilla avec un fil blanc fin comme
de la foie , & fe métamorphofa en petites Nymphes, dont les unes étoient blanches, tachetées de jaune & de noir, & les
autres vertes & jaunes avec des taches noires ; lorfqu’on:les touche , elles fe remuent beaucoup. À la fin d’Août il en fort de
petits Papillons (que les Hollandois appellent Witjes ) blancs & jaunes , dont les aîles font ornées de petites rayes noires ; ils
ont auf le corps , les yeux, & leurs petites pattes noires. Ils volent fort vite le jour, ‘ :
alenes , dont le corps étoit.
ÈS
DES PLANTES ET INSECTÉS DE L'EUROPE 23
Gramen reflemblant au Souchet. LXXXVI. Gramèn Cypéroides.
J "A1 trouvé dans cette Herbe cette Cheñille d'un brun obfcur , & je l'en ai noutrie juiqu'à là fin d'Août, qu'éllè
fila une toile blanche, mua & fe transforma en une Nymiphe d’un brun clair. Elle refta dans cet état immobile jufqu’à
l'année fuivante ; au milieu du mois de Juin il en fortit une petite Phalene brune, qui avoit de pétites cornes & dé
petites pattes jaunâtres, des yeux noirs, & tout le long des aïles dés rayes noires.
Les anciens Botaniftes ont placé cette Plante entre les efpèces après elles ; mais les épis qui font au-deffôus poitent des graines ;
» e LA . - . . d e
de Gramen , mais M. Tournefort en a fait un genre féparé : fes & ne fleuriffent point : ces graines naïffent fous les écailles qui
feuilles font longues d’un pied & demi, aflez larges, creufes, compofent les épis : elles font triangulaires & renfermées chacne
fa tige croît affez fouvent à la hauteur de trois pieds fans nœuds, dans une capfule membraneufe. Les racines font aflez groiles ;
portant à fes extrèmités des épis à écailles , entre lefquelles font noueufes , femblables à celles du Souchet long : elles font garnies
attachées des fleurs à étamines roufles: fes Heurs ne laïffent rien de quelques fibres.
Feuilles de Saule vulgaire rougeâtre. LXXXVII Sa/cis vuloaris rubentis Folia,
U bas de Ja Planche on trouve une très-belle Chenille ; qui eft d’un beau verd avec de petits points blancs, &ornge
ur chaque jointure d’une raye blanche en travers. Sur la jointure poftérieure elle a une corne, Cette Chenille me fut
donnée par une Dame de qualité , qui joignoit à la pañlion pour l’Hiftoire Naturelle , une connoïflance parfaite de la
Peinture. Elle étoic parvenue à fa grandeur natutelle, puifque j’eus à peine le temps de la deffiner , parce qu’elle étoit
prête à mucr. Elle fe transforma en Nymphe, & refta immobile dans cet état jufqu'à l’année fuivante. À la fin de
Mai il en fortit une belle Phalene , dont la tête , le corps & les aîles fupérieutes étoient brunes & blanches ; ornées de
jaune & de noir. Aux aîles inférieures on voyoit deux grands yeux noirs dans le milieu , avec un cercle bléu tout
autour ; ils étoient vers le haut d’un brun clair , & vers le bas de couleur de Rofe. Cetre Phalene avoit en outre de
petits yeux noirs, de petites cornes & de petites pattes d’un jaune terni. Je n’ai jamais vu fémblable Chenille. Au haut
de la Planche fur une feuille verte il y a une petite Chenille d’un verd clair, ornée de rayes blanches, & qui eft fort
lefte à la courfe. Elle fe nourrit de Saule , & attache plufieurs feuilles enfemble , où ellé forme fon habitation ; à la fin
de Juin elle fe change en une petite Nymphe brune, d’où fort quatorze jours après une petite Phalené d’un gris de
cendre , ornée de petites rayes blanches, qui vole avec rapidité.
J'ai trouvé en Frife , au commencement de Septembre de l’année 1690 , une Chenille , qui étoit reftée attachée à
un petit rameau , & étendue fur le dos. ‘Frois petites Nymphes dures & brunes étoient attachées à cette Chenille ; il
{ortit aufli quelques Mites de fon dos, & ces Mites, après avoir filé pendant quelques jours du fil de la finefle du
coton , fe transformerent auffi en de femblables petites Nymphes brunes. La Chenille étant morte , je pris les petites
Nymphes & les gardai jufqu’à l'année fuivante. Il en fortit de petites Mouches, telles que les deux qui font repréfentées
fur la Planche.
Panicaut , Chardon Roland, ou Chardonà cent têtes. LXXXVIIL Eryngium campeftre,
Era efpèce de Chenilles noires, telles qu’on voit fur une feuille verte, fe trouvent en grande quantité fur les
Orties ; mais comme j’ai déja donné la figure de cette Plante au commencement de cet Ouvrage, je mettrai ici à la
place cette Fleur de Chardon à caufe de fa beauté.
Ces Chenilles fe difpofent à leur métamorphofe à la fin de Juin ; elles s’attachent par la partie poftérieure, & en Le
fufpendant reftent renverfées. Elles reffemblent alors à des Nymphes reluifantes comme de l'or, de ces Nymphes il
fort quatre jours après de beaux petits Papillons , dont les aîles inférieures font d’un brun obfcur ,*& les fupérieures un
peu plus claires , marquées de petites taches blanches. Le corps eft noir , les cornes tachetées de blanc, leurs petites
pattes grifes. Ils volent avec rapidité,
Il y a encore au bas de la Planche une petite Chenille verte avec la tête jaune, ôn là trouve auffi fur les Orties :
elle en roule les feuilles & s’y'renferme. Dans cette retraite elle fe change en petite Nymphe brune , d’où foft qua-
corze Jours après une petite Phalene d’un brun clair , rayée de noir. Quelques-unes de ces Chenilles s'étendent à terre &
meurent. [l en provient enfuite plufieurs petites Mites, qui peu de temps après fe méramorphofent en petites Nymphes,
d’où naïffent douze jours après de petites Mouches noires,
La tige de cette Plante croît à la hauteur d’un pied & demi, foutiennent des fleurs blanchâtres à cinq pétales, difpofées en
. e .. 7 1 / . / .
ronde , unie , canelée , remplie de moëlle blanche , divifée vers Rofe. Quand ces fleurs font pallées , 1l leur fuccéde des graines
fon extrémité en plufieurs rameaux. Ses feuilles font larges , dé- ovales. Sa racine eft fort longue , groffe comme le doigt , blanche.
coupées profondément , épineufes, dures, rangées alternative-
ment fur leur tige. Les extrémités des tiges font chargées d’un grand
nombre de têtes épineufes , dont la bafe eft une couronne de
Cæfalpin prétend qu’on ne découvre point de leur fur cette Plante.
Dodonée aflure que cette fleur eft bleue , & rarement jaune: mais
; 4 . f A
M. Tournefort l’a obfervée à cinq pétales blanchätres.
petites feuilles pointues & piquantes en leurs bords : ces têtes
Chou verd. LXXXIX, Braffica viridis.
Paroanr que cette Plante eft encore tendre, elle eft dévorée par une Chemille d'un verd de Pré, qui 4 üne raye
jaune tout le long du dos, & des deux côtés de chaque jointure un petit point jaune ; parvenue à fa grandeur natu-
relle , elle mue, fe fufpend & fe transforme en une petite Nymphe d’un brun pâle , tachetée de noif ; quatorze jours
après 1l en fort une efpèce de petit Papillon , que les Hollandois appellent Wire , un peu plus petit que ceux que j'ai
déja repréfentés.
J'ai trouvé auffi en Août plufieurs petites Chenilles vertes , qui avoient une raye jauñe tout le long du dos, & à
chaque jointure deux petites pattes. Celles-ci fe changerent en petites Nymphes, qui ne différoïent pas beaucoup de
la Chenille : dix jours après 1l en fortit des Mouches , dont lé corps étoit racheté de noir & de blanc , les yeux rougés
& leurs fix pattes jaunes. Ces Mouches volent fort lentement. -
F ij
be. mail eme 2 pare br or er sd ? PRES je = nn Eire a Se PER
Ofeille fauvage fleurie.
Gux cette Plante on trouve une Chenill
fix petites griffes de devant, & les huit petites pattes d’un brun clair.
transforme en une Nymphe d'un brun clair. Quelques-unes
de place, fe roule, devient d’une couleur plus claire & fe
de ces Nymphes refterent trois mois dans cet état » & d’autres
Se A . f . . «
Phalene, dont le corps & les aîles inférieures étoient Jaunes ,
pour lors une petite
HISTOIRE GÉNÉRALE
XC. Acetofa pratenfis florens.
e velue, noire, tachetée de rouge & de blanc. El
le a le poil, la tête, les
Parvenue à fa grandeur naturelle , elle change
jufqu'au mois d'Avril de l'année fuivante : il en provint
la tête & les aîles fupérieures , les
petites cornes & les petites pattes brunes , tachetées de noir. Elle vole vers le foir.
Cette Plante eftl a même que celle que Jean Bauhin nomme Oxalis
vulgaris, folio longo: Tabernemontanus’, Oxalis ovina ; & M. Tour-
nefort , Oxalis arvenfis lanceolata. Ses feuilles font petites, ayant la
figure d’une lance, vertes , luifantes, remplies d’un fuc acide. Ses
fleurs font petites, à plufieurs étamines, attachées au fond d’un calice,
pofées comme à double rang, trois à trois. Lorfque les fleurs font
Feuilles d'Ortie brülante.
N repréfente ici trois Chenillés , qui font bien de la même efpèce, mais qui
Celle d'en haut, qu'on voit fur une feuille verte, eft toute noire, & ornée au-de
jaune ; après que je l’eus nourrie jufqu’au milieu de Septembre , elle fe trans
\
Nymphe brune, d'où fortit quatorze jours après un petit Papillon , qui
corps, la tête, les lpetites cornes & les petites pattes d'un brun obfcur ,
obfcur , avec une raye large d’un beau vermillon , ornées de petites taches bleues
font d’une beauté extraordinaire , & panachées de différentes couleurs.
La Chenille, qui eft au côté droit de la Planche fous la précédente, a le
griffes & fes petites pattes de couleur de chair. Elle fe changea de même en une
après fortit un petit Papillon, comme ci-deffus.
La troifieme Chenille entortillée en forme de cercle, étoit au commencement no
roulée ; peu de temps après il en fortit plufieurs Mites , qui filerent , s’attacherent enfem
petires Nymphes, de chacune defquelles provint une petite Mouche
Sur la feuille d’en bas il y a encore une petite Chenille velue, brune ; ;
boule : à la fin de Mai elle s’éendit à terre, & refta dans cet état jufqu'au milieu
Mouche, dont la tête , le corps & les petites cornes étoient noires , les quatre aîles
la touche, elle fe roule comme une
du mois de Juin, qu’il en fortit une
ccéde des femences à trois coins , rougeâtres , enr
racine eft rampante , ligneufe ,fibreufe ;
r de vin aux tifanes. Cette Plante paroïît
alement quand fes femences font
tombées , il leut fu
J ,
veloppées d’une capfule. Sa
rouge, donnant une couleur de v
toute rouge fur la terre, princip
mures.
RU Urtice urentis fola.
différent néanmoins par la couleur.
fous de chaque côté d’une raye
forma , après s'être renverfée , en une
furpale tous les autres en beauté. Il a le
jes aïles fupérieures noires & aufli d’un brun
& blanches; les ailes inférieures
corps jaune, la tête brune , fes petites
Nymphe brune, d'où quatorze Jours
ire , & fe pofa à terre toute
ble & fe transformerent eñ
noire, aufñ repréfentée fur la Planche.
dont le dos & le ventre éroient rouges ; lorfqu'on
tranfparentes , & les petites pattes jaunes. Sur la partie poftérieure du corps on voit une tache jaune.
Lin fleuri. XCII. Linum florens.
Érre Plante fert de nourriture à une Chenille verte
tout du long de chaque côté ornée d'une raye blanche. Elle a au devant
& au derriere deux petites pattes. Elle mua au commencement d'Août,
\ ° \ ® . » A L] .
fante , d’où fortit à la fin de Mai de l'année fuivante une Phalene d’un gris de cendre,
de noir & les yeux noirs. Elle voloit vers le foir.
La tige de cette Plange eft ordinairement fimple , haute d'environ
deux pieds, vuide , ronde , menue , rameufe vers fes extrèmités : fon
écorce eft pleine de filets qui fervent à faire de la toile déliée. Ses
feuilles font oblongues , pointues, étroites, placées prefque tou-
jours alternativement le long de la tige. Ses leurs croiflent en fes
extrémités , bleues, compofée chacune de cinq pétales, difpofées en
, brune, qui eft au-deflous du ventre d'un verd clair , ,&
du corps fix petites griffes , au milieu huit,
& fe métamorphofa en une Nymphe relui-
dont les aîles étoient ornées
Œillet, & foutenues par un calice à plufieurs feuilles. Cette fleug
étant paflée , il paroït un fruit gros comme un petit Pois , prefque
rond , terminé en pointe , renfermant en dix capfules membraneu-
fes dix femences oblongues , applaties , polies , douces au toucher,
de couleur rougeûtre , luifante , pleine de moëlle ou d’une fubftance
huileufe, Ses racines font petites, menues.
Renouée ou Centinode. XCIIT. Centinnodia , five Polygonum florens.
l À U coté gauche de la Planche on voit une Chenille brune, mais grife fous le ventre, Elle a au devant du corps fix
petites 8
oriffes , au milieu huit, & derriere deux petites pattes. €
jette Chenille fe changea à la fin de Juillet en une Nymphe
d'un brun clair , d’où fortit au milieu du mois d’Août une petite Phalene grife, rayée de noir. Elle voloit vers lefoir.
F7 pes A À 3 . . .
Il y a encore au côté droit de la Planche une Chenille verte , ornée tout le long du corps de trois rayes Jaunes &c
de plufieurs taches noires. Je l'ai nourrie de cette Plante ;
ufqu’à la fin de Juin; elle refta pour lors immobile. Quatorze
: : Rene nee : à 3 : ;
jours après il en provint trente-quatre petites Mites, qui fe transformerent peu de temps après en petites Nymphes,
DA Cher x ; S é . . .
d’où fortit à la fin de Juillet la même quantité de petites M
ouches noires.
Une autre Chenille de cette efpèce s’étendit tranquillement à terre. De cette Chenille fortit un gros Ver blanc,
à LA . . +
qui fe métamorphofa en une petite Nymphe brune, d'où provint peu de temp
£.
rayée de noir,
s après une groffe Mouche brune,
Au-deffus de cette Plante fe trouve une Chénille jaune ; rayée de brun , qui a au devant du corps fix petites griffes,
ê derriere deux petites pattes, auf fait-elle en marchant une efpèce de boucle de fon corps : l'ayant nourrie de cette
Plante jufqu’a la.fin de Juillet, elle fe changea en une Nymphe brune, d'où fortit au mois de Septembre une petite
Phalene, ornée de rayes rouges & brunes. Elle vole avec rapidité.
M. Tournefort appelle cette Plante Po/ygonum latifolium ; Rai &
Dodonée, Polygonum mas. Elle pouffe plufeurs tiges , quelquefois
droites , le plus {ouvent couchées à terre , longues d’un pied ou d’un
pied & demi, flexibles, greles, rondes, ayant beaucoup de nœuds,
affez près les uns des autres , revêtues de feuilles rangées alternative
ment, oblongues, étroites, pointues , attachées à ‘des queues fort
courtes. Ses fleurs font petites , compofées chacune decinq étamines,
foutenues par un calice coupé en entonnoit : elles naiffent dans les
ailfelles des feuilles. Lorfque la fleur eft paflée , il paraît une femence
À crois côtés , de couleur brune , contenue dans une capfule, qui a
fervi de calice à la fleur. Sa racine eft longue, fimple , ligneufe ,
garnie de plufeurs fibres , attachées fortement à la terre.
DÉS PLANTES ET INSECTES DE L'EUROPE is
Prunier fauvage fleuri. XCIV. Acaciæ Germanice flos,
Ée Chenille groffe & courte, qu'on voit au bas de la Planche, ornée de taches brunes, étoit verte, Elle
avoit au devant du corps fix petites griffes , au milieu huit, & derriere deux petites pattes. Elle marche fort lente-
ment, & quelquefois en allongeant fon corps en haut, elle le meut à droit & à gauche, jufqu’à ce qu’elle fixe fon
chemin. Je l'ai nourrie avec ces feuilles, elle Sattacha au couvercle d'une boëte, & fe transforma au milieu d’Août
en une Nymphe d’un jaune pâle , fufpendue fans deffus deffous. Elle refta en cet état jufqu’à l'année fuivante ; il eñ
{ortit alors le neuvieme Mai un beau Papillon jaune, fes ailes étoient rayées de noir, les inférieures tachetées de
couleur d'Orange & de bleu , & ornées de deux pointes longues fur le derriere.
: On trouve encore fur cer Arbrifleau une efpèce de petites Chenilles d’un jaune clair & gris, tachetées de noit, là
tête & les pieds noirs. Celles-ci filerent une grande toile femblable à celle d’une Araignée. Elles fe métamorphofent
à la fin de Mai en petites Nymphes de diverfes couleurs, d’où proviennent au mois de Juin de petites Phalenes,
dont les aîles fupérieures font blanches avec de petits points noirs; les inférieures, 1e corps , les petites cornes &
les petites pattes grifes.
Grand Liferon , ou Lifet à fleur blanche. XCV. Convolvulus major, flore albo.
C Erre Plante fert de nourriture à cette groffe Chenille , dont le corps ef verd, clair dans fa longueur, comme
auffi fes griffes & fes pattes ; au milieu du mois de Juillet elle s’entortillé dans une feuille, & fe transforme en
petites Nymphes brunes ; d’où fortent au commencement d’Août de petites Phalenes , pareilles à celle qu'on voit
repréfentée au haut de la Planche fur une fleur. Elle eft d’un gris de cendre , variée d’un brun obfcur. Elle vole
vers le foir.
Il y a encore au côté gauche de la Planche fur un bouton de fleur une petite Chenille d’un verd clair, qui fe
nourrit aufhi de cette Plante, je l'ai nourrie jufqu’au mois d’Août : elle fe métamorphofa pour lors en une petite
Nymphe couleur de Rofe, d'où fortit quatorze jours après un petit Infeéte volant , tel qu'il eft repréfenté au côté
gauche fur une fleur. Il a au derriere du corps deux petites pattes , & au devant quatre courtes ; fa couleur eft
d’un gris clair.
Caæfalpin a cru que la racine de cétte Plante péridoit tous les ans ; mais il eft certain qu'elle eft vivace.
Remarque. Le grand Liferon eft mis par Chomel au rang des Plantes purgatives.
Saule rouge fleuri. XCVI. Salix rubra florens.
] ’Ar trouvé au mois de Juin fur cet Arbre une femblable Chenille verte, qui, dès que je l’eus portée chez mot;
s’'enferma dans une de ces feuilles , & fe transforma en une Nymphe d’un brun obfcur , d’où fortit au commencement
d'Août une petite Phalene d’un brun clair, fes aïlés étoient rayées de brun. Elle, vole vers lé foir.
On trouve repréfentée au milieu de cette tige , fur une branche , une autre petite Chenille. Je l'ai noutrie de ces
feuilles jufqu’au milieu du mois de Juin : elle fe métamorphofa pour lors en une petite Nymphe. Après qu'elle eut
refté huit jours dans cet état, elle commença à battre continuellement comme une montre ; au commencement de
Juillet il en fortit une Mouche, dont le corps, la tête & les petites cornes étoient noires ; les deux aîles tranfpa-
rentes , & les fix petites pattes jaunes.
Remarque. De tous les Arbres, le Saule eft celui fur lequel fe trouve la plus grande quantité d'Infeékes,
Anemone à fleur rouge. XCVII.
Anemone flore coccineo,
ie repréfenté ici cette belle Fleur à caufe de fa rareté, car la véritable nourriture de ces Chenilles c’eft 'Ortie ;
ces Chenilles font bien de la même efpèce , quoiqu’elles différent de couleur , les unes étant d'un verd clair & les
autres brunes , toutes deux ornées de petites rayes blanches & noires ; j'en ai nourri quelques-unes jufqu’au commen
cement de Septembre : plufieurs de ces Chenilles filerent alors une toile blanche, & fe changerent en petites Nymphes
brunes , d’autres refterent immobiles, devinrent brunes & fe retirerent comme en deux bandes différentes. Peu de
temps après elles produifirent des Mites blanches , qui fe transformerent en petites Nymphes , d’où provinrent encore
deux Mouches bleues avec des têtes rouges. Les petites Nymphes refterent immobiles jufqu’à l’année fuivante. Au
mois de Février il en fortit de petites Phalenes grifes & brunes, ornées de noir & de blanc , qui voloient vers le
{oir.
L'Anemone pouffe de fes racines des feuilles prefque rondes ,
femblables à A des Renoncules, découpées profondément , at-
tachées à des queues. 11 s’éleve du milieu de ces feuilles de petites
tiges nues jufqu’environ à leur moitié, garnies en cet endroit de trois
feuilles difpofées en collier. Ces tiges foutiennent en leurs extrémi-
tés chacune une belle fleur large , ronde , à plufeurspétales difpo-
fées en Rofe , de couleur rouge ; ornée quelquefois d’une touffe
u’on appelle P/uche. Quand cette fleur eft tombée ; il paroît un
un , Le plus fouvent oblong , renfermant un noyau chargé de plu
fieurs femences , couvertes chacune d’une coëffé ordinairement co-
toneufe. Sa racine eft tubereufe , noueufe , excepté celle de Virgi-
nie, & la troifieme de Mathiole, qui eft garnie de fibres. Il y 4
des Anemones jaunes, blanches , purpurines , incarnates , bleues,
violettes , & panachées de diverfes couleurs,
HISTOIRE
Pain de Pourceau à fleur purpurine.
XCVIIT.
GÉNÉRALE
Cyclamen flore Purpureos
( Es +e Chenille brune eft verte fous le ventre. Elle a au devant du corps fix petites griffes , au milieu huit,
. . . . . . 5] A ni
& derriere deux petites pattes. Après que je l’eus nourrie de Laïtue jufqu’à la fin d'Aoùût, elle fe transforma en une
Elle vole vers le foir.
Nymphe brune, d’où fortit au mois de Septembre une petite Phalene brune, ornée de noir , avec des yeux noirs,
Au bas de la Planche au côté droit eft repréfenté une Cerife , dont une petite Chenille longue , jaunâtre , verte,
mange la feuille.
les feuilles vertes de
Elle a au devant du corps fix petites griffes, & derriere deux petites pattes ; je lai nourrie avec
Cerifier jufqu’àa la fin de Juillec , qu’elle fila une toile blanche, & fe méramorphofa en une
petie Nymphe brune , d’où quatorze jours après fortit une petite Phalene, dont les aîles inférieures étoient brunes ,
& les fupérieures & le corps verd ornés de raches blanches , & de perits points bruns. Elle voloit avec rapidité. J’ai
ajouté ici cette fleur pour faire plaifir aux curieux.
Cette Plante pouffe de la pointe de fa racine tubéreufe des feuil-
les prefque rondes , larges , feules à une queue , de couleur verte-
brune , marbrées de blanc par-deflus , purpurines par-deflous. Ses
fleurs font. purpurines, de bonne odeur , portées fur de longs pé-
dicules tendres. Elles font taillées en godet dans leur partie infé-
rieure , & la partie fupérieure de ce gode eft découpée en cinq
parties. Il leur fuccéde un fruit fphérique & membraneux, qui
s'ouvre en plufeurs parties , & qui contient des femences irré-
gulieres. Sa racine eft ronde ou otbiculaire , de couleur obfcure en
dehors , blanche en dedans , gatnie à la partie inférieure de pe-
tites fibres noirâtres.
Remarque. Les Fleuriftes cultivent cette Plante dans Leurs J ardins ; j'en ai trouvé dans les bois de la Franche-Comté,
D
Laitron, Palais de Lievre, ou Brefleron.
Sonchus levis.
XCIX.
Gux cette Plante fe nourrit une Chenille, dont la partie fupérieure du corps eft d'un gris de cendre : elle eft rayée
de brun par tout le corps, & tachetée de blanc, & au-deffous de couleur de chair. A la fin de Juillet elle fe transforma
en une Nymphe d’un brun clair, & refta dans cet état jufqu’au mois de Juin de l’année fuivante.
Il en fortit alors
une petite Phalene jauntre, ornée de verd & de noir, qui voloit avec rapidité vers le foir.
Cette Plante eft la même que Gafpard Bauhin appelle Sonchus
Levis , laciniatus , latifolius ; Jean Bauhin , Sonchus minus lacinio-
fus ; mitior five minus fpinofus , & Dodonée , Sonchus levis. Elle à
une petite racine , fibrée , blanche : fa tige croît à la hauteur d’une
coudée , ‘creufe en dedans , tendre, de couleur purpurine ; fes
feuilles font longues , liffes , prefque verdätres , découpées comme
celles de la Dent de Lion, dentelées , rangées alternativement ,
les unes attachées à des queues longues, les autres fans queue &
embraffant la tige par leur bafe , qui eft plus large que le refte de
la feuille. Ses Aeurs naiffent aux fommets des branches par bou-
quets à demi Heurons jaunes , plus petites que celles de la Dent de
Lion. Quand ces fleurs font paflées, leur calice devient un fruit
formé en cône , qui contient de petites femences oblongues, gar-
ies chacune d’une aigrette.
Remarque. Le Laitron eft de toutes les Plantes celle dont les Lievres font les plus friands,
Chardon vulgaire fleuri. 48 Carduus vuloarcs _florens.
Av haut de la tige de cette Fleur il y a un Ver ou Chenille courte , groffe. Elle ne fe nourrit pas de cette
Plante , mais de petits Infeétes, qui fe trouvent ordinairement fur ce Chardon. J'ai remarqué qu’elle fe métamor-
phofoit au mois de Juin en une petite Nymphe brune, telle qu’on en voit une repréfentée ouverte fur une feuille
verte ; dix jours après 1l en fortit une Mouche jaune avec des yeux rouges. Elle avoit derriere la tête une tache verte,
& le corps orné de rayes noires ; les aîles étoient tranfparentes, & chacune ornée d’une petite tache ronde noire,
Au bas de la Planche au côté droit fe trouve un Ver, dont le corps eft de la couleur d’une Mite ou Ver de fro-
mage , les yeux & la derniere jointure du corps brun. J'ai trouvé celle-ci, de même que de femblables Nymphes
brunes , dans un morceau de bois de Bouleau pourri. I fortit au mois de Mai de ces Nymphes une efpèce de Guêpes
noires , rayées de jaune , qui avoient quatre ailes tranfparentes, de petites cornes noires & des pattes jaunes.
Il fe trouve encore au.côté gauche , au bas de la Planche, un petit Ver de la même couleur qu'une Mite, que
| j'ai trouvé auf dans du bois pourri ; il fe change en une petite Nymphe brune, d’où fort aufli, au mois de Mai, un
À petit Hanneton brun , tel qu’on le voit repréfenté à côté du Ver.
“
A
Cette Plante poufle une tige à la hauteur de quatre ou cinq
pieds , revètue d'une efpèce de coton blanc, fort épineufe. Ses
feuilles font larges, finueufes , épineufes, couvertes de coton
blanc , rangées alternativement, :Les extrémités des tiges {ont or-
nées de têtes rudes, qui foutiennent des bouquets à fleurons , éva-
fés par le haut & découpés en lanieres. Lorfque ces fleurons font
tombés , il leur fuccéde des graines garnies d’une aigrette. Sa racine
eft-tendre , blanche , douceatre.
A Er
er
Li
ES
a ———
ne
DES PLANTES ETINSECTES DE L'EUROPE a7
CI.
J > Ar deffiné fur cette Guirlande la métamorphofe des Fourmis, qui s’enferment en filant dans un œuf oval, qui
fert de nourriture aux Serins de Canarie. Lorfque ces œufs font prêts à éclore, il en fort de petires & de grandes
Mouches, que jen ai vu naître en quantité, comme on le voit repréfenté fur la Guirlande. Le vingt-cinquieme
Juillet 1694 je reçus un nid'entier de ces petits Infeétes , qui en contenoït plufieurs milliers, tant rands que petits.
0 \ : A A ) SAN 3 à ’ è :
de toute efpèce , fans aïles & avec des aïles , comme auffi d’autres, qui fortoient de leurs œufs, & commençoient
° / : . . 23 . ù . . : e
d’avoir la faculté de voler : de-là j'ai conclu qu'ils fe transformoient comme les Chenilles, c’eft pourquoi je les ai
nus ici.
J'ai placé ici fur une petite feuille de Mauve le Roi des Fourmis , comime on le nomme aux Indes Orientales, La
partie poftérieure de fon corps reflemble à un Ver mou & blanchitre,
Fleur de Conftantinople ou de Jérufalem. CII
Fos Hyerofolymitanus.
] Ar eu quinze Chenilles qui fe trouvent fut cette Fleur, & les en ai nourries ; mais ayant oublié de leur fourni?
de la nourriture , elles fe mangerent l’une l’autre , à trois près , qui refterent. Celles-ci Îe métamorphoferent le huit
de Septembre en petites Nymphes , d'où fortirent au mois de Mai de l’année fuivante de petites Phalenes , telles
qu'on les voit repréfentées ici {fur la Planche.
Le Flos Hierofolymitanus , nommé par d’autres creticus ou cro-
ceus , eft la mème Plante que Jean Bauhin & Rai ont appellé Fos
Conftantinopolitanus miniatus , albus & varius , & Gafpaïd Bauhin,
Pit. Tournefort , & après eux M. Boerhaave, Lychnis hirfuta ,
flore cocineo major. Elle pouffe de fa racine plufeurs tiges à la hau-
teur de trois pieds , menues ; vuides, velues ; fes feuilles font ob-
longues , allez larges , pointues , embraffant leur tige par la bafe,
velues , rudes , de couleur verte-obfcure ; {es fleurs font difpofces
Remarque. Les Fleuriftes cultivent cette Fleur dans leurs Jardins.
Morelle.
en parafols , chacune de es fleurs eft compofée de plufeurs péta:
les , rangés en Œiüllet, garnis Le plus fouvent au-delà de leur moi:
tié , de deux ou trois pointes , qui jointes à celles des autres feuil=
les, forment une couronne. Quand cette fleur eft pallée , il lui
fuccede un petit fruit verd, velu, de figure conique , qui renferme
une grande quantité de femences prefque rondes & roufles. Ses
racines font longues , menues , divifées, d'un goût un peu âcres
CE Solanum vel Solatrum.
Érre Plante fert de nourriture à une petite Chenille verte qui rampe fur la feuille chargée de baies. Elle fe
transforma le dixieme de Juin en une petite Nymphe,
Papillon couleur de bois, qui voloit avec rapidité.
& le vingt-cinquieme du même mois il en fortit un petit
Vish-vis de la précédente et une petite Chenille noire, qui rampe fur la tige: après qu'elle eut mué, elle
devint verte. Je l'ai nourrie d’abord avec du Sureau blanc ; mais elle ne fe métamorphofa point en mangeant de cet
aliment. Je lui donnai donc à la fin à manger la Morelle, & elle fila alors un Cocon blanc, d'où fortit une
Mouche jaune , que lon voit ici repréfentée avec le Cocon.
C'eft la mème Plante que Gafpard Bauhin nomme Solanum
Officinarum , acinis nigricantibus ; & Parkinfon , Solanum vulgare.
Cordus & Jean Bauhin ont pris la fleur de cette Plante pour une
eur à cinq pétales : mais M. Tournefort prétend qu'elle eft d’une
feule piece. On croit ordinairement que la graine de la Morelle
à fruit noir produit celles qui ont le fruit rouge & jaune , mais
l'expérience fait voir le contraire. La Morelle , qui eft ici repré-
fentée , poulfe une tige à la hauteur d'environ un pied & demi,
épaiffe de trois lignes , verdâtre , pleine de moëlle , âpre & angu-
leufe, divifée ordinairement au-delà de neuf ou dix pouces en
plufieurs branches, étendues fur les côtés & fouvent courbées en
bas , garnies de feuilles rangées alternativement , lefquelles com-
mençant par une queue , longue d’environ un demi pouce, s'é-
largiffent jufqu'à un pouce & demi fur deux pouces de long ; elles
font pointues, ondées plutôt que crénelées, d’un verd-brun, luifantes
& lifles. Le pédicule s’allonge’en côte , dont les nerfs fe courbent
& vont fe perdre fur les bords des feuilles ; celles qui font fur les
divifions des branches font plus petites , plus rondes & plus pointues ,
jufqu'à la cime, dont les brins ont les angles aiguifés de deux ou
de trois filets. Lesfleurs ne fortent pas ordinairement des aiffelles
des-feuilles , comme dans la ;plüpart des autres Plantes, mais des
branches mèmes , un peu au-deflous des feuilles : elles naïflent de-
Alcée ou Mauve fauvage.
Etre Plante eft la propre nourriture de ces Chenille
puis cinq jufqu’à huit , fur un bouquet long d’un pouce & demi;
dont lés pédicules font déliés, & larges de quatre ou cinq lignes
Chaque fleur eft blanche, n'a qu’un feul pétale , coupé en baflin ,
du diametre de trois lignes & demie , percé dans le fond : ou elle
eft jaunâtre & comme terminée en anneau , divifée en cinq parties
jufques vers fa moitié, longues, pointues, & rangées en étoile:
du fond de la fleur s’élevent dès éramines très-courtes, char-
&es chacune d’un fommet jaune , étroit , poudreux , long d’une
TE 8& demie. Toutes ces extrémités font jointes enfemble | &
cachent le fond du piftil, dont le bas eft prefque rond , verd-pâle ,
emboëté dans le diametre de la fleur ; & implanté dans le fond du
calice : ce calice eft un petit entonnoir verdâtre & découpé en cinq
pointes obtufes. Lorfque la fleur eft pallée , le piftil devient un fruit
fphérique allez dur , d’un verd d’olive d’abord, puis noir, du diametre
d'environ quatre lignes , plein d'un fuc aflez clair, & de plufieurs
femences blanchâtres , longues d’une ligne , arrondies, plattes ,
bordées d’une petite chair verdâtre que l’on fépare facilement . dif-
pofées en maniere d’anneau autour du placenta , qui eft au milieu
du fruit, & qui diftribue la nourriture à toutes ces graines. La
racine eft longue d’un demi pied , épaifle au collet de trois ou qua-
tre lignes , ondoyante , fibreufe , chevelue , blanchâtre.
CIV. Alcea.
s; je les ai confervées en vie avec cette Plante jufqu’at
mois d’Août ; qu'elles fe changerent en Nymphes brunes , d’où fortit le vingt-unieme de Mai de l'année fuivante
la premiere petite Phalene,
Cette Plante ne différe de la Mauve & de la Guimauve, qu'en ce
que fes feuilles font découpées profondément. Il y en a plufeurs efpè-
ces. Celle-ci, que Fee Bauhin appelle A/cea vulgaris major , flore
ex rubro Rofeo ; poule plufieurs tiges à la hauteur d’un pied & demi
ou deux pieds, rondes, moëlleufes, velues. Ses feuilles s’élevent at-
tachées à des queues longues, velues comme celles de La Mauve, mais
! LA £ LA ° 0
plus grandes & découpées pro ondément en cinq ou fix patties,velues,
de couleur verte-brune. Ses fleurs font belles, purpurines ou de cou-
leur de chair. Ses femences font femblables à celles de la Mauve, &
deviennent noires en müriffant. Sa racine eft longue comme le doigt,
LA LA D 22
La figure que Lobel & Dodonée ont donné de cette Plante n'eft pas
bonne ; il faut s’en tenir à celle de Tabernemontanus.
G i
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HISTOIRE
Fleur de Cardinal, ou Campanule.
GÉNÉRALE
CV. Fos Cardinalis.
} »Ar trouvé de femblables Chenilles à Amfterdam fur ces fleurs, & je les en ai nourries jufqu'au huitieme de
Septembre 169$ ; elles fe mé
Vannée fuivante de petits Papillons ,
Cette Plante eft,felon M. Raï,la même que le Rapunculus galeatus
Virginianus , flore violaceo minore de Morifon , & le Flos Cardinalis
caruleus de Dodart. Elle pouffe plufieurs tiges à la hauteur d’un pied
& demi, velues, grèles , anguleufes , canelées : fes feuilles font
difpofées alternativement le long des tiges étroites , pointues , fans
. . . “/,
queue , empreintes d’un fuc laiteux. Ses fleurs naiffent aux extrmié-
à pue
tés des branches fur de petits rameaux , attachés à des pédicules
métamorphoferent alors en petites Nymphes , d'où fortirent le vingt-cinquieme Juin de
els qu’on les voit repréfentés ici fur la Planche.
longs. Chacune de ces fleurs eft, fuivant M. Tournefort, une cloche
np & coupée ordinairement fut les bords en cinq parties , de
couleur purpurine ou bleue , quelquefois blanche , foutenues fur
un calice fendu en cinq pieces. Après que cette fleur eft pañlée il
lui fuccéde un fruit membraneux , divifé en trois loges , qui ren-
ferment des femences menues, luifantes , fes racines font longues
& groffes comme le petit doigt, & blanches. ,
Lambrufc, ou Vigne fauvage. CVI. Lambrufca.
CE petit Infeéte qu'on voit pofé fur des baies rouges, mangea tout feul le fuc des parties fupérieures de ces
feuilles, Le neuf Juin il changea tout-à-fait de couleur , comme on le voit repréfenté à côté fur la tige; le dix-fept
du même mois il fe transforma en une petite Nymphe ; le vingt-neuf la Nymphe devint d’une couleur plus claire &
changea de forme ; le fept Juillet il en fortit un petit Hanneton couleur d'Orange, tel qu'il eft dépeint.
On nomme auff cette Plante Wiris fylveftris , elle poule une tige
tortue qui jetre plufieurs farmens longs garnis de mains. Ces far-
mens rampent & s’attachent aux arbres voifins; fes feuilles font
grandes , larges , prefque rondes, découpées fort profondément ,
fes fleurs font petites, formées en grappe, & compofées ordinaire-
ment chacune de cinq pétales, difpofées en Rofe ; ayant cinq éta-
mines ; l’ovaire qui naît au fond de la fleur , orné d’un tuyau court
& chevelu , devient une baie molle , remplie de fuc, qui contient
ordinairement quatre femences. Quand ce fruit müric 1l devient
noir ; mais quelquefois il ne mürit point.
Remarque. La Vigne fauvage n’eft pas une Plante indigene à l’Europe , on l’y a feulement naturalifé.
Prunier fauvage. CVIL Prunus Sylvefris.
]J ’Ar trouvé plufieurs de ces Chenilles enfemble, & qui étoient très-petites, fur une haye de Prunier fauvage , où
elles avoient filé une grande toile.
À fept heures du foir elles s’aflembloient & fe joignoient fi près une de l'autre ,
qu’on eut pris cette toile pour un morceau de Velours noir. Je coupai coute la branche avec fes feuilles & la toile ,
& me fis apporter tous les jours de femblables petites branches , que je mis dans de l’eau fraîche, pour procurer à
ces Infectes un aliment plus convenable. À neuf heures du matin elles accouroïent toutes à la pâture , & fe rangeoient
enfuite à leur travail , qui confiftoit à fe bâtir chacune une loge. Elles filerent leurs appartemens l'un au-deflus de
Vautre, & laïflerentc un efpace entre deux d’un travers de doigt, & au devant une ouverture aflez grande pour
la loger. Quand le Soleil commencçoit à darder fes rayons, les Chenilles entroïent toutes dans leurs loges, & y
reftoient jufqu’à ce que la grande chaleur fut paflée, Elles faifoient cela tous les jours jufqu’au vingt-quatre Juin ;
elles commencerent pour lors à s’entortiller en filant dans des œufs ovales, où elles refterent jufqu’à la fin du fepr
Mars de l’année fuivante , qu’il en fortit des Papillons rodurnes.
REMARQUE. Voyez ce que nous avons dit du Prunier dans notre Diétionnaire des Plantes , Arbres & Arbuftes de la France.
Mauve. CVIII. Malva.
CES petite Chenille verte , ornée de petites rayes blanches , s’eft nourrie avec ces fleurs jufqu’au premier Juillet,
elle fe changea alors en petite Nymphe. Elle étoit fort lefte à la courfe. Le vingt-un du même mois il en fortit de
petits Papillons. La groffe Chenille repréfentée ici, mangea auffi de ces fleurs ; celle-là reftoit fort tranquille ; mais
lorfque le moindre infecte la touchoit, elle s’élançoit & paroifloit irritée. Le trois Juillet elle fila fur plufieurs feuilles
a , & s'y enferma. Le dix-huit Juin elle fe transforma en Nymphe, d’où fortit le feize Août une Phalene
anchâtre,
Remarque. Tout le monde fçait que la Mauve eft un excellent bechique; nous en avons donné toutes les propriétés dans notre
Didionnaire des Plantes , Arbres & Arbuftes de la France.
DÉS PLANTÉS ET INSECTES DE L'EUROPE 29
Ancholie, CIX.:
Aquilesia vel Aquikina
C Etre petite Chenille verte fe nourtfloit avec ces fleurs; quélquéssunes dés Chenilles de cette efpèce s’entors
äillerent le premier Août en filant dans des cocons jaunes ; & Je dix-huit du même mois il en fortit de petites
Mouches noires , femblables à celles qu’on voit à un côté de la fleur. «+
Ce petit Infeéte blanc & brun, avec fix pattes, fe nourrifloit de petits Pous. Le deux Juin, il fila un cocon
rond, blanc , d’où fortirent le vingt-deux du même mois, de petits Infectes volans , d’un verd chair, feinblablés à
celui qu’on voit ici repréfenté au haut de ja Planche, fur la graine,
Cette Plante a des feuilles larges, obtufes, découpées tout au-
tour , de couleur de verd de Mer, femblables à celles du Talic-
um. Elle pouffe plufieurs tiges menues , portant au haut de chaque
branche une fleur penchée en bas, compofée de deux fortes de pé-
tales , cinq plats & cinq creux , femblables à un cornet, entre-
mêlés alternativement de couleur rouge. Lorfque cette fleur eft
pallée , il paroît un fruit compofé de plufieurs graines membraneu-
Ortie Morte fleurie. Lo X,
fes , difpofées en maniere de tête, & remplies de fementes mé-
nues , ovales , applaties , noires , luifantes. Sa racine eft plus groffe
que le pouce , garnie de fibres & blanche. Columna & Cæfalvin
n’ont pas fi bien connu la ftruéture de la fleur de cette Plante que
Dodonée ; car ces deux Auteurs ne parlent que des cornets qui la
compofent : & Dodonte, outre les cornets , décrit les feuilles
plates, qui font placées alrernativement parmi les cornets.
Lamium vel Galeopfis florèns.
[DE petites Chenilles vertes , femblables à celle qu’on voit ramper fur une feuille verte, fe font nourries de cètté
Plante jufqu’au mois d’Août. Alors elles s’enfermerent en filant dans des Cocons blancs , tels qu’on en voit au bas
de la tige. Au mois de Mai de l’année fuivante il en fortit des Mouches , femblables à celle qu’on voit dépeinte
au-deflus de la Chenille,
Cette petite Chenille étoit jaune, ornée de petites rayes rouges: elle fe nourrifloit de la même Plante. Au
commencement de Juillet elle s’entortilla en filant dans un Cocon blanc , d’où fortit à la fin du même mois um petit
Papillon, qu’on voit repréfenté au haut de la fleur.
REMARQUE. L’Ancholie & l’'Ortie Morte ont été fuffifamment décrites dans notre Dictionnaire des Plantes , Arbres & Arbuftes
de la France , fans être obligé d’y recourir ici; nous avons aufli donné dans cet Ouvrage leurs propriérés,
Figuier, CT,
Ficus.
] Ar nourri cette Chenille brune avec des feuilles de Figuier , jufqu’à ce qu’au mois d'Août elle fe transforrha en
une Nymphe , d’où provint au mois de Septembre une petite Phalene , telle qu’on la voit repréfentée fur là Planche,
C’eft un Arbre de grandeur médiocre , il a fon tronc court &
entortillé, étendu au large & branchu : fon écorce elt unie , mais
un peu rude, de couleur cendrée : fon bois eft blanc, fongueux
ie par-tout , moëlleux en dedans , fpongieux comme celui
de la Vigne , vifqueux & propre à faire des boucliers. Il énferme
un lait aftringent , amer & piquant au goût, qui peut aifément
ulcérer, Les feuilles en font amples, rudes , d’un verd obfcur ,
épailles , découpées en cinq parties ou angles , femblables à celles
de la Vigne , mais cependant beaucoup plus grandes , plus rudes ,
plus dures & plus noirâtres , attachées par une queue ronde &
forte , qui jette une liqueur laiteufe , quand on la rompt : dans
leurs aiffelles naiffent des fruits un à un en forme de Poire ou de
Toupie , dans lefquels la Nature a eu l’induftrie de renfermer les
fleurs, comme Valere Cordus l’a obfervé le premier : & ces fleurs
font d’une feule pièce, menues , creufées en forme de cuiller
& terminées en un ftilet très-fin , blanches ou rougeûtres : elles
font jointes chacun avec un piftil où une ébauche de femence :
quant aux fruits, ils font verdâtres , ou bien ils tirent fur la
couleur violette. Ses racines font nombreufes , longues , fermes,
difficiles à tirer & à rompre , entourées de filimens de couleur
jaune , & n’enfonçant guères en terre , Ce qui eft caufe qu'il craint
le froid.
Remarque. On lit au fujet de la Figue , dans l'édition du Dictionnaire d’Hiftoire Naturelle de M. Valmont de Bomare , imprimée
à Yverdon, une note qui paroît être un paradoxe: la Figue , dit-on , n’eft pas un fruit, mais un réceptacle commun, concave , &
prefque fermé , dont la figure & la confiftence charnue & fucculente en impofent, & la font prendre pour telle au premier coup d'œil,
Pied d’Alouette, CXIL. Confolida Regalis.
@ Es fleurs fervent de nourriture À cette Chenille verte & blanche. Elle fe métamorphofa le vingt-neuf Juin en
une petite Nymphe, d’où fortit le quinze Juillet une groffe Mouche, qui fe métamorphofa dans la Nymphe même
en un œuf brun, & le vingt du même mois il en provint une Phalene brune.
Le fentiment des Naturaliftes a été autrefois fort partagé fur une pareille métamorphofe ; fçavoir ce qui pouvoit
donner lieu à une fi grande différence entre la Mouche & la Phalene, & ils né pouvoient pas admettre que l’un
fut du fexe mafculin & l’autre du féminin ; mais il y a quelques années que j'ai obfervé que des Mouches s'étant
pofées fur de femblables Chenilles , & y ayant refté long-temps , y jetterent leur femence entre leurs membres ; &
pendant qu’elles fe fervoient pour nourriture dé la chair de la Chenille, elles fe transformerent en un œuf brun,
d’où fortit enfuite une femblable Mouche.
Remarque. Voyez la defcription du pied d’Alouette dans notre Diétionnaire des Plantes , Arbres & Arbuftes de la France.
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Herbe aux Chats.
CXII.
GÉNÉRALE
Mentha fèlina vel Nepta.
JE vingt-quatre Juin de l’année 1689, cette Chenille verte, après avoir été nourrie de cette Plante, & avoir
refté
perice* Phalene.
Le Hortus Eyfletenfis appelle cette Plante Mentha felina » Ne-
peta Tragi, Herba Felis & Cataria ; Gafpard Bauhin, Mentha, Ca-
taria vulgaris & major; Dodonée, Cataria herba five Calamintha
ts É : :
tertia ; & M. Tournefort & Boerhaave, Cararia major vulgaris.
Cette Plante ‘a une tige qui s’éleve à la hauteur d'environ trois
pieds , quarrée , velue, rameufe. Ses feuilles font auffi velues ,
blanchâtres , attachées à de longues queues , femblables aux feuil-
es de la grande Ortie ou de la Melle, dentelées en leurs bords,
. . . . » \ . EX js ra) es + : s
enfaite immobile pendant treize jours, ‘fe changea en une belle Nymphe , d'où fortit le cinq Septembre une
pointues , lanugineufes ; d’un goùt âcre , & d’une odeur plus forte
que celles de la Menthe. Les fleurs naiflent aux extrémités des
tiges & des rameaux: elles font en gueule, de couleur jaune ou
blanchâtre , ramaflées en épi. Chacune de ces fleurs eft un tuyau
découpé par le haut en deux levres , & foutenu par un calice fait
en cornet. Ses femences. font ovales , fa racine eft ligneufe. La
figure , que Tragus a donné de cette Plante , fous le nom de
Nepeta ; eft fort mauvaife.
Remarque. L'Herbe aux Chats eft une Plante anihyftérique ; on en fait fouvent ufage en Médecine.
Pavot fleuri.
e E petit Ver, qui eft au-deflus du bouton,
Août. Alors il fe transforma en une femblable petite Nymphe ;
CXIV.
s’eft nourri de petits Infeétes , appellés Poux, jufqu'au vingt-fix
Papaver florens.
au mois de Juillet les autres refterent en cet état :
enfin je les ouvris, & jy trouvai des Mouches femblables à celles qu'on voit fur une feuille verte.
Cette Chenille noire & jaune s’eft nourrie de ces fleurs jufqu'au vingt-fix Août de l'année 169$. Elle fe méta-
morphofa pour lors en une petite Nymphe noire , d’où fortit le neuf Juin de l'année
Phalene.
Cette Plante poufle une tige droite à la hauteur de trois ou
de quatre-pieds , rameule , accompagnée de feuilles longues ,
larges , difpofées alternativement , dentelées , crépées , blancha-
tres. À l'extrémité de cette tige naillent les fleurs , qui font
grandes , à quatre pétales , difpolées en Rofes , blanches ou tirant
fur le purpurin, ayant beaucoup d’étamines , foutenues par un
calice À deux feuilles : mais ces feuilles du calice tombent ordinai-
rement à mefure que la fleur s’épanouit ; quand ces fleurs font
Meliffe, ou Herbe de Citron.
CXV.
fuivante une femblable petite
pañlées , il leur fuccéde une tète ou coque oblongue ou ovale ,
groffe comme un œuf de Poule , couronnée d'un chapiteau , vet-
dâtre au commencement , puis blanchifant à mefure qu’elle mürit
ou qu’elle féche. Elle contient dans fa cavité, qui eft divifée en
autant de loges, qu'il y a de rayons à la couronne , beaucoup
de petites femences qui paroiffent rondes , mais qui ont la figure
d’un petit rein, foutenues par des feuilles qui regnent en fa lon-
gueur tout autour.
Meli[fa.
Ox m’envoya le vingt-quatre Juin de l'année 1683, de Schralbach, en Allemagne, cette Chenille, de couleur
de bois. Elle étoit d'un naturel tranquille. Le vingt-fix du même mois elle fila un Cocon & devint Nymphe. De
cette Nymphe fortit le neuf Juillet un femblable Papillon.
Le petit Infeéte , qui eft fur la feuillé verte d’en bas ; fe nourrifloit de cette feuille. Après qu'il eut plufieurs fois
changé de peau , fans néanmoins la quitter tout-à-fait , je le voyois trembler quelquefois de toute la partie pofté-
rieure de fon corps, comme s’il eût été faifi de crainte, Il fe métamorphofa en la forme qu'on voit repréfentée
vis-h-vis , & devint le vingt-cinq Juin de l'année 1689, dur comme du bois. Enfin il en fortit au mois de Juillet
un femblable Hanneton verd,
Cette Plante a fes racines fibreufes , longues , rondes , ligneufes,
un peu âcres, ameres : les tiges en font hautes d’un pied & demi,
uadrangulaires, genouiliées, velues, dures, aifées à rompre ; fes
Éuilles font noirâtres , pointues , femblables à celles du Calament ,
dentelées en leurs bords, rudes au toucher , couvertes de petits poils
courts, d’une odeur de Citron fort agréable , & d’un goût un peu
âcre. Elles font placées deux à deux, à l’oppolite l’une de l’autre. Il
fort de côté & d'autre de leurs aiffelles des Heurs qui n’achevent pas
tout le tour. Ces fleurs ont plus d’un pouce de grandeur , étant for-
mées en tuyau.par derriere , & s’ouvrant par devant, où elles ont
une lévre fupérieure arrondie, fendue en deux, élevée en haut,
blanche , étendue de plus d’une ligne , & parfemée de poils mous,
mais la lévre inférieure eft beaucoup plus large & fendue en trois
parts, dont la moyenne eft plus grande que les deux autres qui font
à côté d'elle. Cette partie du milieu a une couleur de pourpre avec
des bords blancs , comme frifés. -Le calice en eft grand , creux ,
verd, anguleux & divifé en cinq parties aiguës : 1l fe change en
une goufle longue de demi pouce , où fe perfeétionnent quatre fe-
mences épaifles de deux lignes, brunes , formant un angle du cûté ,
qu’elles s’entretouchent , & une convexité de l’autre.
CXVI.
D Es Chenilles de cet ordre fe nourrifloient de ces Chardons jufqu’au dix-neuf Juillet ; alors il y en eut une qui
fe transforma en une Nymphe. Les autres refterent tranquilles ; 1l en fortit de petits Vers, qui s'enfermerent en
filant dans de petits œufs : dans cet intervalle la Chenille en filant joignit tous ces petits œufs fi bien enfemble ,
qu'aucun ne pouvoit fe détacher. Ce Cocon reflembloit à du coton. Dix jours après il en fortit de femblables
petites Mouches noires ; ce qui me perfuade que les Mouches avoient jetté leurs femences dans les Chenilles. Le
Chardon de Notre-Dame , ou Chardon argenté. Carduus Marie.
fept Août il provint dela Nÿmphe un beau petit Papillon , queles Naturaliftes Hollandois appellent en leur Langue
un Diflelvin k.
C’eft la mème Plante que Gafpard Bauhin nomme Carduus alhis
maculis notatus , vulgaris : Jean Bauhin , Carduus Marianus , five
laëleis maculis notatus ; & Dodonée , Carduus Leucographus. Les
feuilles de cette Plante font longues, larges , épineufes, mar-
quées de taches blanches comme du lait. Elle ponffe une tige à la
hauteur de trois ou quatre pieds, groffe comme le doigt, rameufe,
portant en fes extrémités des têtes armées de piquans roides & fort
pointus. Chacune de ces têtes foutient un bouquet de fleurohs évafés
pat le haut, découpés en lanieres, de couleur purpurine. Il leur
fuccéde des graines femblables à celles du Carthame. Sa racine eft
groffe , longue , bonne à manger. Matthiole a donné une mauvaife
figure de cette Plante.
Remarque. Cette Plante, ainfi que tous les Chardons , ef diaphorétique.
DES PLANTES ET INSECTES DE L'EUROPE à
Arroche, Bonne-Dame, Prudes-Fémmes ou Follettes, “ CXVII. Atriplex,
J ?Ar nourri cette Chenille avec cette Plante jufqu'à ce qu’au dix Août elle fe changea en une Nymphe noire,
d’où fortit le vingt-quatre du même mois une petite Phalene rouge,
Remarque. On culive l’Arroche dans les Jardins,
Coudrier ou Noïfetier. CXVIIL, Avellana,
il Ar trouvé fur ce Noifetier l’Infecte verd d’en bas ; il mangeoit les petits Fnfectes où Poux fur cet Arbre Il
fe transforma le vingt-quatre Mai en une Nymphe brune , d’où fortirent le vingt Juin de femblables petits Infeêtes
noirs , tels qu'on les voit repréfentés enfemble fur les Noifettes.
J'ai trouvé aufli le trois Mai fur le Noifetier la petite Chenille verte d’en haut. Elle couvrit de fà foie les feuilles
de PArbre, s'y enferma , & en fortit enfuite avec rapidité : lorfqu’on la touchoit, elle defcendoit à terre par un
fil; cela dura jufqu'à ce que le quatorze du même mois elle fe métamorphofa en Nymphe, d'où fortit un petit
Papillon , tél qu’on le voit repréfenté au haut de la Planche. On voit une de ces Chenilles vertes qui rampe au bas
de la tige; j'en ai apperçu beaucoup fur ces fruits, & je les ai nourries avec les feuilles de cet Arbre jufqu'au dix-
huit Août, qu’elles filerent des Cocons durs , & y reftcrent enfermées jufqu’au quinze Avril de l’année fuivante. Il
ortit pour lors de ces Cocons des Mouches , femblables à celles qu'on voit dépeintes fur la tige,
Paul Hermann, dans fon Hortus Academie Lugduño Batavus ,
nomme cette Plante Corylus Byfantina altiffima & maxima , &
Gafpard Bauhin , Avellana ; peregrina ; humilis. Cet Arbriffeau jette
beaucoup de rameaux longs, plians , fans nœuds. Son bois eft tendre
& blanc, fes feuilles font femblables à celles de l’Aune , mais plus
grandes & plus ridées, dentelées en leurs bords, pointues , d’une
Abricotier.
odeur agréable. Ses fleurs font des chatons à plufeurs feuilles , jaus
nâtres , rangées par écailles. Ses fruits naïffent fur les mêmes pieds ,
mais en des endroits féparés: ils font de figure ovale , ou prefque
ronde, couverts d’une écorce dure & ligneufe , qui renferme une
Amande prefque ronde , rougeâtre , d’un très-bon goût. Ils font ens
veloppés dans un étui membraneux , & frangé par les bords.
Armeniacas
CXIX.
] *Az trouvé à Amfterdam plufieurs de ces belles Chenilles fur ce Fruit, dont elles mangeoïent les feuilles jufqu’au
vingt-huit Septembre de l’année 1691 ; elles s’enfermerent pour lors en filant , & fe changerent en petites Nymphes,
De l’une provint un Ver, qui fe transforma en une Mouche noire : & au mois d'Avril de l’année fuivante il fortit
des autres Nymphes des petites Phalenes grifes parfaitement femblables.
Cet Arbre reffemible au Pècher , mais fon tronc eft plus gros ;
couvert d’une écorce plus noire ; fes feuilles font plus courtes &
plus larges , femblables à celles du Peuplier, dentelées, pointues ,
d’un goût aigrelet. Ses fleurs font ordinairement à cinq pétales ,
difpofées en Rofe, à-peu-près comme celle du Pêcher , de cou-
Matricaire.
CXX.
leur de Rofe pâle. Son fruit eft charnu , ptefqué rond , de la grof-
feur d’une petite Pêche, d’un côté rougeatre & de l’autre jaunâtre,
Sa chair eft douce , délicieufe , d’une odeur agréable. Elle renferme
un noyau applati ; offeux , dans lequel on trouve une Amande un
peu amere.
Parthenium.
C Es Chenilles brunes fe nourrirent de cette Plante jufqu'x ce que le dixieme jour elles fe métamorphoferent eñ
petites Nymphes, d’où fortirent quatorze jours après de femblables petites Phalenes brunes.
Certe Plante eft la même que la Matricaria vulgaris fativa de Gaf-
atd Bauhin. La Matricaire vulgaire a une racine blanche & fibreufe,
d’où fortent plufeurs tiges hautes d’une coudée & demie, roides,
canelées , remplies d’une moëlle fongeufe, blanche , divifée en plu-
fieurs branches. Ses feuilles font grandes , difpofées en aîles, dé-
coupées comme par paires jufques vers la côte , & recoupées fur les
bords , de couleur d’un verd jaunâtre , d’une odeur forte & amere.
Ses fleurs naiflent par bouquets aux extrémités des branches, ra-
diées, avec un difque jaune & un calice écaillé, Ses femences font
oblongues , canglées , menues & fans aigrette,
Remarque. La Matricaire eft une Plante antihyftérique 3 nous en avons donné les propriétés dans le fixieme Volume de notre
Traité hiftorique des Plantes de la Lorraine.
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HISTOIRE GÉNÉRALE
Iris de Jardin à feuilles larges. CXXI. Zris hortenfis, larifolia,
Jk n'ai eu qu'une de ces Chenilles blanchätres, qui fe nourriffoit ;
) Ja fin elle devint d’une couleur obfcure, bleuâtre, & mua le dix-fept Juillet de
un filet à la Nymphe , d'où provint enfin le cinq Septembre une petite
donner, elle en mangea la graiñe ;
l’année 1689 ; fa peau refta attachée par
Phalene d’une couleur claire.
Tai trouvé dans la terre auprès des racines d'Iris cette petite Cheni
forma le trente-un Mars de l’année 1689 en une petite Nymphe, d
petite Phalene grife.
Remarque. Les Parfumeurs employent la rac
J'Ar nourri la Chenille verte ui rampe au h
> P
fans en fortir pour manger. À la fin elle devin
& fe changea en Nymphe , d’où fortit le douze
J'ai auffi nourri à Langen Schwalbach, au mois de Juin de I
. 1 . , .
la Plante. Lorfqu’on la touchoit, elle verfoit un peu d’eau verte, fe rouloit &
Elle reftoit des heures entieres fans fe remuer. Le quatorze Juin elle fe transforma
let une belle Phalene, d’une couleur à-peu-près femblable à cette
verdâtre brune, qui eft au bas de
reftoit fort long-temps immobile.
en une petite Nymphe , d'où fortit le fecond Juil
Chenille, qu'on voit repréfentée en haut fur la fleur.
Cet Arbriffeau poule des branches longues , foibles ; anguleu-
fes, garnies d’épines fort piquantes. Ses feuilles font oblongues ,
pointues , dentelées en leurs bords , rudes au toucher , blanchâtres
ar-deffous, noirâtres par-deffus , d'un goût aftringent, attachées
plufeurs fur une queue. Ses fleurs font petites , blanches, compo-
fées de cinq pétales, difpofces en Rofe & foutenues par un calice ,
découpé en cinq parties. Après que la fleur eft paffée ; il paroît un
Remarqui. Les feuilles de Ronc
Ronce. 6,9. À à dr Rubus.
de P'Iris bleu ; & quand je ne pus plus lui en
Ile verte qui rampe fur la feuille. Elle fe trans-
où provint au mois de Juin fuivant une femblable
ine d'Iris ; elle a une odeur de Violette.
aut de la Plante, avec les feuilles. Elle les touloit & y faifoit fa demeure
brune. Le vingt-un Mai elle s’entortilla entre les feuilles , en filant,
Juin un petit Papillon de couleur de bois.
‘année 1683, avec les mêmes feuilles , la Chenille
fruit rond ou ovale , comme une petite Müre , compofce de plu-
fieurs baies pleines de fuc , entaffées les unes proche des autres,
rouges au commencement ; mais qui en mûriffant deviennent noi-
Les jets de cer Arbrif-
res. Elles renferment chacune une femence.
feau font anguleux, mais ils ne font pas quarrés comme Pena &
Lobel les ont décrits.
e s’employent en gargarifme contre la fquinancie.
Tithymale. CXXIIT. Tichymalus.
[DE femblables Chenilles font jaunes & noires lorfqu'’elles font petites ; mais parvenues à leur grandeur naturelle,
elles deviennent rouges.
Lorfqu’on les touche elles fecouent leurs têtes de côté & d'autre, comme fi elles étoient
en colere. J’en ai eu beaucoup de cette efpèce à Francfort, mais élles périfloient toujours toutes, & il n'en pro-
venoit que des Mouches. Ell
es mangeoïient volontiers de cette Plante. Le dix-huit Juin de l'an 1684, deux fe
changerent en Nymphes , d'où fortit à la fin de Juillet de belles Phalenes , dont une dépofa le même jour un œuf
verd.
La Tithymale a une racine plus grofle que le petit doigt, ligneufe,
fibreufe , & quelquefois ferpentante , d'un goût âcre, piquant &
nauféeux. Les tiges en font hautes d’une coudée, & rameufes en
leur extrémité , où naiffent des feuilles en tas , femblables à celles de
la Linaire & molles, mais il s’y en trouve encore de plus menues &
de capillacées , où comme des chevelures. Les feursviennent au haut
des branches en ombelle, ou prefque en parafol ; elles font d’une
feule piéce , repréfentant un grelot, verdâtres & divifées en quatre
parties, qui femblent arrondies avec le compas. Leur piftil fe change
en un fruit triangulaire à trois capfules.
Remañqus. La Tichymale eft une Plante fort cauftique , elle paffe pour un violént purgatif , mais il lui faut des correctifs.
Periclymenum ou efpèce de Chevrefeuille. . CXXIV. Periclymenum.
J Ar trouvé à Francfort beaucoup de belles Chenilles de cette famille fur cette efpèce de Chevrefeuille, dont elle
fe nourrifloit. Le treize Août elles fe changerent en Nymphes, d’où provinrent le cinq Juin de l'année fuivante
de belles Phalenes femblables. Les Chenilles que j'avois eu avant ce temps-là, étoient pour la plüpart mortes
en muant ; il en fortit de femblables Mouches. À Amfterdam je les ai nourries aufli de Chevrefeuille.
Les feuilles de cette Plante font prefque rondes , luifantes, ton, ou ayant la figure d’une petite Grenade. Après que la fleur
jointes enfemble & enfilées par des branches. Les fleurs font des eft pañlée, fon calice devient une baie molle , qui contient des
tuyaux évafés en cloche , taillés en plufieurs parties : ces fleurs femences plattes, prefque ovales.
difpofées en rayons , foutenues chacune par un calice fait en bou-
DES PLANTES ET INSECTES DE L'EUROPE
3
(FS)
Coignaflier fleuri. CXXV. Cotonèæ flos.
Ja trouvé le premier Maï de l'année 1683 , à Francfort fur le Mein, cette Chenille fur un Coignaffier: auffi je
l'ai nourrie avec les feuilles de cet arbre. Elle étoit fort inquiette, courant toujours d’un côté & d'autre, mangeoit
très-peu. Le quatre Mai elle fila un Cocon gris, d’où fortit le vingt-quatre du même mois une femblable Phalene
rile.
La petite Chenille, qui eft vis-à-vis, mangeoit aufli de ces feuilles. Elle s’y entortilla en filant, & s’y changea
lé vingt-fix Juin en petite Nymphe, d’où fortit le vingt-quatre Juillet un Papillon gris,
Remarques. On fait avec le fruit de Coing une conferve qu’on vante beaucoup dans les lux,
mn
Feuilles de Coignaflier. CXXVI. ÉRTT fol.
J ’Ar nourri de feuilles de Coignaflier de femblables Chenilles brunes & jaunes ; elles ont auffi mangé des feuilles
de Prunier & de Rofier jufqu’au vingt-huit Mai. Alors il y en eût une , qui après avoir mué, fe métamorphofa en
Nymphe. Quand on la touchoit, elle reftoit immobile ; le vingt-quatre Mars de l’année fuivante il en fortit une
femblable Phalene , couleur de bois ; ce qu’on voit repréfenté à un côté de la Planche,
La Chenille, qui eft repréfentée vis-à-vis, a été nourrie de feuilles de Prunier fauvage & de Coignaflier ; mais
elle mangcoïit très-peu. À la fin de Mai elle fe transforma-en une petite Nymphe brune, d’où fortit le vingt Juin
un petit Papillon gris, femblable à celui qu’on voit volant au haut de la Planche
Œillet. CXXVII. Flos Cariophillorum.
Ja trouvé de femblables petites Chenilles , rayées de rouge , fur ces fleurs, avec lefquelles je les ai nourries à
Nuremberg jufqu'au douze Mai : elles s’envelopperent pour lors dans les fleurs en filant , & sy changerent en
Nymphes, d’où fortirent le vingt-fix du même mois des Hannetons couleur d'ochre , femblables à ceux qu’on voit
repréfentés fur la fleur.
On m'apporta à Amfterdam une Chenille jaune , rayée de noir, femblable à celles qu’on voit ici fur une feuille
verte, laquelle commença à filer le vingt-deux Juin, dès que je l’eus deffinée; & le vingt du mois de Juillet fuivant
il en fortit une femblable petite Phalene.
Petite Capucine. CXXVIII. Naflurtium Indicum.
Ja nourri avec ce Creflon une Chenille femblable à celle-ci, couleur de bois. Le treize Juin quelques-unes fe
changerent en petites Nymphes dans les feuilles vertes. Le premier petit Papillon en fortit le trois Juillet, deux
autres le fuivirent le fépt du même mois, & un autre le treize.
Pit. Tournefort appelle cette Plante Cardamindum minus 6 vul-
gare; Gafpard Bauhin , Naflurtium Indicum majus ; Jean Bauhin ,
Nafturtium Indicum folio peltato fcandens ; Dodonée , Naflurtium
Indicum ; Paul Hermann , Viola Indica , fcandens , Naflurtii fapore
& odore ; flore flave ; François Hernandès, Naflurtium Peruvianum ;
& M. Boerhaave, Acriviola après Fred. Cæf. La tige de cette Plante
eft longue , délice , rameufe , s’entortillant autour des bâtons qu'on
plante près d'elle. Ses feuilles font ordinairement formées en nom-
bril, rondes, quelquefois anguleufes , alternes, vertés , unies
au-deflus , un peu veluës en deflous. Ses fleurs font belles , odo-
rantes , role chacune de cinq pétales femblables aux violet-
tes: leur calice eft d’une feule piéce , découpée en cinq parties ,
& terminée en bas par une longue queue. Lorfque la fleur eft paf-
fée ; il paroît un fruit rond , rude, ridé, compofé de trois capfu-
les , qui renferment chacune une femence prefque ronde.
REMARQUE. On confit avec le vinaigre Les fruits de cette Plante , qu’on peut fubitituer aux capres,
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HISTOIRE GÉNÉRALE
Œil de Bœuf. CXXIX. Bupht almum.
[BE femblables Chenilles jaunes & noires ont mangé de ces fleurs jufqu'au vingt-trois Juillet de Pannée 1704.
Flles s’entortillerent pour lors en filant , & fe transformerent en Nymphes. Il fortit le vingt-quatre du mois de Mai
Cette Plante eft la même que Gafpard Bauhin nomme Buph-
thalmum , tanaceti minorIs foliis, Jean Bauhin, Chamæmelum ,
Chryfantchemum guorundam , Clufus ° Buphthalmum yulgare $ Chry-
fanthemo congener. © eft une Plante qui poule plufeurs tiges à la
hauteur d’un pied & demi , minces , rougeñtres , branchues. Ses
feuilles font découpées : par paires jufqu’à la côte, coto-
»
de l’année fuivante de petits Papillons rouges & noirs, femblables à celui qu'on voit ici repréfenté fur la Planche.
neufes , dentelces aux bords, femblables à celles de la petite
Tanéfie. Ses fleurs naiflent aux extrémités des branches, rayées
comme celles du Chryfanthemum ,. dans le difque & dans la
couronne : mais elles font plus grandes, de couleur jaune : il
leur fuccede des femences menues & anguleufes, fa racine eft dure
& ligneufe.
Remarque. Le nom, donné par Mlle de Merian, & la defcription de la Plante, ne conviennent nullement à celle repréfentée
dans cette Planche ; il paroït que c’eft plutôt un Androfemum.
Valeriane. CXXX.
#
Phu , vulgo V'aleriana.
Ce TE Plante fert de nourriture à ces Chenilles. Le dix-fept Juin elles filerent un cocon & s’y changerent en
Nymphes , d'où fortirent le vingt-nenf du même mois de femblables Phalenes grifes.
La petite Chenille brune s’enferma en filant, le quatorze Oétobre 1704; & le vingt-quatre Mai de l’année
fuivante ilen fortit un petit Papillon volant brun, tel qu’on le voit repréfenté volant fur la Planche.
La Valeriane des Jardins, autrement appellée PA , à feuilles
d'Olufatrum, du. Pinax de Gafpard Bauhin , a une racine qui fe
répand en travers, épaifle d’un pouce , comme écailleufe par
divers anneaux , brune à l'extérieur , blanche au‘dedans , fibreufe,
âcre , & des plus aromatiques. Les tiges en font hautes de deux
coudées , fiftuleufes , diftinguées par plulieurs genoux ou nœuds :
les feuilles y naiffent oppofces deux à deux , lifles , d’une cou-
Jeur verte foncée, grandes, coupées de part & d'autre en de
profonds fegmens : les fleurs fe trouvent entallées à l'extrémité
de la Plante: elles font d’une feule piéce, blanches , d’une
odeur fuave , figurées en entonnoir , partagées en cinq , ayant un
calice qui fe change en une femence unique , oblongue & plate,
foutenant une aigrette.
Remarque. La Plante , repréfentée ici , n'a aucun caraëtère de Valeriane,
Efpèce d’Airelle ou Mirtille. CXXXE Uve Urfine.
Pa trouvé à Amfterdam de femblables Chenilles grifes , rayées de blanc, qui mangeoient les feuilles de ces
Grofeilles jufqu’au vingt-trois Juin de l’année 1706. KHlles fe métamorphoferent pour lors en Nymphes, d’où fortirent
le vingt-quatre Juillet de petits Papillons bruns & blancs.
C’eft le mème Arbrifleau que Gafpard Bauhin appelle Viris
Idea, foliis carnofis & veluti punétatis , five Idea Radix Diofco-
ridi, Ce. petit Arbrifleau eft bas , refflemblant à l’Airelle ou Mit-
tille ; mais fes: feuilles font plus épailles , oblongues , arrondies ,
approchantes de celles du Buis, plus étroites , rayces de deux cotés,
nerveufes , d’un goût aftringent , accompagné d’amertume ; fes
feuilles font attachées à des rameaux ligneux , longs d’un pied,
couverts d’une écorce mince & facile à fe féparer : fes fleurs
naiflent en grappes aux extrémités des branches , formées en gre-
lots , de couleur rouge : lorfqu’elles font pañlées , il leur fuccede
des baies prefque rondes , molles, rouges , renfermant chacune
cinq oflelets , rangés ordinairement en côte de Melon , arrondis
fur le dos , applatis dans les autres côtés : ces baies ont un goût
ftiptique.
>> = L e 4 - . « , AE. , g .
RU D nom ni la defcription donnée , ne conviennent nullemerit à la Plante qui eft ici repréfentée ;, il paroît que c’eft une
elpéce de Groféiller ; ainfi que Mile de Merian l’a obfervé en parlant des Chenilles qui fe trouvent deflus.
Grofles Cerifes. CXXXIT. Cerafa Pliniana.
RE :
La trouvé trois femblables Chenilles fur les Arbres , qui portent ces Cerifes. Les feuilles de ces Arbres furent
leur nourriture ordinaire jufqu’au neuf Juin; elles fe métamorphoferent pour lors ; & après que l’une fe fut changée
:
en Nymphe, lautre la mangea ; la troifieme fit la même chofe à fon tour :
devint le trois Juiller une petite Phalene grife.
& ainfi il n'en refla qu'une, qui
DES PLANTES ET INSECTES DE L'EUROPE 4s
Bruyere.
ErTé petite Plante croït dans les lieux fecs & arides ;
reac en filant, les quinze, feize & dix-fept d’Août dans un Cocon, d’où fortirent
même mois de l’année fuivante deux efpèces de femblab
du milieu , qui eft noire avec des taches de couleur d'Orange , mangea
CXXXIIT,
Erica fe orens.
elle feit de nourriture à ces Chenilles, qui s’enferme-
les feize, dix-fept & dix-huit du
les Phalenes, c’eft-a-dire mâles & femelles. La Chenille
auf de la même Plante jufqu’au trente
Juin, qu'elle s’attacha en filant à cette Plante , & fe transforma en une Nymphe noire, d'où fortit le vingt-fix
Juillet une femblable petite Phalene rayée de gris.
Cette belle Chenille rayée s’eft aufli nourrie avec cetre Plante, comme auffi avec la Millefeuille ; elle rampoit
fort vite. Le vingt-deux Juin elle commença à filer un Cocon très-dur , où elle fe métamorphofa en une petite
Nymphe, qui fe tournoit très-fouvent Jorfqu’on la touchoit ,
le Cocon dur , & jy trouvai ce qu'on voit repréfenté fur la Planche.
Amfterdam.
Cette Plante poule plufieurs tiges à la hauteur d’un pied ou
d'un pied & demi, ligneufes , de couleur rougeâtre brune , ra-
meufes , garnies de petites feuilles , dures , toujours vertes , ru-
des. Ses Heurs font des grelots d’une très belle couleur purpurine
& quelquefois blanche , attachés par de petits pédicules le long
des rameaux , depuis le milieu jufqu’au haut; du fond de ces
fleurs fort un piftil , qui devient dans la fuite un fruit prefqu’oval ,
REMARQUE.
& qui enfuite fe fécha tout-h-fait. Là-deflus j'ouvris
J'ai remarqué ceci en Allemagne & à
il contient des femences fort menues , renfermées en quatre lo-
ges : fa racine eft fort longue, mal-aifée à rompre. La figure
que Matthiole a donnée de cette Plante , eft meilleure que celle
que l'on trouve dans les autres Auteurs. Clufus & Jean Bauhin
ont pris la fleur de la Bruyere pour une fleur à quatre feuilles ,
quoiqu'elle foit , felon Mrs, Tournefort. & Boerhaave d’une feule
pièce.
Nous avons. défigné depuis peu dans’ notte Ouvrage périodique ; intitulé, /4 dVasure confidérée.s les propriétés
récentes de la Bruyere ; voyez cet Ouvrage, qui fe trouve chez Coftard, Libraire,
Tréfle de prés, & Gramen reffemblant au Souchet.
Ce E Ver de couleur de terre, qu’on voit repréfenté fur le
très-pernicieux pour les prairies , parce qu'il mange les racine
etite Nymphe, femblable à celle qu’on voit au-deflous du Ne:
Infecte , tel qu’on le voit fur la fleur. Il fait fa graine dans la terre ;
trois ans à fa métamorphofe.
CXXXIV. Trifolium & Carex.
Tréfle , & appellé par les payfans Ver de terre , eft
s de l'herbe. Il fe changea le vingt-neuf Mai en une
& le vingt-cinq Juin il en fortit un femblable
& felon le témoignage des Laboureurs , 1l met
La belle Chenille jaune & rouge, qui eft vis-à-vis le Ver, mangea du jonc jufqu'au premier Août. Elle fila
our lors un cocon, & s’y transforma en une petite
. \ , : ë
Nymphe noire, d’où fortit le quinze Août une petite Phalene
blanchâtre , femblable à celle qn’on voit au haut de la Planche.
Cette Plante poule des tiges greles, en paitie droites , en
partie traînant À terre ; un peu velues. Ses feuilles font attachées
trois à trois, à une queue , tantôt rondes & tantôt longues,
marquées quelquefois au milieu d’une tache blanche ou noire ,
qui à la figure d'une Lune, Ses fleurs font difpofées en épi court
Anemone.
Ar joint cette fleur pour ornement à
« )
CXXXV.
ces Chenilles, parce qu’on voit repréfenté fur
& gros, de couleut purpurine , d’une odeur agréable ; il leur
fuccede des capfules rondes , remplies chacune d'une graine, qui
a la figure d’un rein. Sa racine eft longue, ligneufe , prefqu'aufh
groffe que le petit doigt.
Anemone.
la Planche précédente dé
l’'Herbe &:du Trefle, qui croît dans les Prés. Ces Chenilles mangerent du jonc, jufqu’au huit Juin. Elles fe méta-
morphoferent pour lors en petites Nymphes, d'où fortirent le vingt-huit Juillet de femblables petites Phalenes.
Nielle.
CXXXVI.
Nigella.
Ja: mis cette Chenille fur cette fleur, parce que fa véritable nourriture m'étoit inconnue, Après que je leus
deffinée le huit Juin 170$ , elle fila &
Phalene.
Le Ver d'en bas, qui rampe fur la tige , fe nourrit de petits Poux , qu'on trouve fur toute forte de Plantes.
s'enferma dans un cocon blanc , d'où fortit le vingt-huit du même mois une
Le
vingt-fix Juin il fe transforma en une Nymphe, femblable à celle qu’on voit repréfentée au-deflous du Ver; &
douze jours après il en fortit un petit Hanneton.
Cette Plante eft la même que Dodonée appelle Me/anthium fÿ!-
veftre. Elle pouffe des tiges à la hauteur d’un pied , greles, cane-
lées : es feuilles font comme des cheveux, vertes , & placées aux
extrémités de fes rameaux, grandes , féparées l'une de l’autre,
compofées chacune de cinq pétales, difpofées en Rofe , de couleur
pâle , accompagnées au milieu de plufeurs étamines , qui font en-
tourées par une couronne de petits corps oblongs. Après que ces
fleurs font tombées , il leur fuccede des fruits membraneux aflez
gros , terminés par plufieurs cornes ; & divifés en plufieurs loges,
qui renferment des femences anguleufes.
36
HISTOIRE GÉNÉRALE
ule. CXXX VIT. Salix.
Sa
CG Es grandes Chenilles fentent crès-mauvais. Elles {e tiennent dans les creux de Saules & en mangent la moëlle:
mais lorfqu’elles n’ont point de nourriture ; elles fe dévorent les unes les autres : on ne fçauroit les garder dans des Le
boëtes , parce qu’elles rongent le bois. Le vingt Août elles filerent & s enfermerent dans un cocon, d'où fortirent
le quatre Mai des Phalenes grifes, femblables à celles qu on voit repréfentées ici fur la Planche , {çavoir un mâle &
une femelle. Je découvris encore une autre de ces Chenilles le vingt Septembre ; celle-ci fe cacha dans la terre
jufqu'au mois d'Oétobre , fans prendre aucune nourriture ER devint Nymphe. Le dix-fept Mai de l’année fuivante
il en fortit une petite Phalene, qui dépofa le premier jour cent cinquante-fept œufs , & le jour fuivant foixante-dix-
huit: alors fon ventre étant devenu plus plat , elle mourut le troifieme jour.
Saule noir aquatique. CXXXVIIT. Salix niger aquaticus.
] ’A x trouvé en Frile plufieurs femblables Chenilles , marquées de petits points , fur cette efpèce de Saule & de
Pommiers , dont elles mangerent les feuilles jufqu’au vingt-huit Août. Elles fe transformerent pour lors en petites
Nymphes noires , d’où fortirent le quatorze Avril de l’année fuivante deux femblables Phalenes grifes, qui firent
d'abord des œufs verds. Mais tous les autres Papillons ou Phalenes parurent plutôt; leurs ailes étoient tellement
entortillées , qu’on ne pouvoit ni reconnoître ni diftinguer leur figure.
Saule. CXXNIS.: :« Salix.
S Erre belle Chenille s’eft nourrie de Saule jufqu’au vingt-deux Juillet ; elle fe changea pour lors en Nymphe,
qui devint de jour en jour plus brune. Le trois Août il en fortit une belle Phalene grife & rouge.
Fleur de Saule. CXE: Salicis Fos.
J ’A 1 recu de Leide cette Chenille double avec des cornes , où on l’avoit trouvée fur des Saules, dont je lai
auffi nourrie. Lorfqu’elle appercevoit le moindre mouvement , elle retiroit fa tête, & reftoit immobile un certain
temps. Quand elle mangeoit , elle joignoit fes deux cornes. Quelquefois elle poufloit deux autres cornes rouges,
molles & tendres, qui étoient auffi longues que les deux premieres. Elle remuoit celles-ci de côté & d’autre,
enfuite elle les retiroit fi bien , qu’on ne pouvoit plus les appercevoir. Ceci dura jufqu'au vingt-fix Juillet, elle fila
& s’enferma pour lors dans un cocon, d’où fortit au mois d'Avril de année fuivante cette Phalene. ‘4
DES PLANTES ETINSECTES DE L'EUROPE 37
Feuille de Saule, CXLI. Salicis Folium,
La Chenille d'en bas fe noutrifloit de feuilles de Saule. Lorfqw’on la touchoit, elle s’entortilloit & jettoit de
chaque jointure , faite en forme de Seringue, une eau claire. Ce qui arrivoit toutes les fois qu'on la touchoit, Le
vingt Août elle fila un gros Cocon, d’où fortit le vingt-cinq Juin un Infecte jaune & noir, femblable à celui
qu'on voit repréfenté près de la Chenille.
La feconde Chenille, moitié jaune & moitié verte, s'eft auffi nourrie avec les feuilles de Saule, je lui en ai
donné , lorfque j'étois en Frife. Le dix Juillet de année 1690, elle fila & s’enferma dans des Cocons gris , d’où
fortit le premier Août une Mouche jaune , femblable à celle qu’on repréfente fur le milieu de la Planche. Lorfque
ce petit Infecte , acheté de noir & de jaune, tombe, il a beaucoup de peine à fe relever, parce qu’il tombe fur
le dos. Il fe nourrit de Saules. Le vingt-cinq Juin de l’année 1689 , il s’enferma en filant dans un œuf jaune, d’où
fortit le quinze Juillet un petit Hanneton.
Feuille de Saule. CXLIL. Salicis Folium.
r
Cr. Chenilles tachetées de jaune & de noir, fe nourrirent de feuilles de Saule. Le dix-fept Août 1689, elles
reflerent douze jours à muer & fe changerent enfuite en belles Nymphes vertes, qui dans quatre heures devinrent brunes:
& depuis le vingt-un Mai jufqu’au mois de Juin , il en fortit de belles Phalenes , qui firent de petits œufs verds.
J'ai trouvé le quatre Juin de petits Infeétes d'un gris obfcur, femblables à ceux qu'on voit avec leur métamor-
phofe au bas de Ja Planche, fur des Saules, dont ils fe nourriffent : ils mangeoient feulement le fuc de la partie
fupérieure de la feuille ; ce qui faifoit que les feuilles reftoient entieres.
Le douze Juin ils s’attacherent à une feuille ou tige de l'Arbre, & fe changerent de cette maniere, jufqu'à ce
que le vingt-quatre Juin il en fortit de petits Hannetons d’un verd obfcur.
Rofier. CXLIII. Rofe.
D: femblables Chenilles fe nourriflent de feuilles de Rofier. Lorfqu’elles s’enferment , après avoir filé au mois
de Juillet, il en fort au mois d'Août de petites Phalenes. Mais quand elles s’enferment au mois d'Aoùût , elles
reftent immobiles jufqu’au mois de Juillet de Pannée fuivante, & ne fe changent en Phalenes que pour ce temps.
Dans quelques-unes de ces Nymphes fe trouvoient des Vers, qui fe changerent d'abord en œufs bruns, d'où
{ortirent quatorze jours après des Mouches,
Rofier, CXEEV: Roja.
La Chenille qui eft au haut de la Planche, mañgea des Rofes jufqu'au quatorze Juiliet ; alors, après avoir filé,
elle s’enferma avec les autres dans des Cocons blancs , d’où fortirent le quatre Août de femblables Mouches.
La Chenille d'en bas fe nourrifloit auffi de Rofes. Le douze Mai quelques-unes s’entortillerent en filant dans les
feuilles , & fe changerent en Nymphes, d'où fortirent le quatorze Juin de petites Phalenes claires , de couleur
d’ochre.
Jai trouvé fur des Rofes cette Chenille, moitié verte & moitié couleur de Role, qu'on voit ramper fur un
bouton. Elle mangeoit les feuilles de cet Arbriffeau. Le cinq Mai elle changea de couleur , devint verte, & fe
métamorphofa en petite Nymphe, d’où fortirent le vingt-deux du même mois de petits Papillons bruns.
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38 HISTOIRE GÉNÉRALE
Rofier. CXLY. Rofa.
ites Chenilles vertes fur des Rofes, & je les en ai nourries. Le douze Mai
es brunes, d’où fortirent le fix Avril de l’année fuivante de petits Papillons,
] Ar trouvé plufieurs de ces plus pet
elles fe transformerent en petites Nymph
femblables à celui qu'on voit au haut de la Planche.
J'ai nourri aufli de feuilles de Rofier la Chenille brune d’en haut,
1684. Alors elle devint d’un rouge obfcur. Le neuf J uin elle fila un C
Nymphe, d'où Hortit le vingt-neuf du même mois un petit Papillon ,
Flanche , au-deflus de la Chenille,
depuis le vingt Mai jufqu’au fix Juin de l'année
ocon, où elle fe transforma en une petite
femblable à celui qui eft repréfenté fur la
Rofier. CRLVEL Ro/a.
La petite Chenille verte qui eft fufpendue , mange auffi des Rofes. Cette efpèce de Chenille rampe très-fouvent
{ur le dos , monte & defcend par le moyen d'un fil, qu'elle tire de fa bouche. Le dix Mai elle fe transforma en
une petite Nymphe , & le dix-huit du même mois en une Mouche noire. À
La grofle Chenille verte fe nourrifloit auffi de Rofes. Elle mua le vingt-deux Mai, &c fe changea en Nymphe;
d'où fortit quatorze jours après une Phalene de couleur d’ochre.
Feuilles de Peuplier. CXLVIT. Abiegna folia.
] E doutai au commencement fi ces Infeétes gris étoient effedtivement des Chenilles, parce qu'ils étoient fort
oit entortillés fous les feuilles, ne reffemblant à autre chofe qu’à de la fiente d’oifeau.
lier. Le vingt-trois Septembre une de ces Chenilles s’attacha fi fort à
une feuille en filant, qu’elle y paroifloit collée. Elle sy changea en Nymphe. Les autres filerent des Cocons
ordinaires , où elles fe transformerent en Nymphes. Le quatorze Avril de année fuivante il en fortit un petit
Papillon : un autre fuivit au mois de Mai, & dépofa des œufs verds. On voit le Papillon au-deffous de la Chenille.
Tai trouvé la Chenille verte dans le même-temps avec la précédente Chenille grife fur les arbres. Le dix-huit
Août elle refta immobile, mua & fe transforma en Nymphe, fans filer. Le quatorze Avril de l’année fuivante il
en fortit une petite Phalene ; les autres fuivirent au mois de Mai d’après, comme on les voit repréfentés fur la
feuille verte au haut de la Planche.
tranquilles & qu'on les voy
Je les ai nourris en Frife de feuilles de Peup
Liferon. CXLVIIL. Convolvulus.
Cow on voit fur la Planche précédente , de quoi fe nourriffent toutes ces dernieres efpèces de Chenilles ,
& que C’eft ici feulement un Arbre fauvage , j'ai orné cette Planche de quelques fleurs , perfuadé que cela fera plaifir
aux Amateurs.
Cette Chenille brune fila le vingt Juin un Cocon jaune, & s’y changea en une Nymphe brune , d'où fortit le
quatorze Juillet cette Phalene de couleur d'Orange.
DES PLANTES ET INSECTES DE L'EUROPE 39
Souct, CXLIX. Caltha,
à
C ETTe Chenille jaune vécut de feuilles de Pommier jufqu’au mois de Septembre. Le quinze Juin de l’année
fuivante il en fortit une Phalene brune , après s'être premierement métamorphofée en petite Nyÿmphe brune,
Des Infeétes femblables à celui qu'on voit repréfenté fur la feuille verte, fe nourriflent de petits Poux. Ils fe
transformerent au commencement de Juin en petites Nymphes; & fur la fin du même mois il en fortit de petits
Hannetons,
Les petits Fnfcétes bruns qui font au bas de la Planche, fe tiennent dans l’eau jufqu’au mois de Juin; alors ils
campent fur la terre : ils produifent de petits Infectes volans , femblables à celui qu’on trouve repréfenté ici à côté
fur la feuille,
Dodonée nomme cette Plante Calendula : elle varie beaucoup
par rapport à fa grandeur , & poufle des tiges menues , rondes,
un peu anguleufes , divifées en plufeurs rameaux , laiffant quel-
que vifcofité aux doigts quand on les touche; fes feuilles font
attachées à leur tige fans queue, d’un goût herbeux. Ses fleurs
naiffent aux extrémités des branches, radiées , grandes, belles ,
rondes , jaunes, odorantes ; lorfqu’elles font tombées , il leur
fuccede des capfules courbes, qui contiennent chacune une femence
un peu longue. Sa racine eft blanche & fibreufe,
Remarque. Nous avons rapporté les propriétés de cette Plante dans notre Diétionnaire des Plantes , Arbres & Arbuftes de la
France.
Fleur de Grenadier. ie
Flos Mal: Punicr.
] »Ar nourri la Chenille d'en haut de feuilles de Pommiers. Le dix Septembre de l’année 1690, elle fila &
* ) A ET à ; : é Le
s’enferma à Amfterdam dans un Cocon blanc , d’où fortit au mois d'Avril de l’année fuivante la petite Phalene grife
qu'on voit 1C1.
La Chenille d'en bas, qu’on voit repréfentée à deux queues , s’enferma d’abord , en filant dans un Cocon blanc:
c’eft pourquoi je n’ai pu fçavoir de quoi elle fe nourrifloit, Elle fe changea en Phalene, femblable à celle qu’on
voit dépeinte fur les fleurs.
Lis blanc à fleur courbée & frifée.
Li Martagum.
E femblables petits Infeétes n’ont point de nourriture ni de temps déterminés ; mais on les trouve fur toutes
" . À ; L
fortes de Plantes, dans toutes les faifons de l'année ; par-tout où lon apperçoit cette écume blanche , repréfentée
dans la Planche, on y trouve de ces petits animaux, jufqu’à ce qu'ils fe changent en une efpèce de petits Hannetons
. ? ,
fautillans ; on trouve l’un & l’autre gravés au bas de la Planche.
La Chenille verdâtre mangea des feuilles de Pommier jufqu’au huit Octobre ; alors elle fe changea en petire
le]
Nymphe , & le vingt-neuf Juin de l'année fuivante il en
ortit une petite Phalene.
La Chenille verdâtre d’en bas mangeoït des feuilles de Grofelier ; mais comme le fruit & la fleur de cet Arbrif-
feau ont déja été dépeints dans cet Ouvrage, je n'ai pas voulu les repréfenter une feconde fois : j'ai mieux aimé y
mettre en leur place cette efpèce de Lis, qui eft une belle fleur. Lorfqu’on touche cette Chenille , elle defcend à
terre par le moyen d’un fil. Elle eft fort agilé. Le douze Mai elle fila , s’enferma entre les feuilles, & sy changea
en petite Nymphe brune. Le vingt-quatre du même mois il en fortit un petit Papillon brun & blanc, femblable à
celui qu'on voit repréfenté à côté de la Nymphe,
Cette Plante eft la même que Gafpard Bauhin appelle Lilium album bulbiferum latifolium majus.
Lis blanc commun , à fleur droite.
a Percenege.
b Liferon à feuille longue , azuré,
CLIIL. Lilium album, flore erecto, € vuloare:
C. B. Pin. 76.
a Narciffo-Leucoium vulgare. Tournef, 387. Leucoium
bulbofum vulgare. G'D. Fini is
b Convolyulus longifolius azureus , niveo umbilico,
ereëlus. Barrelier. Icon. 321. Boccon, Muf. part. 2.
148. Tab. 105.
Mao de Merian a mis cette Plante ici pour l’ornement , comme elle a fait dans plufeurs endroits de fon
Livre. Cette efpèce de Chenille fe nourrit de feuilles de Peuplier & de Saule. Elles font fort blanches, & fe tiennent
la plüpart du temps au haut des Arbres. J'ai nourri cette Chenille depuis le vingt-un Mai jufqu'au fix Juin : alors
elle mua. Quatorze jours après il en fortit un beau Papillon blanc, qu’on voit repréfenté fur la Planche. Ce Papillon
fit fa graine au bout de quelque temps & mourut enfuite,
Le Percenege pouffe de fa racine trois , quatre ou cinq feuilles ,
femblables à celles du Porreau, vertes, liffes , luifantes. Il s’éleve
d’entr'elles une tige à la hauteur de plus d’un demi pied, cane-
lée , anguleufe , creufe , revètue avec fes feuilles jufqu’à la moi-
tié d’une efpèce de gaine blanche ; elle porte ordinairement une
feule fleur, quelquefois deux , rarement trois. Cette fleur a fix
pétales , difpofées en cloche, penchées ; de couleur blanche ,
ayant une tache verdâtre par dehors, d’une odeur qui n’elt point
agréable. Lorfqu’elle eft pañlée , il lui fuccede un fruit relevé
de trois coins, divifé entiérement en trois loges , remplies de
femences prefque rondes , dures , jaunâtres : fa racine eft bul-
beufe , compofée de plufeurs tuniques blanches, & garnie en
deffous de fibres blanchätres
K 1j
RSS CE SR mn ES
40 HISTOIRE GÉNÉRALE
Lis de couleur de pourpre à fleur courbée. CLIIT. Lilium purpuro-fanguineum flore
reflexo. C. B. Pin. 76.
ù À Chenille qui produit ce Papillon , fe nourrit de feuilles de Lis ; je l'en ai nourrie au mois de Juillet pendant
quinze jours ; alors elle mua & fe changea en Nymphe, d’où fortit huit jours après le Papillon qu'on trouve ici
repréfenté. Xl étoit d’un beau bleu célefte , fes ailes étoient violettes, & il avoit quatre taches de couleur d'or
fur le dos.
Grand Narcille jaune à feuilles de Jonc, CLIV. Warciflus Juncifolius oblongo calice ;
& à calice oblong. luteus cajor. C. B. Pin. je
C Erre Chenille fe nourrit de cette Plante ; après qu’elle s’en eft raffafiée, elle s'étend de fon long, & refte
dans cet état jufqu’au jour fuivant. Quanä elle rampe , on lui voit joindre le devant du corps au derriere , cnforte
qu’elle forme comme une boucle ouverte ; enfuite elle s’allonge & fe remet en même pofture , toujours fucceflive-
ment, jufqu’à ce qu’elle ait achevé fa courfe. Elle fe difpofa à muer le fix Oétobre ; douze jours après elle fe
transforma en Nymphe, d’où fortit le premier jour du mois de Mai de l’année fuivante un beau Papillon , fem-
blable à celui qu’on voit fur la fleur.
Lorfque la fleur
. * e + 4
Cette Plante pouffe de fa racine des feuilles prefque femblables le tout enfemble paroït être d’une feule piéce. eut
à celles du Porreau, de couleur verte pâle. Il s’éleve d’entr'elles eft paflée , il lui fuccede un fruit affez gros , triangulaire ; divifé
une tige à la hauteur d’un pied, portant en fon extrémité une en trois loges , remplies de femences noires , prefque rondes :
19€
grande fleur à une {eule feuille blanche, & entourée de fix feuil- fa racine eft bulbeufe.
les pâles & purpurines , atrachées 1 fortement à cette fleur , que
Tubereufe;: CLV. Hyacnthus Indicus tuberofus, flore Hyacinthi
Ortentalis. CB. Pin. 47.
a Lis de Vallée blanc. a Lilium Convallium album. C. B. Pin. 304.
b Renoncule de prés à feuilles de Camomille. b Ranunculus arvenfis foliis Chamæmeli , flore phœnti-
ceo. Tournef. 291. Adonis Matthioli, Adonis [yl-
veftris flore phœniceo ejufque folits longioribus. C. B.
Pin. 176.
É Es Plantes ne fervent ici que pour l’ornement. La Chenille qu’on y voit, mange des feuilles de Framboifier.
Le treize Juin elle commença fa métamorphofe , après s’être enveloppée de fa peau ; enfuite elle fe repofa jufqu’au
quatorze Juillet , enforte qu’elle mit trente-un jours à muer; au bout defquels il en fortit un Papillon brun,
dont les aîles avoient chacune au milieu une tache ronde, tirant fur le blanc. Ce Papillon rampoit lentement. Il
mourut deux jours après.
Grande Jacinthe Orientale. CLVI. Æyacinthus Orientalis maximus. C. B. Pin. 44.
@ Etre Chenille fait fa graine fur des feuilles d’Arbres , qu’elle couvre d’une efpèce de poil ou de coton; pour
la défendre contre le froid ; lorfqu’on ouvre ces feuilles entortillées | on y trouve de la graine verte. Elle mange
des feuilles de Groflier , foit blanc , rouge ou noir, qu’elle détruit entiérement : on a beau les tuer tous les jours,
on en retrouve tout autant le jour fuivant. Tous les Naturaliftes remarquent que les Oifeaux ne mangent point de
ces Chenilles , & qu’elles fe difpofent muer le vingt-deux Juin. Alors elles fe changent en Nymphes , & demeu-
rent en cet état jufqu’au treize Juillet, qu’il en fort des Papillons blancs, tachetés de noir.
Ces Animaux naïffans | n’excédent pas la grandeur d’une puce : ils croiffent enfuite à vue d'œil , & deviennent
beaucoup plus grands. On les trouve dans les foflés, & ils ne fe fervent d'autre nourriture, fi ce n’eft qu’ils fe
mangent les uns les autres. J’ai remarqué qu'un des plus grands a dévoré en peu de temps les plus petits de la
même efpèce ; d’où vient que ces petits animaux paroiflent extrêmement craintifs. De lun de ces nfectes provint
cet Animal bleu & aïlé, qu’on voit repréfenté fur la Planche.
Sn
e
DES PLANTES ET INSECTES DE L'EUROPE. AI
Jacinthe Orientale à leur double. CLVIL Ayacinthus Orientales flore duplici. C. B. Pin. 45.
a Petite Narcifle jaune à feuilles de Jonc. a Narciffus Juncifolius luteus minor. C. B. Pin. 512.
Ce: Chenille fe nourtit des cœurs de Choux pommés, blancs. La pluye les fait mourir & les defféche
entiérement. Cet Infeéte a cela de particulier, qu'il mue deux fois l'année, une fois pendant l'Eté , & à la fin de
la belle faifon. Sa premiere métamorphofe fe fait en peu de temps; mais fi l'Hyver le furprend , il demeure caché
pendant le grand froid. Il fe difpofa à muer le premier Juiller ; & le douze du même mois il en fortit un beau
Papillon blanc ; mais l’autre métamorphofe dura plus long-temps : il refla dans cer état jufqu'au quinze Mai de
Jacinthe Orientale blanche.
a Iris à feuilles larges , & panaché.
b Dent de Chien à feuilles larges & rondes.
c Grand Mufcari bleu.
La Dent de Chien poule ordinairement deux feuilles ; quel-
quefois trois , répandues à terre , reffemblant à celles du Pain de
Pourceau. Il s’éleve d’entr’elles un pédicule haut comme la main,
rouge , life, portant une belle fleur à fix pétales, oblongues,
pointues ; panchées & recoquillées vers le haut , quelquefois pur-
purines , marquées en dedans de taches laiteufes , ayant au mulieu
Ie Mufcari eft une Plante qui pouffe de fa racine cinq ou fix
feuilles répandues à terre, étroites, canelées, longues de plus
d'un demi pied , affez épaifles , pleines de fuc. Il s'éleve d'en-
tr'elles une tige plus longue qu’un quart de pied , ronde , aflez
groffe , fans feuilles, mais revèrue depuis prefque fa moitié juf-
qu'en haut de fleurs formées en grelots , crénelés à fix pans dans
leur ouverture, dé couleur au commencement verte où purpu-
rine , puis d’un verd bleuâtre , blanchâtre ou noirâtre , où d'un
purpurin foncé ; puis pâle ou jaunâtre , &.quand elles commen-
Grande Narciile blanche à calice long.
.
CLVIIL.
_ l'année fuivante. Alors il en fortit un Papillon femblable au premier.
Hyacinthus Orientalis albus primus. CD.
Pin. 44.
a Jris latifolia belgica vartegata. É Br Pim 22.
b Dens Canis latiore rotundioreque folio. C. B. Pin. 87.
c Mufcari cœruleum majus. Tournef, 347. Hyacinthus
racemofus cœruleus major. C. B. 42.
fix étamines purpurines : après que cette fleur eft pañlée , il lui fuc-
cede un fruit prefque rond & relevé de trois coins, de couleur
verte , marbré de rouge : ce fruit renferme en trois loges des fe-
mences oblongues; fa racme eft charnue , oblongue , plus menue
en haut qu’en bas , reffemblant en quelque maniere à la Dent d’un
Chien.
cent à fe paller, noirâtre. I fuccede à ces fleûrs des fruits affez
gros , relevés chacun de trois coins, & divifés en loges larges,
remplies de quelques femences rondes, nôires. Sa racine eft un
: :
gros oignon blanchätre , couvert de plufieurs tuniques , Sarni en
deffous de quelques fibres. M. Tournefort a établi une différence
de ce genre de Plante d’avec la Jacinthe , parce que dans le Muf-
; «
cari la fleur eft une efpèce de cloche retrecie par l'ouverture ; ax
lieu que celle de la Jacinthe eft fort évafée.
CLIX. Narciffus major, totus luteus, calice præ-
longo. €. B. Pin. 52.
Cette Chenille & fa métamorphofe font décrites dans Explication quatorzieme.
Couronne Impériale.
CL | Corona Impérialis. Dod,. Tournef. 372.
LME je omanntiés re
Cr re Chenille fe nourrit de Laitues pommées ; fi on la touche tant foit peu, elle refle auflitôt comme
morte , fe roule comme une boule, & hérifle fon poil comme un Hériflon ; fi on veut la prendre par le poil, elle
le quitte auflitôt. Les Oifeaux n’en mangent point , & ont pour cet Infeéte une averfion naturelle, à caufe qu'il
eft vénimeux. Je lai trouvé quelquefois fur cette fleur , mais je fuis encore incertain s’il en mange : il commence
à fe métamorphofer le trente Juin en Nymphe; & le vingt-deux Juillet 11 en fort un beau & grand Papillon, qui
eft tacheté comme le bois de Bréfil. Ce Papillon fait aufli des œufs , mais on ne les voit éclore qu'au mois
d'Otobre. Les Chenilles qui en fortent fe retirent dans la terre, & y reftent tout l'hyver.
lui fuccede un fruit oblong , canelé, divife intérieurement en
trois loges , remplies de femences plates, fa racine eft bulbeufe ,
non écailleufe , mais folide, comme celle de l’Oignon , compolée
de tuniques qui s’emboîtent les unes dans les autres.
La feuille & la tige de cette Plante font femblables au Lis :
les fleurs font difpofées comme en couronne, furmantées d’un bou-
quet de feuilles. Chacune de fes fleurs eft à fix pétales , formant
enfemble une efpéce de cloche, de couleur jaune ou pâle ; ou
purpurine , tirant fur le rouge. Quand cette fleur eft tombée , 1l
Remarque. Nous parlerons très au long de ces différentes fleurs dans la troifieme Partie de cet Ouvrage, qui leur eft principalement
deftinée.
L
É2
HISTOIRE GÉNÉRALE
Xiphion, ou Iris bulbeux. CLXI. Xiphion Anguftifolium verficolor elatius. T. 364.
a Grand Narcifle blanc.
b Pied d’Alouette.
fris bulbofa , Éc. C. B. Pin. 39.
a Narciffus totus albus major. C. B. Pin. 40.
b Delphinum hortenfe, flore majore & multiplici. C. B.
Pin. 124.
( re Chenille mange ‘prefqu'indifféremment toutes fortes d'herbes & de feuilles. Elle eft d’un beau noir ;
quand on la touche, elle fe roule en un monceau. Elle fe transforma le treize Septembre de l’année 1728 en Nymphe;
& le cinq Mai de Pannée fuivante il en fortit un Papillon blanc, marqueté de taches noires en trois endroits.
Grand Œillet d'Inde à fleurs jaunes ‘(CLXII Zageres major flore luteo pallefcente Vaillant
pâle.
Œillet d'Inde droit , à fleur fimple, d'un
jaune fort pâle.
a Petite Herbe aux Perles des-prés, à fleur bleue.
b Grande Capucine.
L'Œillet d'Inde porte des eus radiées ; ces leurs font herma-
phrodites & les demi-fleurons femelles , mais le Pavillon des uns &
la langue des autres paroiffent fouvent fous des formes monftrueu-
fes. Les ovaires font plantés fur un placenta ras, & portent chacun
une efpéce de couronne antique ; dont {es pointes font ordinaire-
Acad. Rep. Scient. anno 1720. Mem.
Maximus, reclus, flore fimplici, ex
Luteo pallido. J. B. Tourne. 488.
a —— An Lithofpermum paluftre minus flore cæru-
leo. Tournef. 137.
b ———— Cardamindum ampliori folio & majori flore,
Tournef. 430.
ment inégales. Toutes ces parties font contenues dans un calice
fimple , cylindrique , canelé felon fa longueur, & dentelé par le
bord. On peut ajouter que les feuilles font aîlées ou découpées juf-
» Ca !
qu'à la côte en plufeurs lobes ou aîlerons , dentelés & parfemés vers
leurs bords , «de bulles ou de points tranfparens.
Iris à feuilles larges, ayant l'odeur CLXIII. Jris larifolia Belgica, odore Sambuci, C. B.
de Sureau.
Pin. 32.
Cet Infecte fe trouve décrit dans Explication trente-huitieme.
Pivoine femelle à fleur rouge, grande. CLXIV. #Pæonia fœmina flore pleno, rubro, ma-
jore. C.-B. Pin. 174.
CC Erre Mouche noire eft produite par une petite Chenille , qui mange des feuilles de Pivoine , pendant qu'elles
font encore jeunes & tendres , & s'attache fi fortement aux bouts des feuilles , qu'on ne peut l'en ôter fans la bleffer.
Elle ne craint ni pluye, ni vent, ni froid. Lorfqu’elle fent quelque chofe qui l’incommode , elle s’agite & fe lance
d’une maniere finguliere. Cette Chenille fe transforma en Nymphe le neuf Juin , d'où fortit le vingt-trois du
même mois une Mouche noire. Cette Mouche fe pofe ordinairement avant que le foleil fe leve, fur les feuilles de
Grofeillers , dont elle fuce la rofée, qui lui fert de nourriture ; mais fi elle refte deux jours fans manger elle meurt.
L'on diftingue le Pivoine en mâle &'en femelle. La racine de
celle-ci eft compofée de tubercules, femblables à des Raiforts ou
Navets , qui tiennent à des fibres , comme à l’Afphodele. Les ti
ges montent jufqu’à la hauteur de denx coudées ; elles font rameu-
fes , un peu velues ; rougeâtres & grofles environ comme le pouce :
les feuilles font compofées de plufieurs autres , attachées à une côte
épaiffe & branchue : elles font découpées en plufieurs parties : les
fleurs qui naiffent aux extrémités des tiges , font femblables à de
RemAnque. La racine de Pivoine pale pour un excellent antiépileptique.
larges Rofes , formées de fix ou de huit pétales rougeñtres , du
milieu defquelles. s’éleve un nombreux amas d’étamines avec un
piftil qui fe change en un fruit où font ramaflés des cornichons
difpofés en rayon; ils font d’une fubftance épaifle & cotoneufe ,
ils fe changent en des goufles longues d’un pouce & demi , épaif-
fes , rougeâtres & velues , recourbées en bas , elles contiennent des
femences nettes, noires en dehors , blanches en dedans, de la
groffeur & de la rondeur des pois.
DES PLANTES LT: ENSECTES DE LEUROPE (43
CLXV.
Oreille d'Ours.
Auricula Urfi :
: HS : ; : Re en
C ETTE Chenille > après s'être nourrie long-temps des feuilles de cette Plante, fe retira dans un petit coin al
en fortit de chaque côté un Vermiffeau verd. Elle fe démenoit beaucoup , comme fi elle eût reffenti de la douleur
ou des mouvemens convulfifs.
D'abord que le premier Ver fur éclos, il s’attacha à l'endroit d’où il étoit forti, & ne le quitta pas qu’il n’en eut
tiré tout le fuc, n’y laiffant que la peau. L'autre Ver mourut fans prendre nourriture , & fut mangé du premier.
Ce Ver, après avoir été bien nourri, demeura immobile fans prendre d’aliment jufqu’au quinze Oétobre de
V'année 1726 ; alors il fe métamorphofa en un œuf noir, d’où fortirent le dix-huit Mai de l'année fuivante deux
Mouches, femblables à celle qui eft repréfentée fur la Planche,
Cette Plante pouffe de fa racine des feuilles grandes, polies ,
raffes , tantôt dentelées , tantôt entieres, d’un goût amer : il s'é-
Nez d’entr’elles des tiges qui portent en leurs extrémités des fleurs
jaunes ou pâles, exhalant une odeur douce & mielleufe : chaque
fleur eft un tuyau évafé en entonnoir , à pavillon découpé en cinq
paities , & garni en fon milieu d’étamines jaunes. Il s’éleve auffi
de fon calice un piftil , qui y eft attaché en maniere de clef, & qui
devient enfuite un fruit oval pointu : il fe divife en deux loges,
remplies de femences menues , anguleufes ; fes racines font fibrées,
rougeâtres , adhérentes aux pierres.
Remarque. Les Fleuriftes cultivent cette fleur dans leurs Jardins.
Grand Grenadier.
Les rameaux de cet Arbriffeau font menus, anguleux , garnis
d’épines ; fon écorce eft rougeâtre. Ses feuilles font petites , atta-
chées par des queues rougeätres , d’une odeur affez forte quand
elles font écrafées : fa fleur eft grande , belle , de couleur rouge
tirant fur le purpurin , compofée de plufieurs feuilles difpofées en
Rofe dans les échancrures du calice : ce calice eft oblong , dur,
CEX VI.
Punica flore. pleno majore. Tournef. 636.
Balauflia flore pleno majore. C. B. Fin.
438:
purpurin ; large par le haut , & ayant en quelque maniere la fiqure
d'une cloche : fon fond devient un fruit après que la eur eft rom-
bée; ce fruit forme une groffe pomme ronde, garnie d’une cou-
ronne, formée par les découpures du häut du calice ; fon écorce
eft dure comme du cuir , de couleur purpurine , obfcure en de-
hors , jaune en dedans,
Remarque. La defcription de cet Arbriffeau convient à celui qui a une fleur fimple,
Violier de Montagne, jaune.
CLXVII.
Viola montana , lutea, srandiflora, C. B.
Pin, 200.
J E n’ai rien à remarquer fur la métamorphofe de cet Infecte, ‘
On trouve la defcription de cette Plante à la page feptieme,
CLXVIITL.
a Pavot.
b Lis à fleur recourbée,
c Jris bulbeux.
d Ancolie.
e Tulipe.
f Liferon.
g Renoncule,
h Rofe.
1 Fritillaire,
k Anemone.
Deffous l’Anemone # il y a trois fleurs de Penfées , Lat,
a Papaver.
b Lilium flore reflexo.
c Xiphion vel Iris bulbofa.
d Aquilegia.
e Tulipa.
f Convolvulus.
æ Ranunculus, Tournef. Adonis, C. B,
h Ro/a.
i Fritillaria.
k Anemone.
Viola tricolor; & deux fleurs de Cyclamen:
L y
44 HISTOIRE GÉNÉRALE
CLXIX.
‘a Tris bulbeux. a Xiphion vel Iris bulbofa,
b Souci. b Caitha vel Calendula.
c Anemone à huit feuillef, c Anemone odophylla.
d Tulipe. d Tulpa.
e Narcifle blanc. e Narciffus albus pleno fiore.
f Œiller. € Caryophyllus.
ggg Trois Rofes. 888 Îres Rofe.
CLXX.
5 /À Chenille enfermée dans cette Guirlande prend fon origine du bois de Saule carié. Elle y tient d'ordinaire
dans la moëlle de l'arbre, hyver & été. Elle commença fa métamorphofe le fix Juin de la maniere qu'on le voit
ici, & produifit Je Papillon que j'ai repréfenté tout auprès le vingt-cinq Juillet.
Pavot noir & blanc. CLXXI. Papaver flore pleno , album € niorum. C.
PB. Pin. 171.
Campanule gantelée, ou Gant de Notre Campanulg Perficæ-folio. Clufii Tournef, 111.
Dame, à feuilles de Pefcher. Re
DES PLANTES ET INSECTES DE-LEUROPE 4$
Grand Rofier double, CLXXIT. Rofa mulriplex media. C. B. Pin. 482,
Rofe, CLXXIHIT.,
Jafmin d'Efpagne, à grande fleur.
Rofa.
Jafminum Hifpanicum flore maore.
Anemone. Anemone,
Cr: Animal rampe lentement & fait le méchant quand on Pirrite ; il ne fe laifle chafler qu'avec peine de fa
demeure. Il a à la partie poftérieure du corps une pointe vifqueufe, dont il fe défend ; il s’en fert pour la ficher
en quelqu’endroit qu’il s'arrête, de peur d’être obligé de reculer. Enfuite il retire fon petit corps, & fe défend «
avec des pinces cornues , dont fa tête eft armée : après lui avoir préfenté à manger plufieurs chofes , qu'il refufoit , je Jui
donnai des efcarbots, qu'il mangea : en ayant mangé le dedans , il s’y enferma &. y bâtir une loge au derriere du
corps. Il refta dans cette retraite depuis le vingt-un Août de l’année 1729, jufqu’au neuf Juin de l’année fuivante.
Alors il en fortit un petit Animal aîlé fort beau. Ses aïles étoient tranfparentes & fi tendres, qu'il n’y eut prefque
pas moyen de le repréfenter au pinceau. Il avoit deux yeux couleur d’or ; le corps étoit d’un verd pâle, tirant un
peu fur le bleu ; en volant, il levoit la tête en haut, laiffant pendre en bas le relte du corps. Sés aîles étoient trop
grandes & l’empêchoient de voler ; c’eft pourquoi il étoit emporté par le vent. 11 mourut en moins de deux jours,
& jeûna tout ce temps-là.
Le Jafmin d’Efpagne eft un Arbriffeau qui pouffe des rameaux
fort longs , greles, noués, plians , foibles , verds , remplis d’une
moëlle fongeufe. Ses feuilles font oblongues , arrondies en leur :
ches , d’une odeur douce & très-fuave , de couleur blanche en
dedans , rougeâtres en dehors : chacune de ces fleurs eft un tuyau
/ ! , 1 + N . . \
évafé par le haut & découpé en étoile à cinq parties. Après que la
extrémité , rangées comme par paires , le long d’une côte, qui eft
terminée par une feuke feuille. Chaque côte eft ordinairement
chargée de fept feuilles , quelquefois de cinq ; lifles, d’une belle
couleur verte : fes fleurs font en ombelles aux extrémités des bran-
fleur eft tombée , 1l lui fuccede quelquefois une baie ronde , verdâ-
tre , molle , renfermant quelques femences rondes & plates ; mais
dans les pays Septentrionaux la fleur rombe ordinairement fans laif-
fer de fruit.
CLXXIV. Ranunculus radice tuberofa , flore pleno
€ prolifero. C. B. Pin. 179.
Renoncule à Racine tubereufe.
Cs: efpèces de Sauterelles s'arrêtent tous les ans dans les Pays-Bas autour des vieux Tilleuls vers les mois de
Novembre & Décembre. Elles fucent l'humeur de cet Arbre, & en fubfiftent quelque temps. L’hyver approchant,
routes celles qui font forties des Tilleuls , meurent infailliblement , & abandonnent ces Arbres jufqu'à ce qu'il y ait
des Vers dans le bois de Tilleul ; mais dès que ces Vers font changés en Sauterelles , ils prennent d’autre nourriture.
Ce Ver fe difpofe à la transformation dans le cœur ou la moëlle de l’Arbre ; après l'avoir mis dans un lieu chaud,
il produifit le dernier du mois de Janvier une Sauterelle, qui premiérement changea de peau , & puis après de couleur;
_ . . . . . D (e) . *
Je l’ai nourrie pendant quinze jours avec des Poires , des Pommes & du fucre ; mais enfin elle mourut.
CLXXV.
* Anemone à fix feuilles.
* Anemone tenuifolia héxaphylla. C. B. Pin. 174.
+ Anemone à fleur rouge, à huit feuilles, j
+ Anemone tenuifolia , coccineo flore odophyllo. C.B.
PIN 274
Ja déja donné la defcription de cette Plante, & Madame de Merian n’y ayant point placé d’Infedte, on ne
peut y joindre aucune autre defcription.
| 46 HISTOIRE ÉNÉRALE
G
ÇCLXXVI Anemone renuifolia multiplex rubra.
Anemone rouge. |
C..B, Pr 167.
aaa Pritillaria ferotina floribus ex flavo virentibus,
C. B. Pin. 64.
a a a Fritillaire.
!
La Fritillaire eft la même Plante que Jean Bauhin appelle Me- ‘ment qu'une fleut , quelquefois deux ou trois ; elle eft fort belle,
leagris five Fricillaria ; reflexis oris , Aquitanica: Cette Plante a ‘grande , compofée de fix pétales , qui font difpofées en cloche,
| une racine bulbeufe , blanche , folide, compofce de deux tuber- ‘penchée , marbrée en façon de Damier » de diverfes couleurs ,
| cules, charnue, du milieu defquels fort une tige, haute d’en- purpurine, incarnate , fouge ; blanche. Après que la fleur eft tom-
; viron un pied , grele, ronde , fongeufe en dedans , portant cinq, bée, 1l paroït un fruit ob'ong , anguleux ou triangulaire ; divifé
LÀ ‘ fix ou fept feuilles, médiocrement longues , étroites , creufes , en trois loges, remplies de femences pales très-applaties.
d’un goût tirant fur l’aigre, Son extrémité ne foutient ordinaire-
Remarque. Les Fleuriftes cultivent les -différentes variétés de cette Plante.
e. Œillet double. CLXXVIT. Caryophyllus flore multiplici, maximo ;
Gc. H. R. Parif. Tournef, 330:
Cris Chenille fe nourrit d'Arroches fauvages, auxquels elle reffemble en couleur ; elle eft fort lente &
change de peau jufqu'a quatre fois, en en prénant une nouvelle à mefure qu’elle quitte la vieille. Après qu'elle eut
ceflé de manger, il fortit de fon corps, le quatre Septembre, un Vermifleau de forme plate, femblable à ceux
qui naiffent dans les viandes : il ne mangeoit ni fe repofoit, ne faifant qu’aller de côté & d'autre pendant l'efpace
de quatorze heures ; en marchant il changeoït de couleur peu-à-peu , & fa peau s’endurcifloit ; ceffant de fe remuer,
il fe retiroit en un monceau ; alors il paroifloit d'une couleur pâle un peu obfcure ; après quoi il fe mit à manger
un peu ; le jour fuivant il commença à refter immobile, & demeura dans cet état jufqu'au vingt-fix Septembre.
Alors il en fortit une Mouche d’une forme aflez extraordinaire. Elle avoit les pieds longs & plats au bout : la tête
| grande : elle étoit ordinairement couchée fur le dos , le ventre tourné vers le ciel, c’eft pourquoi Madaine de
Merian l’a dépeinte renverfée. Comme la nourriture qui lui étoit propre, m'étoit inconnue, elle mourut le trois
Qétobre.
P Xiphion ; ou Iris bulbeux à fleurs CLXXVIIT. Xiphium majus flore Luteo mixto. Tour-
| pâles. nef. 364. Iris bulbofa pallido colore.
H, Fyfi,
EN —-4
Tulipe précoce, CEXXIX, Tulipa præcox.
+ LS
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ressent PRE ie
DES PLANTES ETINSECTES DE L'EUROPE. 47
Tulipe tardive,
Fritillaire.
Ornithogalle d'Allemagne à trios
feuilles.
L’Ornithogalle poule des feuilles longues d’un demi pied, étroi-
tes comme celles du Gramen , molles , couchées à terre, creufes,
marquées d’une ligne blanche dans leur longueur. Il s’éleve d’en-
trelles une tige à la hauteur d’environ un demi pied , ronde,
nue , tendre , jettant en fon extrémité plufieurs - pédicules
en ombelle ;’ qui foutiennent des fleurs, compofées chacune de
fix pétales , oblongues , pointues , difpofées en rond , ayant dans
fon centre un tuyau élevé : cette fleur eft de couleur verdâtre ou
Fleur de la Paffion.
Cette Plante pouffe des farmens longs, greles , rämpans, d’un
Verd rougeâtre, jettant des mains, avec lefquelles elle s'attache aux
murailles comme le Lierre : fes feuilles font liffes, nerveufes ,
dentelées en leurs bords, rangées alcernativement, & laiMfant en-
telles trois doigts d’efpace , ayant vers leurs queues deux petites
éminences grofles comme des grains de Millet : fes Aeurs fortent
des aiffelles des feuilles ; elles font à plufeurs pétales , difpofées
en Rofe, blanches, foutenues par un calice , divifées en cinq
CLXXX.
ba ulipa Serotina.
Fritillaria.
Ornithogallum crifoliun germanicunt. T ournef,
380.
herbeufe en dehors , blanche en dedans, accompagnée de fix éra-
mines larges, blanches. Après que cette fleur eft tombée, 1l lui
fuccede un fruit prefque rond , blanc , relevé dé trois coins, &
divifé intérieurement en trois loges , qui renferment des femen-
ces menues, prefque rondes , noires ; {a racine eft une bulbe blan-
che, à laquelle font adhérentes plufieurs autres petires bulbes en
maniere de grappe , accompagnées de fibres.
\
CEXXXI. Granadilla folio tricufpidi. Tournef. 240.
Clematitis trifodia. C. BP, Pin: 3OI.
parties ; il s'élève du milieu de cette fleur un piftil, qui fouriene
un jeune fruit furmonté de trois petits corps , qui repréfentent
en quelque maniere des clous. Son fruit a du rapport aux Grena-
des, il eft prefque de même groffeur & de même couleur ,
quand il eft venu à fa parfaite maturité ; mais il n’a point de cou-
ronne ; il eft plein d’une liqueur aigrelette | & renferme plufeurs
femences.
Remarques. J'ai parlé fuffifamment de cette Plante dans mon Traité hiftorique des Plantes de la Lorraine ; voyez Tome IV.
Caprier épineux à petits fruits & CLXXXII. Capparis fpinofa, fructu minore, folio
à feuilles arrondies.
Le Caprier épineux , à petits fruits & À feuilles arrondies, de
PEN É : >
Gafpard Bauhin, jette plufieurs fcions de deux coudées de haut
É r à : | se
garnis d’aiguillons durs , & revêtus de feuilles alternativement dif-
pofées, d’une rondeur faite comme le compas, larges d’un pouce
& demi, & très-ameres. De leurs aiffelles naiffent des fleurs en Rofe
2
Remarque. On a joint au Caprier un Geneft d’Efpagne.
rotundo. C. B. Pin. 480.
& de quatre piéces, dont le milieu eft occupé par un nombreux
amas d’étamines , qui comprennent un piftil longuet , dont l’ex-
trémité devient un fruit pyriforme ou tourné en pointe, dans
lequel font nichées des femences applaties & de la figure d’un
rein.
FE NN,
.
f
Hours
= Dee à EC — RSS ist 3 Fo ben — “ee be.
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Ve : 4
DES
IS-T.E
INSECTES DE SURINAM:
RAP-P OR TÉ S
Par Mademoiflle DE MERIAN
ET- D'AUTRES AUTELRS,
ÊT RANGCÉMSELON LE SYSTÈME DE LINNEUS
. .
Surinamus 1.
Ynterruptus 2:
Surinamenfis 3.
Surinamenfis 4.
Gibbofa $:
Caftanea 6.
Surinamenfis 7.
S. Litera 8.
Punctatiflima 9.
8. Punctata 10.
Palmarum 11.
Surinamenfis 12.
Longimanus 13.
Cervicornis 14.
Melanopus 1.
Spinibarbis 16.
Amnuralis 17.
Farinofus x9.
Succin&us 1 9.
Surinamus 20.
Glacefcens : 27.
Ligneus 22.
Striatus 23:
Equinoftialis 24.
Gigantea 25.
Gigas 26.°
Chryfomeloides 27.Meloe alatus viridi-cœrulefcens , fubtus nigro violaceo. Lin. fiff. nat. 680.
S CARABÆUS Jcutellatus muticus niger , Thoracis incifurarumque marginibus flaccis, flerno
porreco. Lainn. fif natur. $$2. édit. 12. :
Lucanus*ex/ftutellatus, antennis arcutis , corpore oblongo depreffo , vertice fpina recumbente ,
thorace abdomineque remotis. Linn. fifl. nat. $60. Merian Surin. T. so.
Dermeflis Teflaceus, elytris ffriatis , thorace ffriis tribus elevatis marginibufque denticulato.
Linn. fifl. nat. $6s. Rolander.
Coccinella Coleoptris fanguineis immaculatis , thorace maculis nigris. Linn. fift. nat. $7)9.
Chryfomela ornata nigra , elytris teflaceis nigro pundatis ; fafcia media pojticaque nigris. Linn.
Jyf. nat. 86.
Chryfomela ovalis fufca, elytris margine exteriore caffaneo. Linn. if. nat. $92.
Chryfomela faleatoria flavefcens, elytris margine fafciaque fanguineis. Linn. fifl. nat. $95.
Rolander. » PENSER PES |
Chryfomela falratorta pallida, elytris nigris : linea longitudinali flexuofa alba. Linn. fift.
nat, $9$. Rolander.
Chryfomela oblongiufcula nigra , thorace tefaceo , elytris pundis quatuor flaccis. Linn. fifi.
nat. GO. :
Chryfomela oblongiujcula viridi-œnea pun&atifima , pedibus ferrugineis. Linn. fiff. nat. ibid.
Curculio longiroftris ater , thorace ovato planiufculo , elytris abbreviatis ffriatis. Linn. fifi.
nat. 606. Merian. tab. 48.
Atelabus elytris apice Bidentatis. Linn. fiff. nat. 619. Rolander.
Cerambyx thorace fpinis mobilibus, elytris bafi unidentatis apiceque bidentatis , antennis longis.
Linn. fiff nat. G21. Mer. Surin. tab. 28.
Cerambyx thorace marginato, maxillis porre&s cornt formibus utrinque [pinofis , antennis
brevibus. Linn. fiff. nat. 622. Merian. Surin. t. 48.
Cerambyx thorace marginato ferrulato, corpore nigro, antennis brevibus, elÿtris mucronatis.
Linn.fifl. nat, 623. Merian. Surinam. t, 24.
Cerambyx thorace marginato [ub cranulato , capite fub maxillis fpinofo [cabro, antennis bre-
vibus. Linn. fif nat. 624. Merian. Surinam. tab. 24,
Cerambyx thorace fub fpinofo , antennarum quarto articulo barbato , fécundo f[pino/o. Linn.
fifi. nat. 62s. figuram mifit Linneo D. P Ammiral.
Cerambyx thorace fpinofo nigro, elytris pundlis albis fparfis farinofis. Linn. fiff nat. 626.
Merian. Surin. t. 24.
Cerambyx thorace bi fpinofo rugofd , elytris fafligiatis fafcia flava , antennis longioribus. Linn.
Jifé. nat. 627.
Cerambyx thorace mutico fub cylindrico, corpore f[ub ferrugineo, elytris litura una alterave
fufca , antennis mediocribus. Linn. fiff. nat. 632.
Necydalis elytris'fubulatis glauco-flavefcentibus , femoribus clavatis. Linn. fift. nat. 642.
E later ferrugineus , elytris mucronatis , añtennis nigris. Linn. fift. nat. 62.
Elater niger opacus , elytris ftriatis , Jtrus fubpubefcentibus ano villofo. ibid.
Cicindela flava , elytris fafcis duabus nigris latis. Linn. fifl. nat. 68.
Bupreflis elytris fafligiatis bidentatis rugofis ; thorace marginato lævi, corpore in aurato.
Linn. fifl nat. 6s9. Merian. Surinam. t. so.
T'enebric alatus ater , elytris ftriatis , thorace lævi. Linn. ff. nat. 674.
Surinamenfis 28. Blarta livida , thoracis margine antico albo. Linn. fiff nat. 687.
Scrumaria 29.
Necydaloides 30.
Lunus si
A . a 7. ° . . £ . à .
Mantis thorace fubciliato, elytris flaccis ocello ferrugineo. Linn. fiff. nat. 691. Merian. Surin.
tab. 66.
Mantis thorace fcabro , elytris ovatis angulatis breviffimis , alis elongatis. Linn. fifi. nat. 691.
Gryllus bulla thoracis fegmento poftriore Crifla femiorbiculata , elytris nigris , fafeiis albis.
Linn. fift nat, 693. :
Convolutus 32.
Myrtifolius 33.
Laternaria 34.
Tibicen
Grandis
Polydamas 37.
Helena 3
Protefilaus 39.
Achilles
Teucer
Idomeneus 42.
Ricini
Polymnia
Pfidi 4:
Cho 46.
Anacardii .47.
Sennæ 48.
Cafiæ 49:
Sophoræ 50.
Jatrophæ sr.
Amphinome s2.
Dido 9%
Vanillæ $4.
Cupido sa
Caricæ 2.
Proteus 54
Bixæ 55:
Carolina 56.
Caricæ A
Labrufcæ «8.
Vitis $9:
Hefperus 60.
Strix Gt.
Jatropheria 62.
Argillofa
63.
L 4
EISTE DES INSECTES DE SURINAM 49
ne acrida thorace rotundato, corpore nigro nebulofo , elytris convolutis albidis. Linn. fit.
nat. 95:
Gryllus tettigonia thorace fubtetragono lævi , alis deflexis elytro longioribus, tibiis muticis,
_ Linn. fifk nat. 696. Rolander. +
Fulgora fronte ovali re&a , alis lividis , porticis ocellatis. Linn, fiff nat. 703. Merian. Surin,
tab, 49 |
Cicada elytris anaftomofibus ferrugineis, fcutelli apice marginato, Linn. fifi nat. 07. Merian,
Surinam. tab, 49.
Nepia téeflacen, feutello lævi, alis albis maculis , venifque flavis. Linn. ff nat. 713.
Merian. Surinam. tab. $6. ë
Papilio eques alis dentatis nigris fafcia interrupta flava, poflicis Jubtus maculis linearibus
fexuofs rubris. Linn. Jifr. nat. 747. Mertan. Surinam. t, 31.
Papilio eques alis dentatis atris concoloribus , poflicis difco communt aurato. Linn. JYr. nat,
748. Merian. Surin. t. 19.
Papilio eques alis caudatis fub concoloribus albidis : fafciis fufcis : unica fubtus [anguinea ,
angulo ani rubro. Linn. fifl. nat. 72.
Papilio eques alis dentatis : [upra rigris fafcia cærulea , fubtus fufcis , ocellis tribus quinifque.
Linn, fifl nat. 7s2. Merian. Surin. t. 7. À
Papilio eques alis fubrepandis lividiufeulis ; Jubtus nébulofis ; pofticis ocellis tribus ; poftremo
maximo, Linn. fiff nat. 7$3. Merian Surin. t. 23.
Papilio eques alis fubcrenatis cærulefcenti-fufcefcentibus , fubtus nebulofis : ocellis duobus :
pofhco magno flavefcente. Linn. fiff. nat. 6$3. Merian. Surin. t. 6.
Papilio haliconit alis oblongis integerrimis fufcis primoribus utrinque fafciis duabus flavis.
Linn. ff. nat, 7$6. Merian: Surin. t. 19.
Papilio haliconit alis oblongis integerrimis luteis primortbus fafcia flava ; poflcis fafcuis tribus
nigris. Linn. fif. nat, ss.
Papilio haliconu alis oblongis integerrimis fufcis ; primoribus fafciis tribus, poffcifque duabus
kyalinis. Linn. fifi. nat. 756. . À
Papilio haliconit alis oblongis integerrimis fufcis , primoribus albo maculatis, poflicis fafcia
alba. Linn. fiff. nat. 7$7. Merian. Surin. t. 3s.
Papilio danai candidi alis integerrimis angulatis virefcenti albidis apice fufcis , poflicis ocellis
duobus. Linn. fift. nat. 7$8. Merian. Surin. t, 16.
Papilio danai candidi alis integerrimis rotundatis flavis apice nigris , fingulis fubtus punco
gemino ferrugineo argenteo. Linn. fifi. nat. 764. Merian. Surin. t. 8.
Papilio danai candidi alis integerrimis fufeis : primordibus poflicarumque margine fafcia fer-
ruginea , omnibus fubtus ocellatis. Linn. fifi. nat. 767. Merian. Surin. t. 32.
Papilio danai candidi alis integerrimis fufcis fafcia ferruginea , fubtus primoribus ocello nico,
pofficis tribus. Linn. fift. nat. 767. Merian. Surin. t. 3s.
Papilio nymphalis alis angulatis pallidis : lineis undulatis , primoribus pundo unico, pofticis
duobus nigris. Linn. fp. plant. 779. Mertan. Surin. t. 4.
Papilio nymphalis alis dentatis nigris cæruleo nebulofis : primoribus fafcia utrinque alba,
pofficis rubro radiatis. Linn. fifl. nat. 779. Merian. Surin. 1.7.
Papilio nymphalis alis dentatis oblongis nigris, viridi maculatis pofticts fafcia maculifque
Jéptem transverfis coerulefcentibus. Linn. fp. plant. 782. Mertan. Surin. t. 3.
Papilio nymphalis alis dentatis flavis nigro maculatis , fubtus maculis 30 argenteis. Linn.
Jiff. nat. 787. Merian, Surin. t. 25.
Papilio plebeius ruralis alis poflicis fex dentatis-caudatis, fubtus albidis maculis argenteis.
Linn. fift. nat. 787. Merian Surin. t. 10.
Papilio plebeius alis integerrimis fulvis : difco communi albo ,
JUE. nat. 792. Merian. Surin. t. 40.
Papilio plebetus alis caudatis fufcis :
794 Merian. Surin, t, 63.
Papilio plebeius alis rotundatis fufcis bafi virentibus : pofhcis fubtüs fafcta ladea. Linn. fift.
nat, 79$. Merian. Surin. t. 44.
Sphinx alis integris : omnibus margine poflico albo pundatis, abdomine ocellis fèx parium
fulvis. Linn. fifl nat. 798. Merian. Surin, t. $7.
Sphinx alis integris : pofticis fupra luteis, abdomine cinereo ctngulis nigris. Linn. fifl. nat.
800. Merian. Surin. t. 64.
Sphinx alis fub fufcis : primoribus fubtus punélo albo, abdomine lateribus punélis quinque
albis. Linn. fiff. nat. 800. Merian. Surin. t. 34.
Sphinx alis cinereis fufco variis : pofticis margine interiore fanguineis. Linn. Jyff. nat. 8or.
Merian. Surin. t. 47.
Phalena attacus pectini cornis elinguis, alis fubfalcatis luteo varis, macula fenefirata foli-
taria. Linn. fifi. nat. 809. Merian. Surin. t. 6s.
Phalæna noëdua elinguis , alis patulis concoloribus albido nigro rediculatis nebulofifque. Linn.
Jiff. nat. 833. i
Phalæna geometra pedint cornis, alis nigris concoloribus : anterioribus maculis duabus ;
pofferioribus unica flavis. Linn. fifé nat. 86.
Apis roftro inflexo unico , Jerruginea , abdominis petiolo clavato curvato, Linn.
limbo cinereo ccellato, Linn.
maculis feneftratis, antennis uncinatis. Linn. fifl. nat,
Jff. nat. 957.
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1 à
50
Surinamenfis 64.
Cephalotes 65.
Avicularia 66.
Spinimobilis 67.
Venatoria 68.
Cordatus 69.
LISTE DES INSECTES DE SURINAM
Apis hirfuta nigra , abdomine, excepto 1°. Jégmento , flavo. Linn. fiff. nat. 961. Rolander.
Formica thorace quadri Jpinofo , capite didymo magno utrinque poftice mucronato. Linn. fifi.
nat, 964... Merian. Surin. t. 18.
Aranea thorace orbiculato convexo : centro transversè excavato. -Linn. fil. nat. 1034 Merian.
Surin, t, 18.
Aranea crurum fpinis mobilibus nigris. Linn. fifl. nat. x034.
Aranea fub hirfuta , thorace orbiculato convexo , abdomine ovato magnitudine thoracis. Linn.
if nat. x03<. Merian. Surin. t. 18.
Cancer Brachyurus , thorace lævi undato integerrimo , chalis fubtus muricatis. Linn. fifi.
nat, 1039.
Fin de la Lifte des Infetes de Surinam.
0 A
DES INSECTES DE L'EUROPE:
SUIVANT LE SYSTEME DE. LINNEUS,
Avec un détail fur ceux dont Mademoifelle DE MERIAN a parlé dans cette
feconde Partie.
Nota. Dans les citations que M. Linneus fait de Mlle de Merian, il rapporte tantôt l'édition de l’Ouvrage de cette Naturalifte
qui a paru in-4°, , tantôt celle qui a paru in-folio ; nous obferverons ici que dans la premiere l’Ouvrage eft divife en trois Parties,
& chaque Partie contient cinquante Planches ; par conféquent , quand on cite ces Planches fuivant cette édition, on dit Partie
premiere , ou Partie feconde , Planche telle & telle; mais dans l'édition in-folio les numéros des Planches vont de fuite jufqu’à
cent quatre-vingt-quatre : 1l eft conféquemment inutile de citer alors les différentes Parties de cet Ouvrage , on cite feulement les
numéros des Planches. Dans l'édition des Infectes de l’Europe , que nous venons de donner dans ce fecond Volume , nous avons
fuivi exactement l’ordre des numéros de l'édition in-folio , publiée par M. Marrete : fi M. Linneus cite cette édition , les numéros
feront pour lors les mêmes dans ce Volume que ceux cités par M. Linneus; mais fi Linneus cite l'édition in-4°. lés numéros n’en
feront pas moins les mêmes ; v. g. quand il dira , Merian , Infeéte de l'Europe , part. Il, planche 20, c’eft la même chofe que s'il
difoit planche 70. Cette obfervation peut aufi s’appliquer aux citations de M. Geoffroy , dans fon Hiftoire des Infectes des environs
de Paris. Nous ne défignerons ici les Infectes de l’Europe que fous leurs noms triviaux , pour être plus courts ; quand on en voudra
avoir les phrafes dans toute leur étendue , on pourra confulter le Siffema Nature de Linneus , édition XII, qui eft celle que nous
avons confulté.
28. Scarabæus melolontha. Linn. ff, nat. ibid. Merian.
1. Marsa lunaris. Linn. fil. nat. s43. Europ. 1: p. 2.
2. Scarabæus cylindricus. Linn, fifl. nat. $ 44. 29. Scarabæus folflitialis. Linn. fife. nat, ibid.
3. Scarabæus bilobus. Linn. fifi. nat. ibid. In Europa 30. Scarabæus hemipterus. Linn. Jif nat. ss. Ir Ger-
auftrali. mania. ne à |
4. Scarabæus naficornis. Linn. fiff. nat ibid. 31. Scarabæus farinofus. Linn. fifl. nat. ibid.
s. Scarabæus facer. Linn. fift. nat. $4s. In Gallia. 32. Scarabæus fqualidus. Linn. Jifl. nat. $$6. In Ger-
6. Scarabæus Hifpanus. Linn. fifl. nat. $46. In Hif- mania.
pania. 3. Scarabaus lurtellus. Linn. [fl nat. ibid. In Ger-
7, Scarabæus granarius. Linn. fifi. nat. $47. mana, |
8. Scarabæus nuchicornis. Linn. fife. nat. ibid. 34: Scarabæus fafciatus. Linn. fif. nat. ibid. In flori-
9. Scarabæus vacca. Linn. fifi. nat. s47. In Gallia bus fyringe » flipendule.
auftral , & Boruf]ia. 35. Scarabæus brunus. Linn. ff. nat, ibid.
10. Scarabæus taurus, un. fife, nat. ibid. In Germania 36. Scarabæus eremita. Linn. fifl. rat. $s6. In Europa
G Gallia. auftrali , in ligno falicrs.
11. Scarabeus biffon. Linn. fiff. nat. ibid In Gallia 37. Scarabæus auratus. Linn. fift. nat. s$6. Dele&atur
auftrali. floribus pæonie , forbi aucupariæ, fucco fhilante
12. Scarabæus fubterraneus. Linn. fiff nat. $48. quercüs.
13. Scarabæus erraticus..Linn. fiff. nat. ibid. 38. Scarabæus variabilis. Linn. fif. nat, s<8. In Eu-
14. Scarabæus foffor. Linn. fife nat. ibid. ropæ quercubus.
rs. Scarabæus fimetarius. Linn. fift. nat. ibid. 39. Scarabæus nobilis. Linn. JE. nat, ibid.
16. Scarabæus hermorrhoidalis. Linn. ff. nat. ibid. 40. Scarabæus quisquilius. Linn. fiff. nat, ibid.
17. Scarabæus con/purcatus. Linn, fifl. nat. 49. AI. Scarabæus quadrimaculatus. Linn. Ji. nat. ibid.
18. Scarabæus pilularius. Linn. fifé. nat. $so. In [ta- 42. Scarabæus rufipes. Linn. fifé. nat. $s9.
la, Hifpania. 43. Lucanus cervus. Linn, fifl. nat. ibid. Mer. Éurop.
19. Scarabæus fchæfferi. Linn. fifl. nat. ibid. In Ger- lt. 168. Le À
mania. 44. Lucanus parallalipipedus. Linn. fiff nat. s6r.
1. fifl. nat. ibid. 4$. Lucanus caraboides. Linn. fiff. nat. ibid.
20. Scarabeus flurcorarius.
21. Scarabæus vernalis. Li nat, ST, 46. Dermefles lardarius. Linn. ff nat. ibid. Merian.
22. Scarabæus fchreberi. Linn. fift nat. ibid. Thjet 2, 6279:
23. Scarabæus ovatus. Linn. fifi nat. $$1. In Ger- 47. Dermefles elongatus. Linn. fif. nat. ibid.
manta, 48. Dermefles undulatus. Linn. fift. nat. $62.
24. Scarabæus fabulofus. Linn. fiff. nat. ibid, 49. Dermeftes pello. Linn, fifi. nat, ibid.
2. Scarabæus fullo. Lin. /fifl nat. $s3. so. Derniejtes capucinus. Lenn. fuf£. nat. ibid.
26. Scarabæus agricola. Linn. fifl. nat. ibid. În Euro- $r. Dermefles typographus. Lin, fifi. nat. ibid,
pæa auftrali. 2. Dermejies caleographus. Linn. fift. nat. ibid.
27, Scarabæus horticola, Linn. JifE. nat. $$4. Pomonam 3. Dermefles micrographus. Linn. fifl. nat, ibid.
devajtat, 4 Dermefles poligraphus. Linn. fifé nat, 1bid.
1}
RS pee a € 6 é + E ES à
S A = Fo Re DRE LS TT & : Es AE s F
… nn Re. FA d— ” En RE ns or oo LT 4 de pe æ Pas à i ln. -
mn SE SE
__ xs: en
LISTE DÉS INSECTES
Dermefles piniperda. Linn. [if nat. $63.
Dermèfles nu Linn, fif nat. ibid.
. Dermefles violaceus. Linn. Jifé. nat. ibid.
Dermefles hirtus. see if nat. ibid.
Dermefles feneftr als. Linn. ff. nat. ibid.
Dermeftes melanoceph aus, ,Linn Jife. nat. ibid,
Dermeffes Jcarabæoides, Lin 2. fi. nat, ibid.
Dermefles murinus. Linn.J Jifé. nat. ibid.
Dermefles panicews. Linn, Jp. fat. $GA4.
Dermeftes cuffatrus. 1: nn, fift. nat. ibid.
F Dermifles f ferrugineus. Linn. fiff nat. ibid,
Dermefles fumatus. Linn. fifé. nat. ibid.
; Dermefles pedcularius. Linn: fie. nat. ibid,
Dermeftes pulicarius, Linn. Jifl. nat, ibid,
Der mèfles p{yllius. Linn. je nat. ibid.
Dermefles fcanicus. Linn. Sy. nat, 1bid.
! Dermefl: s colon, Linn. Sat. nat. ibid.
Dermefles niger. Linn. fiff. nat. ibid.
Prinus pedlinicornis. Linn, fifl. nat. $6$.
Ptinus pertinax. Linn. fifË, na, ibid.
. Prinus-mollis. Linn. fil. nat. ibid.
Punus fur. Linn,. JyE. nat. s66.
. Ptinus germanus. Linn. ff nät. 1bid,
8. Hifler unicolor. Linn. Ji. nat. $67.
Hifler bimaculatus, Linn: Jr nat. 1bid,
! Hier quatuor maculatus. Linn. if. nat. ibid,
Gyrinus natator. Linn. fife. nat. ibid.
. Byrrhus [crophularie. Linn. fifl. nat. $G8. habitat
in Jcrophu larits.
. Byrrluis MRCONUME, Linn. [if nat. ibid.
Byrrhus verbafei. l'inn. fijt. nat. ibid. In verbafci
& pimpinellæ Darius
. Byrrhus pilula. Linn. fiff nat. ibid.
. Byrrhus vagus. Linn. fifl. nat. ibid;
. S'ylpha germanica. Linn. Je. nat. $69.
Por vefpillo. Linn. fifé. nat. ibid.
9. Sylpha bi-puflulata. Linn. fift nat. $7o.
Sylpha quater puflulata. Linn. fifl. nar. ibid.
S'ylpha feminulum. Linn. fift. nat. ibid. In ligno
putrido abietis.
. Sylpha agaricina, Linn. ff. nat. ibid. In aga-
TICIS.
Sylpha ruffica. Linn. fifl. nat. ibid.
. Sylpha littoralis. Linn. ff nat, ibid. fub fucis
putridrs.
27 Fe mi 5% ;
S'ylpha atrata. L LADA JYyE Dal, I,
S À r 7
> S'ylpla thoracica. Linn, fifé nat. ibid.
. Sy lpha quadri an IL17 2CL IL. Linn. Jife. nat, ibid.
Li nie opaca.. Linn. fifé. nat. SE j
Sylpha rugofa. Linn. fift, ib
. Syipha fabulofà. Linn. Gen nat: $ 72
S'ylpha obfcura. Linn. fist. nat, ibid.
; . Sylpha erruginea. Linn. fist. nat. ibid,
. Sylpha rebeuldte. Linn, fist, nat. ibid.
. Sylpha groffa. Linn. fist. nat. ibid.
. Sylpha oblonga. Linn. fist. nat. ibid.
. S'ylpha be. PU nat. $73.
. Syipha rufipes. Linn, fist. nat. ibid.
. Sylpha aquatica. Linn. fist. nat. ibid.
. Sylpha fuccinata. Linn. fist. nat. ibid. In Suecia.
Sylpha colon. Linn. fist. nat. ibid.
S'ylpha fufca. Linn. fist. nat. ibid. In Suecia.
. Sylpha depreffa. Linn. fist. nat. ibid.
S'ylpha grifea. Linn. fist. nat. $74
. Sylpha testacea. Linn. fist. nat. ibid. nr Ger-
mania,
. Sylpha æstiva. Linn. fist. nat. ibid.
Sylpha pulicaria. Linn. fist. nat. ibid.
. Sylpha pedicularis. Linn. fist. nat. ibid.
. Sylpha atomaria. Linn. fist. nat, ibid. In Suecia.
TI9
120.
I2I.
F2;
12%
124.
125.
I 26.
127.
DE L'EUROPE
Caffida viridis. Linn. fist. nat. 74. Mer, Europ.
En 5
Caffida murræa. Linn. fist. rat. ibid. In Helenio.
Caffida nebulofa. Linn. fist. nat. ibid. fn Carduis,
Caffida nobilis, Linn. fist. nat. ibid.
Caffida vitex. Linn. fist, nat. ibid. In Germania.
Caffida maculata. Linn. fist. nat. ibid.
Coccinella impunülata. Linn. fist. nat. 79.
Ceccinella unt pundata. Linn. fist. nat. ibid,
Coccinella 2 -punüata. Linn. fist. nat, $80. Mer.
Infed, 2 136.
Coccinella 3- pundata. Linn. fist, nat. $80.
Coccinella 4-puncata. Linn, fist. nat. ibid. In
Germania,
. Coccinella hebræa. Linn. fist. nat. ibid.
Coccinella 5-punülata. Linn. fist. nat. ibid. In
pruno fpinofo.
Coccinelia 6-punélata. Linn. fist, nat. ibid. In
Suecta.
Coccinella hieroglyphica. Linn. fist. nat. ibid. In
Suecta.
Coccinella 7 -puncüata. Linn. fist. nat. $81. Mer.
Europ. 24. f. 11.
. Coccinella 9-pundata. Linn. fist. nat, ibid.
Coccinella 1 1-puncüata. Linn. fist, nat, ibid. Mer.
Europ. 168,
Coccinella 12-pundata. Linn. fist. nat. ibid.
3. Coccinella 1 3-pundlata. Linn. fist. nat, 582.
. Coccinella 14-pundata. Linn. fist. nat. ibid.
Coccinella 16 - punilata. Linn. fist. nat, ibid,
. Coccinella ocellata. Linn. fist. nat. ibid. Merian.
Tnfect. 48. TA
Coccinella be Linn. fist. nat. ibid.
. Coccinella 19 - pundata. Linn. fist. nat. ibid.
. Coccinella 22 - pundata. Linn. Jist. nat. ibid.
Coccinella 23-pundata. Linn. fist. nat, ibid. In
Germania,
Coccinella 24-pundata. Linn. fist. nat. 433.
Coccinella 2 5 -pun&ata. Linn. fist. nat. ibid.
. Coccinella conglobata. Linn. fist. nat.“bid.
. Coccinella conglomerata. Linn, fist. nat. ibid.
Coccinella guttato punäata. Linn. fist. nat. ibid,
Coccinella 10-guttata. Linn. fist. nat, ibid. In
S'uecia.
. Coccinella 14-guttata. Linn. Jist. nat. ibid. In
falicibus.
Coccinella 16-guttata. Linn. fist. nat. ibid. 584.
. Coccinella 18 -guttata. Linn. fist. nat. 484.
. Coccinella 20 - puttata. Linn. frs st. nat. ibid.
w
159.
160.
IG.
162
163.
164.
165.
‘166.
167.
168.
fr
169.
170.
Coccinella oblongo guttata. Linn, fist. nat. ibid.
Coccinella bEterat a. Linn. fist. nat. ibid.
Coccinella impustulata. Linn. fist. nat. ibid. Ir
Germanta.
Coccinella 2 -pustulata. Linn. fist. nat. $8s. Ir
forbis.
Coccinella 4 - pustulata. Linn. fist. nat. ibid. Ir
urticis , rubis,
Coccinella 6 - pustulata. Linn. fist. nat. ibid.
Coccinella 10 - pustulata. Linn. fiff. nat. ibid.
Coccinella 14- pustulata. Linn. fist. nat. ibid.
Coccinella 16- pustulata. Linn. fist. nat. ibid,
Coccinella pañtherina. Linn. fist, nat, ibid.
Coccinella tigrina. Linn. Jist. nat. $86.
Chryfomela gottengenfis. Linn. fist. nat. ibid.
Chryfomela tanacett. Linn. fist. nat. s87. In Ta-
naceto.
Chryfomela hemorrhoïdalis. Linn. JE. nat. ibid.
In Betula alno.
Chryfomela g gramunts. Linn, fist. nat. ibid. In
Gramine pratorum,
LISTE DÉSSINSECTES DÉ L'EUROPE 53
171. Chryfomela œnea. Linn fiff nat. ibid. Ir Betula
172:
173:
174.
17$:
176.
177.
O
bb bp
©
YU)
b D Dh
0070
NA R
alno.
Chryfomela betule, Linn. fiff. nat, $87, In Betu-
le albæ foliis.
Chryfomela hœmoptera. Linn. fifé nat. ibid,
Chryfomela cerafi. Linn. ff nat. $88. Ir pruni
pad foliis. ;
Chryfomela padi. Linn. fifi nat. ibid In pruno
pado.
Chryfomela minutiffima, Linn. fifl nat. ibid. In
Suecia.
Chryfomela armoraciæ. Linn. fif nat. ibid. habi-
tat in cochlearia armoracie , ranunculo aqua-
til , flammula.
. Chryfomcla cerealis. Linn. fiff. nat. ibid,
Chryfomela faftuofa. Linn: fif nat. ibid.
Chryfomela fpeciofa. Linn. ff nat. ibid, In Ger-
mania.
Chryfomela halenfis. Linn. fif4 nat. ibid.
Chryfomela vulgatiffima. Linn. fifl. nat. ibid.
. Chryfomela vitellina. Linn. ff. nat ibid. In Sa-
licibus.
Chryfomela polygoni. Linn. fifl. nat. s89. In po-
lygono aviculari | acctofà.
Chryfomela pallida. Linn. fif nat. ibid. In Sa-
licibus.
Chryfomela flaphylæa. Linn. fiff nat. $90.
Chryfomela polita. Linn. fiff. nat. ibid. In Sa-
lice; populo.
Chryfomela lurida. Linn. fiff. nat. ibid.
Chryfomela populi. Linn. fiff nat. ibid. Merian.
Peas. 27:
. Chryfomela viminalis, Linn. fifi. nat. ibid. In Sa-
licibus,
Chryfomela 10-pundata. Linn. fift. nat, ibid.
Chryfomela boleti. Linn. fifl. nat. $91. |
Chryfomela collaris. Linn. fift. nat. ibid. In Sali-
cibus.
Chryfomela fanguinolenta. Linn. fiff. nat. ibid.
Chryfomela marginata. Linn, fife. nat. ibid.
. Chryfomela marginella. Linn. fif nat, ibid. Tr
ranunculo echinato,
Chryfomela coccinea. Linn, fifl. nat, $92.
Chryfomela minuta. Linn. fifl. nat, $93:
Chryfomela oleracea. Linn. fiff. nat. ibid.
. Chryfomela chryfocephala. Linn. fiff nat. 94
Chryfomela hyofciami. Linn, fit. nat. ibid. Ha-
. in hkyofciamo nigro, brafice cotyledo-
nibus.
Chryfomela atricilla. Linn. Jiff. nat. ibid.
. Chryfomela erythrocephala. Linn. fiff. nat. ibid. 1
Suecta.
Chryfomela modeari. Linn. Jyf. nat, ibid.
Chryfomela helxines. Linn. fiff nat. ibid. In Po-
lygono agopyro. 3 k
Chryfomela exfoleta. Linn. fifi. nat. ibid. Ir Echi
floribus.
Chryfomela nitidula. Linn. fiff nat, ibid,
Chr yfomela trifafciata. Linn. fiff. nat. ibid.
Chryfomela nemorurm. Linn. fifé nat, 595. În pul-
monaria , dentaria , cardamine.
Chryfomela ruflica. Linn. fifi. nat. ibid.
Chryfomela pulicaria. Linn. fif. nat. ibid.
, J
. Chryfomela rufipes. Linn. fiff. nat. ibid.
Chryfomela fuflicornis. Linn. fiff, nat. ibid.
Chryfomela holfatica. Linn. fift. nat. ibid.
Chryfomela hemifphæria. Linn. fift. nat, ibid. Ia
Germanta.
217.
218,
219.
220,
DAT:
2020,
22%
224.
225.
226.
227
228.
225.
230.
29t:
232:
233:
34
235:
236.
237.
238.
239.
240.
241.
242.
243:
2 44.
245.
246.
247.
248.
249.
250.
251.
AN
25 3
25 4
255.
256.
Chryfomela tridentata. Linn. if nat, $96. În Lo-
nicera xylo/ffeo.
Chryfomela aurita. Linn. fifl. nat. ibid, In Gcr-
mania,
Chryfomela 4-punélata. Linn. fift nat. ibid. Ie
Germania.
Chryfomela 2 -pundata. Linn. ff nat.s97.
Chryfomela 8 -guttata. Linn. jift. nat. ibid.
Chryfomela 4 - puflulata, Linn. fifl. nat, ibid.
Chryfomela more. Linn, fifl nat. ibid. .
Chryfomela bilineata. Linn. ff nat. ibid.
Chryfomela nitens. Linn. [if nat. 598.
Chryfomela barbareæ, Linn. Jife. nat. ibid. In Bar:
bareæ floribus.
Chryfomela fericea, Linn. fiff nat. ibid. Tnfalicibus.
Chryfomela labiata. Lian. fiff. nat, ibid.
Chryfomele coryi. Linn. fifl nat. ibid.
Chryfomela pini. Linn. ff. nat. ibid.
Chryfomela cordigera. Linn. fift nat. ibid.
Chryfomela 6 - punéfata. Linn. ff nat. s99,
Chryfomela 10 - maculata. Linn. fift. nat. ibid.
Chryfomela longimana. Linn. fifl. nat. ibid.
Chryfomela obfeura. Linn. fifi nat. ibid.
Chrs/fomela mudigera. Linn. fft nat. ibid. Merian,
Infe&, 77.
Chryfomela nymphææ. Linn. fif nat, 6oo. In
nymphæis.
Chryfomela cupræa. Linn. fif8. nat. ibid.
Chryfomela calmarienfis. Linn. Ji. nat. ibid,
Chryfomela tenella. Linn. fifl. nat. ibid.
Chryfomela 4 - punitata. Linn. fift. nat. ibid,
Chryfomela cyanella. Linn. Jifé. nat, ibid.
Chr yfomela melanopa. Linn jift. nat. GOI.
Chryfomela flavipes. Linn. fit. nat. ibid.
Chryfomela 12 -punéata. Linn. fiff. nat. ibid. In
a/parago.
Chryfomela phallandrii. Linn. ff nat. ibid. In
phallandrio aquatïico.
Chryfomela afparagi. Linn. fiff. nat. ibid.
Chryfomela fulphurea. Linn. fif nat. Go2. In
Norvesia,
Chryfomela cervina. Linn. fiff. nat. ibid,
Chryfomela caraboides. Linn. fil. nat, ibid.
Chryfomela ceramboides. Linn. fifé. nat. ibid,
Chryfomela murina. Linn. fif. nat. ibid,
Chryfomela hirta. Linn. fife nat. ibid.
Chryfomela pubefcens. Linn. fil nat. Go3. Ir
Germania.
Chryfomela elongata. Linn. fifl nat. ibid. In
Germania.
Hifpa atra. Linn. if nat. ibid.
Hifpa muticus. Linn. fift. nat. Co4.
Bruchus granarius, Linn. fist, nat. 6os,
Bruchus [eminarius. Linn. fist. nat, ibid.
Curculio alliaria. Linn. ist. nat. 606. In eryfima
alliarta.
Curculio cyanceus. Linn. fist. nat. ibid. In Sali-
cibus.
Curculio craccæ. Linn. fist. nat. 6o7. In vicie [e-
minibus.
Curculio campanule. Linn. fist. nat. ibid. Ia cam-
panulæ rotundio foliæ pericarpiis.
Curculio badenfis. Linn. fist, nat: ibid. In Ger.
mania.
Curculio æquatus. Linn. fist. nat. ibid.
Curculio-aterrimus. Linn. fist. nat. ibid.
Cureulio cerafi. Linn. fist, rat, ibid. In foliis ce-
rafi PY lee
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LISTE DES INSECTES DE L’'EUROP Ë,
Cureulio pruni. Linn. fist. nat. ibid.
Curculio acridulus. Linn. fist, nat. ibid.
Curculio purpureus. Linn, fist. nat. ibid.
Curculio frumentarius. Linn. fist. nat. 608. În
frumento.
Curculio avenaceus. ‘Linn. fist. nat. ibid. În gra-
nulis avenaceis decorticatis.
Curculio dorfalis. Linn. fist. nat, ibid. În ranux-
culo ficarta.
Curculio pini. Linn. fist. nat. ibid. In pini [ÿyl-
veftris cortice.
Curculio lapathi, Linn. fist, nat, ibid. In rumici-
bus lapathi.
Curculio cupræus. Linn. fist. nat. ibid.
Curculio fcaber. Linn. fist. nat. 609. In Europæ
urticis.
Curculio ruficollrs. Linn, fist. nat. ibid.
Curculio quercus. Linn. fist. nat. ibid. În quercus
robort foliis.
Curculio polygoni. Linn. fist. nat. 607. In poly-
gono aviculart.
Curculio vifcariæ. Linn. fif. nat. ibid. In lych-
nidis vifcariæ fru&ificationibus.
Curculio 2 -punctatus. Linn. fist. nat. ibid.
Curculio 4 - maculatus. Linn. fist. nat. ibid.
Curculio 5 - maculatus. Linn. fifé. nat. ibid.
Curculio pericarpius. Linn. fift nat. ibid. In fcro-
phularits.
Curculio vittatus. Linn. fifl nat. 610.
Curculio paraplechcus. Linn. fist. nat. ibid. Ie
Phallandrio. ;
Curculio anguinus. Linn. fiff. nat. ibid. Ie Ger-
mania.
Curculio afcarii. Linn. fifi. nat. ibid.
Curculio bacchus. Linn. fift nat. ibid. In vite.
Curculio betulæ. Linn. fist. nat. ibid. În Betula,
alno.
Curculio populi. Linn. fiff. nat. ibid. Îr populo,
corylo.
Curculio beccabungæ. Linn. fiff. nat. ibid. In ve-
ronica Beccabunga.
Curculio alni. Lin. fiff. nat. ibid. In alno Be-
tule.
Curculio falieis. Li In Sa-
lice.
Curculio fagi. Linn. fift nat. ibid. In fagi fo-
lits.
Curculio feget. Linn. fiff. rat. 612. In agris. fu-
per fpicas.
Curculio pomorum. Linn. fifl. nat. ibid. In flort-
bus pomone.
Curculio ovalis. Linn. fiff. nat. ibid.
Curculio carbonarius. Linn. fist. nat. ibid.
nn. fist. nat. ‘G1à.
. Curculio abietis. Linn. fie. nat.:613. In pin: f[yl
veftris cortice G refina.
Curculio sermanus. ‘Linn. fif£ nat. ibid. Ir Ger-
. (e) "a
mania.
. Curculio nucum. Linn. fifi. nat. ibid. In nucibus
coryli avellane.
. Curculio rumicis. Linn. fist. nat, 614. In rumi-
cibus lapathi.
. Curculio fcrophulariæ. Linn. fifl nat. ibid. larva
habitat in férophulariis & in verbafco.
Curculio draparum. Linn. fifl nat. ibid. Ia cerafi
ne
padi nucleis.
308. Curculio violaceus. Linn. fifi. nat. ibid. Ia pinu.
309. Curculio 5-punélatus. Linn. fist, nat. ibid.
310. Curculio hifpidus. Linn. fift nat. ibid.
311. Curculio pedicularius. Linn. fil nat. 6xs.
312.
313:
314:
31%:
316.
2177.
PAUL
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Go G2 Vo U Uo UV) Uy
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EN
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Cureulio tertrix. Linn. fifl. nat. ibid.
Curculio liguftict. Linn. fifl nat. ibid.
Curculio ovatus. Linn. fift. nat. ibid.
Curculio cervinus. Linn. fift. nat. ibid.
Curculio oblongus. Linn. fift. nat. ibid,
Curculio.pyri Linn. fist. nat. ibid. Jr pyri foliis
larva , ‘in pruni corolli, declaratur.
Gurculio argentatus. Liun. Ji nat.ïbid. In urtica
Betula., corylo.
Curculio viridis. Linn. fiff. nat.-616.
Curculio ruficornis. Linn. fifé nat. ibid.
Curculio albinus. Linn. fist. nat. ibid.
Curculio lineatus. Linn, fifl nat. ibid,
Curculio incanus. Linn. fiff. nat. ibid,
Curculio cloropus. Linn. fift. nat, ibid.
Curculio rufipes. Linn. fist. nat.‘ibid.
Curculio nebulofus. Linn. fifl nat. 617.
Curculio fulciroftris. Linn. fiff. nat. ibid.
Curculio ater. Linn. fifi. nat. ibid.
. Attelabus coryli. Linn. fifl nat. 6x9. An fois
coryl.
. Attelabus avellane. Linn. fiff. nat. ibid. Je cory-
lis Germanie.
. Attelabus betulæ. Linn. fiff nat. 620. In folus
Petule.
. Attelabus formicarius. Linn. fifl. nat. ibid.
. Atrelabus apiarius. Linn. fifi. nat. ibid. În Ger-
mania.
Attelabus mollis. Linn. fift. nat. 625.
Attelabus ceramboides. Linn. fif4 nat. ibid. In
Boleto fomentarto.
. Attelabus bupreftoides. Linn. fiff. nat. ibid.
. Cerambyx faber. Linn. fifé nat. 622.
Cerambyx coriarius, Linn. fift. nat, ibid. In Be.
tulis putridis.
Cerambyx depfarius. Linn. Jifl. nat. 614 In Sue-
cia.
Cerambyx planatus. Linn. fiff. nat. ibid.
Cerambyx nebulofus. Linn. fiff. nat. 627. In abie-
tumi truncis.
Cerambyx hifpidus. Linn. fiff. nat. ibid.
Cerambyx mofchatus. Linn. fifl. nat. ibid.
Cerambyx alpinus. Linn. fil. nat. 628.
Cerambyx ædilis. Linn. fil. nat. ibid.
. Cerambyx futor. Linn. fifl. nat. ibid.
Cerambyx cerdo. Linn. fist. nat. 629.
Cerambyx textor. Linn. fist. nat, ibid.
Cerambyx trifuis. Linn, fist. nat, ibid. In ligno
cupreffi.
Cerambyx fuliginator. Linn. fist. nat. ibid. In
Germania.
Cerambyx curfor. Linn. fist. nat. 630.
Cerambyx lamed. Linn. fist, nat. ibid.
Cerambyx noclis. Linn. fist. nat. 1bid.
Cerambyx inquifitor. Lann. fist. nat, ibid.
Cerambyx kæhleri. Linn. fist. nat. 631. In Italia.
Cerambyx pedeflris. Linn. fist. nat. ibid. In Hif:
pania.
Cerambyx carcharias. Linn. fist. nat. ibid.
Cerambyx fcalaris. Linn. fist. nat. 632.
Cerambyx cardui. Linn. fist. rat. ibid. În carduis
Europe auftralis.
Cerambyx populeus. Linn. fist. nat. ibid.
Cerambyx lineartis. Linn. fist, nat, ibid.
Cerambyx cylindricus. Linn. fist, nat. 633.
Cerambyx oculatus. Linn. ff. nat. ibid.
Cerambyx curculioides. Linn. fif. nat. 634.
Cerambyx férraticornis. Lina. fifl nat. ibid,
Cerambyx rufticus. Linn. fit. nat. ibid.
367:
368.
369
370:
371:
372.
373:
374.
= EEE ml Le"
LISTE DES INSECTES DE L'EUROPE $$
Cerambyx luridus. Linn. fist. nat. ibid,
Cerambyx femoratus. Linn. fist. nat, ibid. In
Germania.
Cerambyx violaceus. Linn. fist. nat. 63<.
Cerambyx ffriatus. Linn. fist. nat. ibid.
Cerambyx variabils. Linn. fist. nat, ibid,
Cerambyx teflaceus. Linn. fist. nat, ibid.
Cerambyx bajulus. Linn, fist. nat. 636.
Cerambyx fennicus. Linn. fist, nat. ibid,
. Cerambyx liciatus. Linn. fist. nat, ibid.
. Cerambyx undulatus. Linn. fist, nat. ibid.
. Cerambyx fanguineus. Linn. fist. nat, ibid. Up-
-falie.
Cerambyx caffaneus. ibid. Linn. fist, nat. ibid.
. Cerambyx cantharinus. Linn. fist. nat. 637.
. Cerambyx ebulinus. Linn. fist, nat. ibid.
Leptura aguatica. Linn. fist, nat, ibid. In plantis
aquaticis , nymphæis, caricibus , Phallan-
drio. |
. Leptura melancera. Linn. fist, nat. ibid,
. Leptura rubra. Linn. fist. nat. 638.
ù Leptura fanguinolenta. Linn. fist, nat, ibid,
. Leptura teflacea. Linn. fist, nat, ibid.
. Leptura reveflita. Linn. fist. nat, ibid. In Ger-
ITA.
. Leptura virens. Linn, fist, nat, ibid.
8. Leptura fericea. Linn. fist. nat, ibid.
Leptura 4-maculata. Linn. fist. nat. ibid.
. Leptura interrogationis. Linn. fifl. nat. ibid,
. Leptura 6 - maculata. Linn. fifi. nat. ibid.
Leptura 4-fafciata. Linn. [fé nat. 630.
Leptura attenuata. Linn. fiff. nat. ibid.
Leptura nigra. Linn. fifi. nat. ibid.
. Leptura virginea. Linn. fifl, nat, ibid.
Leptura collaris. Linn. fiff. nat, ibid,
Leptura rufhca. Linn. fif£. nat. ibid.
8. Leptura myfHca. Linn. fift nat, ibid.
. Leptura alnt. Linn. ff. nat. ibid.
. Leptura detrita. Linn. fift nat. 640:
Leptura arcuata. Linn. fifl. nat, ibid.
. Leptura verbafci. Linn.fift, nat. ibid.
. Leptura arietis. Linn. fifl. nat. ibid.
Leptura præufla. Linn. Ji. nat. 641.
Necydalis major. Linn. fift. nat, ibid.
Necydalis minor. Linn. fifi. nat. ibid.
+ Necydalis umbellarum. Linn. fifi. nat. ibid.
3 Necydalis cærulea. Linn. fifi nat. 642. In Italia.
. Necydalis atra. Linn. fifl nat. ibid. In Europa
auftral.
. Necydalis rufra. Linn. fiff. nat. ibid.
Necydalis flavefcens. Linn. fift. nat. ibid.
. Necydalis podagriæ. Linn. fift. nat. ibid. In ægo-
podio podagrartia.
. Necydalis fimplex. Linn. fifl, nat, 643. #5
. Lampyris noGiluca. Linn. fifi. nat. ibid. In juni-
peretis graminofis.
. Lampyris corrufca. Linn. fifl. nat. 644 In
Ruffia.
. Lampyris fplendidula. Linn. fif£. nat. ibid.
. Lampyris Italie. Linn. fiff. nat. 645. In Îtallæ
arboribus.
. Lampyris minuta. Linn. fifr. nat. ibid,
. Lampyris Jfanguinea. Linn. fift. nat. 646.
. Lampyris coccinea. Linn fift. nat. ibid.
Cantharis fanguinolenta. Linn. fifl. nat. 647.
Cantharis livida. Linn. fifl. nat. ibid,
. Cantharis rufa. Linn. fifl nat. ibid.
Cantharis obfcura. Linn. fifi. nat. 648.
42$.
426.
427.
28.
Cantharis lateralis. Linn. fist. nat. ibid.
Cantharis œnea. Linn. fist. nat. ibid.
Cantharis bipuflulata. Linn. fist. nat. ibid.
Cantharis pedicularia. Linn. fist. nat. ibid.
Cantharis fafciata. Linn. fist. nat. ibid.
. Cantharis bi-guttata. Linn. fist, nat. ibid.
. Cantharis minima. Linn. fist, nat. 649.
. Cantharis cardiacæ. Linn. fist, nat. ibid. In Le-
nura cardiaca.
. Cantharis albicans. Linn. fist. nat, ibid. In Ger=
mania.
Cantharis teflacea. Linn. fist. nat. ibid.
. Cantharis atra. Linn. fist. nat. ibid.
. Cantharts pechnicornis, Linn. fist. nat. 6$0.
. Cantharis cærulea. Linn. fist. nat. ibid.
. Cantharis viridiffima. Linn. fist. nat. ibid.
. Cantharis virefcens. Linr. fist. nat. ibid.
. Cantharis dermefloides. Linn. fist. nat. ibid.
. Caniharis navals. Linn. fist. nat, ibid. Intra
querct lignum.
Cantharis melanura. Linn. fist. nat. G4x.
>. Elater bi-puftulatus. Linn. fist. nat. 6s2.
. Elater bruneus. Linn. fift. nat, 6$3.
. Elater cruciatus. Linn. fist. nat. ibid,
Elater linearis. Linn fist. nat. ibid.
. Elater ruficollis. Linn. fist, nat. ibid.
. Elater lineatus. Linn. fist, nat. ibid,
Ælater mefomelus. Linn. fist. nat. ibid.
Elater aterrimus. Linn. Jist, nat. ibid.
. Elater caflaneus. Linn. Jist. nat. 6$4.
. Elater livens. Linn. fist. nat. ibid.
. Elater ferrugineus. Linn. fist. nat, ibid. In Sue-
CIa
. Elater fanguineus. Linn. fist. nat. ibid.
Elater balteatus. Linn. fist. nat. ibid.
. later marginatus. Linn. fist. nat. ibid.
. Élater fpedator. Linn. fist. nat. ibid.
. Elater obfcurus. Linn. fist. nat. 6<s.
. Elater trifäs. Linn. fist. nat. ibid. In lignis pu-
tridis.
. Elater ufcratus. Linn. fist. nat, ibid.
. Elater murinus. Linn. fist. nat. ibid.
. Elater teffellatus. Linn. fist. nat. ibid.
. Elater germanus. Linn. fist. nat. ibid.
. Elater æneus. Linn. fist, nat. ibid.
. Elater pecinicornts. Linn. fist. nat. ibid.
Elater niger. Linn. fist. nat. 66.
. Élater minutus. Linn. fist. nat. ibid.
Elater bupreftoides. Linn. fist. nat. ibid.
. Cicindela campeftris. Linn. fist. nat. 67.
. Cicindela hybrida. Linn. fist. nat. ibid.
. Cicindela germanica. Linn. fist. nat. ibid.
. Cicindela fylvatica. Linn. fist. nat 6$3. In pinetis.
Cicindela riparta. Linn. fist. nat. ibid,
. Cicindela flavipes. Linn. fist. nat, ibid.
. Cicindela rupeftris. Linn. fist. nat. ibid.
. Cicindela quater- maculata. Linn. fist, nat, ibid.
. Cicindela aquatica. Linn. fist. nat. ibid,
8. Bupreflis 8 -guttata. Linn. fist. nat, 69.
. Bupreflis mariana, Linn Jist. nat. 660.
. Bupreflis chryfofligma. Linn. fist. nat. ibid.
Bupreffis rufhica. Linn. fist. nat. ibid,
. Bupreftis tenebrionis. Linn. fist. nat. 661.
. Buprefhs rubi. Linn. fist. nat. ibid.
. Bupreflis nitidula. Linn. fist. nat, 662.
. Bupreflis ænea. Linn. fist. nat ibid.
. Bupreflis 4 - punélata. Linn. fist. nat. ibid,
. Bupreflis minuta. Linn. fist. nat. 663.
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LISTE “DES INSECTES. DE
Bupréjlis viridis ‘L'nn. fist. nat. 663. In betula
alba.
Buprestis granulata. Linn. fist. nat. 15id,
Dytifcus piccus. Linn. fist. nat. 664.
D'ytifcus caraboides. -Linn. air nat, ibid.
Dytrifeus fcarabæoides. Linn. fist, nar. ibid.
D ytijcus fufeipes. Linn. Jist. nat, ibid.
Dytifcus lucidus. Linn. Jist. nat. 66.
Dytifcus latiffimus. Linn. fist, nat. ibid.
Dytifcus marginatus. Linn. Jist. nat. ibid.
Dytifèus femifiriatus. ae ist, nat, ibid.
Dytifcus [iriatus. Linn. fist. nat, ibid.
Dytifcus fufcus. Crea nat. ibid,
D'ytifcus cinereus. Linn. fist, nat, (66.
Ds Julcatus. Linn. fist. nat, ibid.
Dytifcus erythrocephalus. Linn. fist, nat. ibid.
Dytifcus maculatus. Linn. fist. nat ibid.
D'ytifcus ferrugineus. Linn. fist. nat. ibid.
Dytiféus bi-pustulatus. Linn. fist. nat, 667
Dytifcus ovatus. Lin. Jisr. nat. ibid.
Dytifcus palustris. Linn. fist. nat. 1bid.
Dytifcus uliginofus. Linn. fist, nat, ibid.
Dytifcus bi-maculatus. Linn. fist. nat. ibid.
Dytifcus granulatus. Linn. fist. nat, ibid.
D'ytifcus minutus. Linn, Jist. nat. ibid.
Carabus coriaceus. Linn. fist. nat. 668. In Ger-
mania.
Carabus granulatus. Linn. fist, nat. ibid. In lignis
putridis.
Carabus hortenfis. Einn. fist. nat. ibid.
Carabus leucophthalmus. Linn. fist. nat, ibid,
Carabus clatratus. Linn. fist. nat. 669.
Carabus nitens. Linn. sist. nat. ibid.
Carabus auratus. Linn. sist. nat.ïbid,
Carabus violaceus. Linn. ‘sist. nat. ibid.
Carabus cephalotes. Linn. sist, nat. ibid.
Carabus inquifitor. Linn. sist. nat, ibid.
Carabus fycophanta, Linn. sist. nat. ibid.
Carabus bupreftoides. Linn: sist, nat, ibid. Ir
Eure! D& au) fra li.
Carabus lividus. F7 nn. sist nat. 670.
Carat bus 12 argt natus. L'nrn. sist, nat. ibid.
Carabus compla Lie. nie nat, G$t. In
Hijp. ne.
Carabus crepi
Carabus PA 12
Carabus anbee Ales à Linh. sist. nat. ibid.
Carabus melanocephalus. Lis sist, nat. ibid.
Carabus vaporariorum. Linn. sist, nat. ibid.
Carabus latus. Linn. sist. nat, 672.
Carabus ferrugineus.-Linn. sist, nat, ibid.
Carabus germanus. Linn. sist. nat, ibid.
Carabus vulgaris. Linn. sist. nat. ibid.
Carabus cærulefcens. Linn. sist. nat. ibid.
Carabus cupreu , Linn, sist, nat, ibid.
scst, nat, ibid.
fade ist, nat. ibid.
. Carabus piceus, Linn. sist. nat. ibid.
Carabus velox. Linn. sist. nat. ibid.
Carabus multipunélatus, Linn. sist. nat. ibid.
Carabus 2 -punitatus. Linn. sist. nat. ibid.
L Se . es
. Carabus 4-p unctat us, Linn. sist. nät. ibid.
Carabus G-punclatus. Linn. sist. nat. ibid.
Carabus meridianus, Linn. sist. nat. 673
Carabus teflaceus. Linn. sist. nar. ibid.
Carabus uflulatus. Linn, sist, nat. ibid.
Carabus crux major. Linn. sist. nat. ibid.
Carabus crux minor. Linn sist. nat, ibid.
Carabus 4-maculatus. Linn. sist. nat. ibid.
Carabus atricapillus. Linn, sise, nat. ibid. 1
Germania.
SSI:
552.
L'EUROPE.
Carabus truncatellus. Linn. sist. nat, ibid.
Tenebrio-molitor. Linn. sist, nat. 674. In fari-
na , pane Jicco Jaccharato , Molendints.
Ténébrio culinaris. Linn. sist: nat. -67s. In frus
mentorum acer vis.
Tenebrio curfor. Linn. sist. nat. ibid, In Suecie
domibus.
T'enebrio erraticus. Linn. sist. nat. ibid,
Tenebrio pallens. Linn. sist. nat. ibid.
Tenebrio depreffus. Linn.-sist, nat. ibid. In Sue
CLa,
Tenebrio mirutus. Linn. sist. nat, ibid. Cepfalie.
T'enebrio quifquilrus. Linn. sist. nat, 676.
Tenebrio gigas. Linn. sist. nat, ibid. Tr Hif-
pania.
T'enebrio mortifagus, Linn. sist. nat. ibid,
T'enebrio muricatus. Linn. sist. nat. ibid.
T'enebrio gibbus. Linn. sist. nat. ibid.
T'enebrio RAT Linn. sist, nat, 657. In Hif-
paria.
T'enebrio roftratus. Linn. sist, nat. ibid.
T'enebrio linearis. Linn. sist, nat, ibid. In Suecia.
T'enebrio fpinofus. Linn. sist, nat, ibid.
T'enebrio caraboides. Linn. sist, nat, ibid.
Tenebrio rugofus. Linn. sist. nat. 678.
Tenebrio variabilis, Linn, sist. nat. ibid. In Gal.
la auftralr.
Tenebrio femoralis. Linn. sist, nat, 679.
Tenebrio flriatulus. Linn. sist. nat, ibid. In Hi
pania.
. Meloë pro ftarabæus. Linn. sist. nat. ibid. Edir
ranunculos , veratrum.
Meloë majalis. Linn. sist, eat. ibid. In Europa
auftralr.
Meloë veficatorius. Linn, sist, nat. ibid. In fra-
x1n0 ; liguftro , fambuco » JYringa.
Meloë 4-pundata. Linn. sist, nat, 680.
. Weloë bi-maculata, Linn. sist, nat. ibid.
Meloë Scheæfferi, Linn. sist. nat, 681. In Ger=
mania.
Meloë marc. Linn. sist. nat. ibid. Habitat col.
mariæ [uecorum.
Meloë monoceros. Linn. sist, nat. ibid. In Del-
phint & umbellatarum floribus.
Mcloë floralis. Linn. sist. nat. ibid. Ir floribus
cardui Europe,
Meloë antherina. Linn. sist. nat. ibid.
Mordella paradoxa. Linn. sist. nat, 682.
. Mordella aculeata. Linn. sist. nat. ibid.
Mordela humeralis. Linn. sist. nat. ibid.
Mordella frentalis. Linn. sist. nat. ibid.
Mordella thoracica. Linn, sist, nat. ibid.
Mordella flava. Linn. sist. nat. ibid.
. Staphylinus hirtus. Linn. sist. nat. 683.
Staphylinus murinus. Linn. sist. nat. ibid.
Step :ylinus maxillofus. Linn, sist. nat, ibid. Ia
S'ylvis
: Sraphylinus crytropterus. Linn. sist, nat. ibid.
Staphylinus politus. Linn. sist. nat. ibid.
; : Staph ylinus rufus. Linn. sist, nat. 684.
Sta phylinus lunulatus, Linn. sist. nat. ibid,
À lie riparius, Linn. sist. nat. ibid.
. Staphylinus obtufus. Linn. sist. nat, ibid.
P
Staphylinus lignorum. Linn. sist, nat. ibid.
Staphylinus filphoides. Linn. sist, nat. ibid.
Staphylinus fubterraneus. Linn. sist, nat. ibid.
. Staphylinus flavefcens. Linn. sist, nat. ibid.
Staphylinus elongatus. Linn. sist, nat, 68s.
ms
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2 tt
SA HR L
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B & Bb
PAS
\ —
°
LISTE DES INSECTES DE L'EUROPE
57
. Staphylinus 2 -guttatus. Linn. fiff. nat. ibid. 667. Nepa linearis. Linn, fist. nat. ibid.
. Staphylinus cantharellus. Linn. JE. nat. ibid. 668. Cimex neclularius. Linn. Jist, nat, 7rs,
. Staphylinus littoreus. Linn. fiff. nat. ibid. 669. Cimex fcarabæoides. Linn. fist. nat, 716. În ra-
. Staphylinus Janguineus. Linn. fifi. nat. ibid. nunculis.
. Staphylinus caraboides. Linn. fil. nat. ibid, G7o. Cimex lineatus. Linn. fist, nat. ibid. In Europa
. Staphylinus chryfomelinus. Linn. fist. nat, ibid, auftraliore,
. Staphylinus flavipes. Linn. fift nat. ibid. 671. Cimex fuliginofus. Linn. fist. nat. ibid,
. Staphylinus fufcipes. Linn. fiff. nat. ibid. 672. Cimex grylloides. Linn. Ji. nat. 7x7.
Staphylinus rufipes. Linn. fifé, nat. ibid. 673. Cimex littoralis, Linn. fife. nat. ibid.
. Staphylinus piceus, Linn. fist. nat. 686. C74. Cimex rugofus. Linn. fife. nar, ibid.
. Staphylinus boletus. Linn. fife. nat. ibid. In bole- 67s. Cimex clavicornis. Linn. fist, nat. ibid,
tis,abietinis. 676. Cimex corticalis. Linn. fist. nat, 718. În Europæ
. Forficula auricularia. Linn. fiff. nat. ibid. arboribus.
. Porficula minor. Linn. fiff. nat. ibid. 677. Cimex betulæ. Linn. fiff nat. ibid. In Betula
Blatta' lapponica. Linn. fist. nat. 688. In lappo- alba.
nie cafts. 678. Cimex filicis. Linn. fiff. nat. ibid. In flicibus.
Blatta germanica. Linn. ff. nat. ibid. 679. Cimex cardui. Linn. fi nat, ibid. In cardui ca-
Gryllis bulla bi-punüatus. Linn. fif nat. 693. pitules.
Gryllus bulla fubulatus. Linn. fifl. nat. ibid. 680. Cimex bidens. Linn. fist. nat. ibid,
Gryllus acheta gryllo talpa. Linn. Jul. nat. ibid. 681. Cimex rufipes. Linn. fist, nat, 719.
Gryllus acheta domeflicus. Linn. fifl. nat. 6 94. 682. Cimex marginatus. Linn. fiff. nat. ibid.
Gryllus acheta campeftris. Linn. ff nat. G9s. 633. Cimex puncatus. Linn. fife nat. 720.
Gryllus tettigonia viridiffimus. Linn. fifl. nat. G98. 6384. Cimex hæmorrhoidalis. Linn, fif. nat. ibid.
Gryllus tettigonia verrucivorus. Linn. JU£ nat.ïbid. 68$. Cimex grifeus. Linn. fist. nat. 721;
Merian. Infect, r. 176. 686. Cimex interffinatus. Linn. fifl. nat. ibid.
Gryllus locufta italicus. Linn. fifi. nat, 7or. 687. Cimex baccarum. Linn. fifé. nat, ibid.
Gryllus locufta ftridulus. Linn. if nat. ibid. 688. Cimex dumofus. Linn. Jifé. nat, ibid.
Gryllus locufla cæruleus. Linn. fift. nat. ibid. 689. Cimex juniperinus. Linn, fiff nat. 722.
Gryllus locufta apricarius. Linn. fift nat. 702. 690. Cimex prafinus. Linn. fiff nat. ibid.
Gryllus locufta viridulus. Linn. fift. nat. ibid. Got. Cemex morio. Linn. fist. nat, ibid.
Gryllus locufta bi-guttatus. Linn. fif nat. ibid. 692. Cimex oleraceus. Linn. fifl. nat. ibid.
Gryllus locuffa rufus. Linn. fif. nat. ibid. G93. Cimex bi-guttatus. Linn. fifl. nat. ibid.
Gryllus locujla danicus, Linn. fifl nat. ibid. 694. Cimex b1-color. Linn. fiff nat. ibid.
Gryllus locufta groffus. Linn. fifé. nat. ibid. 69$. Cimex ornatus. Linn. fist. nat. ibid.
Gryllus locufta pedeftris. Linn. fifi. nat. 703. 696. Cimex œflivus. Linn. fiff. nat. ibid, Ir Ger-
Fulgora Europæa. Linn. fifl. nat. 704. mania,
Cicada cornuta. Linn. fiff. nat. 70s. In carduis 697. Cimex ruber. Linn. ft. nat. 713. In Europe
falicibus. urticis,
Cicada aurita, Linn. fift. nat, 706. In Germania. 698. Cimex acuminatus. Linn. fist. nat. ibid.
Cicada bi-fafciata. Linn. fist, nat. ibid. 699. Cimex leucocephalus. Linn. fifl nat, ibid,
Cicada plebeza. Linn. fist. nat. 707. In Italia. 7oo. Cimex minutus. Linn. fif8, nat. ibid.
Cicada orni. Linn. Jist. nat. ibid. 7o1. Cimex perfonatus. Linn. fife. nat. 724.
Cicada fanguinea. Linn, fist. nat, 708. 702. Cimex trifafciatus, Linn. fifl. nat, 721$. In Ger-
Cicada coleoptrata. Linn. fist. nat. ibid. mania,
. Cicada fpumarta. Linn, fist, nat. 709. 703. Cimex femiflavus. Linn. fist. nat. ibid. In Suecia.
Cicada nervofa. Linn. fist. nat. ibid. 704. Cimex annulatus. Linn. fist. nat, ibid.
. Cicada leucophthalma. Linn. fist, nat. ibid. 70$. Cimex ater. Linn. fist. nat. ibid.
Cicada albifrons. Linn. fist. nat, ibid. 706. Cimex gotthicus. Linn. sist. nat. 726.
Cicada leucocephala. Linn. Jist. nat. ibid. 707. Cinex laniarius. Linn. sust. nat. ibid,
Cicada lateralis. Linn. fist. nat. ibid. 708. Cimex hyofciami. Linn. sist. nat, ibid. In Hyof-
Cicada ftriata. Linn. fist. nat. ibid. ciamo,
Cicada lineata. Linn. fist. nat, ibid. 709. Cimex equeffris. Linn. sist. nat. ibid.
Cicada populi. Linn. fist. nat. ibid. In populo tre 710. Cimex apturus. Linn. sist. nat. 727. In malva
mula. Jylveftri.
Cicada flavicollrs. Linn. fist. nat. ibid. 711. Cimex faxatilis. Linn. sist. nat, ibid. In Ger-
Cicada flava. Linn. fist. nat. ibid. mania.
Cicada interrupta. Linn. ff nat. ibid. 712. Cimex pabulinus. Linn. sist, nat. ibid.
Cicada vittata. Linn. fif8 nat. ibid. 713. Cimex Kalmu. Linn. sist. nat. 728.
Cicada lanio. Linn. fift. nat. ibid. 714. Cimex fuperciliofus. Linn. sist, nat,ibid. In Sue-
Cicada leporina. Linn. fifi nat. 7x1. Cia.
Cicada aurata. Linn. fist. nat. ibid. 7is. Cimex pratenfis. Linn. sist, nat. ibid.
Cicada Ulmi. Linn. fist. nat. ibid. In Ulmo. 716. Cimex campeftris. Linn. sist. nat. ibid.
Cicada rofæ. Linn. fist. nat. 712. In Rofa folus. x7. Cimex melanocephalus. Linn. sist, nat. ibid. In
Cicada coryl. Linn. fist. nat. ibid. In Corylo. Suecta,
. Notonedla glauca. Linn. fiff. nat. 712. In Europæ 718. Cimex hiftrionius. Linn. sist, nat. ibid.
aquis. 719. Cimex umbratilis. Linn. sist. nat. ibid.
Notoneüla ffriata. Linn. fist. nat. ibid. In aquis. 920. Cimex nemorum. Linn. sist, nat. 729.
Notoneüla minutiffima. Linn. fist, nat. In aguis. rar. Cimex crafficornis. Linn. sist, nat. ibid.
Nepa cinerea. Linn. fist. nat. 714. In aquis. 722. Cimex falratorius. Linn. sut. nat. ibid.
Nepa cimicvides. Linn. fist. nat. 1bid. In aguis. 723. Cimex 3- guttatus. Linn. sist, nat. ibid,
P
ES I e M M ie dE hs nn: à
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L
k A his aceto/æ.
; Aphis Tiliæ Europe.
à Aphis Jace
. Aphis betule. Linn. fifè nat.
. Aphis fa gi.
LISTE DES INSECTES: DE L'EUROPE.
Cimex arenarius. Linn. sist. nat, ibid.
Cimex pini. Linn. sist, nat, 729. In pinetis,
Cimex clavatus. Linn. SEE nat, ibid,
Cimex rolandri. Linn. sist, nat, ibid.
Cimex ferrugineus. Linn, sist, nat. 730
Cimex lævigatus. Linn. fie, nat. ibid. Je Suecia,
Cimex virens. Linn. fifl nat, ibid.
Cimex dolobratus. Linn. fife, nat, ibid. In feftuca
natante.
Cimex ftriatus. Linn. fifl nat.
peftris foliis. “
Cimex erraticus. Linn. ff. nat, 737.
Cimex ie, Linn. Ji. nat, ibid,
Cimex populi. Linn. fifl nat. ibid. In populo tre-
ibid. In Ulmi cam-
{117
mula.
Cimex Ulmi, Lin, [if nat. ibid. In Ulmo cam-
Peffrte
Cimex Jylveftris. Linn
1mex mutabilis. ins Bi
Cimex calcaratus. Linn. ff. é
Cimex abietis. Linn. fifl. nat. ibid. În pinu abiete.
Cimex lacuftris. PS Jih nat, ibid. În aquis
pacaits,
Cimex vagabundus. Linn. fifi. nat, ibid.
Cimex tipularius. Linn. fijE, hal:133
ribus.
Cimex coryli, Linn. Jy nat. ibid.
lana.
Aphis ribis. Linn. fiff nat. ibid.
Aphis Ulmi. Linn. fife rat, ibid.
pefére.
Aphis paflinace.
naca fativa.
Aphis fam 1buci. Linn. fif nat, ibid.
111970,
5
eo .
AL LÀ ILCCIA,
In arbo-
Tn corylo avel.
In ribe rubro,
In Ulmo cam
Linn. fifi. nat. 734. In pafti-
In fambuco
. Aphis rumicis, Linn. ff. nat. ibid. In rumicibus
lappathis.
Linn. fiff. nat. ibid. In rumice,
aceto{a , acetofélla.
Aphis lychnidis. Linn. fiff.
dioica.
nat, ibid. În lychnide
Aphis pad. + 2 nat, ibid. In pado.
Aplhus rofe.. Linn. fiff. nat. bi In. Rofis.
ADN nymphææ. Linn.-fifl. nat, ibid. In nym-
P! Les , potamogeton natante,
Se LS RS
Lainn. fifl. nat. ibid. In
Tilia Eu ropæa.
Aphis brafice, Linn. fift nat, ibid. In Brafica.
Aphis cracce. Linn. fife. nat. 73$. În vicia cracca.
Aphis laducæ. Linn. ff4 nat. ibid. In lacluca
oleracea.
Aphis fonchi.
raceo,
Linn., fiff. nat. ibid In foncho ole-
Aphis cirfii.
Linn. Sue.
arvenfr.
Aphis cardui. Linn. fifl. nat. ibid. In carduis.
ÆAphis tanacetz. Linn. Ju. nat. ibid. In T'anaceto
In férratula
nat. ibid.
vulgarti.
Aphis a LB] ynthix Zinn. fiff, nat. ibid. In artemi-
fia ab/ f; rnthi 10.
Linn, fifé nat. ibid. In centaurea
Jac éd,
. In Betula alba.
Aphis a In quercu
robore
roboris. For Jye. nat.
ann fifl nat. ibid. In fago [ylvatico.
Aphis quercus . Linn. ifE, nat. ibid. În corticibus
quel CUS,
" ,
, Aphi s Pine | [y rlve . Linn. fist. nat. 736
« F 71 7
iphis. falicis. Fe in ff nat, ibid. In S ME IS,
re 1pre a viminalr.
Si re - En ÉÉTE
TX
776
777:
: Aphis urtice
Aphis populi. Linn. ff nat. ibid. 1n-Populo
tremula.
Aphis tremulæ. Linn. fift. nat. ibid, Ia
tremula.
Aphis burfarie. Linn. fifl. nat, ibid, In Populo
721 Ser.
D 7
L'UPULO
. Linn. fist. nat. ibid. In Urtica.
Aphis aceris. Linn. fist, nat. ibid. În acere Pla-
tanoide.
Aphis atriplicis. Linn. fist. nat. ibid. Sub atri-
plicis folurs.
Aphis piflacie. Linn. fist. nat. 737. In Pistacia
vera , T'herebintho , lentifco.
In Gra-
Chermes graminis. Line Jist. nat. 1bid.
Nue præfertim in atra flexuofa.
Chermes Ulmi. Linn. fist. nat, ibid. Tntra folia re-
voluta Ulmi campestris.
Chermes cerastu. Linn. fist. nat, ibid. In foliis
cerastil vifcofi. |
Chermes pyri. Linn. fiff. nat. ibid. In pyrt com.
munis foliis.
Chermes forbi. Linn. fiff, nat. 739. In forbo au-
cuparia.
Chermes calthæ. Linn. ff. nat. ibid. In Calthe
palustris folurs.
Chermes buxi, Linn. Sy. nat, ibid,
folia.
Chermes urticæ. Linn. fist. nat. ibid. In foluis ur-
ticæ dioice.
Chermes betule. Linn. fist. nat. ibid. In Bctula
alba.
Chermes alni. Linn. fist, nat. ibid. In Betule alni
ramulis.
Chermes quercus. Linn. fist. nat. ibid. În quercus
foliis.
Chermes fagi. Linn. fiff, nat. ibid. In fagi [ylva-
ticæ foliis.
Chermes abietis. Linn. fifi. nat. ibid. In print abie-
ts apicibus.
Chermes [alicis. Linn. fiff. nat. ibid. In Salicibus
Verts.
Chermes fraxini. Linn. fiff. nat. ibid. In fraxino
excelfiore.
Chermes aceris platanoides. Linn, fifr nat, ibid.
In aceris platanoidis ramulis.
Chermes ficus Linn. jee nat que In fico carica.
Coccus hifpiridr um, Linn. fist. n ibid. {n arbo-
ribus citri, laurt, Gc.
Coccus guercus roboris.
quercu robore.
Coccus Pete ilicis. Linn. fist.nat. ibid. In Gallo
Provincie quercu coccifera.
Coccus À albæ. Linn. fist, nat. ibid. In be-
tula alba.
Coccus carpini. Linn. fist. nat. ibid. In carpino,
betula.
Coccus ulmi. Linn. fist.
JIntra Buxt
Linn. fist. nat, 740. In
nat, ibid. In Ulmo cam-
peftri.
. Coccus coryl. Lainn. fist, nat 74x. In corylo ave.
lana.
Coccus tilie. Linn. fist. nat. ibid. In Tilia Eu-
TOpæa.
Coccus rufei. Linn. fist. nat, ibid. In Myrto apu-
li; rufco.
Coccus capræ. Linn. fist. nat. ibid. În falicibus,
foliis hirfutrs.
Coccus falicis. Linn. fist. nat. ibid. In falicis her-
maphroditicæ cortice,
Coccus vitis. Linn. fist. nat. ibid. In vite vinifera.
Coc cus polontcus. Linn. fist, nat. ibid. In fcleran-
thi perennis radicibus.
808.
809.
810.
81r.
812.
813.
814.
815.
816.
817.
818.
810.
820.
825.
822.
823.
824.
825.
826.
D 37:
838.
839.
840.
847.
842
LISTE DES INSECTES DE L'EUROPE. s9
Coccus pilofelle. Linn. fist. nat. 742. In hieracii,
pilofelle radicibus.
Coccus uvæ urf. Linn. fist. nat, ibid. Adradices
arbuti uvæ urfi fub mufcis.
Coccus phalaridis. Linn. fist. nat. ibid. In grami-
num radicibus.
Coccus oxyacanthæ. Linn. fist, nat. ibid. In crate-
go oxyacantha.
Thrips phyfapus. Linn. fist. nat. 743. Spicas fe.
calis inanit.
Thrips minutiffima. Linn. fist. nat. ibid.
Thrips Juniperina. Linn. fist. nat. ibid. In juni-
perts.
Thrips fafciata. Linn. fist. nat. ibid. In floribus.
Papilio eques machaon. Linn. fist. nat. 750. Mer.
Europ. t. 94 6 163. In umbellatis & ruta.
Papilio eques podalirius. Linn. fist. nat. TSI.
Mertan. Europ.163. In braffica Europe auf-
tralis.
Papilio heliconit , ee Îlo. Linn. fist. nat. 74. In
fedo, Telephio , Sax sfr aga ; Cotyledone.
Papilio heliconit mnemo/ÿne. To. Jist, nat. ibid.
In Finlandia , Hun Lgaria.
Papilio heliconit cratægi. Linn. Jist. nat. 7$8.
Papilio danai brafficæ. Fr Jist. nat, 7s $9: ÎWer.
Europ. 1. L.11. In braffica.
Papilio danai rapæ. Linn. fist. nat. ibid. Merian.
Europ. 2. t, 39. In brafficis.
Papilio Fe napi, Linn. sist. nat. 76o. Mer.
Europ. 2. t. 39.
Papilio danai finapis. Linn. sist. nat. ibid. În
braffica & affinibus.
Papilo danai daplidice. Linn. sist. nat. ibid. In
Europa auftralr.
Papilio danai cardamines, Linn. sist. nat. 76%.
Merian. Europ. t. 181. În cardamine, braffica
campeftrt, T'hlafpi.
Papilio danai palrino. Linn. sist. nat. 764. In
pleride aquilino.
. Papilio danai hyale. Lin. sist. nat. ibid.
ue A
Papilio danai rhamni. Linn. sist, nat. 76<. In
rhamno.
Papilio danai hyperantus. Linn. sist, nat, 768.
In Gramine,
. Papilo n; ymphalis 10. Linn.sist. nat. 76). Ver.
7
Europ. v. t. 26. În urtica dioica , humulo.
Papilio nymphalis brifeis. Linn. sist. nat. 770.
In Germania.
Papilio nymphalis mæra. Linn. sist, nat, 771.
Merian. Europ. x. t. 27. f. 16 & 17. In Gra-
mine [ylvarum.
Papilio nymphalis œgeria. Linn. sist, nat. ibid.
In Europæ gramine.
. Papilio nymphalis ligea. Linn. sist. nat. 772. In
Europe f[ylvis.
. Papilio nymphalis galathea. Linn. sist. nat. ibid.
In gramine Cmonie es auftralioris Europæ.
Papilio nymphalis femele. Linn. sist. nat. ibid. In
S'ylvss.
Papilio nymphalis hermione. Linn. sist, nat. 773.
In Germania.
Papilo nymphalis dejanira. Linn. sist. nat. 774.
In rhamno alpino Germanie.
Papilio nymphalis jurtina. Linn. sist. nat. ibid.
In gramine.
Papilio nymphalis janira. Linn. sist. nat. ibid.
In S'ylvis.
: ie nymphalis cardut. Linn. sist. nat. ibid.
Merian, Europ. t. 116. t. 15.
2 SR em hr
843.
. 844.
84$.
846.
. Papilio plebeius arcantus
Papuio nymphalis iris. Linn. sist, nat. 77s. In
uercu Germanie.
Papilio nymphalis popul. Linn. sist. nat, 776.
In populo tremula.
Papilio nymphalis antiopa. Linn. sist. nat, ibid.
[n betula , [alice
Papilio nymphalis polychloros. Linn. sist. nat.
FAT Mérian. Europ. 2. t, 2. In pyro, cera-
Jo, Jalice.
Papilio nymphalis urtice. Linn. sist. nat, ibid.
Merian. Europ. 1. t. 44. In urtica.
. Papilio nymphalis C-album. Linn. sist. nat. 778.
Merian. Europ. x. t. 14. In Groffularia , hu-
mulo , urtica.
. Papilio nymphalis ne Linn. sist. nat. 779:
Merian. Europ. 91. In urtica urente.
P apilio nymphalis bille. Linn. sist. nat. 781.
In Germania.
. Papilio nymphalis camil Linn. sist. nat. ibid.
În lonicera cærulea Te
Papilio nymphalis rumina. Linn, sist, nat. 783.
In Europa auflral.
4 Papilio nymphalis levana. Linn. sist. nat. ibid. In
urtica dioica.
Papilio nymphalis prorfa. Linn. sist. nat, ibid,
ÎMerian. Europ. 88. În urtica dioica.
Papilio nymphalis lucina, Linn. sist. nat. 784.
Papilio nymplhalis maturna. Linn. sist, nat. ibid,
In corylo , erica » [cabiofà.
Papilio nymphalis cinxia. Linn. sist. nat. ibid. Ir
veronica , plantagine , trifolio , gramine.
. Papilio nymphalis dia. rh sist, nat. 785:
. Papilio nymphalis paphia. Linn. sist. nat. ibid.
In urtica.
Papilio nymphalis aglaja. Linn: sist. nat. ibid.
In viola tricolore.
Papilio nymphalis adippe. Linn. sist. nat. 786.
. Papilio nymphalis lathonia. Linn. sist. nat. ibid.
Merian. Europ. AE D $7-
Papilio nymphi ls eup hrofine ne, Linn, sist. nat. ibid,
Papilio nymplu alis niobe. EP sist, nat, ibid.
Papilo plebeius betulæ. Linn. sis. nat. FT In
Here la , RUE Jpinofo.
. Papilio plebeius pruni. Linn. sist, nat, 788. In
pruno domeflca.
Papilio plebezus quercus. Linn. sist, nat. ibid. In
quercu.
Papilio plebeius arion. Linn. sist. nat. 789.
Papilio PSS argus. Linn. sist, nat, ibid. Mer.
Europ. t. 143, 154.
Papilio ple rs argiolus. Linn, sist. nat. 790.
Papilio pleberus mx Linn, sist, nat, 791. In ru.
bo aculeato.
. Papilio plebeius pamphylus. Linn. sist, nat. ibid.
Merian. Europ. t. 134.
s. Linn, sist. nat. ibid.
Papilio plebeius phleas. em sist, nat, 793. Mer.
Europ. t. 164.
. Papilio plebeius es aureæ. Linn. sist. nat, ibid,
In folidagine, virgé aurcé.
6. Papilio plebaus Nu othoe. Linn. sist, nat. ibid.
. Papilio porn hero. Linn. sist. nat. ibid.
. Papilio plebeius comma. Linn. sist. nat. ibid. Mer.
Europ. t. 48.
. Papilio plebeius malve, Linn. sist. nat. 79$.. Mer.
ÆEurop. x. t. 38. In malva, althea.
. Papihio plebeius tages. Linn. sist, nat. ibid.
Sphinx ocellata. Linn. gist, nat. 796. Merian.
P ij
60 LISTE DES INSECTES DE LEVROPE
«ÿ
Erop. 2. t. 47. In fpiræa , falice, pomiferis 920. Phalæna bucephala. Linn. fift. nat. ibid. Merian
drupiferifque arboribus. EÉurop. 3. t. 41.
882. Sphinx populi Linn. ff nat. 797. Mer. Europ. 3. 921. Phalœna bombyx verficolora. Linn. ff. rat. 817.
£. 37. In populo, [alice rubra. 922. Phalæna bombyx mor. Linn. Jif8. nat, ibid. Mer.
883. Sphinx tiliæ. Linn. fff. nat. ibid. Merian. Eu- Europ. x. t. 1. Hofpitatur per Europam.
Top: 2, 424018 Ti 923. Phalæna bombyx populi. Linn, fil, nat. 818. In
884 Sphinx nerii. Linn. ff. nat. 798. populo, corylo, malo, pyro.
885. Sphinx convolvuli. Linn. fiff. nat. ibid. Merian, 924. Phalæna neuftria. Linn. fijt. nat, ibid. In arbo-
Infed. 39. 1. 7$. f. 2. t. 25. In convolvulo. ribus.
886. Sphinx liguffri. Liun. fifl nat. 799. Merian. 92$. Phalena bombyx caftrenfis. Linn. fiff. nat. ibid.
Europ. 124. In liguftro, fyringa, fraxino, Tn pilofella, jacea , alchemilla , euphorbia.
lonicera, fambuco , falice. 926. Phalœna proceffionea. Linn. fifl. nat. 819. In
887. Sphinx atropos. Linn. fift nat. ibid. In Jafmnino. quercu. À
888. Sphinx celerio. Linn. fift. nat. $8oo. In vite. 927. Phalæna bombyx caja. Linn. fift. nat. ibid. Mer.
889. Sphinx alpenor. Linn. fé, rat. 8or. Merian. Europ. 1.1, s$ & 160. In laduca , oleribus.
Tnfed, 2. 1, 33. f. 73. In epilobio anguflifo- 928. Phalæna bombyx hebe. Linn. fifl. nat. 820. In
lo, impatiente , vite, convolvulo. Germania.
890. Sphirix porcellus. Linn. fif. nat. ibid. Merian. 929. Phalæna bombyx villica. Linn. fifl. nat. ibid. Mer.
ï Æurop. 3. t. 22. In epilobio , impatiente. Europ. 1. t.6. In ulmo, urtica , alfine , mil-
891. Sphinx euphorbie. Linn. fiff. nat. 802. Merian. lefolio. à
ÆEurop. 223. In euphorbia , \galio. 930. Phalæna plantaginis. Linn. fiff. nat. ibid. In plan-
892. Sphinx pinaftri. Linn.\fift nat. ibid. In pino. . tagine, hyacintho , ulmo.
893: Sphinx fllatum. Linn. Jyf£. nat. 803. Merian. 931. Phalæna bombyx monacha. Linn. ff. nat. 82r.
ÆEurop. 2. t. 29. In galo , rubia. Jalice, quercu , malo, |
894 Sphinx fuciformis. Linn. fi. nat. ibid. In Lo- 932. Phalæna bombyx difpar. Linn. fiff nat. ibid. Mer.
nicera. Europ. 1,4 +8.:4n quercu , tilia , pomonæ ar-
89s. Sphinx apiformis. Linn. fiff. nat. 804. boribus.
896. Sphinx culiciformis. Linn. fift nat. ibid. 933. Phalæna bombyx chryforrhæa. Linn. fiff. nat. 822.
897. Sphenx vefpiformis. Linn. fiff. nat. ibid. Mertan. Europ. 1. p. 8. t. 20. În pomone ar-
898. Sphinx tipuliformis. Linn. fift. nat. ibid. boribus , quercu , alno.
899. Sphinx filipendule. Linn. fif. nat. 805. In Spi- 934. Phalæna bombyx falicis. Linn. fift. nat. ibid. Mer.
: Europ. 1.1, 30. În falicibus glabris, populo.
s. Phalœna bombyx medica. Linn. fiff. nat. ibid.
G. Phalæna bombyx rate gt. Linn, fif£. nat, 823. In
Cratægo.
ræa filipendula. :
900. Sphinx phagea. Linn. fiff. nat. ibid. In Germania. 93
: . : ee 0-7 apr
9o1. Sphinx ephialtes. Linn. fifi nat. 806. In Ger- 93
mania.
902. Sphinx faufla. Linn. fift. nat. 807. In Europa 937. Phalæna bombyx atra. Linn. fiff. nat. ibid.
auftralr. 938. Phalæna bombyx coryli. Linn. fif nat. ibid. In
903. Sphinx infaufla. Linn. fiff. nat. ibid. corylo.
904. Sphinx Jiatices. Linn. Jy£. nat. 808. 939. Phalæna bombyx furculus. Linn. fist. nat. ibid.
90$. Phalæna pavonia. Linn. fif. nat. 810. Merian, 940. Phalæna bombyx curtula. Linn. fist. nat. ibid. In
Europ. t. 13.23. În rofa, rubo , ulmo, cory- quercu , populo , falice.
lo, falice, pyro. 941. Phalæna boubyx anaftomofis. Linn. fist. nat. ibid.
906. Phalæna tau. Linn.fiff. nat. 8xx. In betula. In falice.
907. Phalæna mundana. Linn. fife. nat. 812. 942. Phalœna bombyx pudibunda. Linn. fist. nat. ibid,
908. Phalæna bombyx quercz folia. Linn. fif£. nat. ibid. Merian. Europ. 1. t. 47. În arboribus pomo-
Merian. Europ. x. t. 17. În falice, pruno nœ , corylo , quercu , fago.
fpinofa , pyro, gramine. 943. Phalana bombyx fafcelina. Linn. fist. nat: 825.
909. Phalæna bombyx ilicifolia. Linn. fif. nat. 813. Merian. Europ. t. 8. In leontodo , trifolio ,
910. Phalæna bombyx rubi. Linn. fifi. nat. ibid. In rubo , populo.
rubo , falice. 944 Phalæna bombyx antiqua. Linn. fist. nat. ibid.
911. Phalæna bombyx pruni. Linn. [if nat. ibid. In Ta pruno, tila , cratægo , alno.
pruno Germanie. 943. Phalæna bombyx gonoftigma. Linn. fist. nat, 826.
912. Phalæna bombyx potatoria. Linn. fiff. nat. ibid. 946. Phalæna bombyx tremula. Linn. fist. nat. ibid. In
Merian, Europ. 2. p. 27. t. 16. În gramine populo tremula.
Europæ auftraliorts. 947. Phalæna bombyx ceruleo cephala. Linn. fist. nat.
913. Phalæna bombyx pini. Linn. fiff. nat. 814. Mer. ibid. Merian. Europ. t. 9. In pomonæ arbo-
Tnfeë. t. 22. In pino. ribus.
914. Phalæna bombyx quercus. Linn. fiff nat. ibid. 948. Phalæna zicyac. Linn. fist. nat. 827. Merian.
Merian. Europ. 1. t. 10. In quercu , betula , Europ. t. 147. In falice.
pruno fpinofà , erica , falice. 949. Phalæna bombyx dromedarius. Linn. fist. nat. ibid.
WA 4 1$. Phalæna bombyx dumeri. Linn. fife. nat. Bts. In alno, betula , corylo.
41 916. Phalœna bombyx catax. Linn. fit. nat. ibid. 9$0. Phalæna bombyx coffus. Linn. fist. nat. ibid, Mer.
À à 917. Phalena bombyx laneftris. Linn. fiff. nat. ibid. Te Europ. t. 36. In ligno putrefcente.
| Fi tilia,, pruno Jpinofa, falice. . 9$1. Phalæna bombyx palpina. Linn. fist. nat. 828.
| 4 918. Phalœna bombyx vinula. Linn, fiff. nat. 81$. Mer. In falice.
Jet Europ. 3. t. 39. In populo , falice, quercu. 9$2. PhalϾna bombyx morio. Linn. fist. nat. ibid.
LL 1. 919. Phalæna bombyx fagi. Linn. fil nat. 816. In Vienne.
pt fago, corylo, betula. 953: Phalena bombyx purpurea. Linn. fist. nat. ibid.
\K Merian, Europ. 1.1, 6. In ribe.
* D _—— s té D pm 2 mm SI RTS rs + £ Des = - _ ct
LISTE DES INSECTES DE L'EUROPE. ; Gu
o$4 Phalena bombyx aulica. Linn. sist, nat. 829.
95 5:
956.
957
958.
959:
960.
961.
962.
963.
7
964.
965:
966.
967-
968.
969.
970.
971.
972:
213;
974.
275:
Ar:
979:
In cynogloffo > angelica , urtica ; gramine,
“...... boMmbyx lubricipeda. Linn. fist. nat ibid.
ÎWerian. Europ. x, £. 46. In quercu , atriplice,
urtica, peflulaca, :
«...... bombyx jota, Linn. fist. nat. 830.
....,. bormbyx ruffula. Linn. fist. nat. ibid, In
laüuca , fcabiofa.
no a THIN: Linn, fist. nat. ibid.
‘..... granumis. Linn. fist. nat. ibid, In gra-
mine,
....... bombyx luforia. Linn. fist. nat. 831. In
Germania.
Lo bombyx grammica. Linn. fist, nat. ibid,
Merian, Europ. 1. t. s. Îr abrotano , quercu,
fraxino.
«...... bombyx cribrum. Linn. fist, nat. ibid.
ss re DOMDYX celfia. Linn. fist nat. ibid. În
humulo,
... ... bombyx libatrix. Linn. fist, nat. ibid, In
glechomate , rofa, alice,
...... 0ombyx capucina. Linn, fist. nat, 832.
..s.... bombyx camelina, Linn. Jist. nat, ibid.
In tilia, malo, alno, betula.
...... bombyx Oo. Linn. Jist. nat. ibid. In
quercu.
....... 2odua @ftuli. Linn. fist. nat. 833. In
æfculo , alno , pyro.
.…..…... #0dua humulr, Linn. fist, nat. ibid. In
humuli radicibus.
....... Roua heëla. Linn. fist. nat. ibid.
AR TONER noua lupulina. Linn. fist. nat. ibid.
....... noua fylyvina. Linn. fist. rat. 824.
k À 34
....... n0dua vitis idee. Linn. fist. nat, ibid. In
vaccinio , vite idea,
....... noua dammula. Linn, fist. nat, 834. In
cynogloffo , fraxino, [alice
....... Aodua hera. Linn. fist. nat. ibid. In Ita-
la, Germania.
....... Anatronula, Linn. fst. nat. 83. Mer,
Europ. $8. In Germania.
...... nodua ancilla. Linn, ffst. nat. ibid, În
Germania.
...... AOua parthenias. Linn. fist. nat. ibid,
In Europa.
....... 20lua fuliginofa. Linn. fist. nat. 836.
Ja finapi , rapa, rumice, omphalode, gra-
LAIT
....... noua batis. Linn. sist. nat. ibid. Mer.
Europ. 3. t. 11. In rubo.
LS AA trapetzina. Linn. fist. nat. 836. Mer.
Europ. t. 11.
....... nodua ocularis. Linn. fist. nat. 837. In
Italia. |
Tera . Roua fanguinolenta. Linn. fist. nat. ibid.
In Europa auftrali.
....... 20@ua lucernea, Linn. fist. nat. 837.
+... nOua narbonea. Linn. Jist. nat. ibid.
In lufitania.
ET ARR noüua glyphica. Linn. fist. nat. 838. In
verbafco.
HR noua mi, Linn, sist. nat. ibid.
....... n0ua pallens. Linn. sist. nat. ibid.
.. nodua nivea. Linn. sist. nat. ibid.
*-..... A0@ua leporina. Linn. sist. nat. ibid, In
alno , falice.
HS CRE noûlua jacobee. Linn. sist. nat, 839.
Merian. Europ. 3. t. 28.
....... n0dua rubricollis, Linn. sist. nat: 840.
CCE RCE]
pr
Phalæna no%ua quadra, Linn, sist, nat. ibid, Ir
pinu quercu,
994 .+..... ROua complana. Linn. sist. nat. ibid,
995$:
"996.
297
998.
999
1000,
IQOI.
1002.
Ta quercu,
....... 20@ua fpon/a, Linn, sist. nat. 847. Mer.
ÆEurop. 2. t. 14. În quercu robore Germanie.
...... 20dua nepta, Bar. În falice vitellina
Germanie,
...... ROGua paëa, Linn, sist. nat.ibid, Mer.
Europ, 3. & 38. In falice, quercu.
DE nr nocua pronuba. Linn. sist, nat. 842
Merian, Europ. t, 49. In cheirantho , thlafpi,
fenecione , primula.
...... A0OGua paranyÿmpha, Linn, sist. nat. ibid,
In pruno Germanie.
....... n0ua fimbria, Linn, sist, nat. ibid, In
.
Germania.
neve JTaxint Linie sit rat. 343. Merian,
Europ, t. 46. In fraxino, populo.
..... AOuG chryfitis. Linn. sist. nat, ibid.
Merian, Europ. 1.1. 39. In galeopfide, men.
tha , urtica.
...... nodua gamma. Linn, sist, nat. ibid.
Mcerian, Europ. 82. In abrotano, borrgine,
la&uca , braffica , Jpinachia » M1AJOraRa.
Me «Po 10410 ctrcumflexa. Linn, sist, nat, 844
nocua interrogationis, Linn, sist, nat,
TT RUR nodua jota. Linn, sist. nat. ibid, In
Germania.
..... n0GUa fefluce. Linn. fife nat. ibid. Îz
fefluca fluitante.
++... Aoua meticulo[a. Linn. fifl. nat. 84s.
Mer. Europ. t. 24 Habitat in cheirantho ,
mercurialt , urtica.
-..... a0ua abfÿnthi. Linn. Jifé nat. ibid,
In abfÿnthio,
..... Aoûua alni, Linn. fifl nat. 845, Îr
alno,
..... nodua 1pfi, Linn. if nat, 846. Mer,
Europ. 3. L 42. In alno , corylo, quercu,
TLAIO , pericarta.
...... noûua chi, Linn. fifi nat. ibid. In a QUE
legia , delphinio , foncho.
... nodua aceris. Linn, fil. nat, ibid. In
acere , æfculo , juglande,
...... 2odua aprilina. Linn. fifi nat. 847.
RER noüua virens. Linn. fifé. nat, ibid, La
Germania.
...... nodua turca, Linn. fiff. nat. ibid,
.... fuditans, Linn. fifl. nat. ibid.
*..... perficariæ, Linn. fil nat. ibid. In po.
lygono , perficaria , nicotiana.
ne" OCT ludifica. Linn, fifr, nat, 848,
..... Aodua affinis. Linn. fifl. nat. ibid.
.. triptera. Linn® fist. nat. ibid, In lufi-=
tania,
...... diffinis. Linn. fifl nat. ibid. In lufi-
tania.
...... Occulta. Linn, fiff nat. 849.
....... n0ua perfpicillaris. Linn. ff. nat. ibid,
...... n0ûua confpicillaris. Linn. fif£. nat. ibid,
.. noua umbratica, Linn, fifi. nat, ibid,
In foncho.
...... nodua exfoleta. Linn. fiff nat. ibid, In
chinopodio , vulvaria , atriplice, pifo , cam
panula.
...... noûua putris. Linn. fiff. nat, 80,
SP orme
Éomnrees
‘ 1h
“62
1029.
1063.
1064.
106$.
1066.
1067.
1068.
1069.
1070.
1071.
1072.
ISTE DES INSE
é
Phalena ie verbafti. Linn. fiff nat. ie
Mer. Europ. 3. 1. 29. În verbafco , feroplu-
laria.
..….... nodua I-album.
Ta lufitania.
.. nodua exclamationis. Linn. fife. nat.xbid.
....... hodua comma. Linn. Jupe. nat. ibid.
.... nodua pleëla. Linn. jift. nat. 8s1.
rene ROC CET TIC Linn. fift. nat. ibid.
....... 2oûua gothica. Linn. fiff. nat. ibid.
eue A04UG pinaffri. Linn, fiff. nat. ibid. Zn
pino.
RSR Jir1g rilis. Linn, fiff. nat. ibid.
ES A ITOCRRE C-nigrum. Linn. fift. rat. 8 2.
sas 4 ROGUE brafice. Linn. fifi. nat. ibid.
....... RoGua rumicis. Linn. fift. nat. ibid. Mer.
Europ. t. 82. In rumice , foncho.
....... no@ua oxyacanthe. Linn. fifi.
Ia atriplice, oxyacantha , pruho fpinofa.
....... nodua vaccint. Linn. Jist, nat. ibid. Ta
vaccinio , vite 1dæa.
…..... n0ua myrtilli. Linn. fist, nat. 853. In
vaccinio uliginofo.
....... n0@ua plebeia. Linn. fist. nat. ibid.
....... noua hepatica. Linn. fist. nat. ibid.
....... nodua polyodon. Linn. fist. nat. ibid.
+ . nodua oleracea. Linn. fist. nat. ibid.
| Mer. Europ. 1. t. 43. In olerum radicibus, in
foliis pif, fabe.
...... aodua pifi. Linn. fist. nat. 8$4. In pi-
D fig genifla , jacobæa.
050 : ADO: AR iplicis,
In atriplice , rumice,
Sue noua præcox. Linn. fist. nat, ibid. Tr
| foncho.
....... #odua triplacia. Linn. fist. nat. ibid. Ir
oies lLumulo , urtica.
....... noûua fatellitia, Linn. fist. nat. 8$s.
Tr Germania.
....... noëlua tragopogonis. Linn. fi Jist. nat. ibid.
Tr tragopogone ” fpinachia , rumice , ferra-
tula aruenf,
....... nodua nigricans. Linn. fist. nat. ibid.
...... nodua tritici, Linn. fist. nat, ibid. In
tritici fpicis.
....... 20@ua polymita. Linn. fist. nat. ibid. Ir
raphano , fpinachia.
NU .. aodua pyramidea. Linn. fist, nat. 86.
Merian. Europ. 2. p. 23. t. 9.
Me nee PO C flavicornis. Linn. fifi. nat. ibid.
In Suecta.
Linn. JU. nat. ibid,
nat. ibid.
Linn. fist. Aat, ibid.
HET . noua leucomelas. Linn. fifi nat. ibid.
PTS de noëua bimaculofa. Linn. fifl. nat. ibid.
de Gua e noua pare Linn. fifé nat. ibid.
Merian. Europ. 2. t. 49.
“veu r ROC lypica. Linn. fist. nat.8$7. Mer.
Europ. t. 81. In falice.
SLR nodua lucipara. Linn. fist. nat. ibid.
....... nodua delphinii. Linn. fist. nat. ibid.
In delphinio.
....... 20o@ua citrago. Linn. fist. nat. ibid. In
pad, Jalice.
,.. noûua falvago. Linn. fiff. nar. 858.
....... a20dua depunda. Linn. fist. nat. ibid.
....... 20@ua litura. Linn. fist. nat. ibid.
....... 20ua retufa. Linn. fist. nat. ibid.
....... geometra ladearia. Linn. fist. nat. ibid.
....... geometra vernaria. Linn. fist. nat. ibid.
....... geometra putataria. Linn. fist. nat. 8<9.
CTES/DE
I 073
I 074
107$.
1076.
1077.
1078.
1079.
EURDOP
Phalæna geométra ffriataria. Linn. fiff nat. ibid,
geometra vibicaria, Linn. fifi. nat. 1b1d,
geometra thymiaria. Linn. fit. nat. ibid.
. georretra punüarta. Linn. Jist. nat, ibid.
.. geometra amatarta. Linn. fifl. nat. ibid.
se quercu.
RTS A Linn. fit. nat. ibid.
es betula alba, alno.
de 25 BÉOUIELTR Jambucaria. Linn. JU. nat.
| So. In fambuco.
…..... geometralacertinaria. Linn. fi if. nat. ibid.
In quercu , betula.
....... geometra alniaria. Linn. fiff. nat. ibid.
In ve
d MES geometr. 21 Jÿringarta. Linn. fifi. nat. ibid.
In fyringa, Jafmino.
....... geometra dolabrarta.
861. Fe quercu.
: ... geometra prURaTIA.
‘In prune fpinofs.
....... geometra pennarta. Linn. ff. nat. ibid.
. geometra pintaria, & tilarta, Linn.
“ff nat, ibid. In pinu , betula.
....... geornetra elinguaria. Linn. fiff. nat. 862.
Ir Rpyre
ve . geometra malanaria. Linn. fift. nat. ibid.
sa . geometra maculata. Linn. fi. rat. ibid.
PARENTS
....... geometra atomaria. Linn. fifi. nat. ibid.
In tilia.
veometra pulveraria. Linn. fifi. nat.ibid.
. geometra fafciaria. Linn. fifi nat.ibid,
....... geometra betularia. Linn. fifl nat. ibid.
‘In betula, ulmo, rofa , falice.
geometra pantaria. Linn. fifl. nat. 863.
....... geometra wavaria. Linn. fif nat. ibid.
In grofüularia , ribe , rubro.
....... géometra purpurea. Linn. fist. nat, 864.
In quercu , pruno [pinofa.
....... geometra profaptaria. Linn. fist. nat.
1bid.
....... pufarta, Linn. fist. nat. ibid. În alño,
betula alba.
....... geometra vefpertataria. Linn. fist. nat.
CE 4 lufitania.
....... geometra papilionaria, Linn. fist. nat.
id FA thymo.
«ss... geometra Viridata.
In quercu , ox yacantha.
....... geometra margaritata. Linn. fist. nat.
si F4 Germania.
...... geometra notata. Linn. fist. nat. 866.
Re PS geometra porata. Linn. fist. nat. ibid.
....... geometra rependata. Linn. fist. nat. ibid.
. geometra dubitata. Linn. fist. nat. ibid.
....... geometra emarginata. Linn. fiff. nat. ibid.
4 geometræ cherophyllata. Linn. fist. nat.
Er Ta cherophyllo fylvejtri.
....... geometra clathrata. Linn.fist. nat. 867.
Re Lo geometra undulata. Linn. fist. nat. ibid.
Pres ») caprea.
ur geometra groffulariata. Linn. fiff. nat.
ibid. Merian. Europ. x. t. 29. In ribe groff[u-
laria , amygdalo.
....... geometra crattgata. Linn. fifi nat. 868.
In oxyacantha., cratægo.
TE geometra populata. Linn. fift. nat. ibid.
In populo.
RARE 2 geometra bilineata, -Linn. fift. nat. ibid.
In Suecia.
CRC
Linn. fifl nat.
Linn. fifl. nat, ibid.
.....
Linn. fist. nat, 86.
PR
III
FAR
1116.
XIE?
TTTU
LTE9
1120.
1T2r.
1122:
H123.
LISTE DES INSECTES DE L'EUROPE, 63
Phalæna geometra chenopodiata. Linn. ffE nat.
868. In chenopodio.
....... geometra comitata. Linn. fist. nat. ibid,
....... geometra plagiata. Linn. Ji. nat, 869.
....... geometra miata. Linn. [if nat. ibid. In
vitUs.
....... geometra prunata. Linn. fifé, nat. ibid.
In pruno , ribe,
is ge0metra crijlata.. Lin fist. nat, ibid.
In Rue
....... geometra alchemillata. Linn. ff. nat.
ibid. In alcheruilla.
...... geometra haftata. Linn. fist, nat, 870.
In Suecia. :
... geometra albicillata. Linn. fist, nat. ibid.
0 Mers
...... geometra dealbata. Linn. fist. nat, ibid,
In Germania.
....... geometra marginata, Linn. fist, nat. ibid.
In corylo.
....... geometra ocellata, Linn. Jist. nat. ibid.
pus geometra fluéhuat a, Linn. fifl nat. 871.
pe Europ. t. 120. Ïn arboribus variis.
à . geometra juniperata. Linn. fifl. nat. ibid.
| In junipero.
...... geometra fordiata. Linn. fiff. nat. ibid.
In lufitania.
vs... geomctraincarnata. Linn. fist. nat. ibid.
....... geometra immutata, Linn. fist. nat. ibid.
sh des géometra immorata, Linn. Jif£. nat. ibid.
....... geometra remutata. Linn. 1f£. nat. 872.
geometra fuccinturiata, Linn. ff nat.
ibid. ie
.…..... geometra férigilata Linn. JE. nat. ibid.
....... geometra didymata. Linn. fist. nat. ibid.
....... geometra reclangulata. Linn. fift nat.
‘ibid.
....... geometra ocellata. Linn. fiff nat. ibid.
....... £eometra urticata, Linn. TE nat. 873.
In urtica , & hortis pomme.
....... geometra limbata. Linn. fifi. nat. ibid.
In Germania.
: ... geometra nympheata. Linn. fist. nat.
UE rs nymphea , lemna.
...... geometra potamogata, Linn. fist. nat.
ibid. x potamogatone natante.
....... géometra ftratiotata. Linn. fist. nat.
ibid. In ffratiote aloïide.
……..... geometra paludata. Linn.sist, nat. ibid.
In lufitania.
....... geometra lemnata. Linn, sist. nat. 874.
Ia lemna.
....... geometra cingulata. Linn. sist. nat. ibid.
....... geometra brumata, Linn. sist. nat. ibid.
Ta pomone floribus.
...... geometra cereana. Linn. sist. nat, ibid.
In apum alvearibus.
....... geometra fafciana. Linn. sist, nat. 87$.
ses... geometra uncana. Linn.'sist, nat. ibid.
nee à à à prafinana. Linn. sist. nat. ibid.
In alno, quercu.
....... tortrix viridana. Linn. sist, nat. ibid.
In quercu.
....... tortrix clorana. Linn. sist, nat..876.
In falicibus hirfutis.
....…... tortrix litidana. Linn. sist. nat.ibid. In
Germania.
..….... Cortrix 70egana. Linn. sist, nat. ibid.
...... tortrix humana. Linn. sist, nat. ibid.
I1$7:
1158.
1159.
I160.
TIGI.
1162,
1163.
1164.
116$: .
1166.
1167.
1168.
1169.
1170.
TI171I.
1172.
1173.
1174.
117$.
1176.
1177.
1178.
1179.
1180.
118r.
1182.
102.
Q ,
1184
119$.
1186.
1187.
1198.
1189.
1190.
IT9I.
1192.
1193.
1194.
119$.
1196.
1197.
1198.
F199
1200.
Phalena tortrix Kkakeritziana. Linn, sist. nat.
ibid,
.….... cortrix oporana. Linn. sist, nat, ibid,
In malo.
…...... tortrix rofana. Linn. fifi. nat. ibid, Mer.
Europ. 1. t. 19. În rofa , berberide.
....... Cortrix gnormana. Linn. Jife. nat. ibid.
in ON OUTRE xylofeana. Linn, fiff nat, ibid,
“Ja xylofleo , malo.
fase é0tériX ârcuand, Linn. ff nat, 877.
....... tortrix avellana. Linn. Je nat. 1bid,
Ja corylo, pyro.
....... tortrix americana, Linn. fiff.nat. ibid. In
ee
... tortrix picæna. Linn. fiff. nat. ibid. In
| pini ; folrs.
RTE SOL PL miniférana. Linn. fif8. nat. 1bid.
…..... tortrix lechereana. Linn. fiff. nat. ibid.
In pado.
....... tortrix branderiana. Linn. fif nat,
ibid.
..... tortrix chriffiernana. RE nat, ibid,
...... tortrix forefskäleana. Linn. Jiff. ‘nat,
878. In rofa.
:...... cortrix lœflingiana.-Linn. fiff. nat. ibid.
....... tortrix hartmanniana.. Linh. fifl nat,
ibid,
....... cortrix bergmanniana. Linn. fift nat.
1bid,
se RE tortrix holmiana. Linn. fif. nat. rar
In pornonæ arboribus.
lu nes LOTIR landriana, Linn. fiff. nat. ibid.
...... tortrix folandriana. Linn. fif£. nat. ibid.
in tort ie hoftiana. Linn. Jije, nat. ibid,
“Th falice.
sc. tortrix Wahlbomiana, Linn. if. nat,
879. |
…...., tortrix lediana.: Linn: Jyff. nat. ibid.
TS CAR tortrix alftræmeriana. Linn. JfE. nat,
ibid.
....... tortriX fchræberiana, Linn. Je. nat,
ibid.
....... tortrix logiana. Linn. fifi. nat. ibid,
..... tortrix govana. Linn. Jifé. nat. ibid.
ARTE tortrix brunnichana. Linn. JyE. nat,
880. In Suecia.
.-..... tortrix pariana. Linn. if. nat. ibid.
..... tortrix modertana. Linn. fife nat, ibid.
....... tortrixuddmanniana. Linn. fi fie. nat. ibid.
....... fortrix cruciana. Linn. fife nat. ibid.
....... tortrix pupillana. Linn. fut. nat. ibid.
...... tortrix heracliana. Linn. Jyff. nat. ibid.
In umbellis plantarum.
.. pyralis farinalis. iLinn. fiff. nat. 38.
AP EU pyralis g olaucin alis. Linn. fifé. nat. ibid,
étre » SANS brbale 1 Linn. fifé. nat. ibid.
...... pyralis tentacularis. L Linn. fif. nat.ibid.
....... pyralis probofcidalis. Linn.fiff. nat. ibid.
<. . pyralis roféralis. Linn. fifl nat. ibid,
Te eurpino humulo.
Ac pyralis fülphuralis. Linn. fiff nat. ibid,
...... pyralis forficalis.. Linn. fift. nat. 882.
In Prec,
. pyralis urticalis. Linn. fiff. nat. ibid.
“AE4 urtica.
MTS pyralis pinguinalis, Linn. J{£. nat. ibid.
In pinguinibus , but Cyro.
es pyralis frumentalis. Linn. fif£. nat, ibid,
Ta agris tritico confitis.
Q ÿ
# ST er 2 nr y
en
Ga
I202,
T213.
ee LS
si pose sine SEE
Phalæna pyralis fecalis. Linn. fife nat. 382
tra fecales culmos.
RER pyralis fanguinelis. Linn. fifi. nat. ibid.
ER . pyrals reticul laris. Linn. is nat. 083.
eee … pyralis Puene alis. Linn, fifl nat. ibid.
: pyralis duplarts. . nn. fif£. nat. ibid.
pyralis gelatella. LIL, JU. nat. ibid.
In cærophyllo [ylveftri.
AE tinea Joc elle. Linn. fifi nat. ibid. Ir
fanis apis lapidarie.
tinea colonella. Linn. fifl. nat. ibid.
SN ELLE pujiel la. Linn. ff nat, 384. Ta
Germariia.
tinea pulchella. Linn. ft, nat, ibid.
inea evonymella. Linn. Jife. nat. 385.
In eyonymo, pado ,
ibid. In
"7. 0€
......
.
Merian. Tnjed:2.-E,2,
Jorbo, Ec.
Linn. fife. nat.
.. tinca padella.
Linn. fifé nat. ibid.
arboribus pomonæ.
RARE tinea fequella.
Linn. fifl nat, ibid.
tinea cratægella.
In oxyacantha.
...... tinea trrorella. Linn. fiff nat. ibid.
...... tinea lutarella. Linn. fif. nat. 886.
NAN tinea mefomella. Linn. fit, nat.ibid. In
Germania.
LS PS tinea oyacanthella, Linn. Jy£. nat. ibid.
Te cratego, oyac antha.
.... tinca pine gella. Linn. fiff. nat. ibid. In
pinetella , in pinetis.
...... tinea pafcuella. Linn. fiff. nat. ibid. In
pafcuis.
tinea pratella. Linn. fiff. nat. ibid. In
pafcurs.
tinea culmella, Linn. Ji. nat, ibid. In
pafcuis.
A ne tinea rorella. Linn. fiff. nat. ibid. In
Re a ur tinea carnella. Linn. fifi. nat. 887. In
lxfitan a.
....... tinea nemorella. Linn. fiff. net. ibid. In
xy lofteo.
AR A CE tinea unguicella. Linn. JE. nat. ibid.
QE -. tinea ramella. Linn, fist. nat. ibid. In-
ÎTA Tarr0s quercus,
....... tinea falcella. Linn, fist. na
falice.
ae CN UTLEZ cynosbatella.
In ro/æ 8 L'eMMULS.
.... tinea fœnella. Linn. Jist. nat, 888.
t, 1bid. In
Linn. fist, nat. ibid.
FSI tinea veflianella, Linn . fist, nat. ibid. In
efimentis.
DS ee tinea tapetzella. Linn. fiff. nat. ibid. In
tapetibus pallibus.
RCE à tinea pe ellionella. Linn. fiff, nat. ibid. In
veflimentis pillofis.
AREA ARS tinea farcitella. Linn. Jye nat. ibid. In
ve RS:
..... tinea nifella. Linn. Ji. nat. ibid.
SE cÉPRE mellonella. Linn. Ju. nat.ibid. In
apum alvearibus.
fs RE tnea cucullatella. Linn. fif. nat. 880.
In forbo.
STD tinea granella. Linn. fifi. nat, ibid. In
frumentorum granarils.
re tinea lappella. Linn. fiff. nat. ibid. In
archi capitulrs.
A .. tinea proletella. Linn. fifi. rat.ibid. In
braffica , chelidonio, & quercu.
De Poe tinea arbeells, Linn. fft nat, ibid. In
uva urfi,
INSECTES DE
L'EUROPE.
. Phalena tinea vilella. Linn. ff. rar. 890.
1242
rs 44 …..... tinea uffella. Linn. fift. nat. ibid. à
PS CHROME re parenthofella. L:nn. Jif£. nat. ibid,
RUUMORERN .. tinea elongella. Linn. Jifè. nat. ibid.
ITA revente tinea punclella. Linn. fe, nat, ibid. In
pomerts.
1248. ...,... tinea bicoftella. Linn. fiff. nat. ibid.
IC PROPRES
25 Ts, se
tinea tetrapodella. Linn. fiff nat, ibid.
In cera/o.
$0. ....... tinea xyloftella. Linn. fiff. nat.ibid. In
lonicera xylofteo , in cheranthi floribus.
tinca cinerella. Linn, {Je -nat. 891. In
populo.
1252. ....... tinea leucatella. Linn. fif. nat. ibid.
12$3 ....... tinea cineralla. Linn. fif. nat. ibid,
1234 ......, tinea trigonella. Linn. fifé nat. ibid.
CR LL Pere RAR tinea rhomboidella. Linn. fr nat, ibid.
In fylvis.
ca) RNA NEER tinea tertianella. Linn. ff. nat. ibid.
FN FORTIS tinea [cabrella. Linn. Jist. nat. ibid.
A re Le tinea afperella. Linn. fiff. nat. ibid.
Late ire tinea ferratella. Linn. fit. nat. 892. In
pyri foliis.
1260. ....... tinea populella. Linn. fiff. nat. ibid. In
populo.
DAT ALES
1462, 00
TAÉbRinie se ».e
tinea mercurella. Linn. Jif. nat. ibid.
F2 ASS HER pomonella. Linn. fifl nat. ibid.
Intra poma pyri.
.…. tinea ftrobilella. Dinn. fifl. nat. ibid. In
abietis fer obulrs.
AAA TS tinea turionella. Linn. ff. nat. ibid,
Tatra pini turiones.
cinea dodecella. Linn. fifl nat. ibid.
À 1. RAS tinea cambrella. Linn. Jy£ nat. ibid. In
pino [ylveftri.
ÉD AR ESS tinea refinella. Linn. Jif. nat. ibid. In-
tra refine g olomerem.
RL. RER tinea tϾdella. Linn. fifi. nat. 893. In
biete,
LEE TE tirea juriperella. Linn. fiff. nat. ibid. In
Junipero.
1270. ....... inea fufcella. Linn. fiff. nat. ibid. In
domibus.
RAR 5 Go . tinea minutella. Linn. fiff. nat. ibid.
LV 2 MP tinea corticella. Linn. fif£. nat. ibid.
LS OR . tinea [ylvella. Linn. fist. nat. ibid. Up-
Jalia.
tinea gemmella.
Tntra quercus folia.
Linn. fist. nat, 894.
127$. ....... tinea bracklla. Linn. fist. nat. ibid.
LE tinea arifiella. Linn. fist. nat. ibid. In
luficania.
RS .. tinea caudella. Linn. fist. nat. ibid. In
lufitanta.
1270. ....... tinea capitella, Linn. fist. nat, ibid.
OT ES d'a tinea porrecella. Linn. sist. nat. ibid,
Er 4: le POLE ANEARE tinea pedella. Linn. fist. nat. ibid. In
alri foliis.
THIS SMS tinea argentella. Linn. fist. nat, 89<. In
&aDtiete.
SE ASE A die calchella. Linn. fist. nat. ibid.
RCE RE inea petiverella. Linn. fist. nat. ibid. In
gun
TA ur rc tinea [irammerdamella, Linn, fist. nat,
ibid.
Pa tinea reaumurella. Linn. fist. nat. ibid.
TI TR UR tinea degeerella. Linn. fist. nat. ibid. In
Suecia.
1287. ....... tinca fultzella, Linn. fist. nat. 806.
Mi bei
YU) V9 & Go
YU) V9 LU) Lys
LISTE DES
. Phalena tinea podaella, Linn. fiff. nat. 896. In
S'uecta,
.:..... tinea robertella. Linn. fift. nat. ibid.
....... tinea geoffrella. Linn. Je. nat. ibid. Ir
Germania. à
....... tnea mouffetella. Linn. fist, nat. ibid,
“ve tire lifièrella. Linn, fist, nat. ibid,
...,... crea frifchella. Linn. fist, nat, ibid,
...... dinea fcopolella. Linn. fist, rat, ibid.
Sue
tinea albinella. Linn. fist. nat 877.
M: . tinea gœdartella. Linn. fist, nat, ibid.
A PT
...... tinea leuvenhækella. Linn. sist. nat.ibid.
., tinea merianella. Linn, sist, nat, ibid.
Fr pruno , pado.
tinea wilkella. Linn. sist. nat. ibid.
tinea lyonnetella, Linn, sist, nat, ibid.
tinea bonnetella, Linn. sist, nat. ibid.
tinea inengiella, Linn. sist. nat. ibid.
: tinea féhefferella. Linn, sist, nat. 898.
dd fagi foliis.
tinea rhediella, Linn, sist, nat. ibid.
…... tinea ræfella. Linn, sist, nat. ibid. In
mali & abietis foliis.
tinea linnella. Linn. sist. nat. ibid, In
pomartis.
tinea rajella. Linn. fiff nat. ibid, 1n
alni foiris.
..... tinea brunnichella. Linn. Jif. nat. ibid.
In lufitania.
tinea harrifella. Linn. fifi. nat. 899.
....... tinea clerckella. Linn. fist. nat. ibid. In
Secta.
....... tinea occultella. Linn. fiff nat. ibid.
,.:.. tinea lichenella. Linn. fift. nat. 1bid;
....... tinea monodayla. Linn. fif. nat. ibid.
AE. red didacyla. Linn. fift. nat, ibid. Ir
convolvulo , geo rivalr.
....... tinea trida@yla. Linn. fiff. nat. ibid.
FAR San teferadadyla. Linn. fiff. nat. 900.
tinea tetradactyla. Linn. fifé nat. ibid.
. tinea pleroda) la. Linn. fiff nat. ibid.
tinea pentadayla. Linn. fife, nat, ibid.
In Suecia.
ent lineahexa ayla. Linn. fifi nat. ibid.
In lonicera x yloffco.
. Libellila 4+maculata. Linn. fiff nat. 907,
Libellula faveole. Linn. fift. nat. ibid.
Libellula vulgata, Linn. UE. nat. ibid.
. Libellula rubicunda. Linn. fifé nat. 902.
Libellula depref]a. mL nat. ibid.
. Libellula vulgatiffim a. Linn. fifl. nat. ibid
Libellula canullata. Linn. Jif£. nat. ibid.
Libellula ænea. Linn. Ji. nat. ibid.
. Libellula grandis, Linn, fi JYE nat. 903:
’ Libellula juncea. Linn. fist, nat. ibid.
. Libellula forcipata. Linn. jee nat. ibid.
2 Libellula virgo. Linn. fist. nat In Europe
UVLIS,
. Libellula puella. Linn. fist. nat. 90. MWerian,
Europ, 78, t. 156.
Ephemera vulgata. Linn. fist. nat. 906.
aquis.
. Ephemera lutea. Linn. fist, nat. ibid.
. Ephemera marginata. Linn. fist. nat. ibid.
Ephemera vefpertina. Linn. fist. nat. ibid.
Ephemera bioculata. Linn. fist. nat, ibid.
aquofis,
In
In
…_.....
verse
....
CRC
In
Ja
INSECTES DE L'EUROPE
1339
1340.
_.
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me
1344:
1345:
1 346.
1347
1348. À
1349:
1350
ST,
1352.
1353:
1354
1355:
1356.
1397:
1359.
L
= bi
GS Lo U Go
ee
. Phryganca
, Hemer Ed albus.
. Hemerobius phalæenoides.
. Hemerobius kirtus. Linn. fist. nat. ibid.
. Panorpa communis. Linn. fist. nat.
. Panorpa germanica. Linn. fist. nat.
. Panorpa hy emalis. Linr. fist.
. Panorpa coa.
Ephemera afcata. Linn. fist. nat. 907
Ephemera nigra. Linn. fist. nat. ibid,
Ephemera culiciformis. Linn. fe. nat. ibid.
Ephemera horaria. Linn. Jist. nat, ibid, 1n aqui 18,
Ephemera Jirtata a, Linn. fist. nat. ibid.
Ephemera diptera. Linn. fist. nat. 1bid.
Phr yennee bi-caudata. Linn. ff. nat. 908. În
ie a guofis.
Phrygance rebulofa: Linn. fifl nat, ibid.
Phr, ganea phai lænotc Fe Linn. Ji. nat. ibid
Phryganca reticulata. Linn. fifé nat. ibid.
Phryganea firtata. une nat. ibid.
P'AyEaE grifea. Linn. Jif£ nat. 906.
Phryganea grandis. Linn. fifé nat. ibid.
Phryganea rhombica. Linn. fift. nat. ibid.
Phryganea bi-maculata. Linn. fiff nat. ibid,
Phryganea Jlavilatera. Linn, fifé. nat. ibid.
Phryganea nigra, Linn. fiff. nat. ibid.
Phryganea aqurea. Linn. ie ibid.
Phryganea ciliaris. Linn. fifl. nat. 910.
Phrygancà marginata. Linn. ff nat. ibid, În
Suecta,
Phryganea
Pr "yganea
Phryganea
nat.
longicornis. Linn. fifl. nat. ibid.
filofà . Linn. fift nat, ibid. In Suecia.
W ænerti. Linn. fift. nat. ibid,
albifrons. Linn. fist. nat. ibid. In
SuLeCLa.
Phryganea bilineata. Linn. fist. nat. ibid.
- Phryganea fufca. Linn. fist. nat. ibid.
. Phrygane a. fav Linn. fist. nat. ibid.
Phryganea umbrofa, Linn.
aqua Sy
fist. nat, ibid. Ad
. Phryganea minuta. Linn. fist. nat. 911.
. Phryganea faltatrix. Linn. fist. nat. ibid.
. Hemerobius perla.
Linn, fist. nat, ibid.
Europ. 3.t. 8.
Linn. fist. nat, ibid.
Hemerobius chryfops. Lin. Jist. nat, 912.
ZLinn. Jist. nat, ibid,
Hemerobius humuli. Linn. fist. nat, 1bid.
. Hemerobius paganus. Linn. fist, nat. ibid.
Hemerobius fex-punéatus. Linn. Jist. nat. 913:
Hemerobius flavi ans. Linn. fist. nat. ibid.
Hemerobius lutarius. Linn. Jufe. nat. ibid.
Hemerobius pedicularius. Linn, JE nat. ibid.
Myrmeleon libelluloïdes. Linn. fife nat. ibid. In
Europa auftral.
Myrmeleon lôngicorne. Linn. ff. nat. 94. In
Europa aufir ali,
. Myrmeleon formicarium. Linn. fist. nat. ibid.
915:
ibid.
, nat, ibid.
Linn. fifl nat, ibid. În Hifpa-
nid.
Raphidia Mer pfis.
L:
Linn. fist, nat. 916.
Cynips rofa. À Linn. fist. nat, 917. In Bedaguar
rat
Cynips hieracit. Linn. fist. nat, ibid. In hieracii
murorum guila.
Cynips glechomeæ. Linn. Jist. nat. ibid. In gle-
chomæ hedereæ gallis.
Cynips quercüs baccarum.
In gallis foliorum quercus
Cynips quercus folii. Linn. fist. nat: 918. In
gallis folkorum quercus.
Cynips quercus inferus. Linn. fist, nat, ibid, În
gallis foliorum quercüs,
Linn. fist, nat. ibid
RE
66
1394-
1395*
1396.
1397:
1398.
1399.
1400.
1401.
1402.
1403.
1404.
140$.
1406.
1407.
1408.
1409.
1410.
IA4II.
1412.
1413.
1414.
4TS.
1416.
1417.
1418.
1419.
1420.
LISTE DES INSECTES DE L'EUROPE.
Cynips gquercus petioli. Linn. fist. nat. ibid, In
quercus, petiolo.
Cynips quercus pedunculi. Linn. [if nat. ibid.
In quercus floribus.
Cynips quercus corticis. «Linn, [if nat. ibid.
Cynips quercus ramuli, Linn. ff. nat. ibid.
Cynips quercus gemmæ. Linn. fifl. nat. 919.
Cynips fagi. Linn. fifl nat. ibid. A
Cynips viminalis. Linn. fif. nat. ibid. In falicis
viminalis foliis.
Cynips capreæ. Linn. fiff. nat. ibid. In falicis
gallis.
Cyaips falicis ffrobili. Linn. fiff nat. ibid. Ir
Jalcis glabræ apicibus.
Cynips amarine. Lin. fifl. nat. ibid. In falicis
pentandræ gallrs.
Cynips inanita. Linn. fiff: rat. 920. Upfalie.
Tenthredo femorata. Linn. fift. nat. ibid. In al-
net's,
Terthredo marginata. Linn. fiff. nat. ibid. Ia
Germanta.
Tenthredo lutea, Linn. fiff. nat. 921. In falice,
alno , betula.
Tenthredo amarine. Linn. fifi. nat.ibid. In Sa-
lice,
Tenthredo vitellina. Linn. fiff nat. ibid. In [a-
lice, betula.
Tenthredo lucorum. Linn. fist. nat. ibid. In betu-
la , alno.
Tenthredo fafciata. Linn. fist. nat. ibid.
Tenthredo fericea. Linn. fist. nat. ibid,
Tenthredo nitens. Linn. fist. nat, 922.
Tenthredo enodis. Linn. fist. nat. ibid.
Tenthredo ciliaris. Linn. fifl nat. ibid. In Ger-
manta.
Tenthredo ufflulata. Linn. fiff. nat. ibid.
Tenthredo pini. Linn. fiff nat. ibid. Ie pini
olits.
The Junipert. Linn, fiff. nat. 923. In ju-
nipero.
Tenthredo ruflica. Linn. fifi. nat. ibid.
Tenthredo [crophulariæ. Linn. fifl. nat. ibid. In
fcrophularia varia.
. Tenthredo abietis. Linn. fifl. nat. ibid. In pino,
abicte.
. Tenthredo padi. Linn. fiff. nat. ibid. In pruni
padi foliis.
. Tenthredo ceraf. Linn. fift. nat. ibid. In cerafi
fodiis.
. Tenthredo falicis. Linn. fiff. nat. 924. In falici-
bus variis.
. Tenthredo mefomela. Linn. fifl. nat. ibid. In [a-
lice fragili. .
. Tenthredo pundum album. Linn. sist. nat. ibid.
. Tenthredo rufipes. Linn. fift nat. ibid.
. T'enthredo campeftris. Linn. fift. nat ibid.
: Tenthredo atra. Linn. fift nat. ibid.
. L'enthredo viridis. Linn. fif. nat. ibid. JÎn be-
tula.
31. Z'enthredo ovata. Linn. fil. nat, ibid. In alni
foliis.
Le m1 . . .
. L'enthredo alni. Linn. J{ff. nat. 92. In alni
foliis.
. Tenthredo rofæ. Linn. fifi. nat. ibid. In rofa.
. Tenthredo bicin&a. Linn. fiff nat. ibid.
+ Tenthredo livida. Linn. fifi nat. ibid. In rofà.
. T'enthredo nigra. Linn. fif4 nat. ibid.
. Tenthredo rapæ. Linn. ff nat. 926.
. Tenthredo féptemtrionalis. Linn, Jif. nat. ibid,
1439.
1440.
1441.
1442.
T443
ie
à à
1446.
1447
1448.
F7:
1450.
1451.
1452.
1453
1454.
made À M
1456.
1457.
1458.
1459
1460,
1461.
1462.
1463:
1464.
1465:
1466.
1467:
1468.
1469.
1470.
1471:
1472-
1473.
1474
1475°
1476.
1477.
1478.
1479.
1480.
1481.
1482.
1483.
1484.
148$.
1486.
1487.
1488.
1489.
1490.
1491.
1492.
1493.
Tenthredo carbonaria. Linn. fifl rat. ibid. Ia
Europa auftral. TE
Tenthredo naffata. Linn. fifl. nat. ibid.
Tenthredo 12-punéata. Linn. fifl. nat. ibid.
Tenthredo crythrocephala. Linn. Jul nat. ibid.
In pino fylveftrr.
T ant Linn. fifl. nat. ibid.
Tenthredo nemoralis. Linn. fifl. nat. 1bid.
Tenthredo cynosbati. Linn. Jift. nat. ibid. In
rofa. va
Tenthredo populi. Linn. if nat. ibid. In po-
pulo. ,
Tenthredo vafra. Linn. fifl. nat. 927. In Suecia.
Tenthredo-betule. Linn. fiff. nat. ibid.
Tenthredo faltuum. Linn. fifl. nat. ibid. In Sue-
Cid.
Tenthredo flava. Linn. fift. nat. ibid.
Tenthredo intercus. Linn. fifl. nat. ibid. In foliis
ardt, atropæ , chenopodui vulvarie.
Tenthredo rumicis. Linn. fift nat. 928. In ru-
micibus lapathis.
Tenthredo ulmi. Linn. fifl. nat, ibid. In ulmi
campeftris foliis.
Tenthredo pruni. Linn. fifl. nat. ibid.
Tenthredo loniceræ. Linn. fifi. nat. ibid.
Tenthredo capree. Linn. fiff. nat. ibid. In fali-
cibus : fragili caprea.
Sirex gigas. Linn. fit. nat. 928. In arboribus
coniferts.
Sirex fpedrum. Linn. fifl. nat. 929. In lignis
putridis antiquis pint & abietis.
Sirex juvencus. Linn. fiff. nat. ibid. In fylvis.
Sirex camellus. Linn. fiff. nat. ibid. In camello.
Sirex marifèus. Linn. fif{ nat. ibid.
Sirex pigmeus. Linn. fift. nat. ibid. In Suecia.
Ichneumon fugillatortus. Linn. fiff nat. 930.
TIchneumon raptorius. Linn. fil. nat. ibid.
Tchneumon extenforius. Linn. fift. nat. ibid,
Tchneumon quæfitorius. Linn. fifl. nat. ibid.
TIchneumon culpatorius. Linn. Jifl. nat. 931,
Tchneumon infraë&orius. Linn. fift. nat. ibid.
Ichneumon conffridorius. Linn. fiff nat. ibid.
Tchneumon faturatorius. Linn. fift nat. ibid.
Ichneumon molitorius. Linn. fist. nat. ibid.
Ichneumon crifpatorius. Linn. fiff. nat. ibid.
TIchneumon piforius. Linn. fiff. nat. ibid.
Tchneumon ludatorius. Linn. fifl. nat. ibid.
Ichneumon volutatorius. Linn. fist. nat. ibid.
Ichneumon vaginatorius. Linn. fifl nat, 922.
Tchneumon perfuaforius. Linn. fist. nat. ibid.
Ichneumon lituratorius. Linn. fist. nat. ibid.
TIchneumon defignatorius. Linn. fist. nat, ibid.
Tchneumon edidorius. Linn. fist. nat, ibid.
Ichneumon deliratorius. Linn. fist. nat, ibid.
Tchneumon fufcus. Linn. fifi. nat. ibid.
TIchneumon fofforius. Linn. fiff. nat. ibid.
Ichneumon comitator. Linn. fifl. net. ibid.
Tchneumon peregrinator. Linn. fist. nat. ibid.
Tchneumon incubitor. Linn. fist. nat. ibid.
Ichneumon relu&ator. Linn. fif. nat. ibid.
Tchneumon denigrator. Linn. fifl. nat. 934
Ichneumon defertor. Linn. fiff. nat. ibid.
Tchneumon rutilator. Linn. fifl. nat. ibid.
Tchneumon corrufcator. Linn. fist. nat. ibid.
Tchneumon manifeflator. Linn. fif. nat. ibid.
Tchneumon compun&or. Linn. ff nat. ibid. In
pupis papilionum.
1494. Tchneumon delufor. Linn. fiff. nat. ibid.
149$. Îchneumon titillator. Linn. fif4 nat. ibid.
St Te
1496.
1497:
1498.
1499.
1$00.
ÉSOL:
1$02.
ts O3:
1504.
150$.
1506.
1507.
1508.
1509.
1$10.
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112.
1$13
1514.
IIS.
1$16.
ISTT.
1518.
1519.
1520.
I1S21.
1522.
1523.
1524.
152$.
1526.
LA 27:
1528.
1529.
1530.
1$31.
* 1532.
1533.
1534.
1535:
1536.
1537:
153
1539.
1540.
1$41.
1542.
1$43.
1544.
150:
1546.
1$47.
1548.
LISTE DES INSECTES DE L'EUROPE. 67
Ichneumon venator. Linn. fist. nat. 93<.
Ichneumon extenfor. Linn. fist, nat. ibid,
Ichneumon éxarator. Linn. fist. naë, ibid.
Tchneumon turionellæe, Linn. Jist, nat, ibid.
Ichneurmon ffrobilelle, Linn. fist. mat. ibid.
Ichneumon moderator. Linn. fist. nat. ibid.
Ichneumon refinelle. Linn. fist. nat. 936.
Tchneumon prærogator. Linn. fist. nat, ibid. In
larva phalenæ falicis.
Tchneumon mandator. Linn. fist. nat. ibid.
Tchneumon fomentator. Linn. fist. nat. ibid.
Tchneumon enervator. Linn. fist. nat, ibid.
Tchneumon gravidator. Linn. fist. nat. ibid,
Ichneumon inculcator. Linn. fist. nat. ibid.
Tchneumon pugilator. Linn. sist. nat, ibid.
Tchneumon cu/pator. L'an. sist. nat. 937.
Ichneumon jaculator,: Linn. sist. nat, ibid, In
apis truncorum.
Tchneumon affectator. Linn. sist. nat. ibid.
Ichneurmon agricolator. Linn. sist. nat, ibid,
Ichneumon luteus. Linn. sist. nat. ibid,
Tchneumon ramiduius. Linn. Jift. nat. ibid.
Tchneumon glaucopterus. Linn. fifl nat. 938.
Ichneumon circumflexus. Linn. fut. nat. ibid.
Ichneumon cindus. Linn. fifi. nat. ibid.
Ichneumon formicatus. Linn. fiff. nat. ibid.
Ichneumon mufcarum. Linn. fiff. nat. ibid. In
larvis mufcorum.
Tchneumon bedaguaris. Linn. fiff. nat. 939. In
gallis rofæ quercus.
Ichneumonr gallarum. Linn. fie nat. ibid, In cyn-
pedis quercus ramlice larvis.
Ichneumon juniperi. Linn. fif nat. ibid, In ti-
pulæ junipert larva.
Ichneumon puparum. Linn. fifi. nat. ibid. In pu-
pis papilionum & mufcarum.
Ichneumon larvarum. Linn. fifl. rat, ibid. In lar-
vis phalænarum variarum.
Tchneumon cynipedis. Linn. fifl. nat. ibid. In lar-
vis cynipedis gallorum falicis.
Tchneumon coccorum. Linn. fifl. nat. ibid.
Ichneumon fecalis. Linn. fife. nat. ibid. In larvis
fpicarum fecalis.
Ichneumon fubcutaneus. Linn. fist, nat, 640. In
larvis fubcutaneis.
Ichneumon aphidum, Linn. ff nat. ibid. In
aphidibus.
Ichneumon ovulorum., Linn. fift. nat. ibid. In ovis
lepidopterorum.
Ichneumon globatus. Linn. fiff nat. ibid. In
culmis.
Tchneumon glomeratus. Linn fifi nat. ibid. Mer.
Europ. t. 48.
Ichneumon peélinicornis. Linn. fiff. nat. ibid. Ir
larvis quercus.
Sphex clavipes. Linn. fifl. nat. 942.
Sphex fpirifex. Linn. fifé. nat. ibid.
Sphex appendigafter. Linn. fifl nat, 943.
8. Sphex fifpes. Linn. fife. nat. ibid,
Sphex viatica. Linn..fift nat. ibid.
Sphex fufca. Linn. fif. nat. 944.
Sphex peclinipes. Linn. fifl. nat. ibid.
Sphex variegata. Linn. fiff. nat. ibid.
Sphex palmipes. Linn. fifl. nat. ibid.
Sphex myffacea. Linn. fiff. nat. ibid.
Sphex ophippia. Linn. fist. nat. ibid.
Sphex cribraria. Linn. fist. nat. 948.
Sphex colon. Linn. fist. nat. ibid. În Suecta.
Sphex rufipes. Linn. fist. nat. ibid.
1549
1550.
SSI.
1552:
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1489.
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1$91.
«1592.
1593:
1594
1595:
1596.
F597°
1598.
1599.
1600.
1601.
1602.
1603.
1604.
160$.
1606.
1607.
1608.
Sphex arenaria. Linn. fist. nat. 946.
Sphex fofforia. Linn. fist. nat. ibid.
Sphex gioba. Linn. sist. nat. ibid.
Sphex collaris. Linn. fist, nat, ibid, Ir Hif-
pania.
Sphex femiaurata. Linn. fist, nat. ibid.
Sphex leucoffoma. Linn. fist. nat. ibid.
Sphex vaga. Linn, fist. nat, ibid.
Chryfis iguta, Linn. fist. nat. 947.
Chryfis bidentata, Linn. fist. nat. ibid, In Sue-
ca.
Chryfis aurata. Linn. fist. nat. 948.
Chryfis cyanea. Linn. fist. nat. ibid.
Chryfis viridula. Linn fif£ nat. ibid.
Chryfis fulgida. Linn. fifé. nat, ibid.
Vefpa crabro. Linn. fist. nat. ibid.
V’efpa vulgaris. Linn. fift. nat. 949.
V’efpa rufa. Linn. fift. nat. ibid. l
Vefpa parietum. Linn. fift nat. ibid. In forami-
nibus parietum ligneorum.
Vefpa gallica. Linn. fifl. nat. ibid. Ir Europa
auftrali. ‘
Vefpa muraria. Linu. fifl nat. 9$0. In muris.
Vefpa fpinipes. Linn. fifl. nar. ibid. În Suecta.
V’efpa coardata. Linn. fifi. nat. ibid.
Vefpa arvenfis. Linn. fift. nat. ibid.
V’efpa campeftris. Linn. fist, nat. ibid.
Vefpa bi-fafciata. Linn. fist, nat. ibid.
V’efpa bidens, Linn. fist. nat. 9s1.
V’efpa uniglumis. L'inn. fist. nat. ibid.
Vefpa minuta. Linn. fist. nat. 952. In Europa
auftrali.
Apis longicornis. Zinn. fist. nat. 943.
ÆApis clavicornis. Linn. fist. nat. ibid.
Apis centuncularis Linn. sist. nat. ibid.
Apis cineraria, Linn. sist, nat. ibid.
Apis retufa. Linn.sist, nat. 9$4,
Apis rufa. Linn. sist. nat, ibid.
Apis bicornis. Linn, sist. nat. ibid.
Apis maxillofa. Linn. sist. nat, ibid.
Apis truncorum. Linn. sist, nat, ibid.
Apis florifomnis. Linn, sist, nat, ibid.
Apis helvola. Linn. sist. nat, 9$$.
Apis fabriciana. Linn. sist, nat, ibid. Up/falie.
Apis ænea, Linn. sist. nat. ibid
Apis cærulefcens. Linn. sist. nat, ibid.
Apis mellifica. Linn, sist. nat. ibid.
Apis cuniculata. Linn. fif. nat. 9$7.
Apis variegata, Linn. fifl. nat, ibid.
Apis roftrata. Linn. fif. nat. ibid.
Apis lagopoda. Linn. fifi. nat. ibid.
Apis manicata. Linn. fif. nat. 958.
Apis 4- dentata. Linn. fifl. nat. ibid.
Apis conica. Linn. fifl nat. ibid. In terre ca-
vitatibus. |
Apis annulata. Linn. fiff nat. ibid.
Apis ruficornis. Linn. ff. nat. ibid.
Apis ferruginata. Linn. fift. nat. ibid.
Apis cariofa. Linn. fiff nat, 9$9.
Apis violacea. Linn. fiff. nat. ibid.
Apis terreftris. Linn. ff. nat. 960. In terra.
Apis hortorum. Linn. fifl. nat. ibid.
Apis pratorum. Linn. fist, nat. ibid.
Apis lapidaria. Linn. fiff. nat. ibid. Ir acervis
lapidum.
Apis fylvarum. Linn. fiff. nat. ibid. |
Apis mufcorum, Linn. fiff, nat, ibid. Sub mufco
terreftri.
R ij
68 LISTE DES ÉNSECTLES:DE: LEUR O:P E
1609. Apis Yypnorum. ‘ Linn. ff. nat. 960. Sub 1664. Tipula pufilla. Linn. sist, nat. ibid,
mufcis. 166$. oe arc. Linn. sist. nat. 976.
1610. Apis lucorum. Linn. fifl. nat: ibid. 1666. Tipula T'homæ. Linn. sist. nat, ibid.
ïérr. Apis acervorum. Linn. fifi nat, 96%. Subterra, 1667. T'ipula ferrugineata. Linn, sist, nat. 1bid,
1612. Apis fubterranea. Linn. fifl nat. ibid. Sub 1668. T'ipula Johannis. Linn, sist. nat, ibid.
terra. 1669.. T'ipula brevicornis. Linn. sist, nat, ibid,
1613. Apis alpina. Linn. sist. nat. ibid. 1670. Tipula putris. Linn. sist. nât. 1bid.
1614. Formica herculeana, -Linn: fist. nat. 962. In 67r. Ans Linn. sist, nat. ibid.
truncis putridis, 1672. T'ipula florilega. Linn. sist, nat, ibid.
161$. Formica rufa. Linn. fist. nat. ibid. 1673. l'ipula hortulana. Linn. sist. nat, 977.
1616. Formica fufca. Linn. fist. nat. 963. 1674. 'ipula phalænoiïdes. Linn. sist. nat, ibid.
1617. Formica nigra. ‘Linn. fist. nat. ibid. 167$. L'ipula hirta, Linn. sist. nat, ibid. Ia aretio
« 1618. Formica obfoleta. Linn. «fist, nat. ibid, lappa. cf
1619. Formica rubra. Linn. fist. nat, ibid. 1676. T'ipula perficaria. Linn. sist. nat. ibid,
1620. Formica cœfpitum. Linn, fist. nat. ibid. 1677. T'ipula notata. Linn, sist. nat. ibid.
1621. Mutilla Europæa. Linn. fist. nat. 966. 1678. T'ipula junipertna, inn, sist, nat, ibid, In ju
1622. WMutilla acarorum. Linn. fist. nat. 968. niperi triglochide.
1623. Mutilla formicaria. Linn. fist. nat. ibid. 1679. T'ipula culiciformis. Linn. sist. nat. 978.
1624. ÆJlrus bovis. Linn. Jist. nat. 969. Întra boum 1680. T'ipula incarnata. Linn. sist, nat. ibid.
dorfium, 1681; Z'pula paluftris. Linn. sist. nat. ibid.
162$. Æftrus tarandi. Linn. fist. nat. ibid. Intra cervi 1682. T'ipula longicornis. Linn. sist. nat. ibid.
tarandi dorfum. 1683. T'ipula rufipes. Linn. sist. nat. ibid.
1626. Æffrus nafalis. Linn. fist: nat. ibid. In equo- 1684. T''pula bi-pundata. Linn. sist, nat. ibid.
rum fauce. 168$. Z'ipula fericea. Linn. sist. nat, ibid.
1627. Æftrus hæmorrhoidalis. Linn. fist. nat. 970. In 1686. T'pula minutiffima. Linn. sust, nat. 979:
equorum intefino rec. 1687. Tipula pulicaris. Linn. sist. nat, ibid.
1628. Æffrus ovis. Linn. fist. nat. ibid. a ovium finu 1688. T'ipula pennicornis. Linn. sist, nat. ibid, In
| “frontis, Suecta. | a
At 1629. Tipula pedinicornis. Linn. fist. nat, ibid. In 1689. Mufca plebeia. Linn. sist, nat. ibid.
| Suecta. 1690. Mufea chomeleon. Linn. sist. nat. ibid. In aquis
1 630. Tipula rivofa. Linn. e nat 97. dulcibus. |
fl 1631. Z'ipula quadrimaculata. L IN. fist. nat. ibid. 1691. Mufta PAERESr R Linn. sist. nat, 980.
1 1432. T'ipula crocata. Linn. fist. nat. ibid. 1692. Mufca hydroleon. Linn. sist, nat. ibid.
\Âf 1633. T'ipula oleracea. Linn. fist. nat. ibid. Ad radi- 1693. Mufca trilineata, Linn, sist. rat, ibid.
(1 ces plantarum. 1694. Mufca hypoleon. Linn. sist, nat. ibid.
pl 1634. T'ipula hortorum. Linn. fist. rat. ibid. 169$. Mufca pantherina. Linn, sist, nat. ibid.
163$. T'ipula variegata. Linn. fist. nat. ibid. 1696. Mufca morio. Linn. sist, nat. 987.
1636. Tipula contaminata. Linn fist. nat. 972. 1697. Mufca denigrata. Linn. sist, nat. ibid.
1637. Tipula lunata. Linn. fist. nat. ibid. 1698. Mufca maura. Linn. sist. nat, ibid.
1638. T'ipula pratenfis. Linn. fiff. nat. ibid. 1699. Mufca clavipes. Linn. sist, nat. ibid.
1639. T'ipula terreftris. Linn. fist. nat. ibid. 1700. Mufia hottentolla, Linn. sist, nat. ibid.
© 1640. a cornicina. Linn fist. nat. ibid, x7o1. Mufca feneftralis. Linn. sist. nat. ibid,
1641. T'ipula nigra. Linn. fist. nat. ibid. 1702. Mufca tarda. Linn. sist. nat. 982.
T642. T'ipula atrata. Linn. fist. nat, ibid. In larvis p. x703. Mufta feolpacea. Linn. sist. nat, ibid,
vinule 1704. Mufca vermileo. Linn. sist. nat. ibid. In arena
1643. T'ipula bi-me iculata, Linn. fist. nat 1bid, mobuli.
1644. Tipula annulata. Linn. fist, nat. 973 170$. Mufca tringaria. Linn. sist. nat. ibid.
164$. T'ipula ocellaris. Linn fist. nat. ibid. 1706. Mufca diadema, Linn. sist. nat. ibid,
1646. Tipula fafciata. Linn. fist. nat. ibid, s 1707. Mufca anilis. Zinn. sist. nat. ibid.
1647. Tipula flavefcens. Linn. fist. nat. ibid, 1708 Mufca conopfoides. Linn. sist. nat. ibid,
1648. T'ipula enficornis. Linn. fist. nat. ibid, 1709. Mufèa uliginofa. Linn, sist, nat, ibid.
1649. Tipula regelationis, Linn. fist. nat. ibid, 1710. Mufca nedarea. Linn. sist, nat. ibid.
16$0. Tipula replicata. Linn. fist. nat. ibid. 1711. Mufca bombylans. Linn, sist. nat. ibid.
16$1. Z'ipula monoptera. Linn. fist. nat. ibid. 1712. Mufca myflacea. Linn. sist, nat. ibid.
1652. T'ipula arundinea. Linn. Jist. nat. 974. 1713. Mufca lappona. Linn. sist, nat, ibid.
16$3. T'iprula barbicornis. Linn. fist. nat. ibid. 1714. Mufca pendula. Linn. sist. nat. 984.
16$4. T'ipula plumofa. Linn. fist. nat ibid. 171$. MufCa florea. Linn. sist. nat, ibid.
16$$. T'ipula littoralis. Linn. fist. nat. ibid. In mari- 1716. Mufca nemorum. Linn, sist. nat. ibid. Mer.
_Lumus. Europ. t. 2.
1656. Tipula motitatrix. Linn. fist. rat. ibid. 1717. Mufca arbuflorum. Linn. sist. nat. ibid,
167: T'ipula vibratoria. : Linn. fist. nat. 97$. 1718. Mufca tenax. Linn. sist. nat, ibid. In fimetis ,
16$8. J'ipula tremula, Lin. fist, nat. ibid. Upfalie. cloacis.
1659. Tipula j flexilis. Linn. fist. nat, ibid. 1719. Mufca intricaria. Linn. sist. nat. 98$.
1660. T'ipula monilis. Linn. fist. nat. ibid. 1720. Mufca æftracea. Linn. sist, nat. ibid.
1661. Tipula virens. Linn, fist. nat. ibid. 1721. Mufca fallax. Linn. sist, nat. ibid.
1662. T'ipula viridula. Linn. Jist. nat. ibid. 1722. Mufca lucorum. Linn. sist. nat. ibid.
1663. T'ipula macrocephala. Linn. fist nat. ibid. Ir 1723. Mufca fylvqrum. Linn, sist, nat, ibid.
littoribus lui dis, 1724. Mufca bicinata. Linn, sist, nat. ibid.
Kramer ET neo LS ne. Sn con ASE mer ele. Bu. à à F _—
LISTE. DES INSECTES DE L'EUROPE 69
Mufta arcuata. Linn. ff. nat. ibid.
Mufca mutabilis. Linn. ff. nat. ibid.
Mufca devia. Linn. fif. nat. ibid.
Mufca ichneumonea. Linn. fifl nat. 986.
Mufca diophthalma. Linn. fiff. nat. ibid.
Mufca vefpiformis. Linn. fifé. nat. ibid.
Mufca feftiva. Linn. fift nat. ibid.
Mufca erratica. Linn. ff nat. ibid.
Mufca glaucia, Linn. jiff nat. ibid.
Mufca no&iluca. Linn. fifl. nat. ibid.
Mufca gibbo[a. Linn. fff nat. 987. In Sue-
Cia.
Mufca ribefu. Linn. fift nat. ibid. Inter aphi-
dos ribeos.
. Mufca pyraftri. Linn. fifi. nat. ibid. Inter aphi-
dos pyri.
Mujfca transfuga. Linn. fiff. nat. ibid.
Mufca menthaftri. Linn. fife nat. ibid
Mujca [cripta. Linn. fiff. nat. ibid.
En mellina. Linn. fiff nat. 988. Inter aphi-
06.
Mufca pipicus. Linn. fifi. nat. ibid.
Mufca fegnis. Linn. fit nat. ibid.
ÂMufca femorata. Linn. fiff nat. ibid.
Mufca groffipes. Linn. fife. nat. ibid.
Mufca faltatrix. Linn. fift. nat. ibid.
Mufca inanis. Linn. fifl. nat. 989.
Mufca pellucens. Linn. fiff. nat. ibid.
Mufca meridiana. Linn. fiff. nat. ibid.
Mufca. Cafar. Linn. fift. nat. ibid. Merian.
Europ. 1.1. 49.
Mufca cadaverina. Linn. fifi. nat. ïbid. In ca-
daveribus.
Mufca mortuorum. Linn. fifl. nat. ibid. In ca-
daveribus.
Mufca vomitoria. Linn. fifi. nat. ibid. In .ca-
daveribus.
Mufca carnaria. Linn. ff. nat. 990.. In cada-
veribus.
Mufca domeffica. Linn. fiff nat. ibid. In do-
TUDUS.
Mufca matulata. Linn. ff. nat. ibid. In flo-
ribus.
. Mufca albifrons. Linn. fist. nat. 991. In Eu-
rTOopa.
Mufea furta. Linn. fiff. nat. ibid. Up/aliz.
Mufca fepulchralis. Linn. fifi. nat. ibid.
Mufca fera. Linn. fift. nat. ibid.
Mufca groffa. Linn. fist. nat. ibid. In ffercore
bovino.
Mufca rotundata. Linn. fiff. nat. ibid.
Mufca tremula. Linn. fist. nat. ibid.
Mufca larvarum. Linn. fist. nat. 992. .În larvis
lepidopterorum.
Mufca radicum. Linn. fist. nat. ibid.
Mufca canicularis. Linn. fist. nat. ibid.
Mufca æflivationis. Linn. fift. nat. ibid.
Mufca cemiteriorum. Linn. fifl. nat. ibid.
Mufca pluvialis. Linn. fist. nat. ibid.
Mufca fubfultans. Linn. fist. nat. 993.
Mufca roralis. Linn. fifl. nat. ibid.
Mufca ferrata. Linn. fist. nat. ibid.
Mufca cellaris. Linn. fift. nat. ibid.
Mufca meteorica. Linn. fiff. nat. ibid.
Mufca : putris. : Linn. fit nat. ibid. Merian.
Europ. t. 43. In fimetis , 1n cafeo. |
Mufca frit. Linn. ff nat. 994 In glumis
horde.
1777
1778
1779
1780
. Mufca cupraria. Linn. fiff. nat. ibid.
. Mufca polita. Linn. fifi. nat. ibid.
. Mufca viduata. Linn. ff. nat. ibid.
. Mufca pubera. Linn. ff. nat. ibid.
1781. Mufca petronella. Linn. fifl nat. ibid. Ad
aquus.
1782. Mufca ungulata. Linn. fiff. nat. 993.
1783. Mufca nobilitata. Linn. fift. nat. ibid.
1784.
178$.
1786.
Mufca arrogans. Linn. fift. nat. ibid.
Mufca corrigiolata. Linn. fift. nat. ibid.
Mujca cibaria. Linn. fiff. nat. ibid, In culinis
& cibarits antiquis.
1787. Mufca cuculuria. Linn. fiff. nat. ibid.
1788. Mufca fcybalaria. Linn fist. nat. 996.
1789.
1790.
1791.
1792.
Mufca ftercoraria. Linn. Jist. nat. ibid.
Mufca fimetaria. Linn. fist. nat. ibid.
Mufca parietina. L'nn, fist. nat. ibid.
Mufca umbrarum. Linn. fist. nat. ibid.
1793. Mufca groffificationis. Linn. fifi. nat. ibid.
1794. Mufca terreftris. Linn. fifl. nat. ibid.
179$. Mufca faltuum. Linn. fif. nat. ibid.
1796.
F797-
Mufca vibrans. Linn. fifé. nat. ibid.
Mufca cynipfea. Linn. fiff. nat. 997.
1798. Mufca combinata. Linn. fifl. nat. ibid. In Sue-
Cia,
1799. Mufca flava. Linn. fiff. nat. ibid.
1800. Mufca quadri punata. Linn. fiff nat. ibid.
1801. Mufca œfluans. Linn. ff. nat. ibid.
1802. Mufca ferratulæ. Linn. fifl nat. ibid. In cardui
affinium floribus.
1803. Mufca arnice. Linn. fiff. nat. ibid. In difcis
florum radiatorum , imprimis arnicæ mon-
{anæ,
1804. Mufca hyofcyami. Linn. ff. nat. 998. In
hyofcyanus, cardui & [erratulæ arvenfis ca-
pitulis.
180$. Mufca fonchi. Linn. fiff nat. ibid. In fonchi
arvenfis receptaculrs.
1806. Mufca germinationis. Linn. fiff. nat. ibid. In fo-
liis arborum.
1807. Mufca urticæ. Linn. fifi. nat. ibid.
1808. Mufca ceraft. Linn. fif nat. ibid. In ceraforum
nucleis.
1809. Mufca heracler, Linn. fifé nat. ibid.
1810. Mufca cardui, Linn. ff. nat. ibid. In cardui
crifpi, ferratulæ arvenfis gallis.
1811. Mufca folflitialis. Linn.“fifi nat. 999. În car-
duis.
1812. Mufca florefcentie. Linn. fiff. nat. ibid.
1813
. Mufca frondefcentie. Linn. fift. nat. ibid.
1814. T'abanus bovinus. Linn. fift nat. 1000. |
181$. T'abanus autumnalis. Linn. Jy. nat. ibid.
1816. Tabanus tarandinus. .Linn. fift. nat. ibid. Ir
Lapponta.
1817. Tabanus rufficus. Linn. fifl nat. ibid. In Sue-
CIA,
1818. T'abanus bromius. Linn. fiff. nat. 1001.
1819. Tabanus tropicus. Linn. fiff. nat. ibid.
1820. T'abanus pluvialis. Linn. fifl. nat. ibid.
1821. Tabanus cæcutiens. Linn. fiff. nat. ibid.
1822. T'abanus lugubris. Linn. fifi. nat. ibid.
1823
1824
192$
. Culex pipiens. Linn. fifi. nat. 1002.
. Culex ciliaris. Linn. fift. nat. ibid.
. Culex bifurcatus. Linn. fift nat. ibid.
1826. Culex pulicaris. Linn. fif. nar. 1003.
1827
. Culex reptans. Linn. fifft. nat. ibid.
1828. Culex equinus. Linn. Ji. nat. ibid. Circum
equos.
S
|
4
(
7o
1829.
1830.
1831.
1832.
1933.
1934.
133$.
1836.
1837.
1838.
1839.
1840.
1841.
1842.
1843.
1844.
184$.
1846.
1847.
1848.
1849.
1850.
1851.
1852.
1853.
1854.
185$.
1856.
1857.
1858.
1859.
1860.
1861.
1862.
1863.
1864.
186$.
1866.
1867.
1868.
1869.
1870.
LOC E
1872.
1873.
1874.
197$.
1876.
1877.
1978.
1879.
1880.
188r.
_1882.
1883.
LISTE DES INSECTES DE L'EUROPE.
Culex flercoreus. Linn. fift. nat. ibid.
Culex borealis. Linn. fift. nat. ibid.
Culex pennipes. Linn. fifé. nat. ibid.
Culex livida. Linn. fist. nat, ibid.
Culex forcipata. Linn. fist. nat. 1004,
Culex flercorea. Linn. fist. nat. ibid.
Conops ro/trata. Linn. fist. nat, ibid.
Conops calcitruns, Linn. fist. nat. ibid. A4 boum
pedes.
Conops irritans. Linn. fiff nat. ibid. Cum pe-
coribis.
Conops velicularis. Linn. fiff. nat. 100$.
Conops macrocephala. Linn. fist. nat. ibid.
Conops aculeata. Linn. sist, nat, ibid.
Conops flavipes. Linn. sist. nat. ibid.
Conops ferruginea. Linn. sist, nat, ibid.
Conops petiolata. Linn. sist. nat, ibid.
Conops atomaria. Linn. sist, nat, ibid.
Conops teflacea. Linn. sist, nat. 1006. In Eu-
ropa auffralr.
Conops buccata. Linn. sist, nat. ibid.
Conops fubcoleoptrata. Linn. sist. nat. ibid. Up-
Jaliæ.
Afilus crabaniformis. Linn, sist. nat, 1007.
Afilus gibbofus. Linn. sist. nat. ibid.
Afilus ater. Linn. fifl. nat. ibid. In Germania.
Afilus flavus. Linn. fifl. nat. ibid.
Afilus gilvus. Linn. fifl nat. ibid.
LAfilus marginatus. Linn. fist. nat. 1008. In Sue.
Cia, di
Afilus teutonus. Linn. fif. nat. ibid. In Ger-
mania.
Afilus forcipatus. Linn. fifi. nat. ibid. Intra ter-
ram Europe.
Afilus tipuloides. Linn. fif£. nat. ibid.
Afilus ælandicus. Linn. fift. nat. ibid.
Afilus morio. Linn. fifl nat, ibid.
Afilus lufitanicus. Linn. fifi. nat. 1009.
Bombylius major. Linn. fiff. nat. ibid.
Bombylius medius. Linn. fiff. nat. ibid.
Bombylius minor. Linn. fifé. nat. ibid.
Bombylius ater. Linn. fif. nat. 1010.
Hippobo/ca equina. Linn. fifé. nat. ibid.
Hippobofca avicularia. Linn. fiff. nat. ibid.
Hippobofca hirundinis. Linn. fifl nat.ibid. Ir
hirundinibus.
Hippobofca ovina. Linn. fift. nat, xoxr. Iuter
ovium lanam.
Lepifna faccharina. Linn. fiff. nat. 1012.
Lepifna polypoda. Linn. fifl. nat. ibid. In Da-
nia.
Lepifma terreffris. Linn. fiff. nat. ibid.
Podura viridis. Linn. fift. nat. 1013.
Podura polypoda. Linn. fif. nar. ibid. In plan-
tis.
Podura atra. Linn. fist. nat. ibid. In terref-
tribus.
Podura plumbea. Linn. fist. nat. ibid. In ar-
buflis.
Podura minuta. Linn. fist. nat. ibid. In Suecta.
Podura nivalis, Linn. fist. nat. ibid.
Podura vaga. Linn. fist. nat. ibid. In Suecia.
Podura arborea. Linn. fist. nat. 1014. In fylvis.
Podura villofa. Linn. fist. nat. ibid. In gallia,
Podura cincta. Linn. fist. nat. ibid. In [ylvis,
Podura pufilla. Linn. fist. nat. ibid.
Podura aquatica. Linn. fist. nat. ibid. In aquis.
Podura fimetaria. Linn. fist. nat. ibid.
1884.
188$.
1886.
1837.
1850.
1889
1890.
1891.
1892.
1393.
1894
189$
1896.
1897.
1898.
F899.
1900.
1901.
1902.
1903.
1904.
190$.
1906.
1907.
1908.
1909.
1910.
T9II.
1912.
1913.
1914.
—91$.
1916.
1917.
1918.
1919.
1920.
1921.
1922,
1923.
1924.
192$.
1926.
1927.
1928.
1929.
1930.
1931.
1932.
Podura ambulans. Linn. ff. rat. ibid. Ir mon-
tibus , [ub mufcts. |
Tarmes pulfatortum. Linn. fist. nat. 10t$.
T'armes fatidicum. Linn, fist. nat, 1016. În Eu-
ropa auffraliore.
Pediculus humanus. Linn. fist. nat. ibid.
Pediculus pubis. Linn. fift. nat. 1017. In homi-
nis immundi pube , rartus in fuperciliis.
Pediculus fuis. Linn. fiff. nat. ibid,
Pediculus cervi. Linn. fift. nat. ibid.
Pediculus ovis. Linn. fiff. nat. ibid.
Pediculus bovis. Linn. fiff. nat. ibid.
Pediculus vitulini. Linn. fift. nat. 1018,
Pediculus equi. Linn. fift nat. ibid.
Pediculus afini. Linn. fifl. nat. ibid.
Pediculus corvi. Linn. fiff. nat, ibid,
Pediculus infaufhi. Linn. fifl. nat. ibid.
Pediculus pice. Linn. fifi. nat. ibid.
Pediculus cygni. Linn. fifl. nat. ibid.
Pediculus anferis. Linn. fiff. nat. ibid.
Pediculus galline. Linn. fiff. nat. 1020.
Pediculus caponis. Linn. fifl. nat. ibid.
Pediculus columbe. Linn. fiff. nat. ibid.
Pediculus hkirundinis, Linn. fift. nat. ibid.
Pulex irritans. Linn. fist. nat. ro2r.
Acarus reduvius. Linn. fist. nat. 1022. In bo-
bus , canibus , in [ylvis.
Acarus ricirus. Linn. fist. nat. 1023.
Acarus craffipes. Linn. fist. nat. ibid.
Acarus vefpertilionis Linn. fist. nat. ibid. Ïn
vefpertilione.
Acarus palferinus. Linn. fist. nat. ibid. In paf-
feribus.
Acarus motatorius, Linn. fist. nat. ibid. In um-
brofis.
Acarus aphidioides. Linn. fist. nat. ibid.
Acarus coleoptratus. Linn. fist. nat. ibid.
Acarus teleatus. Linn. fist. nat. ibid.
Acarus firo. Linn. fist. nat. 1024. In cafeo,
farinafque.
Acarus laëhs. Linn. fist, nat. ibid. In ladis cu-
temore.
Acarus dyffenteriæ. Linn. fist. nat. ibid. In do-
liis cereuifa acidé infedis.
Acarus exulcerans. Linn. fist. nat, ibid. In fca-
bia ferina.
Acarus geniculatus. Linn. fist. nat. 102$. In ar-
borum ramis.
Acarus aquaticus. Linn. fist. nat. ibid. În aquis
dulcibus.
Acarus holofericeus. Linn. fiff. nat. ibid.
Acarus baccarum. Linn. fit, nat. ibid. In liceis.
Acarus mufcorum. Linn. fift. nat. ibid. In mufcis.
Acarus gymnopterorum. Linn. Jifr. nat, 1026.
In apibus.
Acarus coleoptratorium. Linn. fist. nat. ibid. In
fcarabæis.
Acarus rapeffris. Linn. fist. nat. ibid.
Acarus longicornis. Linn. fist. nat. ibid. In ru-
picus.
Acarus littoralis. Linn. Jist. nat, ibid,
Acaris fungorum. Linn. fiff. nat. ibid. In fungis.
Acarus tremella. Linn. fist. nat. ibid. In tre-
mella juniperina.
Acarus fcaber. Linn. fist. nat. 1027. In terra.
Acarus falicinus. Linn. fist. nat. ibid. In fa-
licibus.
ne motte. Ce
ES
LISTÉ DÉS INSECTES DE L'EUROPE 2
1933. Acarus croceus. Linn. fist. nat. ibid. In falicis
rofa monftro/e.
+934. Phalangium opilio. Linn. fist. nat. ibid.
193$. Phalangium cornutum. Linn. fist. nat. 1028. In
Germania.
1936. Phalangium cancroide;. Linn. sist, nat. ibid. In
umbrofis. :
1937. Phalangium tricarinatum. Linn. fist. nat, 1029.
Drefdæ Saxonum.
1938. Aranea diadema. Linn. sist. nat. 1030. In be-
tulrs.
1939. Aranea reticulata, Linn. sist. nat. ibid. nr
hortis.
1940. Aranea cucurbitina. Linn. sist. nat, ibid. Ir
arboribus.
1941. Aranea calycina. Linn. sist, nat. ibid. In caly-
cibus florum.
1942. Aranea odo-punüata. Linn. sist. nat, ibid.
1943. Aranca bi-punéata. Linn. sist. nat. 1031. In
feneftris.
1944. Aranea arundinacea. Linn. sist. nat, ibid. In
arundinum paniculrs.
194$. Aranea angulata. Linn. sist. nat. ibid. In ar-
boribus.
1946. Aranea domeflica. Linn. sist. nat. ibid. In fe-
neftris.
1947. Aranea 3- lineata. Linn. sist. nat. ibid. Jr
nemoribus.
1948. Aranea riparia. Linn. sist. nat, ibid. In litto-
ribus fabulofis.
1949. Aranea labyrinthica. Linn. sist. nat. ibid. Su-
per terram. ;
1950. Aranea 4-lineata. Linn. sist. nat. 1032.
19$1. Aranea redimita. Linn. sist, nat, ibid. In hortis.
1952. Aranea corollata. Linn. sist. nat. ibid. In
plantis. æ
1943. Aranea fumigata. Linn. sist. nat. ibid In
campis. ; 5
19$4- Aranea montana. Linn. sist. nat. ibid. In ar-
boribus.
194$. Aranea fanguinolenta. Linn. sist. nat, ibid.
1956. Aranea notata. Linn. sist. nat. 1033.
19$7. Aranea rufipes. Linn. sist. nat. ibid.
19$8. Aranea noclurna. L'nn. sist. nat. ibid.
19$9. Aranca extenfa. Linn. sist. nat. ibid. In al-
cinofis.
1960. Aranea fimbriata. Linn. sist. nat. ibid. In
aquis. de
1961. Aranea fex-punéata. Linn. sist. nat, ibid. In
Jylvis.
1962. Aranea bi-maculata. Linn. sist. nat. ibid.
1963. Aranea quadri-pundata. Linn. sist. nat. ibid.
In feneftris.
1964. Aranea holofericea. Linn. sist. nat. ibid.
196<. Aranea fenoculata, Linn. sist. nat. ibid.
1966. Aranea tarantula. Linn. sist. nat. 103$- In
Italia.
1967. Aranea féanica. Linn. sist. nar, ibid. Ir pa-
rietibus.
1968. Aranea truncorum. Linn. sist, nat. 1036. În
parietibus.
1969. Aranea rupeftris. Linn. sist. nat. ibid. In pa-
rietibus lignis.
1970. Aranea aquatica. Linn. sist. nat. ibid.
1971. Aranea faccata. Linn. sist. nat. ibid. In terra.
1972. Aranea paluftris. Linn, sist. nat. ibid. Înr pa-
ludibus.
1973. Aranea virefcens. Linn, sist. nat. ibid. In hortis.
{
1974. Aranea viatica. Linn. sist. nat. ibid, În arbo-
ribus , lignis.
197$. Aranca lævipes. Linn. sist, nat. 1037. In trun-
cts, parietibus.
1976. Scorpio Europæus. Linn, sist. nat. 1038,
1977. Cancer curfor, Linn. sist. nat, ibid, Îr mari me=
diterraneo.
1978. Cancer mutus. Linn. sist, nat, 1039; În mari
mediterraneo.
1979. Cancer hexapus, Linn. sist. ibid. In oceano Eu-
ropæe.
1980. Cancer minutus. Linn. sist, nat. ibid. În oceano.
1981. Cancer pinnotheres. Linn. fil. nat. ibid, Îr
mari mediterraneo.
1982. Cancer rhemboides. Linn. fifl nat. 1042. In
mart mediterraneo.
1983. Cancer pelagicus. Linn. fifi. nat. ibid. In pelagt
univerfi orbis fuco natante.
1984. Cancer mænas. Linn. fifl nat. 1043. În oceano.
198$. Cancer depurator. Linn. fift. nat. ibid.
1986. Cancer pagurus. Linn. fifi. nat. x044. In oceano.
1987. Cancer lanatus. Linn. fiff nat. ibid. În mart
mediterraneo.
1988. Cancer araneus. Linn. fifi. nat. ibid. In oceano.
1989. Cancer roftratus. Linn. fist. nat. 104$. In oceano.
1990. Cancer mufcofus. Linn. Jy£. nat. ibid. În mari
mediterraneo.
1991. Cancer brachyurus. Linn. fifl nat. 1046. In
mari mediterraneo.
1992, Cancer dodecos.. Linn. fiff nat. ibid. In Hif-
pania.
1993. Cancer Germanus. Linn Jjf£. nat. 1047. Ad ma
ris Germanici Infulam.
1994 Cancer cruentatus. Linn. fiff. nat. 1048. In mari
mediterraneo.
199$. Cancer Bernhardus, Linn. fiff. rat. 1049. In
oceaneo Europæo.
1996. Cancer aflacus. Linn. ff. nat. 10$1. In lacu-
bus , fluvirs.
1997. Cancer fquilla. Linn. fiff. nat. ibid. In oceano.
1998. Cancer cerabus. Linn. ff. nat. ibid, In mart
mediterraneo.
1999. Cancer flrigofus. Linn. fiff. nat. ibid, În oceano
mediterraneo,
2000. Cancer Norvegicus, Linn. fiff. nat, 1053. In
mart Norvegico.
2001. Cancer ar@us. Linn. fiff. nat. ibid.
2002. Cancer mantis. Linn. fifi. nat. 10$4 În mari
mediterraneo.
2003. Cancer groffipes. Linn. fiff. nat. 10$$. In belgii
aquis ftagnantibus.
2004. Cancer pulex. Linn. fiff. nat. ibid. Ad maris
littora.
2005. Cancer locufla. Linn. fiff. nat. ibid. In mart-
timis.
2006. Cancer linearis. Linn. fif. nat. 10$6. In oceano.
2007. Cancer atomos. Linn. fifi nat. ibid.
2008. Cancer felinus. Linn. fife nat. ibid. In Angle
N. falinis.
2009. Monoculus pifcinus. Linn. fiff. nat. 1147. In
oceano.
2010. Monoculus apus. Linn. fiff. nat. 10$8. In foffis
pifcinis. |
2011. Monoculus pulex. Linn. fif. nat. ibid. In aquis
dulcibus.
2012. Monoculus pediculus. Linn. fiff nat. ibid. In
aquis dulcibus.
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2013.
207 4.
201$.
2016.
2017.
2018.
2019.
2020,
2021.
2022.
Tl'y a encore en Europe plufieurs autres nifeétes qui ne fe trouvent pas rapportés dans cette Lifte ;
LISTE:DES INSECTES DE:LE
Monoculus quadricornis. Linn. fiff. nat, ibid. In
aquis.
Monoculus conchaceus. Linn. fiff. nat. 10$9. In
aquis dulcibus.
Onifcus afilus. Linn. Jif. nat. ibid. In oceano.
Onifcus æflrum. Linn. fife nat. ibid. In oceano:
Onifeus pfora. Linn. ff. nat. 1060. In mari
Norvegio.
Onifcus plifodés. Zinn. fifi. nat. ibid. In pelago.
Onifcus marinus. Linn. fifi nat. ibid. In oceano
Norwegico.
Onifcus 2-caudatus. ÆLinn. fiff. nat. ibid: In
oceano. Norwegico.
Onifeus fcopulorum. Zinn. fifl nat. 1061. In
oceano Norwegico.
Onifcus aquaticus. Linn. fiff. nat. ibid. In aquis
purs.
2023.
2024.
202$.
2026.
2027.
2028.
2029.
2030.
2031.
2032.
3. Julus terreftris. Linn. fifl. nat. 106$. Sub terra.
203
2034.
UROPE.
Onifeus occanicus. Linn. fiff, nat. ibid. In oceano.
Onifcus affimilis. Linn. fil. nat. ibid. In oceano.
Onifcus afellus. Linn. fist. nat. ibid. In domi-
bus , muris , hybernaculis, lignis putridis.
Onifcus armadillus. Linn. fiff nat. 1062.
Scolopendra lagura. Linn. fiff. nat. ibid.
Scolopendra coleopirata. Linn. fifl. nat. ibid.
Scolopendra forficata. Linn. ff! nat. ibid.
Scolopendra Gabrielis. Linn. j'fE. nat. 1063.
Scolopendra ele&rica. Linn. ff. nat. ibid.
Julus ovalis. Linn. fiff. nat. 1064. In oceano.
Julus complanatus. Linn. fiff. nat. ibid.
203$. ur Ai Dé Linn. fifl nat. ibid. In fabu-
lofss.
la plüpart
font même inconnus. M. Gcoffroy a décrit dans fon Traité des Infeétes des environs de Paris , la plus grande partie
de ceux qui font dénommés ci-deflus. Geux de nos Lecteurs ,. qui voudront les connoître plus particuliérement ;
font priés de confulter cet excellent Ouvrage. Nous avons aufli donné dans notre A/drovandus Lotharingie , qui
on .peut encore le confulter,
fe trouve chez Feriz, Libraire, une Lifte “des Infectes qui fe voyent en Lorraine ;
Fin de la lifle des Infees de l’Europe & du fecond Volume.
Les
Meurrer.
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